 |
Empédocle,célèbre
philosophe d'Agrigente ,
florissait vers l'an 444 av. J. C. Il reçut les leçons des
Pythagoriciens, et excella à la fois dans la philosophie, la poésie,
la médecine, et la musique. Il avait composé sur la nature
et les principes des choses un poème si beau qu'on le lut publiquement
aux jeux olympiques.
Les
Siciliens, ses compatriotes, avaient une si haute idée de son génie,
qu'ils lui supposaient le pouvoir d'enchaîner les vents, et qu'ils
l'avaient surnommé le magicien (gohs). C'est ainsi que de nos jours
on s'est obstiné à supposer à plus d'un grand homme
le pouvoir de prédire le temps.
Suivant Aristote,
Empédocle mourut à soixante ans. On dit que, voulant cacher
sa mort et passer pour un dieu, il se précipita dans le cratère
de l'Etna; mais que la montagne, rejetant ses sandales, déjoua son
projet en démasquant sa vanité. Il est plutôt à
croire qu'il périt, ainsi que Pline victime
de son zèle pour la science, en observant une éruption du
volcan. Selon d'autres, il quitta sa patrie après la prise d'Agrigente
par les Carthaginois
(403), et alla mourir dans le Péloponnèse .
Empédocle ne s'était déclaré
ouvertement pour aucune école, bien que par ses doctrines il inclinât
vers le pythagorisme. Il croyait à la transmigration des âmes,
et voyait des rapports mystérieuxs entre les corps et les nombres.
Il entreprit le premier d'élever à la hauteur d'une théorie
l'amour (jilih), qui unit, et la haine (neikos), qui sépare, en
transportant ces sentiments jusque dans la nature inanimée. Ces
deux causes primitives étaient pour lui des forces primordiales,
lointains analogues de l'attraction et de la répulsion des physiciens
modernes. Ces forces agissaient sur la matière,
elle même formée selon Empédocle de quatre éléments:
le feu ou Zeus ,
la terre ou Héra ,
l'air ou Pluton ,
l'eau ou Nestis. Partant de ce principe, que le semblable ne eut être
connu que par le semblable, il composait l'âme elle-même des
4 éléments. Il admettait, comme Platon,
un monde intelligible, type du monde sensible.
 |
Editions
anciennes - On a sous le nom d'Empédocle
un Traité de la Médecine (trouvé en 1846 par
Dezeimeris parmi ceux d'Hippocrate) : Il reste
de lui des Fragments publiés par Sturz, Leipz., 1805, et
d'une manière plus complète par Karsten (Empedoclis Agrigentini
Carminum reliquiae; Amsterdam (selon Bouillet, ou Leipzig, selon Hoefer),
1838, in-8°), et par H. Stein, Bonn, 1852. Ils ont été
reproduits dans les Philos. græc. frag. de la Bibliothèque
grecque de Didot, 1860. |
|
|