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La
Découverte
Qui a découvert
l'Amérique?
A la fin du XVIIIe
siècle et au XIXe
siècle, divers savants se sont
demandé si l'Amérique n'avait pas été découverte
et visitée par des marins de l'ancien continent avant Christophe
Colomb. Comme le soulignait par exemple Bailly,
des auteurs anciens tels que Platon et Sénèque
ont mentionné une vaste terre située à l'Ouest de
l'Europe et qu'ils appellent l'Atlantide .
Mais Platon n'évoquait l'existence de cette île immense que
dans le cadre d'un mythe ,
c'est-à-dire d'un récit inventé, dans le but de mettre
en scène la conception qu'avait le
philosophe l'ordre et du désordre dans la
Cité, une obsession de la culture grecque ancienne, et qui n'a rien
de géographique ou d'historique. Et même si, cédant
à une forme de fondamentalisme, on veut prendre à la
lettre ce récit, il devient vite évident que cette Atlantide
n'a rien à voir avec ce que l'on sait de l'Amérique précolombienne.
Peut-être plus crédible est cependant le témoignage
de Diodore de Sicile, qui parle d'un navire phénicien
qui, poussé par la tempête, fut jeté bien loin à
l'Ouest, de l'Afrique, sur une terre couverte de grandes forêts,
arrosée par des fleuves immenses. Les textes précis manqueront
probablement toujours pour trancher cette discussion dont l'importance
géographique est en somme secondaire.
Quelques autres auteurs
- dont quelques uns (G. Elliot Smith et W.J. Perry) défendaient
encore ce point de vue, aujourd'hui obsolète, dans les années
1920
- frappés de vagues ressemblances entre les débris de l'art
mexicain et péruvien avec le style archaïque égyptien,
ont supposé que les Phéniciens avaient non seulement découvert,
mais colonisé l'Amérique. En admettant que cette thèse
soit prouvée, ce qui n'est nullement le cas et que des Phéniciens
soient allés par hasard dans le nouveau monde et en soient revenus,
il paraît certain qu'ils n'y sont pas retournés. L'historien
des Mongols, de Guignes,
a essayé, en 1761,
de démontrer que c'était aux Chinois que revenait l'honneur
de cette découverte. Suivant lui et d'après Neumann, les
marins chinois, dès le Ve
siècle ap. J.-C., seraient arrivés
en Amérique par le Kamtchatka et les îles
Aléoutiennes et y auraient même
importé le bouddhisme .
Ils auraient donné à ce continent le nom de Fou-sang. Cette
hypothèse est très contestée, bien qu'il soit vraisemblable
que les Chinois et les Japonais ont connu l'existence du continent américain.
Et même aussi, si les vrais découvreurs de l'Amérique,
dont descendent les Amérindiens actuels, venaient bien d'Asie orientale
(et peut-être aussi, pour certains, d'Océanie).
Plus assurés
sont les voyages en Amérique des Scandinaves, ces Phéniciens
du Nord, comme on les a parfois surnommés. Les sagas
islandaises mentionnent les exploits de deux aventuriers partis de l'Islande,
Gunnbjoern,
puis Eric le Rouge, qui découvrirent
le Groenland
en 970
et en 983.
Leif,
fils d'Éric, et Bioern Hersuefson, au commencement du XIe
siècle, cinglant vers le Sud-Ouest,
découvrit le Labrador, Terre-Neuve, l'Acadie, la Nouvelle Angleterre,
et trouvèrent ces pays occupés par des Inuit (ceux-ci
seront ensuite refoulés vers le Nord par les Amérindiens).
Les
traces de ces aventuriers furent suivies par des colons qui s'établirent
sur des territoires désignés sous les noms de terre pierreuse
(Halluland), terre boisée (Markland) et enfin terre
de la vigne
(Vinland). Celle-ci ne serait autre que la grande île qui
couvre New York ,
Long-Island. L'archéologie atteste effectivement de divers établissements
vikings
le long des côtes nord-ouest des États-Unis (au Cap Cod, notamment)
et du Canada ( Les
découvertes des Vikings )
.
On suit jusqu'en
1409,
d'une manière très confuse, il est vrai, l'histoire lacunaire
que les textes permettent de reconstituer de ces établissements.
Mais ces découvertes furent abandonnées et l'existence de
l'Amérique resta encore ignorée de l'Europe pendant près
d'un siècle. En France, où l'on s'imagine si volontiers avoir
été les premiers partout (au point qu'on se demande comment
on s'est débrouillé avec un tel palmarès pour ne l'être
plus nulle part), on a dit que les pêcheurs français de Saint-Malo
et ceux ceux du cap Breton (Gascogne )
étaient arrivés les premiers sur l'autre bord de l'Atlantique
où ils auraient exploité les pêcheries de Terre-Neuve.
Et, on trouve, en effet, dès
1504,
des Bretons et des Dieppois
dans ces parages. Il est possible que ces flottilles n'en fussent pas à
leurs premières traversées; mais si, par une discrétion
que pourrait expliquer la volonté de garder secrets les emplacements
de zones de pêche très riches, les patrons de ces navires
avaient été conduits à cacher ainsi leurs découvertes,
on a tout de même peine à croire qu'ils aient gardé
le silence sur leur supposée antériorité après
le bruit fait par celles des Espagnols.
Les voyages de
Colomb.
C'est en cherchant
par l'Ouest la route des Indes que Christophe Colomb
arrive dans le nouveau monde. Persuadé, à la suite de longs
calculs fondés sur les relations de voyage de Marco
Polo et sur les données de Ptolémée,
que la distance entre Lisbonne et le Japon
(Zipango )
était de cent degrés de longitude ,
il conduit le projet de s'y rendre en évitant le périple
dangereux de l'Afrique. Il se trompait de la moitié environ; mais
cette erreur n'ôte rien à son mérite. L'entreprise
était assez terrible pour épouvanter un marin ordinaire.
Rebuté par plusieurs rois auxquels il exposa ses plans, il fit enfin
accueilli par Isabelle la Catholique,
signa un traité avec elle et, parti du petit port de Palos (Andalousie )
le 3 août 1492,
il aborda avec ses équipages le 12 octobre dans l'île de Guanahani,
qu'il appela San Salvador et qui est probablement celle qu'en appelle aujourd'hui
Watling, et se situe dans l'archipel qui a aujourd'hui le nom d'îles
Bahamas. La chaîne des îles à laquelle elles appartenaient
reçut très vite le nom d'Antilles.
Continuant ses explorations,
Christophe
Colomb reconnut Cuba
et Haïti
qu'il appela d'abord Hispaniola, ou L'Espagnole, et plus tard San
Domingo, du prénom de son frère. Il rentra, chargé
de trésors dans le port de Palos le 15 mars 1493
et revint en Amérique en septembre de la même année,
rapportant la fameuse bulle d'Alexandre VI (4 mai 1493),
par laquelle toutes les terres situées à 370 milles à
l'Ouest des Açores
devaient appartenir aux Espagnols. Dans ce second voyage, Colomb découvrit
quelques unes des petites Antilles, la Jamaïque et Porto-Rico. C'est
dans sen troisième voyage seulement, en 1498,
qu'après avoir longé l'île de la Trinité (Trinidad),
il descendit sur le continent même, près de l'embouchure de
l'Orénoque.
Un autre Européen,
Sébastien
Cabot, avait vu avant Colomb le continent américain. Lorsqu'on
apprit en Europe les merveilleuses découvertes de Colomb, le roi
Henri
VII Tudor, à qui Colomb avait inutilement exposé ses
projets, fit partir une petite expédition sons le commandement de
Jean
Cabot. Celui-ci quitta Bristol
en mai 1497
avec son fils Sébastien et revint au bout de trois mois après
avoir touché, croit-on, à Terre-Neuve. En 1498,
au printemps, l'expédition repart commandée cette fois par
Sébastien, débarque au Labrador
par 58° de latitude Nord, puis longe le continent jusqu'aux parages
déjà espagnols, c'est-à-dire jusqu'à la presqu'île
de Floride. Ce voyage aboutit à une déception. Les Anglais
cherchaient les métaux précieux; ils n'en trouvèrent
pas et se découragèrent. Au contraire, la fièvre des
découvertes devenait plus intense en Espagne, stimulée par
la rivalité des Portugais jetés sur la côte du Brésil
en 1500.
Colomb, dans son quatrième et dernier voyage, chercha en vain in
passage vers l'océan Indien et releva la côte depuis Guatemala
jusqu'au Darien. Rappelé en Espagne, il y mourut le 20 mai 1506.
-
Les
Voyages de Colomb.
Les
premiers explorateurs nommèrent "côte ferme",
Terra
firma, le littoral de l'Amérique du Sud, de l'embouchure
de
l'Orénoque au golfe d'Uraba.
Les successeurs
de Colomb.
L'année suivante,
en 1507,
Pinzon
et Diaz de Solis longent le Yucatan ,
tandis que Sebastian Ocampo achève de faire le périple de
Cuba
et reconnaît, en 1508,
que cette terre est une île. En 1511,
les Espagnols transfèrent dans cette île leur quartier général
et Diego Velasquez, gouverneur, y fonde en 1512
la ville de Baracoa. Santiago de Cuba, qu'il crée en 1514,
devient la capitale et garde ce titre jusqu'en 1589.
C'est également en 1512
que Ponce de Léon, ayant découvert
la Floride, y fonde Saint-Augustin, la première ville européenne
de l'Amérique du Nord. Enfin, en 1513,
Nuñez
de Balboa, s'étant avance dans l'isthme de Panama, apprit des
indigènes l'existence d'une grande mer située à l'Ouest
; il continua sa marche et aperçut, en effet, du haut d'une montagne,
l'océan que Magellan devait, quelques
années plus tard, appeler le Pacifique. Ainsi, en vingt ans,
les Espagnols avaient relevé presque tous les rivages à l'Est
et au Sud de la mer des Caraïbes. Restaient à découvrir
le Mexique et le nord du golfe. La génération
des premiers explorateurs fait place alors aux conquérants ou conquistadores,
non moins célèbres pour leur intrépidité que
pour leur férocité. Déjà, le nouveau monde,
que Colomb avait donné à Léon
et à Castille, suivant les termes de son épitaphe, était
connu sous le nom que nous lui donnons, en 1507;
un an après la mort de Christophe Colomb avait paru le livre du
cosmographe Martin Waldseemüller (Hylacomylus) qui donnait
aux îles nouvelles le nom de Terra America et, en 1520,
Petrus
Apianus publia la première carte portant officiellement ce nom.
Ce nom venait de celui d'un autre navigateur,
Amérigo
Vespucci, qui n'avait eu tout au plus le mérite d'explorer,
en 1499
, la côte Nord-Est de l'Amérique du Sud et qui avait publié
une relation de son voyage.
Les
Explorations
L'Amérique
du Nord.
Très rapidement après la
découverte de l'Amérique, dès les premières
années du XVIe
siècle, les Espagnols ont engagé une politique
de conquêtes au Mexique (Cortez)
et en Amérique centrale (Balboa), réduisant
la part de l'exploration au strict minimum (Alarcon,
Cabrillo,
de
Soto). Les Français et les Anglais, qui se sont établis
plus au Nord, n'étaient pas plus désintéressés,
mais les territoires abordés étaient plus vastes, plus déserts,
et une place plus grande aux voyages de découvertes pouvait être
faite. Les explorations des Français concernent surtout le Canada
(Verazzano, Cartier,
Champlain)
et le bassin du Mississippi
(Marquette,
Joliet),
qui, dans la deuxième moitié du XVIIe
siècle, constituera la Louisiane avec de Cavelier
de la Salle).
Ceux des Anglo-saxons pratiquement tout
le reste du continent. Au XVIIe
siècle, les Protestants anglais, persécutés
par les Stuarts, vinrent s'établir dans
Amérique du Nord, et y fondèrent des colonies le long de
la côte Est qui, affranchies en 1783,
prirent le nom d'États-unis. En 1803,
les États-Unis ont acquis la Louisiane et se sont ouvert ainsi les
portes de tout l'Ouest du continent. Ce qui n'avait été jusque
là que l'Arrière-pays (back-country) devient désormais
la Frontière (frontier). Des missions d'explorations dans
l'Ouest commencent alors à se succéder : Lewis
et Clarke, Pike, etc., qui, traversèrent
les premiers les immenses déserts qui s'étendent au Nord-Ouest
des États-Unis.
L'exploration de l'extrême Nord et
le Nord-ouest de l'Amérique s'est fait dans un contexte différent.
L'Alaska, au XVIIIe
siècle était d'abord l'affaire des Russes (Behring),
qui se découvraient ici leur propre Frontière, jusqu'à
la vente de ce territoire aux États-Unis en 1867.
Mais les principales explorations ont eu lieu dans le cadre de la recherche
du passage du Nord-Ouest, entre le Nord du continent et la banquise .
De
1817 à 1830,
Franklin
et Parry ont beaucoup avancé la reconnaissance
de cette région de l'Arctique. Le passage entre l'Atlantique et
l'Océan Pacifique, a finalement été trouvé
en 1851 par le capitaine Mac-Clure.
La découverte de richesses minières dans le Nord-Ouest y
a attiré ensuite une autre sorte d'explorateurs.
A la fin du XIXe
siècle, l'Amérique du Nord
n'était pas encore connue dans ses vallées les plus reculées,
et beaucoup de montagnes n'avaient été mesurées encore
qu'approximativement, les études géologiques surtout restaient
très imparfaites. Mais il n'y existait plus de lacunes comparables
à celles que nous trouvons à la même époque
dans la géographie de l'Australie, de l'Afrique ou même de
l'Amérique du Sud .
L'Amérique
du Sud.
Les Espagnols et
les Portugais ont devancé tous les peuples européens dans
l'Amérique du Sud. Ils l'ont si bien marquée de leur culture
que cette partie du monde est appelée aussi l'Amérique latine.
Si l'on a pu contester à Christophe Colomb
le mérite d'avoir découvert le premier le continent proprement
dit, il est plus difficile de lui trouver un rival pour la partie méridionale.
A son troisième voyage en 1498,
après avoir touché aux îles du cap Vert, il avait cinglé
à l'Ouest en serrant d'aussi près que possible l'équateur.
Obligé par les calmes de se tenir entre le 5e
et le 7e degré de latitude, il arriva
le 31 juillet en face d'une terre très montagneuse qu'il appela
l'île des Géants; c'est l'île qui surveille l'angle
Nord-Est du continent, aujourd'hui la Trinité. Le lendemain il découvrait
la terre ferme du delta de l'Orénoque, qu'il appelait l'île
Sainte (Isla Santa) et, quatre jours plus tard, fit débarquer son
équipage dans le golfe de Paria.
Les plus célèbres
explorateurs et conquistadores de l'Amérique du Sud après
Colomb furent Pinzon, Cabral,
Pizarro,
Almagro,
Orellana,
Valdivia,
etc. Dès la fin du XVIe
siècle, il avaient déjà
reconnu et soumis avec une brutalité extrême presque toutes
les côtes du continent : en 1500,
la Guyane et le Brésil; en 1512,
la Patagonie ;
en 1526,
le Pérou, etc. Des explorations plus pacifiques auront lieu ensuite
au XVIIe
siècle, avec Schouten,
Lemaire,
Drake
qui sur les traces de Magellan (1520).
naviguent le long des côtes de l'extrême sud. A la toute fin
du XVIIIe
siècle (Humboldt
et Bonpland), puis au XIXe
siècle, (Codazzi,
Reclus,
Burmeister,
Roussin,
Fitz-Roy
et
Darwin à l'occasion de la circumnavigation
du Beagle, etc.), abordent enfin l'étude proprement scientifique
du continent. La découverte dans la vallée de l'Urubamba
des ruines de la cité inca de Machu
Picchu par Hiram Bingham en 1911,
rappelle cependant qu'il y avait en Amérique dans les premières
décennies du XXe
siècle des régions encore
inconnues. C'est surtout la carte de l'Amazonie qui porte encore quelques
grandes zones blanches à cette époque, que Rice (1907-1925),
le premier à avoir utilisé l'avion en ces contrées,
et Fawcet (1906-1925),
principalement finiront par remplir .
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Marianne
Mahn-Lot, La
découverte de l'Amérique, Flammarion, 1999. -
Avec J. A. Dickinson, 1492-1992
: les Européens découvrent l'Amérique,
Presses Universitaires de Lyo, 1998.
Gabriel
Gravier, Découverte
de l'Amérique par les Normands au Xe siècle.
Adamant Media Corporatio, 2001.
Louis
Salembier, Pierre
D'Ailly et la Découverte De l'Amérique, BiblioBazaar
, 2009.
Michel
Chandeigne et Jean-Paul Duviols, Sur
la route de Colomb et Magellan - Idées reçues sur les grandes
découvertes, Le Cavalier Bleu, 2011.
Marie-Hélène
Fraïssé, Découvreurs
d'Amériques, 1492-1550, Albin Michel, 1991.
Antoine
Lefébure, L'Amazonie
disparue : Indiens et explorateurs 1825-1930, La découverte,
2005.
Thomas
Gomez, L'invention
de l'Amérique, Flammarion, 1997
Morris
Birkbeck, Journal
d'un voyage en Amérique, depuis la côte de Virginie jusqu'au
territoire de l'Illinois, Gingko, 2007.
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Sur
le web - Le site
L'Amiral
de la Mer Océane.
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