 |
Ménédème
d'Erétrie, philosophe grec, qui, avec son ami Asclépiade,
transporta à Erétrie l'école
fondée à Elis par Phédon, disciple de Socrate.
Ménédème, d'abord artisan, fut envoyé comme
soldat à Mégare
: c'est là qu'il fit connaissance avec les platoniciens
( Ecole
Mégarique); il travaillait la nuit avec Asclépiade pour
gagner sa vie. Plus tard, revenu chez lui, il joua un rôle politique
important, grâce à la faveur dont il jouissait auprès
des princes macédoniens. On vantait la noblesse et la fermeté
de son caractère, sa modération, ses sentiments libéraux
et les services qu'il rendit à son pays. Il mourut en 278 av. J.-C.,
après la bataille de Lysimachie ,
à la suite d'un chagrin dont les causes sont mal connues.
Comme philosophe, on a prétendu,
mais à tort, semble-t-il, qu'il était au fond platonicien.
On lui attribue aussi l'opinion soutenue par Antisthène,
qu'il est impossible d'unir jamais un sujet et
un prédicat; il aurait déclaré
ensuite que les jugements catégoriques
affirmatifs étaient seuls valables, et rejeté les jugements
négatifs, hypothétiques et copulatifs. Ce qui est probable,
c'est que, comme les cyniques, nominalistes,
il refusait aux qualités toute existence
propre en dehors des objets individuels. Au surplus,
à l'exemple de Stilpon, son maître,
pour lequel il professait une vive admiration, il attachait aux doctrines
morales une plus haute valeur qu'à la dialectique;
il passa même parfois pour un cynique. La question du souverain Bien,
envisagée au sens pratique, attira surtout son attention; le Bien
était pour lui l'Intelligence qui
se confondait à ses yeux avec la direction rationnelle
de la volonté. Les diverses vertus n'étaient
que les aspects de l'unique vertu. Ménédème n'exerça
d'ailleurs que peu d'influence, et l'école d'Erétrie s'éteignit
bientôt. (V.Br.). |
|