Les gens

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Diogène (de Sinope ou le Cynique), philosophe cynique, né à Sinope 413 ans av. J.-C., mort en 324 à Corinthe. Accusé avec son père d'avoir fabriqué de la fausse monnaie, il quitta sa patrie de bonne heure et vint à Athènes, où il étudia la philosophie sous Antisthène. Il y vécut dans la plus grande misère, ne subsistant guère que d'aumônes. Dans la suite, ayant été fait prisonnier par des pirates, il fut vendu comme esclave à Corinthe, et acheté par le philosophe Xéniade, qui, frappé de son mérite, lui confia l'intendance de ses biens et l'éducation de ses enfants. Diogène avait ordonné qu'on jetât son corps à la voirie; mais ses amis lui firent des funérailles magnifiques. On plaça sur son tombeau un chien en marbre de Paros. Ce philosophe outra les austérités de la secte cynique.

Diogène logeait, dit-on, dans un tonneau, n'ayant pour meubles qu'une besace, un bâton et une écuelle. Il jeta même son écuelle après avoir vu un jeune enfant boire dans le creux de sa main. On conte que, plein de mépris pour ses contemporains, il se promena un jour en plein midi une lanterne à la main, répondant à ceux qui l'interrogeaient : "Je cherche un homme". Un partisan de Zénon d'Élée niait devant lui le mouvement : il se leva, et se mit à marcher, réfutant ainsi en action les ridicules, arguties du sophiste. Ayant entendu Platon définir l'homme un animal à deux pieds et sans plumes, il jeta dans son auditoire un coq plumé en disant : "Voilà l'homme de Platon." Il y avait dans sa pauvreté volontaire beaucoup d'orgueil et de vanité. Alexandre le Grand, étant à Corinthe, eut la curiosité de le voir, et lui demanda ce qu'il pouvait faire pour lui: "Te retirer de mon soleil", répondit le philosophe. On assure qu'Alexandre s'écria : "si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène." Toutes ces anecdotes, et une foule d'autres, que l'on raconte de Diogène, sont loin d'être authentiques. On a sous son nom des Lettres qui sont évidemment. supposées. Elles ont été imprimées dans Epistolae cynicae et trad. en français en 1545 par L. Dupuis.


Le tonneau Diogène, d'après un bas-relief de la Villa Albani,
dessiné dans le t. II des Monuments inédits de Winckelmann.

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