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| Le Maroc |
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longtemps on ne connut en Europe le Maroc que par la description faite
par un géographe arabe, né à Grenade,
élevé à Fès,
et qui, pris par des corsaires chrétiens, fut emmené à
Rome où il se convertit sous le nom de Jean Léon,
dit l'Africain. Il écrivit, vers 1518,
une description de l'Afrique, ouvrage qui souvent fut recopié, par
Marmol notamment. Ensuite les voyages des différents membres d'associations
religieuses pour le rachat des esclaves chrétiens détenus
par les sultans aidèrent à mieux connaître la région
du Nord marocain et certaines parties du royaume de Merrakech (Marrakech).
Il convient de citer à ce sujet les récits des Pères
de la Merci, puis les relations d'esclaves échappés ou rachetés
parmi lesquels les plus remarquables sont celles du sieur Mouette vers
1670
et du sieur de La Martinière, chirurgien à bord d'un vaisseau
vers 1674.
En 1666,
un Français, Roland Fréjus, mandataire d'une compagnie commerciale
de Marseille, s'était rendu d'Alhucemas Dans les premières
années du XIXe
siècle, vers 1803,
l'Espagnol Domingo Badia y Leblich voyagea dans
les royaumes de Fès
et du Maroc. Il séjourna à la cour, à Fès,
à Mequinez, à Marrakech, se rendit à Oudjda, puis
revint à Larache En 1846,
Émilien Renou donna une description géographique de l'empire
du Maroc En 1868, le botaniste français Balansa se rendait de Mogador à Marrakech, mais échouait à Imnitanout dans sa tentative d'exploration de la chaîne de l'Atlas; l'année suivante, Joachim Gatell parcourait le Sous et en laissait une description succincte, mais fort précieuse. Durant cette même période, Beaumier, consul de France à Mogador, recueillait d'amples informations et établissait un itinéraire de Mogador à Marrakech, et de Mogador à Tanger, le long de la côte atlantique. C'est lui qui mit en lumière le rabbin Mardochée dont le voyage à Tombouctou fut remarqué et qui plus tard devait servir de guide à Foucauld. En 1870, l'expédition du général de Wimpfen à l'oued Guir permit de tracer un excellent itinéraire de la province d'Oran jusqu'à ces régions alors peu connues. De 1870 à 1876, Tissot, ministre de France à Tanger, devait, par une série de recherches devenues mémorables sur la géographie comparée de la Maurétanie Tingitane, dresser une carte de Ia partie septentrionale du royaume de Fès. Ce sera encore à la fin du XIXe siècle le meilleur document qui existera de cette région du Maroc. En 1871, les savants anglais J. Hooker et Ball accomplissaient un beau voyage; après avoir visité l'extrême Nord du Maroc, ils se rendaient à Marrakech et, grâce à l'action diplomatique toute-puissante alors de l'Angleterre à la cour chérifienne, réussissaient à pénétrer dans certaines parties des contreforts septentrionaux de l'Atlas. Il convient de citer, en 1878, les observations astronomiques effectuées entre Tanger et Fès par Desportes et François, officiers de la marine française, puis le récit pittoresque de l'écrivain italien de Amicis. Le voyageur Oskar Lenz, dans sa route vers Tombouctou, traversa entièrement le Maroc de l'extrême Nord à l'extrême Sud. En 1880, le capitaine Colville, de l'armée britannique, accomplit le voyage de Fès à Oudjda, route périlleuse que n'avait parcourue aucun Européen depuis Ali Bey. L'année suivante, le capitaine Trotter, de la même armée, accompagnait le ministre d'Angleterre dans une mission à Fès et publiait une intéressante narration. En 1881, Chavagnac, renouvelait l'exploration du capitaine Colville et, en 1883, Foucauld, le plus important sans conteste des voyageurs européens au Maroc, commença son grand voyage qui devait durer près d'un an. Avant lui, les cartographes avaient à leur disposition 12 208 kilomètres d'itinéraires jalonnés de bien rares déterminations astronomiques. Ajoutons que la France laissait déjà apparaître son intérêt spécial pour le Maroc, et parmi les vingt et un auteurs d'itinéraires au Maroc, susceptibles d'être à cette époque utilisés pour la confection des cartes, seize étaient des Français; sur le nombre des kilomètres levés, 9233 l'avaient été tant par des Français que par deux étrangers patronnés et subventionnés par le gouvernement français (Ali Bey) ou par la Société de géographie (le rabbin Mardochée). Durant son voyage, Foucauld a doublé pour le moins la longueur des itinéraires déjà levés au Maroc, il a repris en les perfectionnant 689 kilomètres des travaux de ses devanciers en y ajoutant 2250 kilomètres nouveaux. Après le courage et l'héroïsme de ce voyageur, sa science géographique et ses descriptions géographiques si remarquables, il convient surtout et presque avant tout d'admirer la série si riche et inépuisable des renseignements statistiques qu'il donne et qu'il n'a pu se procurer qu'au prix d'une patience inouïe. Comme contribution précieuse à l'étude du Maroc, il convient aussi d'ajouter l'ouvrage du capitaine Erkmann, ancien chef de la mission militaire française détachée auprès du sultan et qui, à ce titre, parcourut certaines parties inexplorées du pays. Enfin, les voyages du lieutenant Quedenfelt, de l'armée allemande; en 1886, celui de Douls dans le Noun, le Draa et le Sous en 1888; celui de Thomson dans une partie de l'Atlas en 1889; puis les recherches archéologiques et de géographie comparée entreprises de 1881 à 1891 par La Martinière pour s'efforcer de compléter les travaux de Tissot, et en dernier lieu le courageux voyage au Tafilalet de l'Anglais Harris en 1894 permettent de clore la liste des principales explorations au Maroc. Quant à l'hydrographie marine et à la description nautique des côtes du Maroc, elles sont dues pour le rivage méditerranéen aux travaux de l'amirauté française, principalement en 1855, sous la direction de Vincendon-Dumoulin, et sur la côte atlantique, ce sont les levers du lieutenant Arlett de la marine britannique qui ont permis d'établir les cartes. (A19). |
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