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Les
Romains ont donné le nom d'Asie-Mineure
(Asia
Minor, auj. Anatolie ),
à la presqu'île la plus occidentale de l'Asie ,
pour la distinguer du continent, qui s'appelait Asie-Majeure, Asia Major.
Elle était bornée à l'Est par l'Arménie
et la Syrie; au Nord par la mer Noire; à l'Ouest par la mer Egée,
et au Sud par la Méditerranée .
L'Asie-Mineure est traversée par plusieurs chaînes de montagnes
détachées du Taurus et du Caucase;
elle est arrosée par le Méandre, l'Hermus, le Sangarius,
l'Halys, et l'Iris.
On y distinguait
11 contrées principales : à l'Ouest, la Mysie,
la Lydie ,
la Carie, la Lycie;
au Nord, la Bithynie, la Paphlagonie,
le Pont ;
au Sud, la Pamphylie, la Pisidie
et la Cilicie; au centre, la Phrygie
et la Cappadoce.
Tout le rivage occidental
était occupé par les colonies grecques
: les Éoliens au Nord, les Ioniens au
centre, en Lydie, les Doriens au Sud, y avaient
fondé des villes qui le disputaient, pour la richesse, la civilisation
et la puissance, à celles de la Grèce
: telles étaient Ephèse,
Phocée ,
Milet, Smyrne ,
Halicarnasse ,
Lampsaque
et Cnide .
Les autres villes importantes étaient : dans la Mysie et la Bithynie,
Troie ,
Pergame ,
Pruse, Cyzique ,
Amasie ,
Sinope, Nicée,
Nicomédie ,
Chalcédoine ;
dans la Phrygie, Ancyre ,
Apamée
et Laodicée ;
dans la Cappadoce, Césarée ,
Sébaste; dans les province du Sud, Stratonice, Telmesse, Tarse et
Séleucie .
Les îles principales
qui en dépendaient sont celles de Lesbos ,
Chios,
Cos,
Samos,
Rhodes, sur la côte occidentale, Chypre
au Sud; toutes ces îles furent occupées et colonisées
par les Grecs. L'Asie-Mineure a été
connue de toute antiquité. Elle a vu fleurir les empires Hittite
(XXIe au XIIIe
s. av. J.-C) et de Lydie (du Xe au VIe),
les colonies grecques d'Ionie, d'Eolie et de Doride, puis les royaumes
de Bithynie, de Paphlagonie, de Pont et de Cappadoce, qui, après
avoir été longtemps indépendants, furent tous réunis
à l'empire du roi de Perse
(548 av. J.-C). Sous la domination persane, L'Asie-Mieure forma quelquefois
une seule satrapie et comme une espèce apanage, notamment sous Artaxerxès
Mnémon (404-401), qui la donna à son frère Cyrus
le Jeune. Conquise par Alexandre,
elle échut après sa mort à Antigone;
et après la mort de ce dernier, elle passa sous le joug des Seldjoukides;
néanmoins, il s'y forma bientôt plusieurs royaumes indépendants
Pont, Cappadoce, Bithynie, Pergame, Galatie,
Paphlagonie, etc. Ces royaumes subsistèrent jusqu'à la conquête
de l'Asie-Mineure par les Romains, qui y pénétrèrent
pour la première fois l'an 189 av. J.-C., et ne la soumirent tout
entière qu'au Ier siècle
de notre ère. Au IVe siècle,
lors du partage de l'empire, l'Asie-Mineure, comprise dans l'empire d'Orient,
forma le diocèse d'Asie et la plus grande partie des diocèses
de pont et d'Orient ( Asie
ancienne).
Les califes
en conquirent une partie au VIIe siècle;
les Turcs Seldjoukides s'y établirent au XIe,
et fondèrent l'empire de Roum ou d'Iconium (Konyah), ne laissant
aux empereurs grecs
qu'un tiers du pays. Après 1204, l'Asie grecque forma les deux empires
de Nicée et de Trébizonde. A la chute des Seldjoukides, 10
petites principautés s'établirent sur leurs débris.
Enfin de 1381 à 1387, Amurat l, fils d'Osman,
soumit toute l'Asie-Mineure, qui désormais sera intégrée
à l'empire ottoman, avant de contituer
la plus grande partie de la république turque.
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Laurence
Cavalier, Jacques Des Courtils, Civilisations
oubliées de l'Anatolie antique, PU Bordeaux, 2010.
2867816106
Ce
livre, publié à l'occasion de l'exposition " Civilisations
oubliées de l'Anatolie antique " présentée au Musée
d'Aquitaine de Bordeaux, offre sous une forme claire et concise un tableau
des principales civilisations de l'Anatolie depuis l'époque néolithique
jusqu'à l'Empire romain. L'accent est mis sur les peuples indigènes
qui sont mal connus du public faute de bibliographie en langue française.
Hittites, Phrygiens et Lyciens ont pourtant laissé une histoire
et des vestiges archéologiques exceptionnels ici mis en valeur par
une riche iconographie commentée par des spécialistes. (couv.). |
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