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Quesnay (François), né à Mérey le 4 juin 1694, mort le 16 décembre 1774. Il était fils d'un avocat au Parlement, propriétaire foncier. A l'âge de seize ans, il commença l'étude de la médecine, vint à Paris, fut chirurgien, et s'établit à Mantes. En 1737, il fut nommé secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie; en 1744, le roi le prit comme médecin ordinaire, et en 1752, il reçut le titre de premier médecin consultant. Il avait déjà publié de nombreux et importants ouvrages de médecine et de chirurgie; mais il ne se confinait pas dans l'étude de ces sciences et dans l'exercice de sa profession.

En 1756 et 1757, il donna à l'Encyclopédie un article de philosophie et deux articles d'économie politique : ces deux articles étaient remarquables; ils contenaient l'indication d'une doctrine que Quesnay devait fonder, la première doctrine d'économie politique systématique. L'exposition en fut faite par lui, pour la première fois, en 1758, dans un ouvrage imprimé à un petit nombre d'exemplaires et aujourd'hui perdu; cet ouvrage contenait le Tableau économique, décrivant la circulation et la consommation des richesses dans les différentes classes, et, sous le titre d'Extrait des Économies royales de M. de Sully, un commentaire que nous possédons sous la forme développée des Maximes générales du gouvernement économique, et qui complète la simple Analyse du tableau économique qui nous est restée. A partir de 1765, Quesnay publia de nombreux articles dans le Journal d'agriculture, de commerce et de finances, et dans les Ephémérides du citoyen, périodiques dirigés et rédigés par ses disciples. En 1767 et 1768, l'un d'eux, Du Pont de Nemours, réunit ses principaux écrits sous le titre de Physiocratie, qui devint le nom de l'école; mais l'école était constituée depuis bien des années déjà, et, dés le premier jour, elle avait reconnu Quesnay pour son chef.

il n'y a rien, en effet, dans la doctrine de l'Ecole Physiocratique, dont Quesnay n'ait été le créateur. Il n'a pas inventé la doctrine de toutes pièces, et il l'a composée d'éléments dont beaucoup préexistaient dans les oeuvres des devanciers ou dans les esprits des contemporains; mais il l'a réellement constituée, il en a fait un système, il lui a donné la cohésion et la rigueur, et, par ce travail de formation comme par l'apport d'idées et de conceptions nouvelles, il a produit quelque chose d'original et de fort. L'analyse du droit naturel comme principe d'une science générale de la politique et de l'économie, la subordination de tous les éléments économiques à l'élément agraire, la théorie du produit net et de l'impôt direct sur les propriétaires, le libre-échange, la théorie du gouvernement despotique éclairé, en un mot tout ce qu'il y a d'essentiel et de fondamental dans la doctrine dés physiocrates est dû à Quesnay. Son influence personnelle a été très grande, sa place dans l'histoire de l'économie politique est considérable. Les derniers articles économiques de Quesnay datent de 1768. Il employa ses dernières années à la révision et à la réédition de ses oeuvres médicales. En 1773 encore, il publiait un traité sur l'évidence des vérités géométriques. (H. Bourgin).



En bibliothèque - Les oeuvres de Quesnay ont été rassemblées par Du Pont de Nemours, dans la Physiocratie, ou Constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux; au genre humain (Leyde et Paris, 1767-68, 2 vol.); par Daire, dans la Collection des économnistes (t. Il); par Oncken, Oeuvres économiques et philosophiques de F. Quesnay (Francfort et Paris, 1888), la meilleure édition, avec une bonne introduction, et une série d'écrits et de fragments des contemporains sur Quesnay.
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