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Les
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| Plaute.
- Plaute est l'un des plus anciens poètes comiques romains Plaute fut un auteur très fécond.
On ignore le nombre exact des pièces qu'il donna. Cette incertitude
régnait dès l'Antiquité 1° Les comédies écrites certainement par Plaute, d'après le témoignage unanime de la tradition et des érudits;Varron cite 21 pièces certaines et 19 douteuses; le nombre des pièces apocryphes devait être considérable, puisque certains auteurs attribuaient à Plaute 100 et même 130 comédies. Les critiques, tant anciens que modernes, ont donné aux 21 comédies certaines, énumérées par Varron, le nom de Fabulae Varronianae. Elles nous sont toutes parvenues, sauf une, intitulée la Vidularia, qui était la dernière dans les manuscrits, et qui a disparu presque entièrement. Des autres pièces, que l'Antiquité attribuait à Plaute avec plus ou moins de raison, nous ne possédons que de courts fragments ou même le titre seul. Les vingt comédies de Plaute, que
nous pouvons lire aujourd'hui, sont : l'Amphitruo Le théâtre de Plaute appartient au genre appelé à Rome la Comaedia Palliata, c.-à-d. la comédie en pallium ou manteau grec. Plaute a en effet beaucoup emprunté aux poètes comiques de la Grèce. Il n'a pas imite Aristophane ni les auteurs de la Comédie ancienne, parce que le gouvernement romain défendait, sous les peines les plus sévères, que l'on se servit du théâtre pour attaquer ses ennemis ou pour exposer des opinions politiques : le poète Naevius, presque contemporain de Plaute, fut jeté en prison parce qu'il n'avait pas ménagé dans ses vers deux puissantes familles romaines, les Métellus et les Scipions. Plaute s'inspira surtout de la Comédie nouvelle; il puisa la plupart des sujets de ses pièces dans les oeuvres de Ménandre, de Philémon et de Diphile. Ménandre lui fournit la Cistelluria, les Bacchides, le Miles Gloriosus, le Paenulus, le Stichus; de Philémon, il tira la Mostellaria, le Mercator, le Trinummus; à Diphile il prit la Casina. La scène se passe toujours, au moins en apparence, dans une ville grecque; les personnages portent des noms grecs : Amphitryon, Euclion, Philocrates, Aristophontes, Menaechmus Sosiclès, Pleusidippus, Antiphon, Philumena, Pamphila, Megaronides, Calliclès, Pyrgopolinice, etc. Les caractères eux-mêmes, dans leurs traits principaux, sont simplement transposés de la Comédie nouvelle : chez Plaute comme chez Ménandre et Philémon, abondent les esclaves fripons et rusés, les marchands perfides et voleurs, les procureuses sans vergogne ni scrupules, les vieillards imbéciles ou débauchés, les fils irrespectueux, les cuisiniers escrocs, les entremetteurs impudiques, les parasites toujours affamés, les soldats toujours fanfarons. Ce serait pourtant une erreur et une injustice de croire que Plaute a été seulement un traducteur, ou qu'il s'est contenté d'adapter au goût des spectateurs romains les oeuvres des poètes grecs. D'abord Plaute a observé par lui-même et il connaît, par sa propre expérience, tous ces types de la Comédie nouvelle; il les a vus soit dans les ports de la Grèce et de l'Orient, qu'il visita au moment où il se livra à ces spéculations financières et commerciales qui engloutirent son pécule; soit à Rome, où il fréquentait de préférence les petites gens, et où les esclaves grecs affluèrent dès la fin du IIIe siècle et le début du IIe av. J. C. Et d'autre part, il a introduit dans ses pièces une foule de traits de moeurs, d'incidents et de mots qui sont exclusivement romains. Le poète s'adressait à un public peu lettré, qui. ne connaissait pas ou qui connaissait mal la Grèce; il devait assaisonner, pour ainsi dire, d'une sauce romaine les plats grecs qu'il lui servait. Plaute dépouilla ses modèles de la finesse attique et du charme délicat qui caractérisent la Comédie nouvelle; sa verve souvent grossière, toujours vive, ses mots crus, ses calembours pittoresques, les «-coups de gueule et les coups de poing » devant lesquels il ne recule pas, rappelleraient plutôt Aristophane, si les uns et les autres n'avaient une saveur vraiment originale et toute romaine. Ce n'est pourtant pas dans cette modification de la matière comique, qui lui était fournie par la Grèce, que réside essentiellement le génie de Plaute. Plaute « possède deux dons innés, celui de la scène et celui du style. C'est un inventeur inépuisable, un dénicheur de situations et d'expressions. Il lui manque la science des préparations, des transitions, des développements logiques; mais il possède l'art de camper ses personnages en face l'un de l'autre dans des situations imprévues. Au plus bas degré, ce sont les trucs du vaudevilleLes pièces de Plaute sont emportées par un mouvement rapide; jamais l'action ne languit; les péripéties se succèdent, les coups de théâtre éclatent; la vie bouillonne et déborde de toutes parts. Le style répond à l'action. Il est vivant comme elle, varié autant et plus qu'elle. Gracieux, tendre, presque idyllique dans les scènes d'amour, il devient d'une violence truculente quand deux personnages se disputent ou s'injurient. Ailleurs la verve du dialogue se modèle sur la vivacité du drame; la fantaisie du langage ne le cède en rien à l'imprévu des péripéties. La langue de Plaute est d'ailleurs d'une richesse admirable : les expressions pittoresques, les images originales, les épithètes frappantes, les métaphores éclatantes y abondent; comme artisan de mots, comme créateur d'images, il soutient la comparaison avec Aristophane et Rabelais. Il est même puissamment lyrique dans les Cantica, dans ces parties de la Comédie romaine qui étaient chantées ou tout au moins accompagnées de musique. Plaute n'est pas moins original par le rythme de ses vers. La métrique et la prosodie de Plaute ont été longuement étudiées pendant le XIXe siècle; elles ont donné lieu à des controverses très vives entre les érudits. Il paraît certain que Plaute a employé des mètres nombreux et variés, et qu'il a pris d'assez grandes libertés soit avec la quantité des syllabes, soit avec le rythme des mètres. Cette variété, cette richesse, cette liberté même donnent à sa versification un caractère très particulier. Les comédies de Plaute jouirent
à Rome d'une grande popularité, non seulement pendant la
vie du poète, mais même longtemps après sa mort. La
plupart des prologues, dont elles sont précédées dans
les manuscrits, datent du Ier siècle
av. J.-C.; ils furent composés pour des reprises, qui eurent lieu
à cette époque. Arnobe raconte que l'on jouait encore l'Amphitryon
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.