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Les Açores

38.2° N, 26.6° W
Les Portugais le donnèrent à l'archipel de Açores , Os Açores, ce nom qui signifie vautours, car un grand nombre de ces oiseaux de proie qui le peuplaient à l'époque de la découverte. Pour les Anglais, les Açores sont les îles Occidentales, Western Islands. Il y a plusieurs noms latins : Accipitrum Insulae, Flandricae Insulae, Terceiras Insulae.

Les Açores sont politiquement une dépendance du Portugal, avec le statut de région autonome. Elles sont situées dans l'Océan Atlantique, au voisinage de la mer des Sargasses; à moitié environ de la distance entre l'Espagne et Terre-Neuve, un peu au Nord du détroit de Gibraltar et un peu plus près de l'Europe que de l'Afrique. Population : 239 000 habitants (2009); superficie totale : 2350 km².
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Les Açores depuis l'espace.
Les Açores depuis l'espace. Trois de îles centrales : Sao Jorge a la forme d'une lance; l'île de Pico avec son grand volcan, île volcanique Faial, à droite. Source : Nasa.

Géographie physique

Réparties en trois groupes, les îles qui forment l'archipel des Açores sont comme échelonnées de l'Ouest-Nord-Ouest vers l'Est-Sud-Est. Flores et Corvo, la plus petite, se présentent dans le groupe le plus septentrional et le plus occidental à la fois. Le groupe intermédiaire offre successivement, de I'Ouest à l'Est, Fayal et O Pico, puis Saõ-Jorge, Terceira, Graciosa, relativement rapprochées les unes des autres et à peu près à la même latitude. Dans le groupe oriental, nous apercevons, de l'Ouest à l'Est ou du Nord au Sud, S. Miguel, la plus vaste des Açores, et Sta Maria. Par une latitude intermédiaire, sont disséminées quelques roches auxquelles on a donné le nom de Formigas (Fourmis) à cause de leur petitesse relative et de leur aspect à la surface des eaux.

Flores.
Longueur, du Nord au Sud, 18 km; largeur moyenne 11 km; superficie, 160 km²; développement du littoral, 30 milles. Ile très montagneuse, surtout dans la partie Sud-Est. Le principal port est la baie de Sta-Cruz. Sur la côte Ouest se trouve la grande anse de la Ribeira Grande. Plus au Nord, il y a les petites anses de S. Pedro et de Cantario. A la pointe Sud-Est l'anse d'Agua Quente. La côte est élevée, escarpée, hérissée de saillies.

Corvo
A 15 km au Nord-Nord-Est de Flores. Longueur, 5,5 km; largeur moyenne, 3 km; superficie, 13 km²; développement des côtes, 8 milles. Une montagne assez haute, avec cratère éteint, s'élève au centre de l'île et l'accidente de ses contreforts. Côte escarpée, excepté à l'anse, de Rosario.

Fayal
A l'Ouest-Nord-Ouest de l'île O Pico, dont elle est séparée par un canal de 5 km de largeur, tandis que de Fayal à Flores il y a 195 km. Longueur, 19 km, largeur moyenne 11 km; superficie, 178 km²; développement du littoral, 30,5 milles. Assez montagneuse. Elle a un cratère de volcan éteint, la Caldeira. L'orifice a 5 km de circonférence; le fond est occupé par un grand lac. Côtes en général escarpées. Le port de la cité de Horta est considéré comme le meilleur de l'archipel.

O Pico. 
Un canal de 35 km de large sépare cette île de S. Jorge. Longueur dans la direction de
45 km; largeur moyenne, 13 km; superficie, 496 km²; développement du littoral, 62 milles. C'est l'île la plus montagneuse de l'archipel. Elle est remarquable par son pic, dont l'altitude a été évaluée à 2600 mètres C'est un volcan dont l'activité se manifeste encore par la fumée qu'il émet. Son sommet est couvert de neiges. Dans les autres montagnes de l'île on voit également des cratères de volcans éteints.

S. Jorge. 
Au Sud et à 35 km de Graciosa. 46 km de longueur et 4 de largeur moyenne; superficie, 220 km²; développement du littoral, 97 milles, La côte Sud est plus escarpée que la côte Nord; et elle présente à peine quelques anses accessibles aux embarcations. Les ports sont Velas, Calheta et Topo. A un mille de la pointe de Topo, il y a un petit îlot.

Terceira
31 km de l'Est à l'Ouest et 16 km de large; superficie, 500 km²; développement des côtes, 54 milles. Cette île, comme S. Miguel, est plus montagneuse aux extrémités qu'au centre; en général, elle est assez accidentée. Les plus grandes hauteurs se trouvent vers l'Ouest, dans la freguezia (paroisse) de Serreta. En différents points de l'île, s'élèvent de grands pics de formes pittoresques. Tels sont le mont Brazil, le pic de Sta Barbara. le pic des Contendas, qui sont des cratères de volcans éteints. Le point culminant des bords du cratère du mont Brazil est à 210 mètres d'altitude, et le fond du cratère à 42 mètres au-dessus du niveau de la mer. Littoral inaccessible sauf sur la côte Sud, à l'Ouest du mont Brazil, et dans la grande baie de la côte Est où est bâtie la ville Praya da Victoria.

Graciosa
43 km de longueur du Sud-Est, au Nord-Ouest, 71 km de largeur moyenne; 90 km² Cette île, sans être très montagneuse, est assez accidentée dans sa partie méridionale, où s'élèvent deux chaînes isolées. A 3 km au Sud de la ville de Praya se trouve la Caldeira, cratère de volcan éteint, au fond duquel, fume une grande solfatare, reste remarquable de communication avec les cavités souterraines. La partie accessible de l'île est la côte Sud où s'ouvrent la petite baie de Praia, la baie de Sta Cruz, et entre elles une petite anse avec un bon fond.

S. Miguel. 
De S. Miguel à Terceira il y a 100 km. L'île a 61 km de long et 14 de large; superficie, 747 km²; développement des côtes, 83 milles. Une chaîne de montagnes volcaniques donne à S. Miguel, d'un bout à l'autre, un relief très accidenté, plus accusé toutefois aux deux extrémités de l'île que partout ailleurs. Les deux massifs sont séparés far une dépression ou portella entre Ponta Delgada et Ribeira Grande. Le pic le plus élevé de l'île est le pic da Vara (1700 m), qui se trouve dans le massif oriental. Vers l'Ouest de ce pic s'étend un large plateau, dit dos Graminhaes et la Achada das Furnas. Plus loin la chaîne de Agua de Pau est encore assez élevée, mais à partir de là l'altitude diminue, pour se relever ensuite jusqu'aux Cumieiras da Bretanha (Faîtes de Bretagne), dénomination générale du massif occidental. Dans le massif oriental de l'île se trouve le cratère éteint appelé Caldeira das Furnas. Son fond est recouvert de maisons et de jardins, entre lesquels sourdent des sources d'eaux chaudes dont quelques-unes sont jaillissantes. Il s'y trouve aussi un petit lac. Dans le massif occidental on remarque le volcan des Sete Cidades (sept cités), sur la côte Nord-Ouest de l'île; le fond du cratère se trouve à 264 mètres au-dessus du niveau de la mer. D'après Gonçalo Velho Cabral, la naissance de ce volcan se serait accomplie en moins d'une année. Tout au fond du cratère, deux lacs reflètent ses parois à pic, parfaitement conservées : ces lacs sont le Lagoa Azul et le Lagoa Grande, dont les rives sont bordées de maisonnettes, de villas et de petits bosquets. Trois cônes d'éruption occupent le reste de la Caldeira; dans le cratère de chacun de ces cônes, il y a un petit lac. Les principales rivières sont la Ribeira Grande sur la côte Nord et la Ribeira de Agua de Pau sur la côte Sud. Côtes en général sinueuses, hautes et escarpées.

Sta Maria. 
Longueur, 18 km; largeur, 10 km; superficie, 117 km². développement des côtes, 28 milles. La partie Est de l'île est plus montagneuse que la partie Ouest. De tous côtés, les côtes sont abruptes, les eaux assez profondes; pas de récifs.

As Formigas. 
Rochers élevés, toujours découverts, dangereux à cause des courants. Ce sont les sommets d'un vaste banc sous-marin.
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Carte des Açores.
Carte de l'Archipel des Açores.
Cliquez sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).

La géologie des Açores.
Presque toutes les roches sont d'origine volcanique : basaltes, trachytes ou laves. A part quelques calcaires, l'île Sta Maria, par exemple, n'est guère qu'un bloc de basalte. A S. Miguel et à Terceira, de gigantesques cratères sont entièrement formés de pierre ponce. S. Miguel présente, sur son littoral, un escarpement de basalte prismatique (Os Fanaes da Ajuda).

Les Açores, depuis 1444 (date du début de la colonisation de l'archipel), ont été éprouvées par maints tremblements de terre accompagnés d'éruptions volcaniques. Un des plus violents fut celui de  1522 pendant lequel les laves épanchées ravagèrent une grande partie de l'île de S. Miguel et détruisirent complètement Villa-Franco, qui était alors la capitale. En 1638, 1720 et 1811, éruptions sous-marines près de S. Miguel; en 1691 et 1757, près de S. Jorge, En 1811, naissance de l'île Sabrina, à 4 kil, à l'Ouest de S. Miguel en février, cendres et flammes, formation d'un banc; en juin, apparition d'un cratère de 80 mètres de hauteur environ; en octobre, disparition de cette île formée de laves, de cendres et de roches poreuses.

Presque toutes les Açores ont des sources plus au moins minéralisées, chaudes ou froides. Les plus connues sont les eaux minérales des Furnas, dans l'île de S. Miguel ainsi que celles de Terceira, Graciosa et Flores. Les eaux minérales de la pittoresque vallée des Furnas sortent d'innombrables sources au milieu de la concavité du cratère, Trois sources, véritables geysers , lancent des colonnes de vapeur et des jets d'eau bouillante. La source principale est située dans la vallée des Furnas; la seconde, près du lac, à la base du pic de Ferro; la troisième sur le versant oriental du pic de Duarte Pacheco, près de la rivière.

Météorologie.
Le climat des Açores a pour caractère général une très grande humidité. Terceira et Graciosa sont beaucoup plus humides que S. Mighel. et Sta Maria. Le nombre de jours de pluie à Ponta Delgada est plus considérable qu'à Angra, mais il tombe plus d'eau à Angra. Aux grandes altitudes des montagnes on n'a plus ce doux climat. La cime du volcan Pico est toujours couverte de neige.

D'après les observations faites à Ponta Delgada (à une altitude de 20 mètres), la vitesse moyenne du vent, pendant tout ce laps de temps, a été de 16,5 km/h en hiver, 13,8 km/h, pendant le printemps, 8,4 km/h en été, 14,8 km/h en automne ; vitesse maxima, 92 km/h.; jours de grêle par an, 4,9; jours de brouillard, 38,1; jours d'orage, 5,6; aucune journée de neige ou de gelée. Pression moyenne 764,49 mm. Température moyenne, 17,31 °C; température maxima absolue, 29,5 °C; température minima absolue 4,2 °C. Pluie moyenne, 855,4 mm; Tension de vapeur atmosphérique : moyenne, 12,14 mm. Nombre de jours de pluie, 186,9.

La faune des Açores

La faune des Açores, malgré son éloignement de l'Europe, se rattache franchement à celle de ce continent, ou plus exactement à la faune du pourtour de la Méditerranée, subdivision de la région Paléarctique, dont l'Europe fait partie. Madère, les Canaries et les îles du Cap Vert, situées beaucoup plus au sud sur les côtes d'Afrique, sont, du reste, dans le même cas.

Le seul mammifère terrestre des Açores est une petite chauve-souris d'Europe (Vesperugo Leisleri), et les oiseaux terrestres, dont Godman signale vingt-deux espèces, appartiennent à la faune européenne et ont dû parvenir jusqu'à ces îles en volant, ou poussés par quelque tempête : tels sont la Crécerelle, la Buse, la Chouette, le Loriot, plusieurs petits Passereaux, l'Etourneau, le Pic, la Huppe, la Caille et la Bartavelle. Un Bouvreuil (Pyrrhula murina) paraît spécial aux Açores, et un Pinson (Fringilla canariensis) se retrouve, en outre, à Madère et aux Canaries. Les reptiles font complètement défaut, et la grenouille d'Europe (Rana esculenta) a probablement été introduite. Un petit mollusque terrestre (Leptaxis) se retrouve sur les quatre groupes d'îles et à Majorque (Baléares), dans la Méditerranée. Neuf espèces de papillons se rencontrent aux Açores; huit sont européennes, la neuvième paraît originaire de l'Amérique du Nord et aura été poussée jusqu'à ces îles par l'un de ces coups de vent si fréquents qui traversent l'Atlantique et amènent des oiseaux américains jusque sur les côtes d'Angleterre. On connaît 212 espèces de Coléoptères, parmi lesquelles 175 sont européennes, 19 se retrouvent aux Canaries ou à Madère, 3 seulement dans l'Amérique du Sud; enfin, 14 espèces paraissent propres aux Açores.

Godman fait remarquer combien la ressemblance de cette faune avec celle de l'Europe est frappante, alors que la plupart des autres îles placées dans les mêmes conditions (les Galapagos, par exemple, sur la côte ouest de l'Amérique) ont une faune bien distincte et spéciale. Pour les Açores, qui sont d'origine volcanique, il y a lieu de supposer que la faune est de formation relativement récente et que l'introduction de nouveaux arrivants, sous l'influente des mêmes causes (coups de vent, etc.), a contrebalancé l'influence de l'adaptation aux conditions locales. Cependant, malgré tout, cette influence se montre nettement accusée chez les oiseaux, surtout chez ceux qui ont les ailes courtes et mal organisées pour un vol soutenu, et qui, par conséquent, ne se sont pas aventurés volontairement sur ces îles, à l'exemple de ceux qui opèrent des migrations annuelles, mais y ont été poussés par les tempêtes d'une façon tout accidentelle. Ainsi, outre les deux espèces bien distinctes que nous avons déjà signalées (Pyrrhula murina et Fringilla canariensis), on remarque que plusieurs autres, le Roitelet, la Fauvette à tête noire, et la Tourterelle, par exemple, diffèrent de leurs congénères d'Europe par un plumage plus foncé, des pieds et un bec, plus robustes, bien qu'ils appartiennent à la même espèce 

La flore des Açores

La végétation des Açores comprend un certain nombre de plantes (environ 400) qui se retrouvent en Europe, surtout dans la région méditerranéenne. Elle présente, d'un autre côté, quelques affinités avec la flore de la presqu'île bretonne. Quatre espèces américaines (Cakile americana, Lepidium virginicum, Cyperus vegetus, Lycopodium cernuum) et une forme ligneuse africaine (Myrsine africana) croissent dans ces îles. La mer apporte aussi quelquefois sur les côtes des Açores les fruits d'une Légumineuse des Antilles (Entada scanderas Willd.), dont les graines ne germent jamais complètement. 

Les végétaux ligneux qui impriment au pays une physionomie particulière sont, en majeure partie, étrangers à l'Europe. Parmi ceux-ci nous signalerons le Laurus canariensis, le Picconia excella (Oléacées) et le Fayal (Myrica Faya). Ces trois essences dominent dans les forêts de Lauriers. 

Les végétaux indigènes des Açores se répartissent en 29 genres et 19 familles. Nous
citerons seulement : les Seubertia (voisins des Bellis), les Microseris (voisins des Picris) de la famille des Composées, le Jasminum azoricum, le Carex azorica, le Persea azorica, le Sanicula azorica, et une Campanulacée, le Campanula Vidalii, formant un petit buisson qui n'existe que sur un rocher maritime, non loin de la côte orientale de Flores. (Charles Baye / Louis Crié / Trouessart).

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