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| La découverte du monde | ||
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L'art sacré : l'alchimie alexandrine |
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L'art
sacré
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La
chimie au Moyen âge
L'alchimie arabo-musulmane L'alchimie dans le monde chrétien |
| Les
noms d'art sacré, d'art divin, ou encore d'art
hermétique a été donné à la chimie L'art sacré
intègre ainsi les pratiques métallurgiques
qui ont pris naissance dans les industries d'Egypte C'est seulement très
tardivement, au moment de l'éclosion au grand jour de l'art sacré,
que les secrets des anciens artisans se revêtent du costume du mysticisme,
puisant dans le Néoplatonisme et
dans le Gnosticisme, de formation récente,
en même temps que dans de tout cet appareil théorique que
les spéculations des anciens physiciens
grecs permettent de nourrir. C'est la philosophie
grecque Hermès Trismégiste, le fondateur mythique Le versant mystique de l'art sacré,
et de l'alchimie en général repose sur la doctrine attribuée
à Hermès L'Antiquité classique Le serment hermétique.
« Je jure par le cielPuis, s'adressant à Horus « Maintenant, mon fils, va trouver le cultivateur et demande lui quelle est la semence et quelle est la moisson. Tu apprendras de lui que celui qui sème du blé récoltera du blé, que celui qui sème de l'orge récoltera de l'orge. Ces choses le conduiront, mon fils, à l'idée de la création et de la génération, et rappelle-toi que l'homme engendre l'homme, que le lion engendre le lion, que le chien reproduit le chien. C'est ainsi que l'or produit l'or; et voilà tout le mystère. »Tout cela signifie, en dernière analyse, que pour faire de l'or il faut prendre de l'or. Le secret n'était pas bien merveilleux. Le macrocosme
et le microcosme.
« Hermès nomme, y est-il dit, microcosme l'humain, parce que l'humain ou le petit monde (o mikros kosmos) contient tout ce que renferme le macrocosme ou le grand monde (o megas kosmos). Ainsi, le macrocosme possède de petits et de grands animaux, terrestres et aquatiques; l'humain a des puces et des poux : ce sont ses animaux terrestres; il a aussi des vers intestinaux : ce sont ses animaux aquatiques. Le macrocosme a des fleuves, des sources, des mers; l'humain a des vaisseaux ou intestins, des veines, des sentines. Le macrocosme a des animaux aériens; l'humain a des cousins et d'autres insectes ailés. Le macrocosme a des esprits qui s'élèvent, tels que les vents, les foudres, les eclairs; l'humain a des vents (fusas), des pets (pordas), des fièvres ardentes, etc. Le macrocosme a deux luminaires, le soleil et la lune; l'humain aussi a deux luminaires : l'oeil droit, qui représente le soleil, et l'oeil gauche la lune. Le macrocosme a des montagnes et des collines; l'humain a des os et des chairs. Le macrocosme a le ciel et les astres ; l'humain a la tête et les oreilles. Le macrocosme a les douze signes du zodiaque; l'humain les a aussi depuis la conque de l'oreille ( = krios = bélier, en grec), jusqu'aux pieds, qui se nomment les Poissons (signe du zodiaque qui suit le signe du Bélier). »
Correspondance entre « ce qui est en haut et ce qui est en bas », selon Robert Fludd (Utriusqui cosmi historia, 1619). La Table d'Emeraude.
« Il est vrai, sans mensonge, certain, et très véritable que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour l'accomplissement d'un être unique. Toutes les choses proviennent de la médiation d'un seul être. Le soleil est le père, la lune la mère, et la terre est la nourrice; le Vent l’a porté dans son ventre et la Terre est sa nourrice. C’est le père de la perfection du monde entier. Sa puissance est entière quand elle est métamorphosée en terre. Tu sépareras la terre du feu, ce qui est léger de ce qui est lourd; tu conduiras l'opération doucement et avec beaucoup de précaution : le produit s'élèvera de la terre vers le ciel, et liera la puissance du monde supérieur avec celle du monde inférieur. C'est là que se trouvent la science et la gloire de l'univers; c'est de là que dérivent les belles harmonies de la création. Aussi m'appellé-je Hermès Trismégiste, initié aux trois parties de la philosophie universelle. Voilà ce que j'ai à dire sur l'oeuvre du soleil. »Suivant le P. Kircher, la Table d'émeraude renfermait la théorie de l'élixir universel et de l'or potable (Oedipus Aegyptiacus, t. II). Une chose plus certaine que cette interprétation, c'est que ce code de l'alchimie ressemble aux oracles Dans le laboratoire d'un alchimiste alexandrin Si l'on considère maintenant le
versant pratique de l'art sacré, force est de constater que les
vues théoriques des alchimistes les
engagèrent dans une voie sans issue, et dans laquelle ils perdirent
des trésors de persévérance et de génie; mais
pour les juger avec équité il convient de se reporter aux
temps où ils vivaient. Aujourd'hui même que les sciences,
et particulièrement la chimie Le chimiste agrège et désagrège,
combine et décompose la matière sur laquelle il opère.
L'initié de l'art sacré était persuadé de pouvoir
faire en petit ce que le Démiurge ou le Dieu créateur avait
fait en grand. Et, aux yeux du vulgaire, le prêtre n'était
pas seulement le représentant, mais en quelque sorte un abrégé
de la Divinité. Dans l'Antiquité Effaçons un instant de notre mémoire
toutes les découvertes faites pendant le laps de temps qui nous
sépare du règne de Constantin
ou de Théodose le Grand; transportons-nous
un moment par la pensée dans le laboratoire de Zosime,
le premier des alchimistes d'Alexandrie,
ou d'un des grands maîtres de l'art, sacré; assistons en initiés
à quelques-unes des opérations de l'art sacré. Comme
on le constatera, le point de départ de toutes les doctrines alors
à l'oeuvre était l'observation et l'imitation de la nature.
Il ne faut donc, pas s'étonner qu'elles aient été
cultivées avec ardeur. L'art sacré était véritablement
la chimie 1° On chauffe de l'eau ordinaire dans un vase ouvert. L'eau bout et se réduit en un corps aériforme (vapeur) en laissant au fond du vase une terre blanche, pulvérulente. Conclusion : l'eau se change en air et en terre. Qu'aurions-nous à objecter contre cette conclusion, si nous n'avions aucune idée de l'existence des matières que l'eau tient en dissolution et qui, après la vaporisation, se déposent au fond du vase? 5° Les vapeurs d'arsenic blanchissent le cuivre. Ce fait, connu depuis longtemps, avait donné naissance à une multitude d'allégories obscures, et d'énigmes mystiques sur le moyen, de transformer le cuivre en argent. Le soufre, qui attaque les métaux, qui les noircit et les transforme en des produits ordinairement noirs, pulvérulents, était un corps tout aussi mystérieux que l'arsenic. C'est avec le soufre qu'on coagulait (solidifiait) le mercure. 6° On fait tomber du mercure en pluie fine sur du soufre fondu, et l'on obtient une matière noire comme I'aile du corbeau. Cette matière chauffée dans un vase clos se volatilise sans s'altérer et se présente avec une éclatante couleur rouge. Ce curieux phénomène ne devait-il pas frapper d'étonnement les initiés à l'art sacré, et agir d'autant plus sur leur imagination, que pour eux le noir et le rouge n'étaient rien moins que les symboles des ténèbres et de la lumière, du mauvais et du bon principe, et que la réunion de ces deux principes représentait, dans l'ordre moral, l'Univers-Dieu?Ainsi, la fameuse théorie de la transmutation des métaux, adoptée par les alchimistes, est fondée sur quelques faits réels, mais non compris et mal interprétés. Au reste, cette théorie, considérée au point de vue de la science d'alors, n'était pas aussi irrationnelle qu'elle nous le paraît aujourd'hui. Le point de départ de tout raisonnement était l'observation et l'imitation de la nature. Les métaux étaient assimilés à de véritables êtres animés, ayant, comme les végétaux Que voit-on dans la nature? des transformations.
Les écrits des chimistes anciens sont pleins d'allusions mystiques
et allégoriques sur la germination, sur la génération,
sur la transformation de la graine Faut-il donc leur en vouloir d'avoir établi
la théorie de la transmutation sur un simple
Se moquer, comme on l'a fait, de la théorie de la transmutation, cela est non seulement injuste, mais ridicule et absurde; il est une considération qui devrait nous rendre extrèmement prudents et circonspects dans nos jugements. La voici : si nous sommes à même d'apprécier l'insuffisance ou la fausseté des doctrines de nos prédécesseurs, c'est grâce aux découvertes qui ont été faites pendant tout l'espace de temps qui nous en sépare. Et nous, ne faisons-nous pas tous les jours des théories auxquelles nous tenons probablement autant que les anciens aux leurs? Et, à moins que le monde ne finisse demain, personne, j'espère, n'a plus la prétention de croire que nos contemporains aient donné le dernier mot de la science, et que ceux qui viendraient après nous n'auraient plus aucun fait à découvrir, aucune erreur à rectifier, aucune théorie à redresser, juste quelques décimales à calculer. Je reviens à ce que j'ai dit plus haut si nous voulons juger nos prédécesseurs, il faut nous placer à leur point de vue, et bien nous garder de les condamner en les jugeant à travers le prisme de nos connaissances actuelles. C'est avec ce principe qu'il faut aborder l'histoire des sciences, comme, du reste, l'histoire en général. Et ce que je viens de dire à propos de la théorie de la transmutation des métaux peut également s'appliquer à beaucoup d'autres théories qui avaient eu pour point de départ des faits réels, mais mal compris, faute d'autres découvertes qui restaient encore à faire, et qu'il était alors presque impossible de prévoir. (DV / F. Hoefer). |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.