| Dictionnaire | |
| Sorcellerie.
- On appelle ainsi de pratiques fondées sur l'invocation et la
manipulation de forces surnaturelles. Il est assez difficile de distinguer
la sorcellerie de la magie. Toutefois, on peut
dire que la magie a pour but, en général, de soumettre les
puissances supérieuses à la volonté de l'humain; la
sorcellerie vise particulièrement à amener l'intervention
des génies malfaisants, plus spécialement des démons
ou du Diable, pour des sortilèges destinés
surtout à produire la mort ou l'amour.
C'est en Thessalie Les principales pratiques de la sorcellerie consistaient en un pacte avec le Diable, par lequel le sorcier lui livrait son âme pour l'éternité en échange d'une délégation temporaire de son pouvoir malfaisant; en la préparation de philtres amoureux, de breuvages mortels, d'onguents étranges, selon des recettes et des formules macabres et souvent horribles; dans l'évocation des morts, dans des scènes d'une lubricité exacerbée, où les adeptes commerçaient charnellement avec les incubes et les succubes; dans les incantations, les envoûtements, les sorts et les maléfices, dont les formules composaient, des grimoires mystérieux, etc. L'une des pratiques les plus horribles
de la sorcellerie est la messe noire, qui alliait les cérémonies
du culte aux pratiques de la magie. Au moment
de l'offertoire, un enfant était égorgé et son sang
versé dans un calice. Ces messes étaient généralement
dites pour l'amour, et l'officiant célébrait sur le corps
nu de l'intéressée. A côté de pratiques telles
que les poisons et les avortements, les sorcières distribuaient
aussi des recettes efficaces contée les maladies. Paracelse,
le grand médecin de la Renaissance
Scène de sorcières (Escena de brujas), par Goya. La sorcellerie, condamnée à
toutes les époques, a été l'objet des persécutions
les plus sévères qui ont souvent atteint un réprouvable
degré d'atrocité et de barbarie, Dans l'Antiquité Plus tard on n'hésita pas à
placer dans les églises des troncs,
dans lesquels il était loisible à chacun et recommandé
comme oeuvre pie d'introduire des billets dénonçant des adeptes
de la sorcellerie. Alors, les prisons furent encombrées d'accusés
de sorcellerie, et les bûchers s'allumèrent dans toute l'Europe.
Un devin de Rottembuch, Jean Daniel, à lui seul dénonça
deux cent quinze sorciers, et, en France, Muguet, un berger de Bourgogne Dans les campagnes, la sorcellerie consistait surtout à jeter des « sorts » ou des «-charmes » sur les bestiaux, sur les fermes, sur les champs. Le sort le plus connu est celui que l'on nommait l'aiguillette et qui consistait à empêcher la personne à laquelle on le jetait d'uriner, ou un fiancé de remplir ses devoirs conjugaux. Un sort très célèbre est aussi l'envoûtement. On jetait des sorts aux maisons en battant l'eau avec une baguette, avec accompagnement de formules rituelles, pour faire tomber un orage de grêle; on jetait des sorts à la terre en confectionnant ce que l'on appelait des bruines avec des feuilles d'arbre ensorcelées, que l'on répandait sur le sol pour leur enlever tout principe de végétation, toute humidité et toute chaleur, etc. Les sorciers et sorcières eux-mêmes ajoutaient souvent foi à ces pratiques. De nos jours encore, dans les campagnes comme dans les villes, ces superstitions ne sont pas complètement éteintes. (NLI). |
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