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Cosmogonie

Cosmogonie (du grec kosmos, univers, et gonè, naissance). - Avant d'avoir été appliqué à des cosmogonies philosophiques et scientifiques, ce mot a servi à désigner les mythes qui concernent l'exposition de la naissance ou de la création, sur le globe, de l'humain, des animaux, et des êtres inanimés.

Dans la cosmogonie indienne, toutes choses animées et inanimées sont les formes innombrables  et infiniment variées dont se revêt l'Être suprême qui habite en elles; ce dieu, nommé Brahman réside dans la totalité des êtres aussi bien que dans chacun d'eux : avant lui rien n'était, et après sa naissance toutes choses ont existé avec lui; le monde n'est que sa manifestation.

Ce système cosmogonique se retrouve, avec de légères modifications, dans les doctrines assyro-babyloniennes, phéniciennes, égyptiennes, pythagoriciennes.

D'après le système des Perses (Religion dans l'Iran ancien), Zervane-Akérène, le Temps infini, l'Être éternel, a été le générateur d'Ormuzd, principe de la lumière et du bien : Ormuzd est l'ordonnateur du monde, sans cesse contrarié par Ahriman, représentant du mal et des ténèbres.

La cosmogonie des Juifs, suivie par les Chrétiens et les Musulmans; est connue sous le nom de Genèse (genesis, naissance). Le Livre de la Genèse   représente pour ces religions Dieu tirant le monde du néant, et créant le ciel, la Terre, les végétaux, les animaux, l'humain, en six Jours : l'homme a été formé du limon de la terre; le souffle de Dieu répandu sur son visage lui a donné la vie. La femme a été formée d'une côte de l'homme.

La cosmogonie des Grecs est connue par Hésiode et les mythographes. Selon Hésiode, l'origine du monde est le chaos, mélange confus des éléments, d'où émanèrent toutes choses, dieux; êtres animés et inanimés. Mais Hésiode ne s'attache qu'à la généalogie divine; et la formation de l'humain n'est point exposée. Des monuments postérieurs à la Théogonie  nous présentent l'humain formé d'argile mêlée avec de l'eau par le Titan-Prométhée; qui l'anima, par le feu

L'exemple de la cosmogonie assyro-babylonienne.
Les Sumériens, et après eux les Babyloniens et les Assyriens, qui ont adapté la cosmogonie sumérienne, font remonter leur histoire à l'origine même de l'Univers. « Lorsqu'en haut le ciel n'était, plus nommé Et qu'en bas la terre n'avait pas de nom », il existait deux principes humides : l'Apsu, ou Océan primordial d'eaux douces, et Tiamat, la mer, « dont les eaux se confondaient en un. »

Ces deux principes donnent, naissance au couple divin Lahmu et Lahamu, puis paraît le couple Anshar et Kishar, qui lui-même engendre Anu, Enlil et Enki, les trois (lieux lui plus t.a.rrl s, partageront la domination du monde. Un jour vient où Apsou et Tiamat, irrités contre leur progéniture, décident de la détruire. Apsu est défait par les opérations magiques d'Enki, identifié au dieu sémitique Êa, et enfermé dans un cachot. Alors Tiamat. crée une armée de monstres pour venger son époux. Êa, le pus sage des dieux, prévient Anshar et celui-ci envoie successivement pour  la combattre Anu qui « n'a pas la force de l'aborder» et Êa lui-même qui, tout effrayé, « retourne en arrière » 

Diverses versions ont cours jusqu'au temps où Hammurabi établit, au XXIe siècle, l'hégémonie de Babylone sur les autres cités; à cette époque la victoire sur Tiamat est attribuée à Mardouk, le dieu de cette ville, et rapportée dans l'épopée Enuma elish, appelée par les modernes Poème de la Création. Après les tentatives manquées d'Anu et d'Êa, Mardouk se présente à Anshar et sollicite la faveur de se constituer le champion de ses pairs, il y met toutefois une condition : s'il revient vainqueur il aura seul le pouvoir de fixer les destins.

Au cours d'un banquet sa proposition est acceptée, on le proclame roi des dieux. Il s'arme pour la lutte, s'avance contre Tiamat entourée de son armée de monstres hideur il l'enveloppe dans son filet et comme elle ouvre la bouche « tant qu'elle peut », pour lui adresser des injures, il y fait pénétrer un vent mauvais, la tue, la partage en deux comme un poisson, et de la moitié supérieure forme le firmament. La terre que nous habitons est une claie de roseaux posée sur l'Apsu et couverte de poussière. Marduk organise le monde, assigne aux dieux des demeures, règle le cours des astres et des saisons, crée les plantes et les animaux; l'homme est formé par Êa, père de Marduk, du sang de Qingu, l'époux de Tiamat, mêlé à de l'argile pétrie et animé d'un souffle divin; Il est placé sur la terre « pour faire habiter les dieux dans une demeure agréable au coeur ».

Longtemps l'humanité vit sans gouvernement, 62 sars d'années (22320 ans) d'après la tradition recueillie par Bérose. Le dieu Enki lui enseigne les arts et les sciences et l'amène par des révélations successives à la civilisation. Ce dieu semble avoir eu sa première demeure à Dilmun, pays renommé par sa fertilité et surtout par ses dattes; son site, encore indéterminé (peu-être Bahrein), est à chercher sur les côtes du golfe Persique, peut-être vers Bushir, où Pézard a découvert de la poterie analogue à celle de Suse. Enki devint dieu d'Eridu, la ville la pluss méridionale de Sumer, bâtie au bord de la mer, la plus ancienne des cinq cités primitives construites sur l'ordre divin. Babylone n'apparaît pas dans les anciens documents sumériens; elle se substituera à Eridu dans la tradition postérieure.

Les documents ne s'accordent pas sur la période de royauté primitive. Il existe une chronologie longue dont la, base est 120 sars d'annéce (432.000 ans), celle que plus tard Bérose a adoptée, et une chronologie courte dont la base est 60 sars seulement. Le nombre des cités royales varie, ainsi que celui des rois. Un des systèmes comporte cinq cités et dix princes. Parmi eux, Emneduranki, l'Evedorachos des Grecs, à qui l'on rapporte l'institution du sacerdoce. Sous le dixième de ces rois, Ziusuddu de Shuruppak:, le Sisythe des Grecs, les dieux, mécontents de l'humanité, décident, de la détruire par un Déluge. L'événement. est raconté dans diverses traditions; d'après le récit inséré dans I'Epopée de Gilgamesh, Enki créateur des humainss décide de sauver le roi dont la piété envers les dieux mérite une faveur il ne peut toutefois le prévenir directement du danger imminent et recourt à un subterfuge : il confie son secret à une haie de roseaux prè de laquelle le prince est endormi et lui enseigne ainsi comment construire une arche capable de résister au cataclysme. Zisuddu obéit, s'enferme dans le vaisseau avec sa famille et ds animaux de toutes les espèces; il y demeure à l'abri du Déluge qui couvre toute la terre et change en boue l'humanité. Après la tourmente il s'empresse d'offrir un sacrifice aux dieux; eux-mêes, effrayés de leur oeuvre s'en repentent et décident d'accorder l'immortalité à Ziusuddu et à son épouse : ils habiteront désormais à l'extrémité occidentale du monde, dans une île fortunée, « à l'embouhure des fleuve. »

L'humanité est rétablie dans sa condition antérieure, mais la longévité de l'homme va se réduire sensiblement. Toutefois les princes de la lIre' dynastie de Kish, cité, qui domine dans la basse vallée de l'Euphrate aussitôt après le Déluge, ont encore des règnes très longs, plus de vingt mille ans pour 23 rois. Malgré le caractère mythique présenté par ces chiffres, il semble bien que ces princes ont réellement existé. Si le douzième, Étana le berger, est le héros d'une légende qui le représente enlevé au ciel par l'aigle et, pris de vertige, retombant avant d'avoir atteint le but, il est aussi le sujet d'un présage recueilli sous son règne, soigneusement classé dans les recueils secrets des devins et transmis de génération en génération jusqu'au temps des Séleucides. Le pouvoir passe ensuite à Urouk, ville dont le nom primitif semble avoir été Eana « Maison-du-Ciel »  fondée par Meskingasher, dont le fils Enmerkar reçoit du secours de Lugalbanda, venu de Dêr à l'Est du Tigre près de l'Uknu; celui-ci introduit le culte de la déesse Innini à Uruk, y règne pendant 1200 ans. (L. Delaporte).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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