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Les volcans 
et les phénomènes volcaniques
D'apr√®s l'usage courant, le terme de volcan (de l'italien' volcano, venu, du latin'Vulcanus, Vulcain, dieu du feu) est intimement li√©e, non seulement √† l'id√©e d'une montagne (√©ventuellement sous-marine) qui vomit du feu par une ouverture appel√©e crat√®re, plac√©e ordinairement √† son sommet ou √† son flanc, et d'o√Ļ s'√©chappent, des tourbillons de flammes, de fum√©e, et de mati√®res en fusion, mais, pour la forme de cet √©difice, √† celle d'un c√īne tronqu√© au sommet d'un crat√®re o√Ļ vient se placer le si√®ge d'une activit√© qui se traduit, lors des √©ruptions, par des projections violentes de pierres et de cendres, et l'apparition ensuite plus tranquille des laves. Or, il s'en faut de beaucoup qu'il en soit toujours ainsi. 

Les volcans sont tout autres; il en est qui n'ont jamais fourni de laves, d'autres pas de projections. Cette forme conique, aussi réputée comme classique pour la montagne volcanique, est loin d'être toujours réalisée. L'accumulation des matériaux qui détermine sa présence au-dessus du sol peut affecter les aspects les plus divers, voire même manquer, car il est des volcans qui, n'ayant rejeté aucun produit solide, se traduisent par la forme absolument inverse d'un relief négatif, c.-à-d. en creux.

Un volcan, en somme, c'est un simple appareil qui met en communication directe, mais d'une fa√ßon qui peut √™tre continu√© ou intermittente, les masses fluides internes avec l'ext√©rieur. Il n'y a donc d'essentiel dans cet appareil que les conduits qui servent ,de canal o√Ļ peut se faire l'ascension des masses en question. Or, ces derni√®res, quand elles sont rejet√©es, pouvant se pr√©senter sous trois √©tats, solide (projections de d√©bris), liquide (laves) ou gazeux, et cela dans des conditions tr√®s diverses, la forme des appareils qu'elles parviennent √† √©difier au-dessus des orifices de sortie est n√©cessairement en relation directe, non seulement avec leur nature, mais avec la fa√ßon dont elles s'associent.-

Une √©ruption du Stromboli (Italie). - Ce volcan est situ√© dans l'arc volcanique des √ģles √Čoliennes, qui est le r√©sultat de la subduction de la plaque Africaine sous la plaque Eurasiatique. Il poss√®de plusieurs crat√®res actifs situ√©s pr√®s du sommet et qui √©mettent continuellement des gaz, de la lave et des √©clats incandescents, cr√©ant une vue spectaculaire surtout la nuit. Le Stromboli pr√©sente une activit√© √©ruptive presque continue depuis des milliers d'ann√©es. Ses √©ruptions varient en intensit√©, allant de petites √©ruptions √† des √©v√©nements plus explosifs. Au cours des derni√®res d√©cennies, certaines de ces √©ruptions ont n√©cessit√© des √©vacuations des populations. Celle de 1930 a caus√© des pertes humaines. 

es manifestations volcaniques, loin de se limiter aux ph√©nom√®nes pr√©c√©demment d√©crits, se traduisent encore, longtemps apr√®s que toute trace d'√©mission de lave a cess√© dans les volcans, par une persistance toujours remarquablement ordonn√©e, mais cette fois tranquille, des d√©gagements gazeux. Tant√īt ce sont des gaz sulfureux qui s'√©chappant du sol fissur√©, se d√©composant lentement √† l'air libre, fournissent le soufre des solfatares; ailleurs, c'est l'eau bouillante qui jaillit en merveilleux geysers. Enfin, au dernier √©chelon de cette activit√© volcanique √† son d√©clin, apparaissent, sous la forme successive des salses et des mofettes, ces d√©gagements d'hydrocarbures, puis d'acide carbonique, qui repr√©sentent la derni√®re phase que tous les volcans, avant de s'√©teindre, sont destin√©s √† traverser.

La formation et distribution géographique des volcans

Tr√®s souvent, la formation et la distribution g√©ographique des volcans est directement en relation avec la structure tectonique de la Terre et les mouvements des plaques. entre lesquelles se divise la lithosph√®re et la partie sup√©rieure du manteau (asth√©nosph√®re)  de notre plan√®te. Les volcans sont alors associ√©s aux fronti√®res entre les plaques tectoniques de la cro√Ľte terrestre et se situent tout le long la zone de contact entre deux plaques. Il existe trois types de limites de plaques : divergentes, convergentes et transformantes. Seuls les deux premiers types ont un r√īle dans la formation des volcans. 
Les limites transformantes correspondent aux limites entre deux plaques qui glissent contre l'autre (zones de friction). De telles limites ne sont généralement pas associées à une activité volcanique significative, mais peuvent générer des séismes importants.
Les volcans peuvent aussi se former à l'intérieur même des plaques tectoniques, au-dessus de panaches chauds montés depuis les profondeurs du manteau et qui percent ces plaques pour former un point chaud

Le volcanisme de divergence.
Dans les r√©gions o√Ļ les plaques tectoniques se s√©parent (dorsales oc√©aniques, rifts terrestres), on observe un volcanisme qualifi√© de volcanisme de divergence

Volcans des dorsales océaniques.
Les dorsales ou rides m√©dio-oc√©aniques se forment au fond des oc√©ans et sont le principal moteur de l'expansion des fonds oc√©aniques. Pouvant s'√©lever jusqu'√† plusieurs kilom√®tres au-dessus du fond marin, elles s'√©tendent en longueur sur plusieurs milliers de kilom√®tres et sont larges g√©n√©ralement de quelques kilom√®tres √† plusieurs centaines de kilom√®tres. C'est dans ces zones que  le magma (= m√©lange de roches en fusion, de gaz dissous et de cristaux) remonte √† travers des fissures (rifts, en anglais) pour venir se solidifier quand il atteint le plancher oc√©anique et s'accumuler de part et d'autre de la zone de rift, formant ainsi une nouvelle cro√Ľte oc√©anique. Au fil du temps, les √©ruptions r√©p√©t√©es de magma cr√©ent une cha√ģne de volcans sous-marins align√©s le long de la dorsale. Ce volcanisme est continu le long de la dorsale, avec des √©ruptions fr√©quentes, mais souvent de faible intensit√© : la lave s'√©coule lentement des fissures (volcanisme effusif). Exemples de dorsales m√©dio-oc√©aniques :

La dorsale Est-Pacifique dans l'oc√©an Pacifique, longue de 10 000 km,  s'√©l√®ve √† la s√©paration entre la plaque Pacifique et, du Nord au Sud, les plaques Juan de Fuca, Nord-Am√©ricaine, Cocos (et Rivera), Nazca et Antarctique. (La limite entre ces diverses plaques peut aussi √™tre transformante sur divers tron√ßons en divers point, notamment en Californie, r√©gion non volcanique mais de tr√®s haute sismicit√©). Cette dorsale est √† l'origine d'une expansion oc√©anique relativement rapide. 

La dorsale m√©dio-atlantique dans l'oc√©an Atlantique marque, du Nord au Sud, la divergence entre la plaque Nord-am√©ricaine et la plaque Eurasiatique, puis entre la plaque Nord-Am√©ricaine et la plaque Africaine, et, enfin, entre la plaque Sud-Am√©ricaine et la plaque Africaine. C'est une r√©gion √† la fois tr√®s sismique et tr√®s volcanique. Le plancher oc√©anique sur lequel elle s'√©rige est le plus souvent entre 3000 et 5000 m de profondeur et ses volcans sont essentiellement sous-marins. Ceux-ci peuvent cependant grandir suffisamment pour finir par √©merger au-dessus du niveau des oc√©ans et former alors des √ģles. C'est ce qui s'est pass√©, par exemple, avec l'√ģle surtsey apparue au large de l'Islande en 1963 √† la suite d'une √©ruption sous-marine. L'Islande m√™me est toute enti√®re le produit du volcanisme de la dorsale m√©dio-atlantique. D'autres √ģles et archipels ont la m√™me origine : Jan Mayen, A√ßores, Fernando de Noronha, Ascension, Sainte-H√©l√®ne, Tristan Da Cuhna, Bouvet, etc. 

Volcans des rifts continentaux.
En Islande, ce n'est pas seulement une portion de dorsale oc√©anique qui √©merge, c'est aussi la zone de rift centrale qui est apparente, partageant oblique l'√ģle en son centre. Il existe √©galement des zones de rift proprement terrestres, situ√©e √† la divergence de deux plaques tectoniques. Et de la m√™me fa√ßon, les fractures caus√©s par cet √©cartement forment des foss√©s d'effondrement et des failles et donnent naissance √† un volcanisme dit de rift. Comme les volcans sous-marins, les volcans de rift terrestre se caract√©risent le plus souvent par des √©ruptions effusives, o√Ļ la lave (souvent basaltique, c'est-√†-dire qu'elle est riche en silice et en fer) s'√©coule relativement lentement √† partir de fissures le long du rift. Parmi les rifts continentaux, on peut mentionner :
Le rift Baikal, situ√© en Sib√©rie orientale, en Russie, associ√© au lac Ba√Įkal. Il est le si√®ge d'une activit√© volcanique pass√©e et pr√©sente, avec des volcans √©teints et des sources thermales. 

Le Grand Rift en Afrique de l'Est forme une vall√©e, longue de 6000 km, du Malawi √† l'Erythr√©e  en passant par la r√©gion des Grands Lacs. Il est prolong√©, au Nord, par une ligne de faille qui s'√©tend jusqu'en Turquie, via la mer Rouge (rift oc√©anique), la mer Morte et les vall√©es du Jourdain (Isra√ęl, Palestine, Jordanie) et de la Bekaa (Liban). Certaines parties du Grand Rift connaissent de nos jours une activit√© volcanique intense.

On peut enore donner ici mentionner l'exemple d'un volcanisme de divergence ancien, lié à l'ouverture de la mer Baltique,et dont on retrouve aujourd'hui les traces dans le massif de l'Eifel, en Allemagne.

Le volcanisme de collision.
Les r√©gions o√Ļ deux plaques tectoniques convergent l'une vers l'autre est propice √† la surrection de cha√ģnes montagneuses et √† la formation de volcans. 

+ Cela se produit la plupart du temps quand une plaque océanique entre en collision avec une plaque continentale (ou, parfois avec une autre plaque océanique plus épaisse et moins dense) pour former une zone de subduction.

+ Il peut aussi arriver que la rencontre de deux plaques tectoniques (continentales) donne seulement lieu à une zone de compression.

Le premier cas donne naissance à un volcanisme de subduction, le second à un volcanisme de compression.

Le volcanisme de subduction. Les arcs volcaniques.
Lorsque deux plaques tectoniques se rencontrent, la plaque la plus dense et la moins √©paisse peut plonger sous l'autre plaque. Cette derni√®re est soulev√©e sur sa bordure, ce qui donne lieu √† la surrection de cha√ģnes montagneuses (sous-marines ou suba√©riennes), mais aussi √† l'apparition de fractures, qui sont autant d'issues pour la mont√©e de magma issu de la fusion partielle de la plaque subduite. Le magma produit par la subduction est moins dense que la roche environnante et a tendance √† s'√©lever vers la surface. Il trouve alors un chemin de moindre r√©sistance √† travers les fractures de la cro√Ľte terrestre et forme une cha√ģne de volcans parall√®le √† la zone de subduction et que l'on appelle un arc volcanique. Selon leur lieu d'apparition, on distingue ordinairement :

+ les arcs volcaniques insulaires. - Dans ces arcs, les volcans forment un chapelet d'√ģles, et correspondent g√©n√©ralement √† des zones de subduction entre deux plaques oc√©aniques, comme dans le cas des volcans des Cara√Įbes.
+ les arc volcaniques continentaux. -  Ces arcs form√©s de volcans sont purement terrestres. Ils, se constituent lorsqu'une plaque oc√©anique plonge sous une plaque continentale, comme dans les cas, par exemple, des volcans de la Cordill√®re des Andes ou du Japon.
Certains arcs volcaniques peuvent aussi avoir un caract√®re mixte, √† l'exemple de celui form√© par les volcans des √ģles de la Sonde ( Indon√©sie), par exemple. La Ceinture de Feu du Pacifique, qui est le plus vaste syst√®me d'arcs volcaniques de notre plan√®te,  poss√®de aussi ce caract√®re mixte.
L'Arc Cara√ģbe. - Cette zone, √† l'Est des Antilles (Petites Antilles), est  compos√©e d'√ģles volcaniques n√©es d'un processus qui se poursuit depuis 5 millions d'ann√©es. Le volcanisme y est principalement d√Ľ √† la subduction de la plaque oc√©anique de l'Atlantique sous la plaque cara√Įbe. Les volcans de cet arc sont g√©n√©ralement de type explosif. Citons, parmi les volcans de l'arc Cara√Įbe : la Montagne Pel√©e (Martinique), la Soufri√®re (Guadeloupe), Le Morne Diablotins (Dominique), les Soufri√®re Hills (Montserrat),  la Soufri√®re Saint Vincent (Saint Vincent et Grenadines), le Qualibou (Sainte-Lucie), ou encore le mont Kick-'em-Jenny, qui est un volcan sous-marin situ√© au Nord de la Grenade. Notons que,parall√®lement √† cet arc, un arc plus ancien, form√© par une activit√© volcanique vieille de y a 55 million d'ann√©es, est constitu√© d'anciens √©difices volcaniques tr√®s √©rod√©s sont aujourd'hui surmont√©s de r√©cifs coralliens (La Barbade, Grande Terre, Saint-Martin, Antigua).

La Ceinture de feu du Pacifique (ou ceinture P√©ripacifique) est un ensemble de volcans suba√©riens et sous-marins, qui entoure la plaque de l'oc√©an Pacifique et de quelques plaques secondaires (Nazca, Cocos, Mariannes, Philippines) situ√©es √† sa p√©riph√©rie. C'est la zone volcanique la plus active du monde. Elle s'√©tend sur environ 40 000 kilom√®tres, et se compose de nombreux segments, certains insulaires, d'autres continentaux ou mixtes. On peut la faire commencer en Nouvelle-Z√©lande, (Ruapehu, Taupo, Tarawera), se poursuivre aux Philippines (mont Pinatubo, Taal, Paco)  au Japon (mont Fuji, Unzen), aux Kouriles (Tiatia, Alaid), au Kamtchatka (Kliuchevskoi, Kronotsky, Av√°chinski), puis parvenir en Am√©rique, des √ģles Al√©outiennes (Bogoslov, Gareloi) et de l'Alaska (Iliamna, Spurr, Pavlov) √† la Cordill√®re des Andes (Cotopaxi, Chimborazo, Aconcagugua), en passant par  la cha√ģne des Cascades, √† l'Ouest des Etats-Unis (mont Sainte-H√©l√®ne, mont Rainier, mont Shasta). Des extensions tels que l'arc des √ģles de la Sonde (Krakatoa, M√©rapi, Agung), ou l'arc trans-mexicain (Popocat√©petl, Pico de Orizaba, Colima, Chichon), peuvent y √™tre rattach√©s.

Le volcanisme de compression.
Dans les zones de compression, c'est-√†-dire l√† o√Ļ deux plaques continentales convergent et entrent en collision, l'activit√© tectonique est principalement responsable de la formation de montagnes et de la d√©formation et la fissuration des roches. Les s√©ismes sont fr√©quents dans ces r√©gions, mais le volcanisme y est moins r√©pandu que dans les zones de subduction, car la cro√Ľte continentale est moins sujette √† la fusion que la cro√Ľte oc√©anique, ce qui limite la quantit√© de magma g√©n√©r√©. Lorsqu'un volcanisme de compression est pr√©sent il se produit g√©n√©ralement sous forme de volcans de type explosif, √† l'image des stratovolcans qui se forment √† la suite de l'accumulation de magma visqueux. 

Les volcans actifs de compression sont aujourd'hui tr√®s rares. Mais l'on conna√ģt un volcanisme de compression ancien, li√© en particulier √†  l'orog√©n√®se alpino-himalayenne caus√©e par la fermeture de l'oc√©an Th√©tys (depuis le d√©but du C√©nozo√Įque) ou, plus anciennement encore, √† l'orog√©n√®se hercynienne (varisque) n√©e de la rencontre de la Laurussia et du Protogondwana (Pal√©ozo√Įque).

Situ√© dans une r√©gion √† la g√©ologie complexe, o√Ļ convergent les  plaques Eurasiatique et Arabique, le mont Ararat, qui est un stratovolcan, fournit sans doute le meilleur exemple de volcan de compression, sinon actuellement actif, du moins dormant et pr√©sentant toujours des signes d'activit√© g√©othermique (sources chaudes et √©missions de gaz volcaniques). 

L'orog√©n√®se alpino-himalayenne a produit des exemples de volcanisme intracontinental plus nombreux, au point qu'on ait pu ici parler d'une ceinture de feu (la ceinture de feu t√©thysienne), associ√©e √† la surrection de tout un ensemble de cha√ģne  montagneuses en Eurasie (des Alpes √† l'Himalaya, en passant par les monts Zagros). Les Alpes, n√©es de la collision de la plaque Eurasiatique et de la plaque Africaine, pr√©sentent des indices d'un volcanisme ancien assez discrets. Mais il n'en est pas de m√™me des monts Zagros, qui r√©sultent de la collision entre la plaque Arabique et la plaque Eurasiatique, et pr√©sentent une activit√© volcanique tr√®s manifeste, avec des volcans √©teints, des √©missions de gaz, et de nombreux d√©p√īts de roches volcaniques et autres coul√©es de lave. M√™me chose pour l'Himalaya dont la surrection provient de la collision de la plaque Eurasiatique et de la plaque Indienne et qui pr√©sente en divers points des volcans √©teints et d'anciens volcans de boue.

L'orog√©n√®se hercynienne ou varisque, √† laquelle se rattache √©galement, en Am√©rique du Nord, la surrection des Appalaches, a produit le tr√®s ancien volcanisme dont on observe aujourd'hui encore la marque, par exemple, dans l'Oural (pr√©sence de basaltes, d'and√©sites, de dacites et de rhyolites),  ou dans l'Alta√Į, cha√ģne aux formations volcaniques vari√©es (volcans boucliers, stratovolcans, caldeiras, avec aussi des r√©gions pr√©sentant des coul√©es de lave, des d√©p√īts de cendres volcaniques et des d√īmes de lave), et dont le plus haut sommet, le mont Beloukha, est lui-m√™me un ancien volcan. En Europe, on trouve des traces d'activit√© volcanique remontant au m√™me processus dans l'ouest de la R√©publique tch√®que, dans la For√™t-Noire en Allemagne, ou encore France, dans le massif Armoricain, qui porte les marques d'un ancien volcanisme effusif et, dans le massif Central, dont les volcans sont aussi associables √† l'orog√©n√®se alpine.

Les points chauds.
Le volcanisme de point chaud.
La derni√®re cat√©gorie de volcanisme rassemble des volcans apparemment isol√©s.  Ceux-ci peuvent appara√ģtre √† peu pr√®s partout √† la surface de la Terre, y compris au milieu de plaques tectoniques, loin des limites de ces plaques. On doit invoquer pour les expliquer l'existence de grands panaches chauds, certains n√©s √† la base m√™me du manteau, ancr√©s peut-√™tre dans le noyau terrestre, qui traversent verticalement le manteau, et remontent jusqu'√† la surface en per√ßant la lithosph√®re, un peu comme le ferait un chalumeau g√©ant. Lorsqu'un tel panache chaud parvient √† perforer ainsi la cro√Ľte terrestre, il permet au magma d'atteindre la surface. Un volcan peut alors se former; on peut aussi assister √† un √©coulement de lave sur de grandes √©tendues (trapp).

Un seul de ces panaches mantelliques, actif sur de longues p√©riodes g√©ologiques, peut transpercer la lithosph√®re en des endroits diff√©rents, en fonction des d√©placements des plaques tectoniques entre deux p√©riodes de grande activit√©. Un unique point chaud peut ainsi produire une s√©rie de volcans align√©s, dont le plus ancien est g√©n√©ralement le plus √©loign√© du point chaud, tandis que le plus jeune est situ√© directement au-dessus de celui-ci. 

Parmi les volcans de point chaud, on peut mentionner, les volcans de Hawaii (Mauna-Kea, Mauna-Loa, etc.), des Galapagos et de l'√ģle de P√Ęques (qui a aussi √©t√© responsable de la formation de l'archipel des Tuamotu) dans l'oc√©an Pacifique, les volcans de la R√©union (Piton de la Fournaise, Piton des neiges) et des Comores (mont Karthala) dans l'oc√©an Indien, ceux des Canaries et des A√ßores, dans l'oc√©an Atlantique, ou ceux du Cameroun, dans le golfe de Guin√©e, de la r√©gion de Yellowstone en Am√©rique du Nord, etc.
Il existe quelques r√©gions o√Ļ se rencontrent √† la fois un volcanisme de dorsale oc√©anique et un volcanisme de point chaud qui b√©n√©ficie de la minceur de la cro√Ľte dans les voisinage des dorsales. 
L'exemple peut-√™tre le plus marquant est celui de l'Islande : des volcans tels que le mont Hekla, le Krafla ou le Sn√¶fellsj√∂kull, y rel√®vent du volcanisme de point chaud, alors que le Katla, l'Askja, le Grimsv√∂tn, ou encore l'Eyjafjallaj√∂kull, y sont-ils issus de volcanisme de dorsale. Certains volcans peuvent m√™me montrer des caract√©ristiques des deux types de volcanisme. Parmi les autres √ģles volcaniques de la dorsale m√©dio-atlantique asoci√©s en m√™me temps √† point chaud, on peut mentionner : les A√ßores, l'Ascension, Tristan da Cunha et Bouvet.

La structure des volcans

Les volcans sont des structures g√©ologiques par lesquelles de la mati√®re √† tr√®s haute temp√©rature (le magma) est achemin√©e jusqu'√† la surface de la Terre, o√Ļ elle se d√©pose sous diverses formes (mat√©riaux pyroclastiques) ou se r√©pand sans l'atmosph√®re (gaz). Le magma est comme la mati√®re premi√®re dont se nourrissent tous les volcans. Avant sa mont√©e en surface, il s'accumule dans de vastes r√©servoirs souterrains, appel√©s chambres magmatiques. Il monte ensuite le long d'un conduit √† partir duquel une partie de la mati√®re est projet√©e dans l'atmosph√®re et une autre s'√©coule sous forme de lave. Au fil des √©ruptions, l'accumulation de cette lave produit en se refroidissant une masse de mati√®re qui forme un c√īne volcanique (ce que l'on appelle ordinairement un volcan). La partie du conduit √† l'int√©rieur du volcan est appel√©e la chemin√©e, et son d√©bouch√©, plus large, prend le nom de crat√®re. Un sch√©ma g√©n√©ral qui peut √™tre sujet √† de nombreuses variations. 
Par exemple, plusieurs conduits peuvent partir d'une m√™me chambre magmatique, certains aboutissant en surface pour permettre l'√©mission de magma et de gaz volcaniques √† d'autres points du volcan ou m√™me pour former un autre volcan. Ces conduits secondaires peuvent √™tre le r√©sultat de fractures ou de chemin√©es secondaires qui se forment pendant l'√©ruption. Certains conduits peuvent √©galement n'aboutir nulle part ou venir alimenter des fissures par lequelles  le magma peut parvenir en surface (√©ruptions fissurales) sans √©riger de c√īne volcanique.
Le magma.
Le magma est un m√©lange de roches en fusion, de gaz dissous et de cristaux. Il est principalement compos√© de silicates (silicate de magn√©sium, de fer, d'aluminium, de calcium, de sodium et de potassium) combin√©s avec d'autres √©l√©ments chimiques (oxyg√®ne, hydrog√®ne et soufre). Le magma contient √©galement des gaz dissous, principalement de la vapeur d'eau, du dioxyde de carbone et du dioxyde de soufre. 

La viscosité du magma varie en fonction de sa composition chimique et de sa teneur en gaz dissous. Les magmas riches en silice ont tendance à être plus visqueux, tandis que les magmas plus pauvres sont plus fluides.

‚ÄĘ Le magma basaltique est riche en fer, en magn√©sium et en silice. Il a g√©n√©ralement une basse viscosit√©, ce qui facilite son √©coulement lors des √©ruptions. 

‚ÄĘ Le magma and√©sitique a une composition interm√©diaire entre le basaltique et le rhyolitique. Il contient des quantit√©s mod√©r√©es de silice, fer et magn√©sium.

‚ÄĘ Le magma rhyolitique est riche en silice, ce qui lui conf√®re une viscosit√© √©lev√©e et une texture plus p√Ęteuse. Il contient √©galement des quantit√©s relativement faibles de fer et de magn√©sium.

 ‚ÄĘ Le magma dacitique a une composition interm√©diaire entre l'and√©site et le rhyolite en termes de teneur en silice, fer et magn√©sium.

‚ÄĘ Le magma trachytique est similaire au rhyolitique, mais avec une teneur en potassium plus √©lev√©e. Il est g√©n√©ralement riche en feldspath potassique.

‚ÄĘ Le magma picrobasaltique est un type de basalte tr√®s riche en fer et en magn√©sium. Il est souvent associ√© aux points chauds du manteau terrestre.

‚ÄĘ Le magma phonolitique est un type de magma felsique (= silicat√©), qui  se situe sur le c√īt√© le plus siliceux et le plus alcalin du spectre des compositions magmatiques. Il est riche en feldspath alcalin (souvent du feldspath potassique appel√© sanidine), et en d'autres min√©raux tels que la n√©ph√©line et le feldspath sodique appel√© albite. Il a une viscosit√© relativement √©lev√©e et une temp√©rature de fusion relativement basse. Les volcans associ√©s √† ce magma sont plut√īt rares (citons toutefois le mont Erebus en Antarctique et le mont Katmai en Alaska). 

Le magma se forme g√©n√©ralement par un processus de fusion partielle des roches pr√©existantes dans la partie sup√©rieure  du manteau ou dans la cro√Ľte terrestre. La temp√©rature du magma est de l'ordre de 700¬įC √† 1300¬įC. Cela lui permet de rester √† l'√©tat liquide malgr√© les pressions tr√®s √©lev√©es auxquelles il est soumis. 

Moins dense que les roches environnantes, le magma remonte √† la surface terrestre lorsqu'il trouve une voie d'√©chappement. Lorsque la pression diminue √† mesure que le magma s'√©l√®ve, les compos√©s volatils qu'il contient se vaporisent (processus  d√©gazage des roches) et peuvent former des bulles. La lib√©ration soudaine de ces gaz pendant une √©ruption volcanique peut conduire √† des explosions et √† la projection brutale de mat√©riaux volcaniques.

Lorsque le magma atteint la surface terrestre lors d'une √©ruption volcanique, son refroidissement est rapide. Il se solidifie produisant divers mat√©riaux rocheux : laves,  cendres, pyroclastes.

La chambre magmatique.
Une chambre magmatique est un r√©servoir souterrain qui contient du magma en fusion, ainsi que des gaz dissous. Les chambres magmatiques se trouvent g√©n√©ralement  en dessous des volcans actifs. Elles peuvent √™tre situ√©es √† diff√©rentes profondeurs, allant de quelques kilom√®tres √† plusieurs dizaines de kilom√®tres sous la surface. Leurs dimensions et leur forme  peuvent √©galement varier consid√©rablement, allant de quelques kilom√®tres cubes √† des centaines de kilom√®tres cubes. Elles sont aliment√©es par des processus de fusion partielle du manteau et/ou de la cro√Ľte terrestre. Le magma est g√©n√©r√© dans des zones de fusion et remonte ensuite vers la chambre magmatique en raison de sa densit√© inf√©rieure √† celle des roches environnantes. Les chambres magmatiques sont soumises √† des pressions √©lev√©es en raison de l'accumulation de magma. √Ä mesure que le magma se refroidit et se solidifie dans la chambre magmatique, des min√©raux cristallins se forment. Ce processus de cristallisation peut cr√©er des roches magmatiques intrusives (granit, gabbro, diorite, etc.), qui se trouvent dans la cro√Ľte terrestre. Lors d'une √©ruption volcanique, la pression du magma dans la chambre magmatique peut augmenter de mani√®re significative, provoquant l'ouverture du conduit et l'√©jection du magma √† la surface. La taille de la chambre magmatique et la quantit√© de magma disponible peuvent influencer l'intensit√© et la dur√©e de l'√©ruption.

Les conduits √©ruptifs. 
On nomme conduit le passage √©troit par lequel le magma et les gaz volcaniques  s'extraient de la chambre magmatique. Un conduit √©ruptif b√©n√©ficie g√©n√©ralement de l'existence  de fractures, de fissures ou de conduits volcaniques pr√©existants dans la cro√Ľte terrestre. Ses parois sont constitu√©es de roches volcaniques plus r√©sistantes (basaltes solidifi√©s ou  tufs volcaniques consolid√©s). Les conduits √©ruptifs m√®nent √† la bouche du volcan, qui est l'ouverture √† la surface de la Terre par laquelle le magma, les gaz, les cendres et autres mat√©riaux volcaniques sont √©ject√©s lors d'une √©ruption. Cette bouche est le plus souvent (mais pas n√©cessairement) marqu√©e par la pr√©sence d'un crat√®re. Quand ce n'est pas le cas, on parle ordinairement d'√©vent volcanique.

Les cheminées.
La partie verticale du conduit qui s'√©largit pr√®s de la surface, juste en dessous du crat√®re du volcan prend le nom de chemin√©e. C'est par la chemin√©e que le magma remonte vers le sommet du volcan lors d'une √©ruption. Elle peut √™tre visible sous la forme d'une ouverture circulaire au sommet du c√īne volcanique. Elle peut aussi √™tre partiellement obstru√©e par des d√©p√īts de mat√©riaux volcaniques solides. 

Le c√īne volcanique.
Les c√īnes volcaniques r√©sultent de l'accumulation des √©jectas solides ou liquides solidifi√©s rejet√©es √† la surface par un volcan. Lorsqu'il est enti√®rement form√© par les laves successivement √©mises, le c√īne est √† base tr√®s large et √† pente douce. Quand il s'est √©difi√© avec des mat√©riaux meubles, scories, lapilli, cendres, ses pentes plus raides sont voisines de celle des talus de chute (c√īnes de d√©bris). Les c√īnes de laves portent g√©n√©ralement un ou plusieurs petits c√īnes de d√©bris r√©sultant des derni√®res √©ruptions; les c√īnes √† crat√®res qui s'ajoutent ainsi au c√īne principal sont dits c√īnes adventifs.

CŰnes volcaniques.
C√īne de d√©bris (√† gauche) et c√īne de laves.

Les cratères.
Le crat√®re commence √† l'√©vasement de la chemin√©e; il est limit√© par les bords du c√īne. Le crat√®re s'ouvre souvent au sommet du volcan; mais il arrive aussi qu'il occupe le flanc de la montagne. Les dimensions en sont parfois consid√©rables. L'ancien crat√®re du V√©suve, dont les ruines sont actuellement repr√©sent√©es par la Somma, mesurait 4000 m√®tres de diam√®tre; il est aujourd'hui √† peu pr√®s combl√© par les laves. Certains crat√®res des volcans d'Indon√©sie mesurent 6000 m√®tres de diam√®tre.
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CratŤre du Vťsuve.
Le crat√®re du V√©suve.  - Ce volcan, situ√© dans le golfe de Naples en Italie, est l'un des plus actifs d'Europe.  Son sommet est form√© d'un large crat√®re entour√© d'une couronne de montagnes et de falaises. L'√©ruption la plus c√©l√®bre du V√©suve est celle de l'an 79 ap. J.-C., qui a d√©vast√© les villes de Pomp√©i, Herculanum et Stabies, ensevelissant leurs habitants et leurs b√Ętiments sous des cendres et des d√©bris volcaniques.  Depuis, le V√©suve a connu de nombreuses autres √©ruptions majeures, notamment en 1631, 1794, 1906 et plus r√©cemment en 1944.  La r√©gion du V√©suve est dens√©ment peupl√©e, ce qui en fait l'un des volcans les plus dangereux du monde en termes de risques pour les populations.

Les types de volcans

Les volcans boucliers.
Un volcan bouclier est un type de volcan qui se caract√©rise par des pentes douces et une structure √©tendue. Ces volcans, couramment associ√©s √† des zones volcaniques tr√®s actives, comme les points chauds ou les zones de divergence des plaques tectoniques, sont g√©n√©ralement form√©s par des √©ruptions volcaniques de lave basaltique fluide, qui s'√©coule sur de longues distances avant de se solidifier. Ils peuvent avoir un crat√®re central, souvent de petite taille, √† partir duquel la lave est √©mise. Cependant, en raison de la nature fluide de la lave, les √©ruptions peuvent √©galement se produire le long de fissures lat√©rales. Les √©ruptions de ces volcans  sont souvent caract√©ris√©es par une activit√© √©ruptive r√©guli√®re et prolong√©e, avec des coul√©es de lave continues. 
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Le Mauna Loa est l'un des volcans boucliers les plus grands du monde. Il est situé sur la Grande Île d'Hawaii et s'élève à une hauteur de 4169 mètres depuis sa base sous-marine jusqu'à son sommet. La majeure partie de sa masse se trouve sous la surface de l'océan. C'est est l'un des volcans les plus actifs de la planète et a connu de nombreuses éruptions au cours de l'histoire récente.

Le Kilauea est un autre volcan bouclier majeur situé sur la Grande Île d'Hawaii. Très actif, il est réputé pour ses éruptions effusives de lave basaltique. Au cours de sa longue histoire, ce volcan a produit de vastes étendues de coulées de lave et des fontaines de lave spectaculaires.

Volcans des √ģles Gal√°pagos. -  L'archipel des Gal√°pagos, situ√© dans l'oc√©an Pacifique √† environ 1 000 km des c√ītes de l'√Čquateur, abrite plusieurs volcans boucliers. Parmi eux, le volcan Wolf et le volcan Sierra Negra sont les plus notables. Ces volcans pr√©sentent une activit√© volcanique r√©guli√®re et offrent un paysage volcanique unique, ainsi que des habitats uniques pour la faune et la flore de l'archipel.

Le Piton de la Fournaise est un volcan bouclier situ√© sur l'√ģle de La R√©union,  dans l'oc√©an Indien. Il est connu pour ses √©ruptions fr√©quentes et souvent spectaculaires. Il est accessible aux visiteurs et offre des opportunit√©s d'observation des √©ruptions en toute s√©curit√©.

Situé en Sicile, l'Etna est le plus grand volcan actif d'Europe. Il compte lui aussi parmi les volcans les plus actifs au monde. Ses éruptions produisent des coulées de lave impressionnantes. Il est classé au patrimoine mondial de l'Unesco et constitue une attraction touristique majeure.

Le Vulcano se situe sur l'√ģle √©ponyme dans l'archipel des √ģles √Čoliennes, au large de la c√īte nord de la Sicile. Il est caract√©ris√© par ses fumerolles soufr√©es et ses sources chaudes. 

L'Islande poss√®de plusieurs volcans boucliers. Parmi eux, on peut citer le B√°r√įarbunga, le Gr√≠msv√∂tn et l'Hekla. Ces volcans ont connu des √©ruptions notables au cours des derni√®res d√©cennies. 

Les stratovolcans.
Les stratovolcans, ou volcans compos√©s, sont des volcans en forme de c√īne raide et sym√©trique, construits par des √©ruptions alternant entre des coul√©es de lave visqueuse et des √©ruptions explosives. Ces √©ruptions peuvent produire des colonnes de cendres, des nu√©es ardentes, des lahars ( = coul√©es de boue volcanique) et des coul√©es pyroclastiques qui descendent rapidement le long des pentes du volcan. Les stratovolcans sont principalement compos√©s de lave and√©sitique, une lave visqueuse et tend √† s'accumuler autour de la chemin√©e volcanique plut√īt que de s'√©couler loin du volcan. Les stratovolcans sont g√©n√©ralement parmi les plus grands volcans de la Terre. Ils peuvent atteindre plusieurs milliers de m√®tres de hauteur et s'√©tendre sur des dizaines de kilom√®tres √† la base. 

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Le mont Vésuve est un stratovolcan situé près de la ville de Naples, en Italie. Il est célèbre pour son éruption dévastatrice en l'an 79, qui a enseveli les villes romaines de Pompéi et Herculanum sous les cendres. Toujours considéré comme un volcan actif, il est surveillé de près en raison de sa proximité avec une population dense.

Situ√©e sur l'√ģle de Stromboli, en Sicile, le Stromboli est un autre stratovolcan. Sa particularit√© r√©side dans son activit√© quasi-permanente de fontaines de lave et d'√©ruptions explosives. Il est surnomm√© "le phare de la M√©diterran√©e" en raison de ses √©ruptions r√©guli√®res qui √©clairent la nuit.

Situ√© sur l'√ģle de Honshu au Japon, le mont Fuji est l'un des symboles les plus embl√©matiques du pays. Il s'agit d'un stratovolcan actif qui culmine √† une altitude de 3776 m√®tres. Il a une forme conique parfaite.

Le volcan de Fuego, au Guatemala, est connu pour ses éruptions explosives fréquentes produisant des coulées pyroclastiques, des nuées ardentes et des explosions de cendres. Situé près d'Antigua Guatemala, ce stratovolcan est l'un des volcans les plus actifs d'Amérique centrale

Volcans Colima et Popocatépetl. - Ces deux stratovolcans se trouvent au Mexique et sont considérés comme parmi les volcans les plus actifs du pays. Le volcan Colima présente une activité régulière avec des éruptions explosives. Le Popocatépetl, situé à proximité de Mexico, a également une histoire éruptive importante.

Situ√© dans l'√Čtat de Washington, aux √Čtats-Unis, le mont St. Helens est c√©l√®bre pour son √©ruption d√©vastatrice en 1980. Avant l'√©ruption, le mont St. Helens avait une altitude de 2 550 m√®tres. L'√©ruption a caus√© l'effondrement d'une partie du sommet du volcan, laissant une caldeira en forme de fer √† cheval.

Le mont Rainier est un stratovolcan actif qui fait partie de la cha√ģne des Cascades. Avec une altitude de 4392 m√®tres, il est le point culminant de l'√Čtat de Washington et l'un des volcans les plus imposants des √Čtats-Unis. Il est couvert de glaciers et repr√©sente une importante attraction touristique.

Le M√©rapi (= Montagne de Feu, en  langue javanaise) est situ√© dans le centre de Java, en Indon√©sie. Il s'agit de l'un des volcans les plus actifs et dangereux au monde, avec une longue histoire d'√©ruptions. 

Les caldeiras.
Une caldeira est une d√©pression en forme de crat√®re qui se forme lorsque le sommet d'un volcan s'effondre apr√®s une √©ruption explosive majeure ou, parfois par une √©ruption effusive rapide qui a vid√© rapidement la chambre magmatique sous le volcan. Cela affaiblit la structure du volcan, ce qui peut entra√ģner l'effondrement de la partie sup√©rieure du volcan. Les caldeiras peuvent avoir des tailles allant de quelques kilom√®tres √† plusieurs dizaines de kilom√®tres de diam√®tre. Leur forme est g√©n√©ralement circulaire ou elliptique, bien que certaines puissent pr√©senter des contours plus irr√©guliers. L'effondrement √† l'origine de la formation de la caldeira ne signifie pas n√©cessairement la fin de l'activit√© volcanique. De nombreux exemples de caldeiras montrent une activit√© volcanique continue, avec de nouvelles √©ruptions pouvant se produire √† l'int√©rieur m√™me de la caldeiraou √† proximit√© de celle-ci. Des d√īmes de lave, des c√īnes volcaniques et d'autres structures peuvent se former. Par ailleurs, les caldeiras sont aussi souvent des zones d'intense activit√© g√©othermique, avec des sources chaudes, des fumerolles et des champs g√©othermiques. 

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Situ√©e principalement dans le parc national de Yellowstone, dans l'ouest des √Čtats-Unis, la caldeira de Yellowstone est l'une des plus grandes du monde et est le r√©sultat de plusieurs √©ruptions majeures au cours des derniers millions d'ann√©es. Le parc abrite √©galement de nombreuses sources thermales et geysers.

La caldeira de Santorin, √©galement connue sous le nom de caldeira de Th√©ra, est situ√©e dans les Cyclades, en Gr√®ce. Elle est le r√©sultat de l'effondrement partiel d'un volcan vers 1600 av. JC. L'effondrement a form√© une baie en forme de croissant qui abrite aujourd'hui les √ģles de Santorin et de Thirassia. L'endroit est remarquable pour ses falaises escarp√©es, ses maisons blanchies √† la chaux et son panorama spectaculaire sur la mer √Čg√©e.

Situ√©e dans l'Oregon, aux √Čtats-Unis, la caldeira de Crater Lake est le r√©sultat de l'effondrement d'un volcan ancien appel√© le mont Mazama. L'effondrement s'est produit il y a environ 7700 ans, laissant derri√®re lui une d√©pression d'environ 9 km de diam√®tre, qui abrite aujourd'hui un lac profond de pr√®s de 600 m√®tres.

La caldeira de Ngorongoro est située dans le nord de la Tanzanie et fait partie de la région de conservation de la Ngorongoro, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette caldeira est le résultat de l'effondrement d'un volcan massif il y a environ 2 à 3 millions d'années. Elle s'étend sur environ 260 km² et abrite une incroyable diversité d'animaux sauvages, notamment des lions, des éléphants, des rhinocéros, des zèbres et des gnous.

Les supervolcans.
Un supervolcan est un type de volcan extr√™mement puissant qui est capable de produire des √©ruptions cataclysmiques g√©antes, parmi les plus destructrices de l'histoire de la Terre. Ces √©ruptions sont caract√©ris√©es par l'√©mission d'une quantit√© massive de mat√©riaux volcaniques, de cendres et de gaz sur une √©chelle gigantesque.  Elles peuvent √©jecter plusieurs centaines √† plusieurs milliers de kilom√®tres cubes de mat√©riaux volcaniques dans l'atmosph√®re. Cela d√©passe de loin les √©ruptions des volcans ordinaires. La caldeira qui se forme apr√®s une √©ruption supervolcanique peut atteindre des dizaines de kilom√®tres de diam√®tre.

Tr√®s rares, les √©ruptions supervolcaniques peuvent tarder plusieurs milliers, voire de millions d'ann√©es, pour se produire. L'√©jection massive de cendres volcaniques et de gaz, en particulier de dioxyde de soufre, dans l'atmosph√®re peut entra√ģner un refroidissement global temporaire de la plan√®te. 
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Le supervolcan de Yellowstone, situé principalement dans le parc national de Yellowstone, est considérée comme l'un des supervolcans les plus dangereux du monde. Il a connu trois éruptions majeures au cours des deux derniers millions d'années, la plus récente ayant eu lieu il y a environ 640 000 ans. Ces éruptions ont libéré d'immenses quantités de cendres et ont formé la caldeira de Yellowstone qui mesure environ 55 km sur 72 km.

Située en Californie, la caldeira de Long Valley est un supervolcan qui s'est formé il y a environ 760 000 ans lors d'une éruption massive. Elle mesure environ 32 km sur 19. Bien que l'activité volcanique à Long Valley soit relativement calme depuis des milliers d'années, la région est toujours géologiquement active, avec des événements sismiques et des émissions de gaz, et le supervolcan est considéré comme potentiellement actif.

Situés près de la ville de Naples, en Italie, Les Champs Phlégréens (Campi Flegrei, soit Champs brulants, en italien) sont un vaste complexe volcanique qui comprend une caldeira géante. Ce supervolcan a connu plusieurs éruptions majeures au cours de son histoire, la plus récente ayant eu lieu en 1538. L'activité volcanique continue dans la région, ce qui suscite des inquiétudes quant à un éventuel réveil du supervolcan.

La caldeira de Taupo est situ√©e sur l'√ģle du Nord de la Nouvelle-Z√©lande. Elle s'est form√©e lors d'une √©ruption cataclysmique il y a environ 26 500 ans, qui a √©t√© l'une des plus grandes √©ruptions volcaniques de ces derniers milliers d'ann√©es. L'√©ruption a cr√©√© un lac dans la caldeira. La r√©gion est toujours sismiquement active et pr√©sente des manifestations g√©othermiques.

Situ√© dans l'Extr√™me-Orient russe, le supervolcan de l'√ģle de Kouriles comprend une s√©rie de volcans qui s'√©tendent sur plusieurs des Kouriles. L'√©ruption la plus r√©cente s'est produite en 2010, lorsque le volcan Sarychev Peak a connu une √©ruption majeure.

Supervolcans de la péninsule du Kamtchatka. - La péninsule du Kamtchatka, à l'Est de la Sibérie, abrite plusieurs supervolcans. Citons : le Klyuchevskoy, le plus haut volcan actif d'Eurasie, le Tolbachik, le Bezymianny et le Shiveluch. Ces volcans sont régulièrement en éruption.

Supervolcan de la caldeira de Toba. - La majeure partie de la caldeira de Toba, l'une des plus grandes du monde, se trouve en Indonésie. Cette caldeira a été formée par l'éruption d'un supervolcan il y a environ 74 000 ans. Celle-ci a été l'une des plus violentes de l'histoire de la Terre.

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Kouriles : une ťruption du volcan Sarychev depuis l'espace.
Une √©ruption du volcan Sarychev (√ģles Kouriles), vue depuis l'espace.- Le Pic Sarychev, situ√© √† l'extr√©mit√© Nord-Ouest de l'√ģle Matua, est l'un des volcans les plus actifs de l'archipel des Kouriles. Avant le 12 Juin 2009, date √† laquelle a √©t√© prise cette photo, la derni√®re √©ruption explosive avait eu lieu en 1989. D'autres √©ruptions ont √©galement eu lieu en 1986, 1976, 1954 et 1946, chacune ayant aussi produit des coul√©es de lave. Plusieurs ph√©nom√®nes qui se produisent pendant les premiers stades d'une √©ruption volcanique explosive sont visibles sur cette image. La colonne principale est l'une d'une s√©rie de panaches qui se sont √©l√©v√©s au-dessus de l'√ģle de Matua le m√™me jour. Le panache semble √™tre une combinaison de cendre brune et de vapeur blanche. La mont√©e vigoureuse panache vigoureusement donne naissance √† une grande bulle de vapeur. L'atmosph√®re environnante a √©t√© bouscul√©e par l'onde de choc de l'√©ruption : les nuages ont √©t√© √©cart√©s. Le nuage lisse de couleur blanche au sommet du panache peut √™tre l'eau de condensation qui a r√©sult√© de l'ascension rapide et du refroidissement de la masse d'air au-dessus de la colonne de cendres. Un nuage de plus dense, constitu√© de cendres grises  - tr√®s probablement une coul√©e pyroclastique - semble pour sa part √™tre cramponn√© au sol apr√®s avoir d√©val√© les pentes du volcan. Source : Nasa.

Les d√īmes volcaniques.
Les volcans en d√īme se distinguent par l'accumulation de lave √©paisse et visqueuse, g√©n√©ralement riche en silice, qui s'√©coule lentement. Ces volcans peuvent conna√ģtre des √©ruptions explosives lorsqu'il y a accumulation de pression et rupture du d√īme de lave. Cependant, ces √©ruptions sont souvent moins violentes que celles des volcans explosifs. Les d√īmes de lave peuvent √™tre instables et sujets √† des effondrements, ce qui peut g√©n√©rer des coul√©es pyroclastiques rapides et dangereuses. 
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Massif central

Le Puy de D√īme, dans le Massif central, est un grand d√īme volcanique qui s'est form√© il y a environ 11 000 ans. 

Le Puy de Sancy est le point culminant du Massif central, atteignant une altitude de 1885 m√®tres. Il s'agit √©galement d'un d√īme volcanique, bien qu'il soit partiellement √©rod√©, laissant une forme plus conique que les d√īmes typiques. 

Le Puy Mary est un autre d√īme volcanique c√©l√®bre du Massif central, lui aussi se trouve dans le parc naturel r√©gional des Volcans d'Auvergne. 

Etats-Unis

D√īme du Mount St. Helens. -  Apr√®s l'√©ruption d√©vastatrice en 1980, un d√īme volcanique s'est form√© dans le crat√®re, aliment√© par des √©ruptions ult√©rieures. Le d√īme de ce volcan continue √† ce jour de cro√ģtre par intermittences.

Le  Novarupta est un volcan situ√© dans la cha√ģne des Al√©outiennes, en Alaska. En 1912, il a connu une √©ruption explosive qui a form√© un grand d√īme de lave. Cette √©ruption a √©t√© l'une des plus importantes du XXe si√®cle et a d√©pos√© d'√©normes quantit√©s de mat√©riaux.

Chili

Le D√īme de Chait√©n est situ√© dans la r√©gion des lacs du Chili, et s'est form√© √† l'int√©rieur du crat√®re du volcan lors d'une √©ruption en 2008, qui a conduit √† l'√©vacuation de la ville voisine de Chait√©n.

Guatemala.

Le Santiaguito, situ√© dans la r√©gion de Quetzaltenango, au Guatemala, est caract√©ris√© par plusieurs d√īmes de lave.  Ce volcan, tr√®s actif, a donn√© lieu √† des √©ruptions explosives mod√©r√©es et des √©ruptions effusives.

Arc antillais

D√īme de lave de la Montagne  Pel√©e. - Situ√©e en Martinique, la Montagne Pel√©e est un volcan c√©l√®bre pour son √©ruption d√©vastatrice de 1902. Lors de cette √©ruption, un d√īme de lave s'est form√© autour de la chemin√©e volcanique.

D√īme de lave de Chances Peak. - Situ√© √† Montserrat, le volcan Soufri√®re Hills a connu une √©ruption majeure √† partir de 1995. Au cours de cette √©ruption, plusieurs d√īmes volcaniques se sont form√©s, notamment le d√īme de lave de Chances Peak. Ces d√īmes ont √©t√© instables et ont produit des coul√©es pyroclastiques destructrices. L'activit√© volcanique √† Soufri√®re Hills a entra√ģn√© l'√©vacuation de la majeure partie de l'√ģle.

La Grande Soufri√®re (Guadeloupe) est le volcan actif le plus √©lev√© des Petites Antilles. Il a produit plusieurs d√īmes volcaniques au cours de son histoire, notamment le d√īme de lave de 1976.

Situ√© √† Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le volcan La Soufri√®re a √©galement connu des √©ruptions r√©centes. En 2021, un d√īme de lave s'est form√© dans le crat√®re, cr√©ant des risques d'explosions et de coul√©es pyroclastiques.

Les c√īnes de scories.
Un c√īne de scories est une structure, souvent avec un sommet pointu et des pentes raides, qui se forme principalement lors d'√©ruptions explosives, dans lesquelles le magma riche en gaz est expuls√© violemment dans les airs et, se fragmente en morceaux plus petits. Ces fragments se solidifient alors qu'ils retombent, cr√©ant des couches de mat√©riaux volcaniques meubles et non consolid√©s, souvent de couleur sombre, allant du noir au gris (basaltes ou and√©sites). La petite taille de ces fragments (de quelques millim√®tres √† quelques centim√®tres de diam√®tre), conf√®re aux c√īnes de scories une texture g√©n√©ralement rugueuse. Quant √† la taille des c√īnes,  elle peut, quant √† elle, aller de quelques m√®tres √† plusieurs centaines de m√®tres de hauteur. Ils peuvent √™tre isol√©s, ou former des champs de c√īnes plus vastes lorsqu'ils se regroupent autour du crat√®re principal d'un volcan.

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Le MaungapŇćhatu est un d√īme de scories situ√© dans le parc national de Te Urewera, sur l'√ģle du Nord de la Nouvelle-Z√©lande. Il s'est form√© lors d'une √©ruption  il y a environ 1000 ans et est constitu√© de scories rouges et noires.

Le Sunset Crater est un c√īne de scories situ√© dans l'Arizona, aux √Čtats-Unis. Il s'est form√© lors d'une √©ruption volcanique qui a eu lieu il y a environ 900 ans. Ce c√īne de scories est de couleur rouge, orange et noire.

Le volcan Llaima est situ√© dans la r√©gion des lacs du Chili et pr√©sente un d√īme de scories dans son crat√®re sommital. Le Llaima est l'un des volcans les plus actifs du Chili, et son d√īme de scories est constamment en √©volution.

L'√ģle de Nisyros, en Gr√®ce, abrite un d√īme de scories appel√© Stefanos. Celui-ci s'est form√© lors d'une √©ruption volcanique il y a plusieurs milliers d'ann√©es. Il est rempli de soufre et de fumerolles.

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Les volcans fissuraux.
Les volcans fissuraux se caract√©risent par des √©ruptions le long de fissures lin√©aires, longues de quelques centaines de m√®tres √† quelques dizaines de kilom√®tres, plut√īt que par un crat√®re central distinct. Ils peuvent produire de longues coul√©es de lave et se trouvent g√©n√©ralement dans les zones de divergence des plaques tectoniques,  principalement le long des zones de rift oc√©anique, mais ils peuvent √©galement se produire le long des zones de rift continentales et des zones de subduction. Les volcans fissuraux, dont la lave est g√©n√©ralement basaltique, de faible viscosit√©,  produisent des √©ruptions effusives. Ces √©ruptions peuvent durer de quelques jours √† plusieurs mois. 

Les volcans sous-marins.
Les volcans sous-marins se rencontrent souvent le long des zones de divergence des plaques tectoniques ou au-dessus de points chauds. La plupart se trouvent enti√®rement sous l'eau, mais ayant grandi √† l'occasion de leurs √©ruptions successives, certains √©mergent au-dessus de la surface de l'eau. Ainsi peuvent-ils former des montagnes sous-marines, des √ģles ou des atolls. Ils ne constituent pas en soi un type particulier de volcan : leurs morphologies sont sont similaires √† celles des volcans terrestres. Les coul√©es de lave qui se forment sous l'eau, g√©n√©ralement dans les environnements oc√©aniques peuvent prendre une forme particuli√®re, celle de coussins arrondis, en raison du refroidissement rapide de la lave au contact de l'eau.

Les ensembles volcaniques.
Les complexes de caldeira rhyolitiques.
Les complexes de caldeira rhyolitiques sont de vastes dépressions circulaires ou elliptiques qui se forment lorsque d'énormes volumes de magma rhyolitique sont émis lors d'éruptions explosives.

Parmi les exemples de complexes de caldeira rhyolitiques, on peut mentionner, aux Etats-Unis celui dont la caldeira de Yellowstone ou de Long Valley, en Californie, ou celle de la caldeira de Valles, au Nouveau-Mexique, sont le centre; ceux aussi de la caldeira de Taupo, en Nouvelle Z√©lande, ou des Sete Cidades, aux A√ßores.  En Italie, on nommera le complexe (que l'on a dit plus haut √™tre associ√© √† un supervolcan), qui comprend les Champs Phl√©gr√©ens, pr√®s de Naples en Italie, et des caldeiras plus anciennes, comme celle de Baia et celle de Pozzuoli; ou encore, pr√®s de Rome, la solfatare de Manziana, complexe constitu√© de plusieurs caldeiras superpos√©es, qui pr√©sente des manifestations hydrothermales actives, avec des fumerolles et des sources chaudes. A ranger √©galement ici, le complexe volcanique du Laacher See, dans la r√©gion volcanique de l'Eifel, en Allemagne.
Les champs monogéniques volcaniques.
Les champs monog√©niques volcaniques se composent de multiples petits volcans ind√©pendants form√©s √† partir d'un centre √©ruptif unique. Chaque volcan monog√©nique est n√© d'une seule √©ruption, qui a √©t√© de courte dur√©e (de quelques jours √† quelques ann√©es). Une fois l'√©ruption termin√©e, le volcan cesse d'√™tre actif et d'autres volcans monog√©niques peuvent se former √† proximit√©. Les √©ruptions dans ces champs, qu'ils soient de nature explosive ou effusive, produisent g√©n√©ralement des c√īnes de scories et des coul√©es de lave basaltique. Certains champs peuvent √™tre relativement petits, avec seulement quelques volcans, tandis que d'autres peuvent comprendre des dizaines ou des centaines de volcans dispers√©s sur une vaste zone. 
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Les champs volcaniques d'Auvergne,  se trouvent dans le Massif central et forment l'un des plus grands champs volcaniques monog√©niques d'Europe. On nommera ici le Puy de D√īme, le Puy de Sancy et le Puy Mary. 

Les champs volcaniques de San Francisco se trouvent dans la r√©gion de la baie de San Francisco, en Californie. Ils comprennent plusieurs volcans monog√©niques, tels que le Mont Diablo, le Mont Tamalpais et le Mont Saint Helena. Ces volcans se sont form√©s au cours des derniers millions d'ann√©es et sont consid√©r√©s comme √©teints. 

Les champs volcaniques de Michoac√°n-Guanajuato sont situ√©s dans le centre du Mexique. Parmi les volcans monog√©nique qu'on y trouve, on citera le Paricut√≠n dans le Michoacan et le Jorullo. Le Paricut√≠n est particuli√®rement c√©l√®bre car il s'est form√© en 1943 dans un champ de ma√Įs, offrant un exemple rare d'observation de l'apparition d'un volcan. Il a connu une phase √©ruptive intense pendant neuf ans, laissant une c√īne de scories et des coul√©es de lave qui ont d√©vast√© les villages environnants.

Les champs volcaniques de Victoria se trouvent dans le sud-est de l'Australie. Ils comprennent plusieurs volcans monogéniques vieux de quelques milliers d'années tels que le Tower Hill, le Mount Eccles et le Mount Leura.

Le champ volcanique de Jeju est situ√© sur l'√ģle de Jeju, en Cor√©e du Sud. C'est une r√©gion volcanique active avec plus de 360 volcans monog√©niques dispers√©s sur l'√ģle. Le volcan Hallasan, le point culminant de la Cor√©e du Sud, est situ√© dans ce champ volcanique. La r√©gion de Jeju renferme des c√īnes de scories, des tunnels de lave, des crat√®res et des formations rocheuses uniques.

Le champ volcanique de Cappadoce est situ√© en Anatolie centrale, en Turquie. Il est connu pour ses formations g√©ologiques inhabituelles et spectaculaires, r√©sultant de l'√©rosion de cendres volcaniques et de tufs issus d'√©ruptions volcaniques pass√©es. La r√©gion de Cappadoce est c√©l√®bre pour ses chemin√©es de f√©es, ses formations rocheuses coniques et ses villes souterraines creus√©es dans le tuf volcanique. 

Les trapps et le volcanisme basaltique en plateau.
Les trapps ( = provinces ign√©es basaltique en plateau) sont de grandes provinces volcaniques form√©es par de longues et importantes √©ruptions, au cours desquelles d'immenses volumes de lave basaltique (souvent associ√©e √† des √©missions de gaz), sont r√©pandus sur une superficie √©tendue. Ainsi, les trapps s'√©tendent ordinairement sur des centaines de milliers de kilom√®tres carr√©s et peuvent atteindre des √©paisseurs de plusieurs kilom√®tres. Ils pr√©sentent des surfaces relativement plates et des pentes douces. 

Les trapps sont g√©n√©ralement associ√©s √† un type d'activit√© volcanique qui prend le nom de volcanisme basaltique en plateau. Ce type de volcanisme qui peut r√©sulter de la pr√©sence d'un point chaud, ou de mouvements tectoniques qui ont fissur√©la cro√Ľte terrestre facilitant l'ascension du magma jusqu'√† la surface (volcanisme de compression). 
 

Le plateau du Deccan est un exemple célèbre de volcanisme basaltique en plateau. Il couvre une grande partie de la péninsule indienne, et résulte d'éruptions qui se sont produites il y a une soixantaine de millions d'années, soit à peu près au moment de la grande extinction de la fin du Crétacé.

Le plateau du Paran√°-Etendeka s'√©tend sur une vaste r√©gion qui comprend le sud du Br√©sil (parc national d'Aparados da Serra ), l'Uruguay, l'ouest de l'Argentine et l'ouest de la Namibie. Ses laves sont  vieilles d'environ 130 √† 140 millions d'ann√©es. 

Le plateau Chilcotin  (Canada) est constitu√© d'√©tendues de lave basaltique qui se sont form√©es il y a environ 7 √† 14 millions d'ann√©es. La r√©gion est parsem√©e de volcans √©teints.

Les trapps de Sibérie (Russie) se sont formés il y a 250 millions d'années, pendant le Permien-Trias, et sont associés à la plus grande extinction de masse de l'histoire de la Terre. Ils s'étendent sur plusieurs millions de kilomètres carrés

Le plateau de la Columbia se trouve dans l'ouest des √Čtats-Unis. Il  couvre une partie de l'Oregon, de l'√Čtat de Washington et de l'Idaho, et est compos√© de coul√©es de lave basaltique qui se sont form√©es il y a environ 15 √† 17 millions d'ann√©es. Le parc national des Craters of the Moon dans l'Idaho est un exemple embl√©matique des paysages volcaniques du plateau de la Columbia.

Les volcans du Massif Central ont aussi pour origine un volcanisme basaltique en plateau. Le Massif Central s'est constitu√© il y a environ 300 millions d'ann√©es, mais l'activit√© de ses volcans remonte √† environ 70 millions d'ann√©es, lorsque la r√©gion a √©t√© de nouveau  travers√©e par des failles tectoniques et des rifts associ√©s √† l'orog√©n√®se alpine. Les mouvements tectoniques ont cr√©√© des fractures dans la cro√Ľte terrestre, permettant au magma chaud de remonter √† la surface. Le magma qui a atteint la surface √©tait principalement du basalte, une lave fluide riche en silice et en fer. L'activit√© volcanique du Massif Central s'est encore manifest√©e par √©pisodes, et ne s'est ralentie qu'il y a environ 5 millions d'ann√©es. 

Les types d'activité volcanique

Les diff√©rents types d'activit√© volcanique et le type d'√©ruption qui les carac√©risent en premier lieu peuvent souvent √™tre associ√©es aux type des magmas impliqu√©s. Les √©ruptions explosives sont souvent li√©es aux magmas trachytiques, daciques, rhyolitiques et phonolitiques et √† la formation de d√īmes de laves et de tufs. Les √©ruptions effusives sont souvent associ√©es aux magmas basaltiques et picrobasaltiques, qui produisent des volcans boucliers. Mais le lien n'a pas toujours un caract√®re imp√©ratif. Ainsi, par exemple le magma and√©sitique  (souvent associ√© aux stratovolcans) peut produire des √©ruptions aussi bien explosives ou qu'effusives.

Les quatre états d'un volcan.
Selon qu'ils sont actifs ou non, selon leur degré d'activité, on range souvent, par commodité, les volcans dans quatre catégories : un volcan peut ainsi être dit en éruption, actif, endormi ou éteint. De telles qualifications caractérisent non le volcan mais son état à un moment donné de son existence. Les volcans finissent le plus souvent par s'endormir, les volcans endormis ou même éteints peuvent parfois reprendre leur activité...

De la m√™me fa√ßon, un m√™me volcan peut √™tre qualifi√© en fonction d'une  activit√© qu'il manifeste g√©n√©ralement. Par exemple on peut qualifier de volcan plinien, le Pinatubo, aux Philippines, en r√©f√©rence √† l'√©ruption explosive qu'il a connu en 1991. Mais ce n'est pas la forme d'activit√© exclusive qu'il peut conna√ģtre : l'√©ruption de 1991 a ainsi √©t√© suivie de plusieurs √©ruption phr√©atiques

En éruption.
On parle de volcan en √©ruption pour qualifier un volcan actuellement en train d'√©mettre du magma, des gaz volcaniques et d'autres mat√©riaux √† la surface de la Terre. Les √©ruptions peuvent √™tre, le plus souvent, explosives, avec une lib√©ration soudaine de gaz et de cendres volcaniques, ou effusives, quand le magma s'√©coule plus doucement. 

Les √©ruptions volcaniques sont d√©clench√©es par une combinaison complexe de facteurs. Le plus important de ces d√©clencheurs est l'accumulation de magma dans la chambre magmatique. L'augmentation de la pression qui en r√©sulte peut provoquer une rupture de la chambre magmatique et d√©clencher une √©ruption. Cette augmentation de pression peut aussi √™tre due des forces de mar√©e, caus√©es par l'interaction gravitationnelle entre la Lune, le Soleil et la Terre, et analogues √† celles qui causent les mar√©es oc√©aniques. Les mouvements des plaques tectoniques peuvent √©galement contribuer au d√©clenchement d'√©ruptions, en  provoquant des contraintes et des d√©formations dans la cro√Ľte terrestre, ce qui peut faciliter la mont√©e du magma vers la surface.  L'activit√© humaine, enfin, telle que l'extraction de ressources g√©othermiques ou les explosions lors de projets miniers, peut influencer la stabilit√© des volcans et potentiellement d√©clencher des √©ruptions.

Divers signes précurseurs informent sur l'imminence d'une éruption. L'augmentation de l'activité sismique peut être un indicateur important d'une activité magmatique croissante et donc d'une possible éruption. Des mesures de déformation du sol (élévation ou gonflement du sol autour du volcan), peuvent également signaler l'accumulation de magma et la pression dans la chambre magmatique. L'émission de gaz volcaniques peut aussi augmenter avant une éruption et est souvent surveillée comme un indicateur précoce. On peut encore observer des changements dans la température de l'eau, des sols ou de l'air près du volcan, ou, enfin des altérations des sources hydrothermales voisines.

Actif.
On consid√®re qu'un volcan est actif s'il a eu au moins une √©ruption au cours des derniers milliers d'ann√©es et s'il pr√©sente toujours des signes d'activit√© volcanique (√©missions r√©guli√®res de gaz volcaniques, sismicit√© accrue, d√©formations du sol). 

Iles Lipari : Vulcano.

Un volcan actif, le Vulcano (√ģles Eoliennes). - Vulcano est consid√©r√© comme l'un des volcans les moins actifs de ces √ģles, mais son activit√© est ancienne. Il a jou√© un r√īle important dans la mythologie grecque, qui l'a associ√© au dieu du feu, H√©pha√Įstos (dans lequel les latins on vu leur dieu Vulcain). Il poss√®de des sources thermales, des fumerolles et des solfatares √©mettant des gaz volcaniques soufr√©s. C'est un stratovolcan, compos√© de plusieurs crat√®res, dont le principal aujourd'hui, de forme elliptique, est le Gran Cratere (500 x 600 m environ). Plus grand encore (plus de 2 km de diam√®re) est le Vulcano Piano, ancien crat√®re qui fut autrefois combl√© par un immense lac de lave solidifi√©e, et pr√©sente aujourd'hui une surface couverte de cultures et d'habitations. Sur la c√īte, √† l'ouest du volcan se des sources chaudes, connues sous le nom de Piscina di Venere (Piscine de V√©nus). Photo : ¬© Thierry Labat, 2009.

Endormi.
Un volcan est dit endormi lorsqu'il n'est pas actuellement actif, mais qu'il a le potentiel de se r√©veiller et de devenir actif √† l'avenir. Les volcans endormis ont connu des √©ruptions dans le pass√© g√©ologique, mais ils sont calmes depuis une p√©riode prolong√©e. 

√Čteint.
Un volcan peut être qualifié d'éteint lorsqu'il n'a pas connu d'éruption au cours des derniers milliers d'années et qu'il n'est pas susceptible de se réveiller à l'avenir. De tels volcans peuvent présenter des caractéristiques morphologiques anciennes.

Le volcanisme explosif.
Les éruptions explosives se produisent lorsque le magma est riche en silice et en gaz, ce qui lui confère une viscosité élevée. Lorsque la pression devient trop importante, le magma est expulsé violemment, provoquant des explosions et la fragmentation du magma. Ces explosions libèrent également de grandes quantités de gaz et de cendres dans l'atmosphère. Les éruptions explosives peuvent être très destructrices et générer des nuées ardentes, des lahars et des retombées de cendres.

Les éruptions stromboliennes.
Une éruption strombolienne (du nom du volcan Stromboli) est un type d'éruption volcanique caractérisée par des explosions modérées et récurrentes de lave et de gaz. Les fragments de lave et les cendres peuvent être projetés à plusieurs centaines de mètres dans les airs. La lave émise lors des éruptions stromboliennes est généralement plus fluide que celle des éruptions explosives majeures. Notons, qu'une éruption strombolienne peut également comporter des phases effusives.

Les éruptions vulcaniennes.
Les √©ruptions vulcaniennes sont nomm√©es d'apr√®s le volcan Vulcano. Ce sont des √©ruptions explosives, plus violentes que les explosions stromboliennes. Elles impliquent l'√©mission de colonnes de cendres, de gaz et de roches √©ject√©es qui peuvent s'√©lever jusqu'√† plusieurs kilom√®tres d'altitude, ainsi que des laves visqueuse, formant des d√īmes et des coul√©es pyroclastiques de faible √©tendue. Ces √©ruptions peuvent √©galement g√©n√©rer des nu√©es ardentes.

Les éruptions pliniennes.
Les √©ruptions pliniennes doivent leur nom √† Pline le Jeune qui a d√©crit l'√©ruption du V√©suve en l'an 79, qui a d√©truit les villes de Pomp√©i et d'Herculanum. Ces √©ruptions sont parmi les √©ruptions volcaniques les plus violentes. Elles se caract√©risent par l'√©mission de grandes quantit√©s de cendres, de gaz et de fragments rocheux. La colonne de gaz, de cendres et de roches √©ject√©s peut s'√©lever parfois √† plusieurs dizaines de kilom√®tres. Les √©ruptions pliniennes  g√©n√®rent des nu√©es ardentes, des chutes de cendres importantes et des avalanches de d√©bris. 

On distingue parmi les éruptions pliniennes plusieurs sous-types. Citons pour commencer, les éruptions subpliniennes, moins explosives que les éruptions pliniennes proprement dites, mais plus que les éruptions vulcaniennes. Elles produisent des colonnes de cendres épaisses et denses, mais à des altitudes plus basses que l'éruption plinienne. A l'opposé, les éruptions ultrapliniennes correspondent à la production d'une colonne éruptive de hauteur exceptionnelle (plus de 40 km) occasionnant une importante dispersion de cendres sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés.-
Volcan El Chichon, dans le Chiapas (Mexique).
Lac acide (avec une forte teneur en acide sulfurique), crat√®re secondaire et fumerolles dans la caldeira du volc√°n Chich√≥n (ou Chichonal), au Sud du Mexique, photographi√©s depuis le bord du crat√®re principal 9 ans apr√®s l'√©ruption. - Ce volcan and√©sitique en d√īme a connu entre le 28 mars et le 4 avril 1982 une √©ruption plinienne, qui a √©t√© l'une des plus violentes et d√©vastatrices dans l'histoire du Mexique. Cette √©ruption a √©mis 20 millions de tonnes de gaz et de cendres. Plus de 8 millions de tonnes de SO2 ont atteint des altitudes allant de 17 √† 28 km. Les  nu√©es ardentes, puis les lahars ont provoqu√© la mort de 2000 personnes et le d√©palcement de 20 000 autres, ainsi que des dommages importants aux cultures et aux habitations dans les r√©gions environnantes. Les trois derni√®res √©ruptions avaient eu lieu vers 1850, 1360 et 1170. Photo ¬© Serge Jodra,1991.

Les √©ruptions peŐĀl√©ennes.
Nomm√©es d'apr√®s l'√©ruption de la Montagne Pel√©e, en Martinique qui a d√©vast√© la ville de Saint-Pierre en 1902, les √©ruptions p√©l√©enes, sont, comme les pr√©c√©dentes, extr√™mement explosives et violentes, et parmi les √©ruptions les plus destructrices et meurtri√®res. Les nu√©es ardentes sont l'√©l√©ment central de ces √©ruptions, ce qui les rend particuli√®rement d√©vastatrices. 

Le volcanisme effusif.
Les éruptions effusives se caractérisent par l'écoulement relativement calme et lent de la lave qui peu s'étendre sur de grandes distances. Le magma est généralement basaltique, pauvre en silice, ce qui lui confère une faible viscosité. Ces éruptions sont typiques des volcans boucliers.

Les √©ruptions hawa√Įennes.
Les √©ruptions hawa√Įennes correspondent √† √©ruptions effusives dont le prototype est fourni par les volcans boucliers d'Hawaii. Elles sont caract√©ris√©es par des √©coulements continus de lave fluides, avec des fontaines de lave atteignant parfois de grandes hauteurs. La lave √©mise peut provoquer la formation de c√īnes de scories et de fissures √©ruptives. Les √©ruptions hawa√Įennes peuvent durer pendant des p√©riodes prolong√©es et les nappes de lave peuvent recouvrir de grandes √©tendues.
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Fontaine de lave.
Fontaine de lave  au sommet du Kilauea (Hawaii), le 12 septembre 2023. La coul√©e de lave refroidie au premier plan a √©t√© d√©truite au cours de l'√©ruption qui a suivi. - Les fontaines de lave se produisent g√©n√©ralement lorsqu'il y a une accumulation de gaz dissous dans la lave. Lorsque la pression des gaz devient suffisamment √©lev√©e, elle propulse la lave en l'air sous forme de jets ou de fontaines. La viscosit√© de la lave joue un r√īle crucial dans la formation de ces jets. Si la lave est visqueuse (√©paisse et collante), elle peut pi√©ger les gaz, ce qui augmente la pression et provoque des explosions de lave puissantes. Certaines peuvent atteindre des hauteurs consid√©rables.Photo :  USGS, N. Deligne.

Le volcanisme fissural.
Le volcanisme fissural est un type d'activit√© volcanique effusive, caract√©ris√©e par l'√©mission de lave et de gaz √† partir de fissures dans l'√©corce terrestre, souvent apparues le long de ses zones de faiblesse en raison de tensions tectoniques. Le volcanisme fissural peut aboutir √† la formation de volcans en forme de montagnes typiques, o√Ļ la lave s'√©coule √† partir d'une zone tr√®s r√©duite (volcans fissuraux). Mais, le plus souvent, on observe avec le volcanisme fissural des √©ruptions de lave le long d'une ligne √©tendue ou d'une s√©rie de fissures dans le sol. Les coul√©es de lave √©mises par le volcanisme fissural peuvent s'accumuler et former des plateaux basaltiques √©tendus et relever de ce qu'on a appel√© plus haut le volcanisme basaltique en plateau.

Les éruptions phréatiques.
Les √©ruptions phr√©atiques se produisent lorsque l'eau souterraine entre en contact avec le magma chaud, provoquant une violente √©ruption de vapeur et de fragments de roche. Ces √©ruptions sont g√©n√©ralement de courte dur√©e et peuvent se produire soudainement sans signe avant-coureur. Elles peuvent √™tre associ√©es √† des volcans actifs ou endormis, et impliquer l'√©mission de lave (dans  les √©ruptions ph√©ratomagmatiques) ou seulement de gaz, comme dans les √©ruptions limniques. 

‚ÄĘ Les √©ruptions phr√©atomagmatiques se produisent lorsque de l'eau  (pr√©sente dans les pores du magma ou provenant de sources externes) entre en contact avec le magma riche en silice. Cela provoque une rapide vaporisation de l'eau et, par suite, cr√©e une explosion violente qui √©jecte des fragments de roche et de cendres dans les airs, et aboutit √©ventuellement √† la formation crat√®re peu profond mais large (Maar). Ces √©ruptions peuvent g√©n√©rer des nu√©es ardentes, des lahars, des coul√©es de lave et des retomb√©es de cendres. Le Merapi (√ģle de Java) est un exemple particuli√®rement dangereux de volcan connaissant des  √©ruptions phr√©atomagmatiques.

‚ÄĘ Les √©ruptions limniques sont un ph√©nom√®ne qui concerne le rencontre du magma ou de roches chaudes avec l'eau d'un lac et provoque une forte √©mission de gaz, ouvent du dioxyde de carbone (CO2) ou du m√©thane, apr√®s que ce gaz se soit accumule sous la surface de l'eau en raison d'activit√©s g√©othermiques ou volcaniques sous-jacentes. Lorsque  la pression du gaz a atteint un certain seuil, elle peut √™tre lib√©r√©e brusquement, cr√©ant des bulles de gaz qui remontent √† la surface et provoquent des perturbations violentes dans l'eau.Trois exemples d'√©ruptions limniques peuvent √™tre donn√©s : l'√©ruption du lac Nyos, au Cameroun, le 21 ao√Ľt 1986 (1700 personnes tu√©es par le dioxyde de carbone lib√©r√©, ainsi que des milliers d'animaux), celle du lac Monoum, deux ans plus t√īt (ao√Ľt 1984) dans la m√™me r√©gion (37 victimes), et celles du lac Kivu, en R√©publique d√©mocratique du Congo et au Rwanda, en 1986. 

Les éruptions surtseyennes.
L'√©ruption du Surtsey qui a commenc√© en 1963 et a conduit √† la formation de l'√ģle √©ponyme au large des c√ītes de l'Islande est le prototype des √©ruptions surtseyennes. Il s'agit d'√©ruptions qui se produisent sous l'eau, g√©n√©ralement le long des fonds marins ou dans des zones submerg√©es. Elles commencent g√©n√©ralement par des √©ruptions phr√©atomagmatiques o√Ļ l'eau de mer entre en contact avec le magma chaud, provoquant des explosions et la formation d'une colonne √©ruptive. Au fur et √† mesure que l'√©ruption progresse, plut√īt sur un mode effusif, les mat√©riaux √©ruptifs s'accumulent et peuvent atteindre la surface de l'eau, formant des √ģles ou des √ģlots.
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Le volcan Whakaari, en Nouvelle-Zťlande.
Le Whakaari (White Island), au Nord de la Nouvelle-Z√©lande. - Sa couleur claire est due au soufre et aux compos√©s soufr√©s qui recouvrent ses flancs. Situ√© dans le zone de subduction de la plaque tectonique australienne sous la plaque pacifique, le Whakaari pr√©sente une activit√© constante, avec des √©missions de gaz, des fumerolles, des sources chaudes et des √©ruptions phr√©atomagmatiques p√©riodiques. La derni√®re √©ruption importante a eu lieu le 9 d√©cembre 2019 et a fait 22 morts et de nombreux bless√©s parmi les touristes qui se trouvaient sur l'√ģle. Photo : Julius Silver. Licence : Creative Commons.

Les produits du volcanisme

√Čmanations gazeuses des volcans. 
Les gaz lib√©r√©s par le magma en fusion √† l'int√©rieur du volcan et peuvent √™tre expuls√©s en tr√®s grandes quantit√©s lors des √©ruptions ou bien signer simplement une activit√© non √©ruptive, voire √™tre les vestiges d'une activit√© ancienne. 

La vapeur d'eau est - et de très loin - le principal composant des émanations volcaniques. On rencontre aussi en abondance du dioxyde de carbone (CO2), et divers composés soufrés, comme le dioxyde de soufre (SO2), le sulfure d'hydrogène (H2S) et le disulfure de carbure (CS2), qui sont susceptibles de provoquer des odeurs désagréables et qui sont potentiellement nocifs pour la santé. Les gaz acides, tels que l'acide chlorhydrique (HCl) et l'acide fluorhydrique (HF), peuvent également être présents dans les émanations gazeuses volcaniques et peuvent, quant à eux, provoquer des irritations respiratoires et oculaires. Le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde d'azote (NO2) et divers composés organiques peuvent également être présents dans les émanations volcaniques, mais généralement dans des proportions bien moindres.

Quand les gaz volcaniques r√©agissent avec l'humidit√© de l'air, ils forment des acides (l'acide sulfurique (H2SO4) et acide nitrique (HNO3), notamment), qui peuvent retomber sous forme de pluies acides,  corrosives pour la v√©g√©tation, les sols et les b√Ętiments.
Les panaches volcaniques.
Lors de certaines értuptions, les produits volcaniques sont expulsés à très haute altitude dans l'atmosphère, atteignant parfois la stratosphère, formant une colonne ascendante de gaz chauds, de cendres, de particules rocheuses et d'autres matériaux, et appelée panache volcanique. Les vents peuvent ensuite les disperser et les déplacer sur de longues distances, formant parfois des nuages de particules observables en pratiquement tous les points de la Terre.
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Eruption du volcan St. Helen.
Eruption du mont St Helens (WA), le 18 mai 1980. - Le panache de cendres et de gaz a atteint une altitude de plus de 24 km. Une  partie du c√īt√© nord de la montagne a √©t√© d√©truite par l'√©ruption, provoquant une avalanche de d√©bris qui a d√©val√© le flanc de la montagne et d√©truit tout sur son passage. Plusieurs personnes ont perdu la vie. Source : USGS.

Les nuées ardentes.
Rangeons encore ici les nu√©es ardentes, qui sont des √©coulements de gaz, mais aussi de cendres, de lapilli et de blocs volcaniques incandescents (temp√©ratures de l'ordre de 800 ¬įC). Les nu√©es ardentes d√©valent rapidement, souvent √† des vitesses sup√©rieures √† 80 km/h, les flancs du volcan lors d'une √©ruption explosive. Elles peuvent atteindre des distances consid√©rables, parfois plusieurs dizaines de kilom√®tres. Apr√®s leur passage, ces ph√©nom√®nes particuli√®rement dangereux laissent souvent des d√©p√īts pyroclastiques qui durcissent et forment des roches telles que les ignimbrites (V. ci-dessous).

Les fumerolles.
Les fumeroles sont des √©manations de gaz chauds et de vapeur d'eau, actives en permanence ou intermittentes, provenant de l'int√©rieur de la cro√Ľte terrestre, et qui s'√©chappent par des ouvertures dans le sol autour du volcan, ou  plus √† l'√©cart, dans une zone affect√©e par l'activit√© volcanique et associ√©es √† des activit√©s g√©othermiques. Elles se produisent lorsque l'eau souterraine ou issue des pr√©cipitations entre en contact avec des roches chaudes ou des magmas sous la surface de la terre, s'√©chauffe et s'√©vapore. 

La composition chimique des fumeroles est assez diverse. On observe des  fumerolles principalement compos√©es de vapeur d'eau, qui peuvent √™tre pr√©sentes aussi bien dans les champs g√©othermiques, que dans les geysers et les zones volcaniques actives. Certaines fumerolles, couramment associ√©es √† des volcans actifs, sont acides et contiennent des vapeurs charg√©es notamment de dioxyde de soufre (SO2) ou d'acide chlorhydrique (HCl). D'autres, moins fr√©quentes, sont alcalines, et contiennent, principalement de l'ammoniac (NH3) et des hydrocarbures, ce qui leur donne une odeur caract√©ristique d'oeuf pourri. La m√™me odeur est pr√©sente aussi avec les fumerolles riches en sulfure d'hydrog√®ne (H2S), un gaz toxique. On mentionnera encore les fumerolles sont riches en dioxyde de carbone (CO2), celle-ci inodores. Certaines fumerolles, enfin, peuvent contenir un m√©lange de plusieurs gaz volcaniques.

Les écoulements liquides.
La lave.
La lave est le mat√©riau fondu qui est √©mis par un volcan lors d'une √©ruption. Autrement dit, c'est le nom que prend le magma lorsqu'il atteint la surface de la Terre o√Ļ il se refroidit et se transforme, pour finir par se solidifier et se cristalliser sous diverses formes. Le refroidissement de la lave est parfois tr√®s lent. Cela tient √† ce que  la cro√Ľte superficielle refroidie est tr√®s mauvaise conductrice de la chaleur et constitue un obstacle efficace au rayonnement. Un refroidissement tr√®s rapide de la lave ne permettant pas la cristallisation des min√©raux, conduit √† la formation de verres volcaniques (obsidienne).  Parfois, au cours de cette solidification, les blocs en voie de refroidissement sont bouscul√©s comme les gla√ßons d'une d√©b√Ęcle, prenant la structure tourment√©e des sciarres de Sicile et des cheires d'Auvergne.

L'√©mission  de lave se produit quelquefois  par le crat√®re, mais plus fr√©quemment par les fissures qui d√©chirent les flancs des volcans. En se d√©versant, la lave forme des coul√©es qui peuvent se solidifier en diff√©rentes textures et structures.

‚ÄĘ Les coul√©es en cord√©es (cord√©es de lave) ressemblent √† des cordes ou des rubans entrelac√©s. Elles se forment lorsque la lave est suffisamment visqueuse pour d√©velopper des structures filamenteuses ou cord√©es √† mesure qu'elle s'√©coule. Ces cord√©es peuvent varier en taille et en longueur, donnant √† la lave un aspect tress√© ou noueux.

 ‚ÄĘ Les coul√©es en plaques (plaques de lave) sont caract√©ris√©es par la formation de blocs ou de plaques qui se chevauchent ou se superposent les uns sur les autres. Ces blocs sont g√©n√©ralement angulaires. Ils se forment lorsque la surface de la lave se solidifie tout en restant suffisamment plastique en dessous pour permettre le mouvement et la superposition.

 ‚ÄĘ Les coul√©es en aiguilles (aiguilles de lave) se produisent lorsqu'une lave fluide jaillit ou gicle de mani√®re explosive, formant des filaments ou des aiguilles qui peuvent √™tre projet√©es dans les airs. Ces aiguilles, qui se solidifient ainsi en se refroidissant, sont g√©n√©ralement fines et allong√©es.

‚ÄĘ Les colonnes basaltiques  (prismes basaltiques) sont des formations  cr√©√©es lors du refroidissement de la lave basaltique et constitu√©es de colonnes r√©guli√®res en forme d'hexagones (le plus souvent), de pentagones d'heptagones ou d'autres polygones. Elles se forment lorsque la lave, en fusion pendant une √©ruption volcanique, refroidit lentement et se contracte. Ce refroidissement lent entra√ģne l'apparition de fractures polygonales qui se propagent verticalement dans la lave en fusion, cr√©ant des colonnes. Ces colonnes, s'empilant verticalement les unes sur les autres et s'organisant en colonnades aux motifs r√©guliers, peuvent varier en taille, allant de quelques centim√®tres √† plusieurs m√®tres de hauteur, en fonction des conditions de refroidissement et des caract√©ristiques de la lave. Nomm√©es orgues basaltiques dans le langage touristique, ces formations s'observent en divers points du globe, les plus c√©l√®bres sont peut-√™tre celles de la Chauss√©e des G√©ants, en Irlande du Nord.

Chaussťe des gťants, en Irlande.
Les orgues basaltiques de la Chaussée des Géants, au Nord de l'Irlande. - Emise par une éruption intense il y a une soixantaine de millions d'années, la lave solidifiée de basalte gris a formé ici environ 40 000 colonnes hexagonales mises au jour par l'érosion. De telles colonnes se forment lorsqu'il y a une contraction thermique de la lave au cours de son refroidissement, créant des fractures régulières qui suivent des motifs géométriques caractéristiques.
‚ÄĘ Les tunnels de lave sont des coul√©es qui se produisent lorsque la lave en fusion continue de s'√©couler tandis que la surface se refroidit et se solidifie, cr√©ant une coque ou une cro√Ľte. Lorsque le flux de lave diminue ou cesse, la lave restante s'√©coule hors de cette cro√Ľte, laissant derri√®re elle un tunnel de lave vide. Les tunnels de lave peuvent avoir diff√©rentes tailles et formes.  Ils peuvent √©galement comporter des ramifications et des chambres lat√©rales. Certains peuvent avoir des sections o√Ļ lle passageest partiellement ou compl√®tement obstru√©. Ils peuvent aussi contenir des stalactites et des stalagmites form√©s par des d√©p√īts min√©raux (g√©n√©ralement de la lave solidifi√©e) constitu√©s au fil du temps.

‚ÄĘ Les lacs de lave. - Dans certains cas, la lave avant de s'√©couler ou de se refroidir et de se solidifier, forme des lacs analogues aux lacs ordinaires, mais compos√©s de roche en fusion. Ces lacs peuvent se trouver dans des crat√®res volcaniques, des fissures ou des d√©pressions sur le flanc d'un volcan. Certains sont persistants comme celui du volcan Erta Ale, en √Čthiopie, d'autres sont transitoires, apparaissant au gr√© des √©ruptions. C'est le cas par exemples de ceux du Nyiragongo, en R√©publique D√©mocratique du Congo, du Kilauea, √† Hawaii, ou de celui du Piton de la Fournaise, √† la R√©union. La lave est g√©n√©ralement compos√©e de roches fondues riches en silice (SiO2), comme le basalte (lave basaltique) ou l'and√©site (lave and√©sitique). 
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La de lave du Nyiragongo.

Lac de lave au fond du crat√®re du stratovolcan Nyiragongo (parc national des Virunga en R√©publique d√©mocratique du Congo). - Le Nyiragongo est l'un des volcans les plus actifs et dangereux d'Afrique (derni√®res √©ruptions : 1977, 2002, 2021). Il est haut de 3470 et son crat√®re sommital a un diam√®tre de 1,2 km et se rempli r√©guli√®rement de lave incandescente, dont la temp√©rature d√©passe les 1000 ¬įC. Photo : Nina R; licence : Creative Commons.
Les types de laves dépendent de la composition chimique du magma, qui, à son tour, influence la viscosité et la fluidité de la lave. Plus la teneur en silice est élevée, plus la lave est visqueuse; les laves pauvres en silice sont les plus fluides. La lave comprend aussi des oxydes de fer, de magnésium et de calcium, qui, eux, contribuent à la coloration de la lave (teintes sombres dans le cas de fortes concentrations). Présents en quantités variables, l'aluminium, potassium, le sodium, le titane, influencent pour leur part à la fois la couleur et la composition minéralogique de la lave. Cette composition dépend également de la rapidité de refroidissement et de la pression à laquelle la lave s'est formée. Parmi les minéraux courants rencontrés dans les laves on peut mentionner le basalte, l'olivine, le pyroxène, le feldspath et la péridotite.

La lave la plus commune sur la Terre est compos√©e de basalte. Le basalte g√©n√®re des √©ruptions volcaniques pr√©f√©rentiellement effusives. La lave and√©sitique est plus visquese que la lave basaltique et produit des √©ruptions mod√©r√©ment explosives. La lave rhyolitique est, quant √† elle, encore plus visqueuse. Elle entra√ģne des √©ruptions tr√®s explosives et tend √† former des d√īmes volcaniques. 

Les lahars.
Les lahars, √©galement connus sous le nom de d√©luges de boue, sont des flux de d√©bris volcaniques liquides (m√©lange de boue fluide, de fragments de roche, de cendres, d'eau et d'autres mat√©riaux volcaniques), qui se forment g√©n√©ralement lorsque l'eau interagit avec les  mat√©riaux meubles √©ject√©s par une √©ruption. Ils peuvent √™tre d√©clench√©s par divers facteurs li√©s √† l'activit√© volcanique (√©ruptions  explosives, effondrements de d√īme, glissements de terrain), √† des pluies intenses ou √† la rapide fonte de neige et de glace sur les flancs d'un volcan. Les lahars peuvent se d√©placer √† grande vitesse (souvent de l'ordre de 30  km/h, parfois au-dessus d'une cinquantaine de kilom√®tres par heure), emportant avec eux des rochers, des d√©bris et d'autres mat√©riaux, causant des dommages importants aux r√©gions environnantes.

Les projections solides. 
On appelle mat√©riaux pyroclastiques, ou encore scories, les produits solides, de tailles diverses, variables aussi en composition et forme, qui sont √©ject√©s par les volcans lors des √©ruptions explosives. Il s'agit de fragments de roches et de cendres  souvent chauff√©s √† des temp√©ratures √©lev√©es et projet√©s violemment dans l'air avant d'√™tre dispers√©s sur des distances plus ou moins grandes en fonction de la violence de l'√©ruption et des conditions atmosph√©riques.

Le terme de téphra(s) est parfois utilisé comme synonyme de matériau pyroclastique. Mais on réserve plus souvent ce mot pour désigner les cendres et les tufs; les lapilli et les blocs, correspondant alors aux pyroclastes.
La composition des mat√©riaux pyroclastiques d√©pend du type de magma d'origine. Ils peuvent √™tre compos√©s de basalte, d'and√©site, de rhyolite ou d'autres types de roches volcaniques. 
Dans certains cas, les produits éjectés sont issus d'un magma riche en gaz (dioxyde de carbone et vapeur d'eau), qui a été libéré rapidement (souvent par des éruptions de type péléen ou plinien), si bien que des bulles de gaz se sont formées et sont restent piégées dans la roche lors du refroidissement, créant une structure poreuse et légère : on a alors affaire à des ponces, qui flottent sur l'eau, et à des pouzzolanes qui sont plus denses que l'eau
Les cendres volcaniques.
Les cendres correspondent √† de petites particules de roches volcaniques fragment√©es, souvent moins de 2 millim√®tres de diam√®tre et ressemblant parfois √† de la poussi√®re. Elles sont constitu√©es de fragments de roche, de verre volcanique et de cristaux et microcristaux min√©raux. Comme elle sont l√©g√®res, elles peuvent √™tre transport√©es sur de grandes distances par les vents. Leurs d√©p√īts au sol sont souvent qualifi√© de sables volcaniques.

Les lapilli.
Les lapilli sont des fragments de roches plus gros que les cendres, typiquement de 2 millimètres à quelques centimètres de diamètre, en moyenne de la taille d'une noix. Ils sont formés par la solidification rapide de gouttelettes de lave en suspension dans l'air pendant une éruption. Les lapilli peuvent être constitués de matériaux vitreux et de divers types de roches volcaniques.

Les blocs.
Les fragments de roches encore plus gros que les lapilli prennent le nom de blocs ou de bombes volcaniques. Leur diam√®tre peut atteindre plusieurs m√®tres. Ils proviennent du magma en fusion et des fragments du conduit volcanique qui sont pulv√©ris√©es ou arrach√©es pendant l'√©ruption. Ils peuvent √™tre incandescents √† leur sortie du volcan, et ensuite appara√ģtre comme vitreux, cristallis√©s ou fragment√©s, en fonction de leurs conditions de refroidissement et de solidification.

Les d√©p√īts pyroclastiques.
Les mat√©riaux pyroclastiques peuvent former des d√©p√īts sur les flancs et dans l'environnement imm√©diat du volcan qui les a √©mis. Tels sont en particulier les tufs, les cin√©rites, les ignimbrites, qui sont trois types de roches volcaniques s√©dimentaires, aux conditions de formation diff√©rentes.

Les tufs.
Les tufs se forment souvent √† partir de l'accumulation, la compactification et la cimentation des d√©p√īts de cendres volcaniques et secondairement de fragments plus gros. Certains tufs r√©sultent du m√©lange de mat√©riaux √©mis par le volcan avec de l'eau, cr√©ant ainsi une sorte de boue qui se d√©pose et se solidifie. La texture des tufs varie en fonction de la taille et de la forme des particules volcaniques et de la mani√®re dont elles se sont consolid√©es. Elle peut √™tre friable, poreuse, ou dens√©ment consolid√©e.  Les tufs peuvent pr√©senter des strates r√©sultant de diff√©rentes phases d'√©ruption ou de variations dans l'intensit√© de celle-ci.

Les cinérites.
Les cin√©rites r√©sultent de la consolidation de d√©p√īts principalement de cendres et de lapilli. Elles ont souvent une texture vitreuse ou partiellement vitreuse. Ici encore, on observe parfois des strates caract√©ristiques.

Les ignimbrites.
Les ignimbrites sont produites lors d'√©normes √©ruptions volcaniques, souvent d'origine explosive et r√©sultent de l'accumulation et de la consolidation de d√©p√īts de nu√©es ardentes. Les ignimbrites sont souvent riches en silice. Elles pr√©sentent souvent une texture vitreuse caract√©ristique ou une matrice cristalline form√©e par des particules partiellement vitrifi√©es. Elles peuvent former des strates distinctes, avec diff√©rentes couches correspondant √† des phases d'√©ruptions successives, et des marques de d√©formation dues au mouvement des mat√©riaux pyroclastiques.

Phénomènes électriques associés aux éruptions.
Les éruptions volcaniques peuvent être associées à divers phénomènes électriques. Les plus évidents sont les éclairs volcaniques. Lors d'une éruption, des charges électriques peuvent s'accumuler dans les cendres, les gaz et les particules émises par le volcan. Ces charges génèrent alors des décharges électrostatiques ou des éclairs volcaniques, similaires aux éclairs observés dans les tempêtes électriques. Ces éclairs peuvent se produire à l'intérieur du panache éruptif ou entre les particules chargées du panache et le sol.

Certains des gaz √©mis par les volcans peuvent aussi s'ioniser au contact de la chaleur ou d'autres r√©actions chimiques pendant une √©ruption. Ces ions peuvent g√©n√©rer un champ √©lectrique localis√© autour du volcan. Les cendres et les roches rejet√©s par les volcans peuvent √©galement subir des processus de polarisation spontan√©e, entra√ģnant la g√©n√©ration de courants √©lectriques. Enfin, l'activit√© volcanique peut provoquer des contraintes et des d√©formations dans les mat√©riaux volcaniques et g√©n√©rer alors des charges √©lectriques √† la surface des min√©raux, ph√©nom√®ne connu sous le nom d'effet pi√©zo√©lectrique.

Phénomènes paravolcaniques

Le paravolcanisme est une expression de l'activit√© volcanique sous une forme plus calme. Il concerne les ph√©nom√®nes g√©ologiques qui se produisent √† proximit√© d'un volcan actif ou dans les zones o√Ļ une activit√© volcanique est pr√©dominante, mais sans √©ruption volcanique directe. Ces ph√©nom√®nes sont g√©n√©ralement li√©s √† la chaleur et aux fluides (eau, gaz) √©mis par le magma √† travers des fissures et des fractures dans la cro√Ľte terrestre. Les zones dans lequelles s'observe l'√©manation des gaz volcaniques chauds, s'√©chappant du sol forment des terrains particuliers, appel√©s solfatares, souvent d'un aspect lunaire avec des d√©p√īts de soufre, des fumerolles , de geysers, des sources chaudes acides. D'autres manifestations de d√©gazage ou d'√©manation de fluides chauds, dits g√©othermiques

Sources chaudes. Geysers.
Les sources chaudes.
Une source chaude est une source naturelle d'eau chaude De telles sources se forment lorsque de l'eau de pluie ou de surface pénètre dans le sous-sol, est chauffée par le magma ou par la chaleur géothermique, puis ressort à la surface. Les sources chaudes peuvent varier en température et en composition chimique.

Les geysers
Geyser est un mot islandais qui veut dire jaillissant. Les geysers sont des sources
jaillissantes d'eau bouillante, avec d√©gagements sulfureux; elles sont caract√©ris√©es par un quantit√© consid√©rable de vapeur d'eau, par l'intermittence de leur jet et par le d√©p√īt min√©ral, calcaire ou siliceux, souvent tr√®s abondant, qu'elles produisent.

On rencontrent des geysers en grand nombre en Islande, au sud de l'Hekla à environ 36 km de ce volcan, et notamment le Grand Geyser. Celui-ci présente en général une éruption toutes les demi-heures, et projette alors, à une hauteur de 40-50 m, une colonne d'eau qui a près de 6 m de diamètre. Déjà en son temps, Tyndall avait reconnu que l'éruption du grand Geyser d'Islande, se produisait dès que la colonne d'eau soulevée par les vapeurs chaudes des profondeurs atteignait un point dont la temperature est celle de l'ébullition. A ce niveau précis (11 m de profondeur pour le grand Geyser), les eaux dont la température est déjà très voisine de l'ébullition se résolvent immédiatement en vapeur d'eau et produisent le phénomène jaillissant.
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Geyser Old Faithful (Yellowstone).
Le geyser Old Faithful, dans le parc de Yellowstone, aux Etats-Unis. C'est un geyser aliment√© par une chambre magmatique profonde et des fractures dans le syst√®me hydrothermal de Yellowstone, qui jaillit d'un c√īne en d√©p√īts min√©raux construit par des √©ruptions ant√©rieures.  Il entre en √©ruption environ toutes les 45 √† 125 minutes, expulsant de l'eau chaude et de la vapeur √† une hauteur allant jusqu'√† 56 m√®tres. Chaque √©ruption d'Old Faithful dure g√©n√©ralement de 1,5 √† 5 minutes. L'eau √©mise a une temp√©rature d'environ 204 ¬įC.

On  rencontre √©galement des geysers en Nouvelle-Z√©lande, o√Ļ leurs manifestations ont plus d'intensit√©; enfin, aux √Čtats-Unis, dans le parc national du Yellowstone, o√Ļ le ph√©nom√®ne se pr√©sente avec une ampleur grandiose, et o√Ļ les geysers sont au nombre de quatre-vingt-quatre, presque tous donnant un d√©p√īt siliceux; leurs eaux contiennent √©galement du chlorure de sodium, des acides borique, sulfurique et carbonique; elles sont alcalines.

Les principaux geysers du Yellowstone sont : le G√©ant, dont les √©ruptions se produisent g√©n√©ralement par s√©ries et dont le jet s'√©l√®ve parfois √† une  hauteur de 60 m√®tres; le jet de la Ruche d'abeille, qui atteint 70 m√®tres; le Vieux fid√®le (Old Faithful) aux √©ruptions r√©guli√®res, le geyser Architectural, remarquable par l'allure d√©sordonn√©e de ses jets multiples, etc. 

Un ph√©nom√®ne remarquable que pr√©sentent ces sources, est de contenir, entre autres substances min√©rales, de la silice pure (elle rentre pour un peu plus d'un demi-milli√®me), qui se d√©pose √† l'√©tat d'hydrate sur le terrain environnant. A la base du grand geyser, le d√©p√īt qu'elle a form√© a 4 m d'√©paisseur. Cette silice incruste les feuilles des plantes qui croissent dans le voisinage de telle sorte que sont conserv√©es parfaitement les empreintes. Il existe aussi  dans l'√ģle de S√£o Miguel (A√ßores), des sources chaudes dont la temp√©rature s'√©l√®ve √† 97¬įC, et qui renferment  la m√™me proportion de silice que les geysers d'Islande; mais elles ne sont pas jaillissantes.

Les faux geysers.
Un faux geyser est une structure g√©othermique qui peut ressembler √† un geyser, mais qui n'a pas de r√©gularit√© dans ses √©ruptions. Contrairement aux geysers qui ont des √©ruptions p√©riodiques, les faux geysers peuvent avoir des √©ruptions impr√©visibles ou sporadiques. Ces √©ruptions peuvent √™tre caus√©es par des pressions variables dans le syst√®me g√©othermique, ce qui entra√ģne des √©jections d'eau et de vapeur √† des moments irr√©guliers.

Les soufflards (Suffioni). 
Aux geysers se rattachent intimement les soufflards, car ces derniers, qui consistent en jets de vapeurs toujours charg√©es de gaz sulfureux, ne s'en distinguent gu√®re que par la permanence des d√©gagements. On les remarque dispos√©s par groupes sur le trajet de fentes ouvertes au travers du sol volcanique et toujours port√©es √† une temp√©rature sup√©rieure √† 100¬įC. Les mieux caract√©ris√©s sont ceux qui, en Toscane, viennent se concentrer, au nombre d'une vingtaine, sur un petit espace au Sud-Est de Volterra, pr√®s de Florence; leur approche, signal√©e par d'√©pais nuages blancs, se traduit encore d'une fa√ßon non moins expressive par l'odeur caract√©ristique de l'hydrog√®ne sulfur√©. 

L'eau, tr√®s min√©ralis√©e, qui r√©sulte de la condensation de ces vapeurs, vient se concentrer dans des bassins dits lagonis, envelopp√©s d'abondants d√©p√īts de soufre et surtout de gypse fournissant l'alb√Ętre c√©l√®bre de Volterra. Cette circonstance a de plus d√©termin√© la pr√©sence, dans cette, r√©gion autrefois d√©serte de la Maremme toscane, d'une industrie des plus prosp√®res, car cette eau des lagonis contient, avec de la silice libre, de l'acide borique qu'on peut facilement extraire par √©vaporation en utilisant les vapeurs chaudes du d√©gagement. Le sol, d'ailleurs, en est √† ce point impr√©gn√© qu'on peut, √† l'aide de forages, multiplier leurs points de sortie.

De violentes explosions, marquant le début de la formation de ces soufflards artificiels, attestent, comme le font les énormes ampoules qui viennent d'habitude crever à la surface de l'eau sans cesse agitée des lagonis, que ces gaz sont toujours sous pression. Il est du reste dans les grands centres volcaniques de Java et de la Nouvelle-Zélande des soufflards mugissants qui se chargent de le démontrer.

Par contre, il en est de tranquilles, comme les Ausoles de San Salvador, en l'Amérique centrale, qui, ne devenant pour ainsi dire que de simples sources ascendantes d'eaux chaudes minéralisées, établissent un lien entre les soufflards et les sources thermo-minérales proprement dites.

Salses, salinelles et mofettes.
Au dernier √©chelon des manifestations volcaniques et paravolcaniques viennent se placer des √©manations caract√©ris√©es par leur basse temp√©rature et de ce fait, qu'au lieu de substances oxyd√©es, elles ne contiennent plus que des hydrocarbures gazeux ou liquides. 

Les salses et les salinelles.
Les salses, aussi appel√©es volcans de boue, se pr√©sentent comme de petites collines d'argile, tronqu√©es au sommet d'une cavit√© crat√©riforme d'o√Ļ s'√©chappe, parfois avec projections violentes, une boue sal√©e, de l'eau et des gaz volcaniques.  (m√©thane, azote, dioxyde de carbone), parfois en abondance, ce qui justifie le nom de volcans d'air ou maccalabe qu'on leur donne en Sicile. La boue est souvent compos√©e de s√©diments fins, de mat√©riaux volcaniques broy√©s et de l'eau qui s'est infiltr√©e dans le sol. 

Les salses se forment dans des zones o√Ļ des couches souterraines de s√©diments riches en eau et en gaz sont pr√©sentes. Lorsque la pression augmente dans ces couches, en raison de l'activit√© g√©othermique, du magma ou de la lib√©ration de gaz, la boue et les gaz peuvent √™tre expuls√©s √† la surface, formant des c√īnes de boue caract√©ristiques. Les √©ruptions sont g√©n√©ralement moins explosives que celles des volcans traditionnels. La boue, l'eau et les gaz sont expuls√©s de mani√®re continue ou p√©riodique, formant des crat√®res boueux qui peuvent s'√©lever au-dessus du sol. Les √©ruptions peuvent √™tre accompagn√©es de bruits de suintement, de gazouillis et de jets de boue.

Parfois les salses forment de grands complexes avec plusieurs cratères. Elles peuvent être associés à des zones géothermales ou à des volcans en activité. Le volcan de boue de Sidoarjo en Indonésie, par exemple, est un volcan de boue en éruption depuis 2006.

Les salinelles sont des salses dont l'eau vaseuse devient tr√®s sal√©e, mais le plus souvent elle se charge de naphte ou de p√©trole. Alors se pr√©sentent ces fontaines ardentes dont les salsas c√©l√®bres des Apennins, des provinces de Chausi et du Yunnan en Chine, de l'Ouest des Etats-Unis (oil springs) offrent de si nombreux exemples, ou, mieux encore, quand cette fois les jets de gaz combustibles s'√©l√®vent d'un sol sec et pierreux, que la moindre √©tincelle peut enflammer, ces terrains ardents qui pendant longtemps ont fait de Bakou (Azerba√Įdjan) la cit√© premi√®re des anciens  adorateurs du feu. 

Enfin, en d'autres points, c'est le bitume qui, √† son tour, peut tenir une large place dans les √©manations. En Sicile, aussi bien que dans les Apennins, de larges flaques d'asphalte noir viennent souvent flotter √† la surface des lacs boueux des salses. En Auvergne, tout pr√®s de Clermont, le Puy de la Poix offre l'exemple le plus connu d'un pareil suintement de bitume au travers de scories volcaniques, mais le principal foyer de ce mode particulier de d√©gagements d'hydrocarbures, c'est la mer Morte. En plus de cette grande salure et de cette extraordinaire richesse en brome (1 √† 7 g par litre) qui font du lac asphaltique la nappe d'eau la plus dense qu'on connaisse (1250), les odeurs f√©tides (m√©lange de bitume et d'hydrog√®ne sulfur√©) qui s'en d√©gagent, ses rochers de bordure qui de tous c√īt√©s distillent de la poix, attestent clairement qu'on se trouve en pr√©sence d'une immense salse. C'en est assez pour montrer que, m√™me √† ce degr√© d'att√©nuation si accentu√©, les manifestations volcaniques peuvent encore se traduire par des effets surprenants.

Les mofettes.
Il en est tout autrement quand il s'agit des mofettes. Dans ce dernier √©cho d'une activit√© depuis longtemps endormie, ce qui persiste g√©n√©ralement seul, c'est le dioxyde de carbone (CO2), et ses exhalaisons fort simples, tr√®s caract√©ristiques, des r√©gions o√Ļ se tiennent les volcans √©teints, n'offrent de variations sensibles que dans la fa√ßon dont se fait le d√©gagement. S'il s'effectue dans l'eau, il donnera lieu √† des sources gazeuses, tant√īt tranquilles comme celle de Nieder-Selters (Hesse-Nassau) dont la forme artificielle est connue sous le nom fautif d'eau de Seltz, tant√īt jaillissantes comme les fameuses gerbes de 12 √† 15 m de haut des sprudels allemands. S'il se contente, circonstance plus fr√©quemment r√©alis√©e, de s'√©chapper par les fissures du terrain, le gaz, en raison de sa grande densit√©, vient √©tendre sur le sol une couche irrespirable, tapisser le fond des grottes ou remplir les d√©pressions de ses √©manations d√©l√©t√®res. C'est le cas de la ¬ę Vall√©e de la Mort ¬Ľ √† Java. Situ√©e pr√®s de la grande solfatare du Pepandajang, cette d√©pression sinistre, en forme d'entonnoir renvers√©, n'est autre √©galement qu'un ancien crat√®re, offrant l'image de ce qu'√©taient autrefois, dans les champs Phl√©gr√©ens, les lacs avernes, quand ces cavit√©s, avant d'avoir √©t√© envahies par les eaux, √©mettaient de telles quantit√©s d'acide carbonique que les oiseaux, surpris dans leur sol, y tombaient foudroy√©s.

Les champs hydrothermaux sous-marins.
Les champs hydrothermaux sous-marins sont des syst√®mes g√©othermiques aliment√©s par des fluides chauds, riches en min√©raux dissous, qui sont √©mis √† travers la cro√Ľte terrestre √† proximit√© de dorsales oc√©aniques, de zones de subduction ou d'autres r√©gions g√©ologiquement actives sous les oc√©ans. Ces fluides proviennent souvent de l'eau de mer qui s'infiltre dans les fissures et les failles de la cro√Ľte terrestre, est chauff√©e par l'activit√© magmatique en profondeur et est ensuite √©ject√©e sous forme de sources chaudes, qui peuvent elles-m√™mes √† l'origine de la formation des chemin√©es hydrothermales.

Les cheminées hydrothermales.
Les cheminées hydrothermales sont des structures tubulaires créées par l'émission de fluides hydrothermaux chauds, provenant du fond de l'océan. Ces fluides hydrothermaux atteignent des températures allant de quelques dizaines à plusieurs centaines de degrés Celsius. Ils contiennent une grande variété de minéraux dissous provenant des roches environnantes (soufre, le fer, le zinc, le cuivre et le plomb). -

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Cheminťes hydrothermales.
Chemin√©es blanches sur le site de l'√©vent de Champagne, au nord-ouest du volcan Eifuku (arc des Mariannes). -  Les chemin√©es mesurent environ 20 cm de diam√®tre et 50 cm de hauteur et √©vacuent des fluides √† 103¬įC. Remarquez les bulles dans la partie sup√©rieure gauche de l'image. Source : Pacific Ring of Fire 2004 Expedition. NOAA Office of Ocean Exploration; Dr. Bob Embley, NOAA PMEL, Chief Scientist.

Lorsque ces fluides entrent en contact avec l'eau froide de l'oc√©an, leur refroidissement entra√ģne la pr√©cipitation de min√©raux (souvent riches en sulfures m√©talliques, donnant une couleur sombre √† la roche), qui en se d√©posant  forment des chemin√©es. Celles-ci. peuvent varier en taille, allant de quelques m√®tres √† plusieurs dizaines de m√®tres de hauteur. Elles sont souvent associ√©es √† des d√©p√īts min√©raux, formant des formations spectaculaires comme des colonnes, des cr√™tes et des sculptures min√©rales.

+ Les fumeurs noirs, √©galement appel√©s chemin√©es sulfureuses, sont des chemin√©es hydrothermales, qui doivent leur couleur √† leur richesse en sulfures m√©talliques, principalement du sulfure de fer. Ces sulfures sont souvent de couleur sombre et donnent l'apparence de fum√©e noire sortant de la chemin√©e. 

Le volcanisme ailleurs dans le Système solaire.

Plusieurs autres corps du Syst√®me solaire poss√®dent des volcans ou pr√©sentent des √©l√©ments de caract√®re volcanique. Certains sont tr√®s similaires √† ceux que l'on rencontre sur la Terre. Mais deux points peuvent justifier de diff√©rences importantes : 
‚ÄĘ La Terre est la seule plan√®te √† poss√©der des plaques tectoniques en mouvement actif. Les volcans, ailleurs dans le Syst√®me solaire,  ne se forment pas le long des limites de plaques, mais plut√īt √† travers des points chauds ou des processus volcaniques internes.

‚ÄĘ Les satellites des plan√®tes g√©antes manifestent un volcanisme froid ou cryovolcanisme, une forme de volcanisme qui leur est propre.

Vénus.
Les donn√©es obtenues par les diff√©rentes missions spatiales ont r√©v√©l√© que V√©nus est parsem√©e de milliers de volcans (dont peut-√™tre certains sont encore actifs ou ont eu une activit√© r√©cente) r√©partis sur sa surface. Ces volcan, aux √©ruptions effusives, ont largement resurfac√© la plan√®te en recouvrant par de la lave (g√©n√©ralement basaltique) les anciennes formations g√©ologiques. 

Les volcans en bouclier sont l'un des types de volcans les plus couramment observ√©s sur V√©nus. Ils ont une forme similaire √† ceux que l'on trouve sur Terre, mais sont g√©n√©ralement plus grands. Ils s'√©tendent sur des centaines de kilom√®tres de diam√®tre et atteignent des altitudes de plusieurs kilom√®tres. Outre les volcans boucliers, on observe sur V√©nus d'autres formations g√©ologiques qui peuvent ausi √™tre attribu√©es √† des ph√©nom√®nes volcaniques, et qui sont propres √† cette plan√®te : les d√īmes en cr√™pe (pancakes), les couronnes (coronae), les tiques, les arachno√Įdes.

Mars.
La plan√®te Mars abrite certains des plus grands volcans du Syst√®me solaire. 
Les éruptions volcaniques sur Mars se sont produites il y a des millions, voire des milliards d'années. La présence de coulées de lave baslatique assez similaire au basalte terrestre et de cratères d'impact remplis de lave comme sur la Lune, indiquent que les volcans martiens ont été actifs pendant une période prolongée.

Plusieurs  syst√®mes volcaniques de Mars m√©ritent une mention :  Tharsis Montes, situ√© dans la r√©gion de Tharsis Planitia comprend trois volcans principaux : Arsia Mons, Pavonis Mons et Ascraeus Mons. Ces volcans sont parmi les plus grands du syst√®me solaire, mais ils sont√© pass√©s par  Olympus Mons, qui est le plus grand de tous. Dans la r√©gion d'Elysium Planitia, Elysium Mons est caract√©ris√© par des √©vents lat√©raux et une caldeira centrale. Alba Mons est situ√© dans la r√©gion d'Alba Patera. Il a une forme irr√©guli√®re et pr√©sente des crevasses et des fractures sur son flanc.

Outre les volcans proprement dits, diverses formations g√©logiques de Mars peuvent √™tre associ√©es √† des activit√©s volcaniques pass√©es. C'est le cas, par exemple Echus Chasma, une formation de canyons qui accompagne le volcan Hecates Tholus. Cerberus Fossae est une zone de fissures dans la r√©gion d'Elysium Planitia qui pourrait √™tre associ√©e √† une activit√© volcanique r√©cente. Elle pr√©sente des indices de coul√©es de lave et de mat√©riaux d'origine volcanique.  Certaines r√©gions de Mars, qualifi√©es de terrains chaotiques, sugg√©rent par leur morphologie des effondrements de cavit√©s souterraines form√©es par des √©ruptions de lave et d'eau. Enfin, il existe aussi sur Mars des talus de lave, des coul√©es de lave, des c√īnes de d√©bris et d'autres formations r√©sultants d'une activit√© volcanique ancienne.

Les volcans de Mars sont principalement des volcans en bouclier, similaires aux volcans en bouclier de la Terre et de la Lune. Ils sont caractérisés par des flancs doux et des pentes régulières. Les éruptions ont été généralement moins explosives que sur Terre.
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Olympus Mons, volcan martien.
Le plus grand volcan du Syst√®me solaire : Olympus Mons, sur Mars. - La plan√®te poss√®de plusieurs volcans g√©ants, qui rel√®vent tous d'un volcanisme de point chaud (il n'y a pas de tectonique des plaques sur Mars). Le principal c√īne volcanique, Olympus Mons, mesure 23 km de haut. Il a un diam√®tre est de 600 km (la caldeira ayant environ 70 km de diam√®tre) et est bord√© par un escarpement haut de 10 km. Tout autour, une s√©rie de d√©p√īts lob√©s s'√©tend sur des centaines de kilom√®tres. Ces d√©p√īts repr√©sentent probablement des glissements de terrain massifs r√©sultant de l'effondrement d'un flanc volcanique. Source : Nasa.

Les volcans des planètes naines.
L'activit√© volcanique sur la Lune est consid√©r√©e comme √©teinte depuis des milliards d'ann√©es, mais elle a laiss√© de traces √† sa surface. Le volcanisme lunaire, comme celui de la Terre √©tait d√Ľ √† la mont√© en surface de magma rocheux (essentiellement basaltique) . Il en est tout autrement du volcanisme qui existe ou a pu exister dans les r√©gions ext√©rieures du Syst√®me solaire. Les plus gros satellites des plan√®tes g√©antes (trois satellites galil√©ens de Jupiter, Titan,  et Triton) montrent des signes manifestes de volcanisme. Un volcanisme pourrait aussi avoir √©t√© actif sur Pluton.

Le volcanisme ancien de ces corps pourrait s'expliquer par la chaleur dégagée interne liée à la désintégration radioactive des isotopes instables qu'ils contiennent. Cette chaleur pourrait avoir été suffisante, pendant quelque temps pour causer une fonte partielle du matériau à l'intérieur de ces corps, générant ainsi un magma susceptible d'alimenter des volcans.

Mais dans le cas des satellites des planètes géantes, c'est d'autres mécanismes qu'il convient d'invoquer. Les forces de marée dues à l'interaction gravitationnelle avec leur planète et parfois avec d'autres satellites peuvent ainsi déformer le satellite, générer de la chaleur et provoquer des mouvements de matière dans ses régions intérieures et, éventuellement la formation de volcans.

La chaleur permet ainsi l'existence des volcans de soufre d'Io. Les autres satellites, principalement compos√©s de glaces, sont, eux, le si√®ge d'une forme particuli√®re de volcanisme, appel√©e cryovolcanisme.  Les volcans cryovolcaniques, √©galement appel√©s volcans de glace, sont des volcans qui √©mettent principalement des mat√©riaux volatils tels que de l'eau, du dioxyde de carbone, du m√©thane, de l'ammoniac ou d'autres compos√©s gel√©s plut√īt que de la lave basaltique. Les √©ruptions peuvent produire des jets de gaz, de vapeur et de particules de glace. Les substances d√©vers√©es peuvent cr√©er des montagnes de glace et des plaines recouvertes de glace.

La Lune.
A l'√©poque o√Ļ la Lune √©tait g√©ologiquement active, de la lave basaltique a √©t√© √©mise et a form√© des volcans, mais aussi, lorsqu'elle √©tait  issue de la remont√©e de magma le long des fissures cr√©√©s par les impacts de gros corps m√©t√©oritiques, le remplissage des cavit√©s cr√©√©es par ces m√™mes impacts; processus qui a √©t√© √† l'origine de la formation des mers lunaires.

Les anciens volcans que l'on observe sur la Lune peuvent être classés en deux types principaux : les volcans en bouclier et les volcans à cratère.

‚ÄĘ Les volcans en bouclier sont de larges montagnes volcaniques plates et √©tal√©es. Certains volcans en bouclier peuvent s'√©tendre sur des dizaines de kilom√®tres de diam√®tre et atteindre des hauteurs de plusieurs kilom√®tres.

‚ÄĘ Les volcans √† crat√®re ont une forme plus conique avec un crat√®re au sommet.  Les volcans √† crat√®re sont g√©n√©ralement plus petits, avec des crat√®res de quelques kilom√®tres de diam√®tre.

Sur la Lune, des d√īmes volcaniques similaires √† ceux de la Terre ont √©galement √©t√© identifi√©s. Ces formations sont le r√©sultat d'√©coulements de lave √† partir d'une fissure volcanique et s'√©tend pour former une montagne basaltique en forme de d√īme. Un exemple  de d√īme volcanique lunaire est le d√īme Ina, situ√© dans la r√©gion de Lacus Felicitatis. 

Io.
Les volcans d'Io sont principalement alimentés par des éruptions de soufre et de dioxyde de soufre, qui créent des coulées de lave de soufre en fusion et des panaches de gaz et de particules volcaniques s'élevant dans l'espace Ces volcans de soufre sont extrêmement dynamiques. Il ont des éruptions fréquentes et sont accompagnés de diverses autres structures volcaniques (des lacs de soufre liquide, en particulier).

Europe.
Europe est recouverte d'une cro√Ľte de glace et ses volcans sont des volcans de glace d'eau. Ils projettent des jets de particules de glace d'eau provenant de r√©servoirs souterrains, formant des geysers et contribuant √† la formation de fractures sur la surface de cet autre satellite galil√©en. 

Encelade.
Encelade, comme Europe abrite des geysers de glace d'eau. Ceux-ci sont sont √©ject√©s depuis des fissures pr√®s de son p√īle Sud. 

Titan.
Les volcans de Titan √©mettent principalement des mat√©riaux organiques (m√©thane et √©thane, principalement) sous forme de coul√©es liquides. Ils sont moins actifs que ceux d'Io, mais ils jouent un r√īle essentiel dans le cycle des hydrocarbures de ce satellite de Saturne.

Triton.
Triton, satellite de Neptune, possède des geysers particules de glace d'azote qui ont été observés par la sonde Voyager 2. Les éruptions de glace d'azote contribuent à l'atmosphère de Triton et créent des formations géologiques particulières sur sa surface.

Pluton.
Pluton poss√®de une source de chaleur interne due √† la d√©sint√©gration radioactive de certains √©l√©ments pr√©sents dans son noyau. Cette chaleur interne peut √™tre suffisante pour provoquer des mouvements et des √©volutions de surface, y compris des manifestations g√©ologiques semblables √† des volcans. Les observations de la sonde spatiale New Horizons qui ainsi r√©v√©l√© des plaines glac√©es et des montagnes sur Pluton, pourraient ainsi s'interpr√©ter comme le r√©sultat d'un cryovolcanisme ancien ou r√©cent.  Des caldeiras, des crat√®res d'effondrement r√©sultant d'√©ruptions volcaniques, pourraient exister sur Pluton. Les images montrent des signes de d√©formations  tectoniques et de fractures sur sa surface, qui pourraient √™tre attribuables √† des forces de pression et des mouvements de mat√©riaux, souvent associ√©s aux processus volcaniques.
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Panache de poussi√®re √©ject√© par la com√®te 67P/Churyumov-Gerasimenko, photographi√© le 3 juillet 2016 par la sonde spatiale Rosetta de l'ESA  L'ombre du panache est jet√©e √† travers le bassin, qui se trouve dans la r√©gion d'Imhotep. La trajectoire de Rosetta l'a conduit √† travers le mat√©riau √©ject√©, permettant aux instruments de collecter des mesures in situ pr√©cieuses. L'analyse de ces donn√©es indique que certaines sources d'√©nergie souterraines encore ind√©termin√©es ont aid√© √† alimenter le panache. Cr√©dit : ESA/Rosetta/MPS pour l'√©quipe OSIRIS MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/UPM/DASP/IDA

Les comètes.
Les noyaux com√©taires sont le si√®ge de ph√©nom√®nes que l'on peut rattacher au cryovolcanisme. En se rapprochant du Soleil, qui r√©chauffe leur surface et sublime la glace qui les compose, certaines com√®tes peuvent expulser des mat√©riaux glac√©s (eau, l'ammoniac, dioxyde de carbone) √©ventuellement sous forme √©ruptive, donnant lieu ainsi √† des geysers de gaz et de poussi√®res, dispers√©s ensuite dans l'espace et constituer la queue de la com√®te. Cependant, on est ici assez loin de ce que l'on entend ordinairement par volcanisme. 



Philippe Bourseiller, Catherine Guigon, La Terre en feu, Editions de la Martinière, 2009. -

Jacques Bardintzeff, Volcanologue, de la vocation √† la passion, Vuibert, 2009. 
François Cariou, Les Volcans, Ouest-France, 2005.

Bernhard Edmaier, Volcans, Nathan, 2005.

Patrick Barois, Guide encyclopédique des volcans, Delachaux et Niestlé, 2004.

Bertrand, Mythologies de l'Etna, Presses universitaires de Clermont-Ferrand, 2004.

Charles Frankel, Les volcans du syst√®me solaire, Dunod,  1993.

Pour les plus jeunes.
Arnaud Guérin, Les volcans, cracheurs de feu, Milan, 2007.

Bernhard Edmaier, Angelika Jung-H√ľttl, Volcans, Nathan, 2004.

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