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| Maintenon
(Françoise d'Aubigné, marquise de). - Fille de Constant
d'Aubigné et petite fille de Théodore
Agrippa d'Aubigné, ami de Henri IV
et chaud partisan de la Réforme, naquit en 1635 dans la prison de
Niort,
où ses parents étaient détenus. Son père, devenu
libre, l'emmena à la Martinique Elle vivait dans un état voisin
de l'indigence lorsqu'en 1652 le poète Scarron,
touché de ses infortunes, l'épousa, quoique vieux et infirme,
dans le seul but de lui servir de protecteur. Sa maison fut pendant quelque
temps le rendez-vous de ce qu'il y avait de plus spirituel dans Paris.
Devenue veuve dès 1660, elle allait retomber dans la misère
quand la cour, instruite de ses malheurs, lui assura une pension de 2000
F. Chargée par Louis XIV d'élever
secrètement les enfants nés de son commerce avec Mme
de Montespan (1669), elle s'acquitta de ce soin avec zèle et
succès, et sut, dans cette position équivoque, garder de
la dignité. Elle acquit de jour en jour plus de crédit auprès
du roi, qu'elle charmait par l'agrément et la solidité de
sa conversation, et finit par faire oublier Mme de Montespan. Le roi lui
donna dès 1674 la terre de Maintenon, qu'il érigea pour elle
en marquisat.
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon (1635-1719), Détail d'un tableau de Mignard (musée de Versailles). Après la mort de la reine (1683), Louis XIV s'unit avec Mme de Maintenon par un mariage secret; on rapporte ce mariage au 12 juin de l'année 1684. Mme de Maintenon fonda en 1685, à Saint-Cyr, une maison religieuse pour l'éducation des jeunes filles nobles et pauvres; Racine, à sa prière, composa pour cette maison Esther et Athalie. A la mort de Louis XIV (1715), elle se retira à Saint-Cyr, et elle y resta jusqu'à sa mort (1719), livrée aux exercices d'une piété austère. On attribue communément à
Mme de Maintenon une grande part aux affaires : on lui reproche d'avoir
conseillé de mauvais choix, tels que ceux de Chamillard et de Villeroi,
et d'avoir appuyé des mesures intolérantes, notamment la
révocation de l'édit de Nantes;
cependant cette influence funeste a été contestée
par les mieux informés de ses biographes.
La Maison de Saint-Cyr fondée en 1686 par madame de Maintenon. On a d'elle quelques écrits : l'Esprit de l'Institut des filles de Saint-Louis, 1699, des Proverbes, publiés par Monmerqué, 1849, des Lettres, publ. par Labeaumelle en 1756, mais d'une manière infidèle, et une Correspondance avec Mme des Ursins, 1826, 4 v. in8. Ses écrits ont été réunis pour la première fois par Th. Lavallée, sous le titre d'Oeuvres de Mme de Maintenon, collationnées sur les manuscrits ou sur des copies authentiques, Paris, 1854-1855, 10 vol. in-12. Son style se distingue par une élégante simplicité, par la netteté, la justesse et par la force de la raison. Ses Lettres surtout sont remarquables par l'urbanité, la bienveillance et la sagesse des conseils et des réflexions. On doit à Labeaumelle de curieux Mémoires sur Mme de Maintenon, 1756, 6 vol. in-12, et au duc de Noailles une Histoire de Mme de Maintenon, 1848, 2 v. 8°. |
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