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Le carbone
C Le carbone (symbole : C) est un Ă©lĂ©ment chimqiue non-mĂ©tallique. Produit de la nuclĂ©osynthèse, par la fusion de noyaux d'hĂ©lium, qui a son siège dans les Ă©toiles massives au cours de leur Ă©volution tardive, il se classe, par son abondance, au  quatrième rang après l'hydrogène, l'hĂ©lium et l'oxygène. Il est Ă©galement le sixième Ă©lĂ©ment le plus abondant dans la croĂ»te terrestre. Il possède trois isotopes naturels : 12C, 13C, et 14C. Les deux premiers sont stables, le troisième (carbone-14) est radioactif, avec une demi-vie de 5734 ans. 
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Numéro atomique
Masse atomique (uma)
Point d'ébullition (°C)*
Point de fusion (°C)
Masse volumique (g/cm3)
Structure Ă©lectronique
Degrés d'oxydation
6
12,0111
4830
3727
2,28-
1s²2s²2p²
3
 

On rencontre des atomes de carbone dans les hydrocarbures (molĂ©cules formĂ©es seulement de carbone et d'hydrogène) et dans tous les organismes vivants, oĂą ils forment la base de toutes les molĂ©cules organiques, telles que les lipides, les protĂ©ines  et les acides nuclĂ©iques (ADN et ARN). Le carbone est essentiel pour la photosynthèse, le processus par lequel les plantes convertissent l'Ă©nergie solaire en Ă©nergie chimique. 

Le carbone peut ĂŞtre libĂ©rĂ© par la dĂ©composition de la matière organique. Ainsi, le charbon de bois se forme lors de la combustion imparfaite du bois. De nombreuses substances organiques volatiles, en particulier celles qui sont riches en carbone, brĂ»lent avec une flamme fumeuse, la suie n'Ă©tant rien d'autre que du carbone finement divisĂ©. La dĂ©composition des dĂ©chets vĂ©gĂ©taux sous l'eau donne lieu Ă  la formation de tourbe. La formation du humus (terre noire) est due Ă  la carbonisation des matières vĂ©gĂ©tales dans l'air humide. 
Les propriétés générales du carbone.
Le carbone pur peut être préparé en carbonisant des substances organiques, telles que le sucre, qui ne laissent pas de cendres; pour le préparer à partir du noir de fumée, cette substance est soigneusement lavée avec de l'alcool et de l'éther et chauffée à une température élevée. Le noir de fumée est peut être utilisé pour la fabrication de peinture noire, d'encre d'imprimerie, etc.; il est obtenu en brûlant des substances riches en carbone, telles que le goudron, le gaz naturel, etc.

Le carbone est infusible et insoluble dans tous les liquides connus. A tempĂ©rature ordinaire, il est, comme l'azote, extrĂŞmement inerte, Ă  tel point qu'il a Ă©tĂ© d'usage, de longue date, de carboniser les extrĂ©mitĂ©s des piles de bois destinĂ©es Ă  ĂŞtre enfoncĂ©es dans le sol, afin de prĂ©server le bois grâce Ă  cette couche de carbone non dĂ©composĂ©. De la mĂŞme manière, l'intĂ©rieur des navires en bois destinĂ©s Ă  contenir de l'eau pendant les voyages en mer Ă©tait carbonisĂ© (recouvert de carbone) pour empĂŞcher le bois de se dĂ©composer et prĂ©server ainsi la douceur de l'eau. 

Le carbone peut se présenter sous trois formes de cristaux moléculaires :

• Le diamant est un allotrope du carbone. Sa densitĂ© est comprise entre 3,52 et 2,53 et son point de fusion est de 3750 °C. Il est constituĂ© de carbone pur, cristallisĂ© dans une structure très rigide et dense oĂą chaque atome de cabone est reliĂ© Ă  quatre autres atomes identiquess par de fortes liaisons covalentes, ce qui en fait l'un des matĂ©riaux les plus durs. Il peut ĂŞtre synthĂ©tisĂ© en faisant dissoudre sous pression du carbone dans la soude liquide et en refroidissant la masse. Les diamants sont utilisĂ©s comme abrasifs, bijoux, forets, etc. 
Les premières tentatives pour synthétiser des diamants remontent au XIXe siècle. Après avoir constaté que le diamant était accompagné de fer et de soufre dans les météores, l'éminent chimiste français Charles Friedel a tenté de produire du diamant en chauffant de la fonte riche en carbone avec du soufre, à 500° C. Une petite quantité d'une substance extrêmement dure a alors été produite; la quantité était toutefois si faible qu'il a été impossible de démontrer de manière concluante la formation du diamant. Même en utilisant le four électrique, Moissan, en 1893, n'a réussi à obtenir que des traces de diamant. Aujourd'hui, on fabrique des diamants synthétiques en soumettant du graphite à une pression et à une température élevées.
• Les graphites reprĂ©sentent une autre forme allotropique du carbone. Les atomes s'y disposent un feuillets ou couches planes dans lesquelles lesquelles les atomes de carbone sont unis par des laisons covalentes pour former des cellules hexagonales.  Les feuillets sont liĂ©Ă©s entre eux par de faibles forces de van der Waals, d'oĂą la nature friable  des graphites. La densitĂ© des graphites se situe entre de 1,9 Ă  2,3. Il sont bons conducteurs d'Ă©lectricitĂ© et de chaleur et infusibles au chalumeau. Ils se forment facilement Ă  partir du charbon de bois par chauffage; c'est l'effet, par exemple, de l'action d'un puissant courant Ă©lectrique sur le charbon de bois. On les utilise dans les mines de crayon et les lubrifiants, ainsi que pour fabriquer des Ă©lectrodes inertes employĂ©s dans l'Ă©lectrolyse. 

• Les fullĂ©rènes sont des molĂ©cules entièrement composĂ©es de carbone et crĂ©Ă©es en laboratoire en 1985, mais dĂ©couvertes ensuite dans l'espace interstellaire (et mĂŞme dans les mĂ©tĂ©orites et les comètes). Elles peuvent comporter 60 ou 70  (et, pour certaines, jusqu'Ă  plus de 500) atomes de carbone. Ces molĂ©cules forment des structures gĂ©omĂ©triques diverses (sphĂ©roĂŻdales, annulaires, tubulaires) dont les parois sont constituĂ©es d'un rĂ©seau d'atomes de carbone organisĂ©s en mailles polygonales similaires Ă  celles qui forment les feuillets des graphites. Dans le fullĂ©rène-60 (le plus simple), les atomes de carbone forment 20 hexagones et 12 pentagones, ce qui confère Ă  la molĂ©cule un aspect comparable Ă  celui d'un ballon de football.

A l'Ă©tat amorphe, le carbone a une densitĂ©e comprise entre 1,6 et 2. Il constitue  le noir animal, le noir de fumĂ©e, la houille, l'anthracite, le coke, le charbon de bois, le charbon mĂ©tallique, etc. La matière carbonĂ©e qu'on rencontre dans plusieurs mĂ©tĂ©orites, comme celles d'Orgueil et de Crambourne est Ă©galement du charbon amorphe. Les charbons amorphes sont plus ou moins poreux et c'est une circonstance qui leur permet d'absorber une foule de corps.

Le carbone artificiel amorphe prend feu facilement; le graphite est tellement incombustible que les creusets fabriqués dans cette matière résistent à une chaleur élevée pendant un temps considérable; le diamant résiste complètement à la plupart des modes ordinaires de mise à feu, mais peut être brûlé facilement dans une atmosphère d'oxygène pur, au moyen du courant électrique.

Les utilisations du carbone.
Le carbone a une importance économique significative. Il intervient dans la production de l'acier (dont il augmente la dureté et la résistance), de polymères et de céramiques. Le carbone est aussi un constituant de divers combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon)

Le charbon (tourbe, lignite, houille, anthracite) forme avec l'oxygène, Ă  l'image de autres combustibles fossiles, deux composĂ©s, le monoxyde (CO) et le dioxyde carbone (CO2), qui est  un gaz Ă  effet de serre, contribuant au rĂ©chauffement climatique.  Il se combine au rouge Ă  l'oxygène libre avec un dĂ©gagement de chaleur suffisant pour entretenir la combustion; dans l'oxygène pur, il brĂ»le avec un vif Ă©clat. Il rĂ©duit un grand nombre de composĂ©s oxygĂ©nĂ©s. La vapeur d'eau, qui passe dans un tube de porcelaine rempli de charbons incandescents, donne naissance Ă  de l'hydrogène, au monoxyde de carbone et de dioxyde de carbone, le tout accompagnĂ© d'un peu de mĂ©thane. Le charbon se combine avec le soufre, Ă  une haute tempĂ©rature, avec production de sulfure de carbone; il s'unit Ă  certains mĂ©taux, dans les mĂŞmes conditions, propriĂ©tĂ© qu'on met Ă  profit dans la cĂ©mentation. C'est ainsi que le fer se trouve transformĂ© en fonte et en acier. 
Le charbon a servi pour fabriquer l'acide carbonique utilisé dans les sucreries et à d'autres fins artistiques; il est utilisé pour décolorer les solutions; et comme, lorsqu'il est sec, il absorbe facilement les gaz, il est peut être utilisé comme désinfectant et désodorisant.

Le graphène.
Le graphène, dĂ©couvert en 2004 par AndrĂ© Geim et Konstantin Novoselov Ă  l'universitĂ© de Manchester, est un matĂ©riau constituĂ© d'une seule couche d'atomes de carbone disposĂ©s dans une structure hexagonale en nid d'abeilles. Il a attirĂ© une attention considĂ©rable en raison de ses propriĂ©tĂ©s physiques exceptionnelles. Le graphène est un excellent conducteur Ă©lectrique, avec une mobilitĂ© des Ă©lectrons exceptionnellement Ă©levĂ©e, surpassant celle de la plupart des mĂ©taux. Il montre un effet Hall quantique Ă  tempĂ©rature ambiante, ce qui est inhabituel et intĂ©ressant pour des applications en physique quantique. C'est aussi l'un des matĂ©riaux les plus solides connus, plus rĂ©sistant que l'acier tout en Ă©tant extrĂŞmement lĂ©ger et flexible. Il peut ĂŞtre Ă©tirĂ© jusqu'Ă  20% de sa longueur initiale sans rupture. Le graphène a une conductivitĂ© thermique très Ă©levĂ©e, ce qui en fait un excellent matĂ©riau pour la gestion de la chaleur dans les dispositifs Ă©lectroniques. Enfin, il est pratiquement transparent, absorbant seulement 2,3% de la lumière visible, ce qui le rend utile pour les applications optiques. 

De nombreuses applications sont envisagées. Le graphène pourrait être utilisé pour fabriquer des transistors à effet de champ plus rapides et plus efficaces que ceux en silicium. En raison de sa flexibilité et de sa conductivité, le graphène est envisagé pour des circuits électroniques flexibles. Il peut être ajouté à d'autres matériaux pour augmenter leur résistance mécanique et leur conductivité électrique. Il pourrait aurrait aussi être utilisé dans les composites pour réduire le poids et augmenter la résistance des structures aéronautiques. Le graphène peut améliorer les performances des batteries lithium-ion et des supercondensateurs en augmentant leur capacité et leur vitesse de charge. Il pourrait être utilisé dans les cellules photovoltaïques pour améliorer leur efficacité. Son emploi est imaginable pour développer des capteurs ultrasensibles pour détecter des biomolécules. Grâce à ses propriétés chimiques et physiques, le graphène peut servir pour transporter des médicaments directement aux cellules ciblées. Il peut être utilisé pour fabriquer des écrans tactiles transparents et flexibles et servir dans les dispositifs optoélectroniques en raison de sa capacité à manipuler la lumière à des échelles nanométriques.

Malgré ses propriétés prometteuses, plusieurs défis doivent encore être relevés pour une commercialisation à grande échelle. La fabrication de graphène de haute qualité à grande échelle reste coûteuse et techniquement complexe. Les méthodes d'intégration du graphène dans les dispositifs électroniques existants doivent être améliorées pour bénéficier pleinement de ses propriétés. Assurer la stabilité et la durabilité du graphène dans des environnements variés est nécessaire pour son utilisation pratique.

Les liaisons chimiques du carbone.
La structure Ă©lectronique de l'atome de carbone.
Les six électrons de l'atome de carbone se répartissent sur deux niveaux. Le premier est complet avec ses deux électrons (orbitale 1s²); le second contient quatre électrons (orbitales 2s² et 2p²), ce qui signifie que pour satisfaire à la règle de l'octet, et acquérir ainsi une stabilité maximale, il est en mesure de former quatre liaisons covalentes simples (tétravalence du carbone).

La place du carbone dans la classification périodique des éléments, parmi les non-métaux, mais proche des métaux, le rend peu pate à construire des édifices contenant des atomes métalliques. Quand ils se forment ils sont généralement instables. Citons ici, le carbure de calcium, l'hémoglobine, qui contient du fer ou la chlorophylle qui contient du magnésium.

Les liaisons covalentes du carbone.
Dans les liaisons covalentes simples, les orbitales se disposent spatialement pour former un tĂ©traètre  (hybridation sp3), aux quatre sommets duquel se lient les autres atomes. C'est ce que l'on observe par exemple dans la molĂ©cule de mĂ©thane (CH4).

Le carbone peut aussi former des liaisons covalentes doubles et triples.

• Quand il existe une liaison est double dans un composé du carbone, la disposition des orbitales du carbone est plane (hybridation sp²) et les angles formés par les liaisons est d'environ 120°. Cas, par exemple, de l'éthylène (C2H4).

• Les atomes de carbone liés par une liaison covalente triple produit un alignement des laisons (hybridation sp). Exemple : l'acétylène (C2H2).

D'autres modes d'hybridation sont possibles. Par exemple, dans le cas du benzène (C6H6), oĂą il existe des Ă©lectrons dĂ©localisĂ©s, c'est-Ă -dire appartenant Ă  des orbitales qui recouvrent la totalitĂ© de la molĂ©cule (hybridation ) et qui ne participent donc pas en propre Ă  une liaison donnĂ©e.

Les composés du carbone

Le carbone existe en grandes quantitĂ©s, parfois Ă  l'Ă©tat libre, mais surtout en combinaison avec d'autres substances. 

Ă€ des tempĂ©ratures Ă©levĂ©es, le carbone se combine directement avec l'oxygène, le soufre, le silicium et de nombreux mĂ©taux. 

Dans le charbon, le carbone est combinĂ© Ă  l'hydrogène et Ă  l'oxygène, et dans les plantes et les animaux, il est l'un des Ă©lĂ©ments constitutifs du bois, de l'amidon, du pistolet, du sucre, de l'huile, des os (gĂ©latine) et de la chair (fibrine). 

Les oxydes de carbone.
AssociĂ© Ă  l'oxygène, le carbone se prĂ©sente sous forme d'acide carbonique dans l'atmosphère et dans l'eau naturelle, et il est combinĂ© de la mĂŞme manière dans le calcaire, la dolomie et la pierre de fer. 

S'il est chauffé avec de l'oxygène ou avec un oxydant puissant comme l'acide nitrique, le carbone forme de l'acide carbonique; si la quantité d'oxygène disponible est faible, il produit de l'oxyde carbonique, qui contient un pourcentage d'oxygène beaucoup plus faible.

• Le dioxyde de carbone (CO2). - C'est un gaz incolore et inodore présent dans l'atmosphère. Il est fabriqué industriellement en chauffant du carbonate de calcium dans un four à chaux. Il se dissout dans l'eau pour former de l'acide carbonique (H2CO3) et n'est pas très réactif, bien qu'il réagisse à la fois avec les solutions d'hydroxyde de sodium et de calcium et qu'un ruban de magnésium y brûle.

• Le monoxyde de carbone (CO). - C'est un gaz toxique, incolore et inodore, fabriqué en faisant passer du dioxyde de carbone sur du carbone chaud, et également en brûlant des combustibles carbonés dans un apport limité d'air. Il n'est pas soluble dans l'eau, brûle avec une flamme bleue et est un agent réducteur utilisé pour réduire les minerais d'oxyde métallique en métal. Il est également utilisé, mélangé avec d'autres gaz, dans les carburants, par exemple mélangé avec de l'hydrogène dans l'eau gazeuse, avec de l'azote dans le gaz de gazogène, et avec l'hydrogène (50 %), le méthane et d'autres gaz dans le gaz de houille.

Les carbonates.
Les composĂ©s constituĂ©s d'un cation mĂ©tallique et d'un anion carbonate (CO32-). Ă€ l'exception des carbonates du groupe I, ils sont insolubles dans l'eau et se dĂ©composent par chauffage, par exemple le  carbonate de calcium (CaCO3). Ils rĂ©agissent tous avec les acides pour dĂ©gager du dioxyde de carbone.

Le carbure de calcium.
Le carbure de calcium  (Ca(OH)2) est un composĂ© cristallin dur et brunâtre avec un Ă©clat mĂ©tallique et une densitĂ© de 2,22, qui est ininflammable, infusible et insoluble dans la plupart des acides et toutes les bases; c'est une substance inerte et stable, sauf lorsqu'elle est mise en contact avec de l'eau. Son utilisation principale est la fabrication d'acĂ©tylène. 

Le carbure de calcium a Ă©tĂ© dĂ©couvert Ă  l'origine en 1836 par Edmund Davy, qui l'a produit simplement comme une curiositĂ© de laboratoire. En 1862, Wöhler l'a prĂ©parĂ© Ă  Goettingen, et Ă  peu près au mĂŞme moment Berthelot l'a obtenu, mais seulement en petite quantitĂ©. En 1892, Thomas L. Willson dĂ©couvrit qu'en chauffant un mĂ©lange de chaux et de carbone dans un four Ă©lectrique, du carbure de calcium et du monoxyde de carbone se formaient. Presque simultanĂ©ment, Henri Moissan annonça sa dĂ©couverte d'une mĂ©thode similaire pour sa production. 
La nomenclature et de la classification des composés organiques.
On qualifie de composĂ©s organiques, les composĂ©s du carbone en lien direct ou indirect avec les organismes vivants. Cela concerne virtuellement tous ses composĂ©s y compris ceux qui ont Ă©tĂ© synthĂ©tisĂ©s en laboratoire. On a seulement pris l'habitude de considĂ©rer Ă  part, comme on l'a fait ici, quelques composĂ©s dont l'Ă©tude est plutĂ´t confiĂ©e d'ordinaire Ă  la chimie minĂ©rale, Ă  l'images des oxydes de carbone  ou les carbonates. Quoi qu'il en soit, le nombre de composĂ©s du carbone dĂ©passe le million, sans compter leurs possibles isomères. Ce qui rend nĂ©cessaire l'Ă©tablissement de quelques principes particuliers de classification et de nomenclature. On se contentera ici d'Ă©voquer brièvement les grandes familles dans lesquelles on range ces composĂ©s : hydrocarbures, alcools, aldĂ©hydes, les cĂ©tones, acides carboxyliques, esters, amides, etc. 

Les chaînes carbonées.
La définition de ces familles repose sur la reconnaissance de structures similaires dans les molécules concernées. Ces molécules sont presque toujours des chaînes (linéaires, cyclique, ramifiées) unissant entre eux les atomes de carbone (formant ainsi une sorte de colonne vertébrale de la molécule. Comme, très souvent, chaque atome de carbone est lié en outre à deux atomes d'hydrogène, on appelle cet édifice de base squelette de carbone ou chaîne carbonée.

La géométrie de ce squelette permet déjà d'esquisser dans ses grandes lignes une classification des molécules organiques. On a a ainsi les divisions suivantes :

• Les composés cycliques : la chaîne de carbone est refermée sur elle même. Son premier et son dernier atome de carbone sont liés entre eux. En fonction de la présence ou non d'autres atomes dans la chaîne on distingue :
+ Les composĂ©s carbocycliques ne comprennent dans leur squelette que des atomes de carbone. Il est possible de distinguer ici  :
- des composĂ©s polycycliques,quand plusieurs cycles liĂ©es. 

- des composĂ©s saturĂ©s et non saturĂ©s, selon qu'il y a respectivement, seulement des laisons simples entre les atomes de carbone, ou, au contraire des liaisons doubles ou triples). 

+ Les composés hétérocycliques, dans lesquels certains atomes de carbone de la chaîne sont remplacés par d'autres éléments (oxygène, soufre, azote).
• Les composés acycliques : dans ces composés la chaîne carbonée ne se referme pas sur elle même. Deux subdivisions sont alors possibles :
+ Les composés linéaires, dans lesquels la chaîne carbonée est droite (ou plus exactement en zig-zag)..

+ Les composés dits de la série grasse, dans lesquels on a une chaîne carbonée ramifiée. Leur non vient de ce qu'on rencontre parmi eux les acides gras naturels.

Ajoutons Ă  ce vocabulaire les deux notions suivantes :
• Les composés aromatiques. - Ce sont des composés cycliques plans, qui, en première approche, possèdent, à l'image du benzène, un anneau de six atomes de carbone. De façon plus générale l'aromaticité est liée à la délocalisation des électrons dans ce type de molécules.

• Le composĂ©s aliphatiques. - Le terme sert Ă  dĂ©signer les composĂ©s cycliques qui ne sont pas aromatiques ( = composĂ©s alicycliques), ainsi que  tous les composĂ©s acycliques.

Les groupes fonctionnels.
Une autre manière, plus fine, de caractĂ©riser les composĂ©s organiques consiste Ă  examiner les atomes ou groupes d'atomes, greffĂ©s au squelette de carbone et qui sonnt appelĂ©s groupes fonctionnels. Ce sont ces derniers qui confèrent prioritairement les propriĂ©tĂ©s chimiques aux molĂ©cules organiques. Les molĂ©cules possĂ©dant le mĂŞme groupe fonctionnel ayant des  propriĂ©tĂ©s chimiques similaires, il est commode de recourir Ă  ces groupes fonctionnels pour obtenir une classification plus prĂ©cise. 

Les sĂ©ries homologues. 
Ordinairement, dans les chaĂ®nes carbonĂ©es, chaque atome de carbone non liĂ© Ă  un groupe fonctionnel se lie Ă  deux autres atomes de carbone et Ă  deux atomes d'hydrogène. Chaque "vertèbre" du squelette peut ainsi s'Ă©crire sous la forme -CH2-  (les tirets symbolisant la laison covalente de l'atome de carbone avec ses deux atomes de carbone voisins). On dĂ©finit alors une sĂ©rie homologue tous les composĂ©s identiques, mais ne diffĂ©rant que par le nombre de telles "vertèbres". Une sĂ©rie homologue a ainsi une formule gĂ©nĂ©rale pour tous ses membres. Les propriĂ©tĂ©s chimiques des membres d'une sĂ©rie homologue sont similaires, mais leurs propriĂ©tĂ©s physiques changent progressivement Ă  mesure que le nombre n grandit. 

Toutes les sĂ©ries homologues, Ă  l'exceptions des alcanes (V. ci-dessous) ont Ă©galement un groupe fonctionnel. 
Les grandes familles de composés organiques.
Les hydrocarbures.
Les hydrocarbures, qui sont la base des combustibles fossiles tels que le pĂ©trole et le gaz naturel, sont constituĂ©s uniquement d'atomes de carbone et d'hydrogène. 

Les hydrocarbures peuvent être divisés en plusieurs classes, parmi lesquelles :

• Les alcanes ou paraffines. - Ce sont tous des hydrocarbures saturés et les composés aliphatiques. Ils forment une série homologue dont la formule générale est CnH2n+2. Exemples : le méthane (CH4), l'éthane (C2H6) et le propane (C3H8). Dans les cycloalcanes, les atomes de carbone forment une chaîne annulaire.

• Les alcènes ou olĂ©fines. - Ce sont des hydrocarbures insaturĂ©s et aliphatiques. Les molĂ©cules d'alcène contiennent une ou plusieurs doubles liaisons entre les atomes de carbone. Celles qui n'en ont qu'une forment une sĂ©rie homologue dont la formule gĂ©nĂ©rale est CnH2n. Exemples : l'Ă©thène (C2H4),  le propène (C3H6), et le butène (C4H8).

• Les alcynes. - Ce sont des composés insaturés (les atomes sont liés par une liaison triple) et aliphatiques. Ils forment une série homologue de formule moléculaire générale CnH2n-2. Exemple : l'acétylène (C2H2) Ce sont des molécules non polaires dont les propriétés chimiques sont similaires à celles des alcènes. Ils brûlent avec une flamme fuligineuse dans l'air et une flamme très chaude dans l'oxygène pur. Les alcynes sont produits par craquage. Ils sont utilisés pour fabriquer des plastiques et des solvants.

Les alcools.
Les alcools sont des composĂ©s aliphatoquescontenant un ou plusieurs groupes hydroxyle (-OH) liĂ© Ă  un atome de carbone. Leur formule molĂ©culaire gĂ©nĂ©rale est  de formule molĂ©culaire gĂ©nĂ©rale CnH2n +1 OH. Ils ont de nombreuses utilisations, par exemple comme comme matières premières dans la synthèse de produits chimiques, ou  comme solvants.

Les aldéhydes et les cétones.
C'est la prĂ©sence d'un groupe carbonyle (C=O) qui dĂ©finit les aldĂ©hydes et les cĂ©tones. 

• Les aldĂ©hydes ont un groupe fonctionnel -CHO attachĂ© Ă  un atome d'hydrogène. Ils ont pour formule molĂ©cumaire gĂ©nĂ©rale  :  CnH2n+1CHO et sont nommĂ©s comme les alcanes mais leurs noms se terminent en -anal et non en -ane. Exemple : le mĂ©thanal ou formaldĂ©hyde (HCHO). Ce sont des liquides incolores (sauf, justement, le mĂ©thanal) et des rĂ©ducteurs. Ils subissent des rĂ©actions d'addition, de condensation et de polymĂ©risation. Lorsqu'ils sont oxydĂ©s, ils forment des acides carboxyliques.

• Les cĂ©tones possèdent un groupe carbonyle (-CO-), attachĂ© Ă  deux atomes de carbone. La formule gĂ©nĂ©rale de leur sĂ©rie homologue est complexe. Ils sont nommĂ©s comme les alcanes mais se terminent par -anone et non par -ane.  Exemple : l'acĂ©tone (CH3COCH3). Ces composĂ©s ont des propriĂ©tĂ©s chimiques similaires Ă  celles des aldĂ©hydes mais ne sont pas des rĂ©ducteurs. Il sont utilisĂ©s notamment pour la production de solvants. La plupart sont des liquides incolores.

Les acides carboxyliques.
Les acides carboxyliques contiennent un groupe fonctionnel carboxyle (-COOH) liĂ© Ă  un atome de carbon. Ils forment une sĂ©rie homologue avec une formule molĂ©culaire gĂ©nĂ©rale CnH2n+1COOH.  Leurs noms se terminent par  -anoĂŻque. Ce sont des acides faibles piquants et incolores, ils rĂ©agissent avec les alcools pour donner des esters. On les utilise couramment dans l'industrie pour la production de polymères, de mĂ©dicaments et de produits chimiques. 

Esters.
Dans les esters, le groupe fonctionnel ester (-COO-) est liĂ© Ă  un atome de carbone.  Ce sont des liquides non rĂ©actifs et incolores obtenus par rĂ©action d'un acide carboxylique et d'un alcool. PrĂ©sents dans les huiles vĂ©gĂ©tales et les graisses animales, ils donnent aux fruits et aux fleurs leurs saveurs et leurs odeurs. Ils  interviennent souvent comme arĂ´mes et parfums, et peuvent ĂŞtre utilisĂ©s comme solvants pour les rĂ©sines et les vernis.

Les composés azotés du carbone.
On range ici tous les composés organiques contenant au moins un atome d'azote (N).

• Les amides. - Les amides se dĂ©finissent par le groupe amide (-CONH-) qu'ils contiennent et qui est   liĂ© Ă  un atome de carbone. Ces composĂ©s sont couramment utilisĂ©s dans l'industrie pharmaceutique pour la production de mĂ©dicaments.

• Les amines. - Les amines primaires sont des composés contenant un groupe amine (groupe fonctionnel -NH2). Ce sont des bases faibles, et elles ont une odeur de poisson. Les diamines sont des composés avec deux groupes amine dans chaque molécule.

• Les nitriles. - Ce sont tous les composés oragniques dans lesquels un hydrocarbure est relié au groupe fonctionnel CN (soit un atome de carbone lié par une liaison covalente triple avec un atome d'azote). Ce sont le plus souvent des produits de synthèse.

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