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Papyrus de Leyde. - Ce papyrus est le plus ancien manuscrit connu relativement à l'alchimie. C'est l'un de ces vieux traités, dont les pareils ont été brûlés par Dioclétien vers l'an 290 de notre ère, afin, nous disent les chroniqueurs, que les Égyptiens ne pussent s'enrichir par cet art et en tirer des richesses qui leur permissent de se révolter contre les Romains. Le papyrus en question a été trouvé à Thèbes dans un tombeau, et il a fait partie d'une collection d'antiquités égyptiennes réunies par d'Anastasi, vice-consul de Suède à Alexandrie, et vendues par lui en 1828 au gouvernement des Pays-Bas.  Marcelin Berthelot en a donné une traduction avec commentaire de ce Papyrus dans son Introduction à la chimie des anciens et du Moyen âge. C'est le carnet d'un orfèvre, renfermant des formules pour composer des alliages métalliques, pour dorer les métaux et pour teindre les étoffes en pourpre. Ces alliages étaient destinés à imiter l'or et l'argent et à les falsifier : l'asem ou argent artificiel y joue un rôle très important.

Ces recettes, purement techniques et faciles à reproduire, sont les mêmes qui figurent dans le traité de chrysopée du pseudo-Démocrite, point de départ des textes alchimiques grecs, et de toutes les pratiques et théories des transmutateurs : c'est là ce qui fait la grande importance du Papyrus de Leyde, qui a donné la clef des procédés alchimiques, au moins à leur origine. Les mêmes recettes se sont conservées textuellement dans de vieux manuscrits latins du VIIIe et du Xe siècle, renfermant les pratiques des arts et métiers, suivies depuis le temps de l'empire romain; elles figurent textuellement dans la Mappae clavicula, traité fort étendu du Xe siècle, et dans plusieurs autres manuscrits. (M. B.).

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