|
|
||
| La découverte de la Terre | ||
|
L'intérieur des terres |
| Une
fois que l'on eût reconnu le côtes de l'Afrique A partir de là,
tout une litanie de voyageurs et d'explorateurs, à la fois auxiliaires
de l'entreprise de colonisation qui l'on envisage désormais, et
bénéficiaires de la curiosité qu'elle engendre, va
se succéder sur le continent. Citons, Lander,
qui descendit le Niger, jusqu'à Noun en 1830;
Caillié,
le premier Européen qui atteignit Tombouctou Ceux-là et beaucoup d'autres, idéalistes sincères ou opportunistes assoiffés de gloire, toujours animés d'un courage et d'une énergie incroyables, vont préciser, en quelques décennies l'essentiel de la géographie africaine. Le centre du questionnement géographique au cours de cette période est hydrographique et se déploie sur deux axes : d'une part, il s'agit de déterminer le cours du Nil et d'en découvrir la source, et d'autre part de préciser le cours du Congo (Zaïre) et d'établir son lien éventuel avec le système des Grands Lacs. Si l'on excepte la détermination précise des sources du Congo et du cours de ses grands affluents; l'exploration du pays au Sud et à l'Ouest du lac Mvoutan Nzigué et en général des territoires compris entre 40° et 20° de longitude Est et 7° ou 8° de latitude Nord, ce programme sera rempli pour l'essentiel quand commence le XXesiècle. Dates clés : ca 1800 - Mungo Park explore le Niger. |
||
| Premières
incursions
Les Français
établis au Sénégal entreprirent à la fin du
XVIIe
siècle plusieurs voyages importants
pour reconnaître l'intérieur du pays. Le principal est celui
du sieur André Brue, directeur d'une des
compagnies africaines; en 1697,
il remonta le Sénégal sur une longueur de 600 km et pénétra
jusqu'à la capitale du roi des Foulas; l'année suivante,
il remonta de nouveau le fleuve jusqu'au royaume de Gallam et dépassa
la cataracte de Félou. En 1714,
Compagnon
entreprit un voyage dangereux à travers des régions très
hostiles aux Européens, le royaume de Bambouk. On explora également
la région entre le Sénégal et le Sahara En 1788,
fut fondée à Londres Toutes ces recherches et tous ces voyages, comme l'exploration de la région de l'Atlas, de l'Égypte et du Sénégal par la France, ne peuvent naturellement pas être relatées en détail dans cet exposé très sommaire. Nous nous contenterons donc de résumer les principaux voyages et d'indiquer les grandes découvertes qui ont réduit à fort peu de chose, relativement, les zone encore blanches des cartes d'Afrique au début du XXe siècle. Nous répartirons ces voyages en trois groupes principaux : 1° Les premiers ont eu pour but l'exploration du Soudan et de l'Afrique occidentale; elles ont permis de tracer le cours du Niger et de définir le bassin du lac Tchad.
Cette série
d'insuccès et d'autres analogues découragèrent l'Association
anglaise qui n'envoya plus d'expédition et finit par se fondre avec
la Société géographique de Londres. La question du
Niger restait pendante; ou n'avait pu encore eu trouver l'embouchure; les
uns faisaient aboutir le grand fleuve de l'Afrique du Nord-Ouest, dans
le lac Tchad; d'autres le conduisaient jusqu'à l'estuaire du Congo;
assez rares étaient ceux qui le faisaient déboucher dans
le golfe de Bénin. En 1822,
le problème fut résolu. Le major Dixon
Denham, le capitaine Hugh Clapperton et
le Dr Oudney partirent de Tripoli La question du Niger
était résolue, il était prouvé qu'il ne tombait
pas dans le lac Tchad et il était à peu près impossible
qu'il débouchât ailleurs que dans le golfe de Bénin.
Clapperton périt en voulant compléter la démonstration.
Il partit de la côte de Guinée, pénétra jusqu'au
Niger, le passa et arriva à Sokoto Tel fut aussi le
sort de celle que le gouvernement anglais envoya en 1841
pour étudier le Niger. John Duncan, qui
avait survécu à cette tentative, en fit une autre et parvint
jusqu'à Adafoudia (1845-46),
mais périt dans un troisième voyage. Les efforts pour ouvrir
une route à partir du delta du Niger restèrent infructueux
jusque dans les dernières années. Signalons seulement, en
1854,
le Dr Baikie qui remonta la Bénoué.
Il y avait, du reste, à ce moment bien des progrès nouveaux
accomplis depuis Clapperton. Laing
venu du Nord par Tripoli En 1849,
fut entrepris un grand voyage, le plus scientifique peut-être qui
ait été fait jusqu'alors sur cette étendue. Le gouvernement
anglais mit James Richardson à la tête
de l'expédition; le but était aussi humanitaire que scientifique,
car l'opinion était très préoccupée des révélations
faites par les missionnaires au sujet de la traite des esclaves. On adjoignit
à Richardson deux savants naturalistes allemands, Barth
et Overweg, à qui revient le principal
mérite des résultats obtenus. Leur itinéraire les
conduisit de Tripoli Barth restait seul;
il visita l'Adamaoua, l'État le plus méridional du Soudan,
et reconnut la Bénoué, le grand affluent de droite du Niger.
De là, il retourna jusqu'à Sokoto Les résultats
des voyages de Barth et Vogel
furent très grands; une grande partie de ce que l'on saura pendant
encore très longtemps sur le Soudan devra être puisée
dans leurs ouvrages. Les deux données fondamentales de la géographie
de ces pays, l'altitude du lac Tchad et la latitude de Kouka Il nous reste à
mentionner brièvement les explorations dirigées dans l'Afrique
occidentale, depuis ce voyage qui fait époque. Sir Balfour
Baikie, dont nous avons déjà cité la navigation
du bas Niger, en 1854,
a beaucoup contribué à faire connaître cette région;
il est allé jusqu'à Kano D'autres voyageurs
méritent encore d'êtres signalés. Le premier est Rohlfs
qui, de 1862
à 1864,
parcourut le Maroc et les oasis situées au Sud de l'Atlas; en 1860,
il partit de la Méditerranée par Mourzouk En somme, si nous
cherchons à nous rendre compte de l'état de connaissances
géographiques dans l'Afrique du Nord-Ouest à la fin du XIXe
siècle, nous verrons que l'Algérie
et la région de l'Atlas, le Sahara Les explorations du bassin du Nil Les explorations
dont la région du Nil a été le théâtre
sont au moins aussi intéressantes que celles qui ont été
faites dans le Sahara Sur le Nil proprement
dit, Cailliaud (1819)
visitait les oasis de Thèbes Les conquêtes
de Méhémet-Ali eurent pour résultat de créer
à Khartoum un grand centre et d'appeler dans ces régions
une foule d'Européens, commerçants et missionnaires. Les
commerçants poursuivirent la recherche de l'ivoire sur les grands
affluents du Nil, le Sobat et le Bahr-el-Ghazal. La plupart étaient
des Français, Brun-Rollet, Malzac,
Vaissière, les frères Poncet; ils
pénétrèrent loin et la géographie leur doit
bon nombre de renseignements que les grands voyageurs qui vinrent plus
tard n'ont eu qu'à recueillir. En revanche, on ne gagna pas beaucoup
de terrain du côté des sources du Nil. Une série d'explorateurs
d'un grand mérite se succédèrent sans progresser de
plus d'un degré et demi vers le Sud. Les plus célèbres
sont les Italiens Giovanni Miani et Andrea Debono,
l'Anglais Petherick et le Français Lejean.
Aucun ne put dépasser le 30e degré
de latitude Nord. La découverte devait être faite par des
voyageurs venus d'un autre côté, de Zanzibar et des rivages
orientaux de l'Afrique ( En passant par
Zanzibar.
Ces récits,
publiés par Petermaan dans les Mittheilungen
de 1856,
décidèrent la Société géographique de
Londres à faire un nouvel effort. Elle envoya le capitaine Burton
et Speke. Après avoir été
à Harrar Enfin, Speke et Grant arrivèrent à Gondokoro (février 1863) on ils rencontrèrent Samuel White Baker, voyageur et chasseur venu par le Nord. Ils lui firent part de leurs renseignements sur l'existence d'un second lac et, tandis qu'ils rentraient en Angleterre, Baker, suivant une route différente de la leur, découvrait de nouvelles chutes du Nil (chutes de Karouma), entrait dans le royaume d'Ounyoro et en mars 1864 arrivait au bord d'un lac dominé à l'Ouest par de hautes montagnes, le Mvoutan Nzigué, qu'il appelait Albert Nyanza et dont il s'exagéra l'étendue. Les sources du Nil étaient trouvées. La nouvelle fut reçue avec enthousiasme; quelques contradicteurs firent observer qu'un lac n'est pas la vraie source d'un fleuve et qu'il faut trouver les rivières qui le remplissent. Il n'en est pas moins certain que la question, pour l'essentiel, est désormais résolue; l'étude des affluents du lac Victoria a permis de reconnaître dans la Kagera et dans l'un de ses affluent qui prend sa source au Burundi, le tronçon de rivière qui confère au Nil sa plus grande longueur (Stanley, 1875), mais n'a rien révélé qui approche de l'importance de la découverte de Speke. II restait bien à définir les rapports du lac Tanganyika avec les systèmes hydrographiques voisins et spécialement avec celui du Nil, car on soutint quelque temps que c'était là qu'il fallait chercher l'origine du Nil. Mais les voyages qui ont élucidé ce point se rattachent plutôt à l'exploration de l'Afrique australe; nous en parlerons plus loin. En comparaison de la découverte des sources du Nil, celles qui ont été faites dans cette région et dont il nous reste à parler ne présentent qu'un intérêt bien secondaire; elles ont cependant notablement contribué à augmenter ce que l'on saura de l'Afrique orientale pendant de nombreuses décennies. Nous avons dit que des marchands, dont les principaux sont les frères Ambroise et Jules Poncet, avaient parcouru en tout sens le bassin du Bahr-el-Ghazal. Des explorateurs de profession, Miani, Antinori et Piaggia, puis le célèbre botaniste allemand Georges Schweinfurth refirent ces voyages d'une manière scientifique et en tirèrent de précieux éléments spécialement pour l'ethnographie. Les premiers visitèrent les tribus des Djour et des Nyam-Nyam. Schweinfurth (1869-71) alla plus loin; il franchit les montagnes qui limitent le bassin du Nil, découvrit une autre grande rivière, l'Ouellé. Il ne put, d'ailleurs, déterminer à quel bassin elle appartenait, qu'il y faille voir la tête du Chari ou de la Bénoué, hypothèse jugée dès cette époque peu vraisemblable, ou bien que ce soit un affluent du Congo (Zaïre). Schweinfurth fit connaître encore la population des Monbouttous, chez qui Miani mourut en 1872. Le khédive
eut pendant dix ans des lieutenants anglais à Khartoum; mais la
géographie n'a pas tiré de ce fait le profit qu'on aurait
pu en espérer. Baker fut chargé,
en 1871,
d'ouvrir des voies régulières, de supprimer le trafic des
esclaves et d'établir jusqu'aux grands lacs équatoriaux la
suzeraineté égyptienne. Il partit avec six vapeurs et 1600
hommes, ne franchit les marécages du Nil qu'au prix d'effroyables
difficultés, soumit les Bari autour de Gondokoro, puis l'Ounyoro,
riverain du lac Mvoutan Nzigué (lac Albert) et finit par rentrer
en Égypte sans avoir rien fait de bien durable. Charles
Gordon déblaya le Nil entre Khartoum et Gondokoro; ses lieutenants
résolurent un certain nombre de problèmes géographiques;
le colonel Long visita l'Ouganda ( Quant aux contrées
situées entre le Nil et l'océan Indien, les contrées
des Gallas et des Somali Les Explorations de l'Afrique australe et du bassin du Congo Les conquêtes scientifiques réalisées dans le domaine de l'Afrique australe ne sont pas moins vastes que dans les deux régions dont nous venons de parler. Pour être soulevés seulement à partir de la toute fin du XVIIIe siècle et surtout du XIXe siècle, les problèmes n'étaient ni moins rares ni moins obscurs. Les visées commerciales ont joué un grand rôle dans l'exploration du Nord-Ouest et du Nord-Est de l'Afrique, mais leur importance a été bien moins déterminante dans celle du Sud, et il faudra attendre de connaître ces nouvelles régions pour comprendre qu'elles ne sont ni moins riches, ni moins fertiles. Elles étaient simplement plus loin de l'Europe et les occupants des côtes s'étaient vite désintéressés de l'intérieur. Ce n'est pas à dire que les Portugais qui possédaient depuis plusieurs siècles près de 4500 km de côtes sur l'Atlantique, et près de 2500 sur l'océan Indien, n'aient fait aucune tentative pour s'avancer dans les terres. Au contraire, ils paraissent avoir été fort loin, dans la vallée du Zambèze notamment; ils savaient beaucoup de ce qu'on a retrouvé par la suite. La carte publiée en 1587 par Lopez représente sous l'équateur deux grands lacs, l'un appelé lac du Nil et d'où sort le fleuve; elle connaît le lac Tanganyika dénommé lac Lambré et à l'Ouest un autre grand lac d'où sort le Congo. En 1668 le P. Cavazzi a publié une relation remplie de détails sur le Congo. Mais comme ces faits avaient été oubliés et comme les explorateurs du XIXe siècle n'en ont tiré nul secours immédiat, les trouvailles de ces derniers conservent toute leur valeur. Beaucoup d'ailleurs
reviennent encore à des Portugais. En 1798,
Lacerda partit de la côte de Mozambique et pénétra
jusqu'à Cazembé au coeur de l'Afrique australe (entre les
lac Moéro et Bangouélo). Il mourut à la cour du souverain
local. Mais les frères Monteiro recommencèrent son voyage
avec plus de succès (1806-1811).
Ils rapportèrent une description complète de ces contrées.
Ils avaient traversé une grande partie du continent, en suivant
à peu près le 10e degré
latitude Sud. En revanche, on ne savait presque rien du Congo, malgré
le volume de ses eaux qui en fait une des plus importants fleuves de la
Terre Au temps de Livingstone.
Son ami Moffatsuivait le fleuve Orange. Un grand nombre de missionnaires, de chasseurs, de naturalistes étudiaient la faune, la flore du désert de Kalahari, des pays des Namaquas, des Betchouanas ou des Zoulous. On s'intéressait à l'anthropologie, à la langue, aux moeurs et aux religions de ces populations si curieuses pour les observateurs de ce temps des Hottentots, des Bochimans, des Cafres. Livingstone cependant ne restait pas inactif; il portait ses efforts plus au Nord. De 1858 à 1861 il trace avec Kirk le cours du Chiré, un des tributaires du Zambèze, et retrouve le lac Nyassa auquel il sert de déversoir. Au même moment Hahn et Rath achevaient l'exploration du pays Damara et la découverte de mines d'or entre le Zambèze et le Limpopo allait activer les recherches dans cette direction (1866-67). Plus enthousiaste que jamais, Livingstone repartit en 1866 pour son dernier voyage. Il s'enfonça dans l'intérieur par la Rovouma; il ne devait plus revoir la côte. Il passa au Nord du lac Nyassa (1867), puis, allant au Nord-Ouest, découvrit le lac Liemba, c'est-à-dire en fait la partie Sud du Tanganyika dans lequel il persistait à voir l'origine du Nil. Il continua sa marche vers l'Est, atteignit, en 1868, Cazembé et les lacs Bangouélo et Moéro au commenceraient du cours du Congo (ce qu'il ignorait). Il revint au Nord-Est à Oudjidji (Ujiji) sur le lac Tanganyika (1869) et reprit bientôt ses explorations. On ne les connaît pas très bien : on sait qu'il visita les mines de Manyéma, traça le cours du Loualaba (Congo supérieur) en 1870-74, aperçut le lac encore inconnu de Kamalondo et retourna au lac Bangouélo, près duquel il mourut de la dysenterie à Djitambo (mai 1873). Le bruit de sa mort avait plusieurs fois couru en Europe. Quoique démenti, il inquiéta l'opinion et un grand journal américain, le New-York Herald, envoya un reporter, Stanley, à la recherche de Livingstone. Il le trouva sur les bords du Tanganyika dont ils explorèrent ensemble les rivages septentrionaux sans lui trouver d'écoulement vers le Nord. Les voyages de Livingstone, ce séjour presque ininterrompu de trente ans dans l'Afrique australe, avaient prodigieusement accru le domaine des sciences géographiques; il restait pourtant de très gosses questions à résoudre : le Tanganyika était-il un bassin fermé? Quelles étaient les relations hydrographiques de ces lacs Bangouélo, Moéro, Tanganyika, etc., avec les bassins du Zambèze, du Nil et du Congo? On ne savait presque rien sur le Congo. Enfin, une grande région restait en blanc sur les cartes entre le bassin du Nil, les affluents du lac Tchad, l'Atlantique et les pays explorés par les Portugais et par Livingstone. En dix ans la plus grande partie de ce vide a été comblée et presque toutes les questions essentielles ont été résolues. L'honneur en revient à Cameron, à Stanley, aux voyageurs qui ont suivi leurs traces et aux explorateurs français du bassin de l'Ogôoué. L'expédition
de Cameron.
La mauvaise volonté
des populations locales l'obligea a tourner au Sud; il se rendit à
Kiléma auprès du chef de l'Ouroua, en relations fréquentes
avec les marchands portugais. C'est à Kiléma que ceux-ci
venus de l'Ouest se rencontrent avec les trafiquants arabes venus de l'Est.
Il releva le cours du Lomami, grand affluent de gauche du Congo, vérifia
l'exactitude de l'itinéraire de deux pombeiros (nom
donné aux Portugais natifs d'Afrique), prénommés Pedro
Joao Baptista et Antonio José, qui avaient les premiers traversé
l'Afrique, de Loanda Les exploration
de Stanley.
Stanley ne se laissa pas intimider et entreprit de descendre la Loualaba; elle le conduisit droit au Nord jusqu'à l'équateur. Entouré d'ennemis, perdant du monde par la maladie, abandonné par son escorte arabe, il descendit une longue suite de cataractes qu'il a nommées chutes d'Oullassa et chutes de Bassoua (0° 30' de latitude Sud). Dès lors il ne pouvait plus reculer, n'ayant pas la force de descendre à terre, ni de remorquer ses bateaux contre le courant. Cependant, grâce surtout à son petit vapeur, le Lady Alice, il triompha de ses ennemis et descendit sans trop de pertes de nouvelles cataractes. Il découvrit l'embouchure d'un cours d'eau de 700 m de large, l'Arouimi, qu'il supposa être l'Ouellé de Schweinfurth. Quelque temps après, les indigènes auxquels il demandait le nom du fleuve prononcèrent le nom de Congo. Soulagé de ses doutes, il continua sa descente. Le fleuve allait au Sud-Ouest. Il faillit périr dans les cataractes du Congo inférieur et atteignit enfin la mer au mois d'août 1877. Le voyage de Stanley ouvrait aux ambitions coloniale de l'Europe d'immenses régions inexplorées; aux géographes il prouvait sans réplique l'importance du Congo et révélait l'immense coude fait par le fleuve dans la direction du Nord, que nul ne soupçonnait. Du même coup il rétrécissait beaucoup le territoire inconnu au Sud du Soudan. Enfui il fut le point de départ de visées politiques et commerciales et d'une organisation dont nous n'avons pas à donner ici le détail. Du Chaillu et
Brazza.
Les Chambres françaises lui ayant voté les fonds nécessaires, Brazza repartit du Gabon, fonda Franceville sur l'Ogôoué et Brazzaville sur le Congo (1880) et traita avec le roi Makoko. Ensuite, il a continué ses explorations qui ont fait connaître tout l'espace compris entre le Congo, l'Atlantique et l'équateur. Stanley, piqué de la rivalité de Brazza, était retourné sur le Congo en 1879 pour le compte d'une Association internationale. Il devait établir sur le Congo une ligne de stations jusqu'à Nyangoué, de sorte que des explorateurs eussent une base permanente de Zanzibar à l'Atlantique. Il fonda Vivi, auprès des chutes de Yellala, et Léopoldville, en face de Brazzaville, au bord d'une expansion lacustre du fleuve qui a reçu le nom de Stanley-Pool. Par la suite, d'autres stations ont été fondées, sous l'équateur et plus haut encore aux points où l'Arouimi et la Mboura se jettent dans le fleuve. On commence à cette époque à explorer les grands affluents du Congo moyen, la Kassaï dont on a relevé le cours inférieur en 1885, le lac Léopold II, la Liboko, l'Arouimi; mais la presque totalité du coude du Congo reste alors inconnue. La fin du XIXe
siècle.
Le major portugais Serpa Pinto témoigna de l'activité renaissante de ses compatriotes. Il alla de Benguéla à Bihé (1877), étudia la région des sources du Coanza et du Zambèze, dans le pays des Kuimbandés, des Louchazés et des Ambouellas. En août 1878, il arriva au Zambèze et le descendit jusqu'aux chutes Victoria. De là il se dirigea vers le Sud, et par le Transvaal déboucha dans le Natal. Dans son voyage de 17 mois il avait exploré des contrées presque inconnues et rectifié sur bien des points les observations de Livingstone. Ses anciens lieutenants Ivens et Capello ont refait un peu plus tard (1884) une expédition analogue; ils ont achevé d'éclairer la question du haut Zambèze et de ses relations avec le bassin du Congo. Ils ont visité le pays des sources du Congo sans pouvoir atteindre ni le lac Bangouélo ni le lac Moéro ,à cause de l'hostilité des indigènes; enfin de là (10° de latitude Nord) ils se sont rabattus sur le Zambèze, par des territoires dont ils ont dressé la carte. Enfin le lieutenant Wissmann et le Dr Pogge apportèrent en 1880-82 une contribution utile aux études sur l'Afrique équatoriale. Partis de la côte en novembre 1880, de Malandgé en juin 1884, ils ne purent d'abord traverser le pays de Mouata-Yanvo; déviés au Nord, ils explorèrent le cours de la Kassaï jusqu'à 6° 20' de latitude Sud; pour ne pas se faire d'ennemis ils se partagèrent entre deux puissants chefs qui tous deux les menèrent à Nyangoué par un itinéraire plus septentrional que celui de Cameron. Ils passèrent la Loubiranzi, grand affluent de la Kassaï (5° 7' de latitude Sud) et arrivèrent à Nyangoué d'où Pogge revint par l'Ouest. complétant son exploration, tandis que Wissmann rentrait par le Tanganyika et Mpouapoua (dans le pays d'Ousagara soumis alors au protectorat allemand). En 1885,
le docteur Wissmann refit une partie de son
voyage et ajouta de nouvelles découvertes aux premières.
Il descendit la Kassaï, constata qu'elle recevait la Loubiranzi, le
Couango et l'émissaire du lac Léopold. Tandis qu'on croyait
connaître la tête des affluents de gauche du Congo, on ne connaissait
qu'un grand bassin secondaire; l'espace situé au Nord de la Kassaï,
c'est-à-dire tout l'intérieur du coude du Congo, reste encore
absolument ignoré. La même année (1885)
Mgr Grenfell a remonté pendant plus de 600 km jusqu'à 4°
latitude Nord (jusqu'aux rapides de Bangui) le Liboko (Oubangui), qu'il
ne croit pas pouvoir identifier avec l'Ouellé. Un jeune officier
de la marine française, Giraud, visita,
en 1884,
la région située au Nord du Nyassa et rectifia le dessin
du lac Banguélo et du cours supérieur du Congo. Nous ne pouvons
que citer sans entrer dans plus de détails les noms de Comber, du
Dr Stecker, de l'abbé Debaize,
de Stewart, Popelin Carter, Dutrieux, Mohr, Marno,
Marchand, etc. Le dernier mot devant être pour Bottego qui, parti
en 1895
de Somalie |
|
|