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Les
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| Théodoric le Grand,
roi des Ostrogoths (454-526). Fils de Théodemir, roi de la fraction
des Ostrogoths, établis en Pannonie Le gouvernement de Théodoric en Italie offre un intéressant exemple de la façon dont les barbares tentèrent de s'accommoder avec les populations romaines quoique les vainqueurs aient pris possession du tiers des terres. Aucune violence notable ne marqua l'établissement des conquérants; le partage, fait par des fonctionnaires romains, ne suscita aucun trouble. Quoique l'armée de Théodoric ait été exclusivement composée de barbares, aucun privilège ne fut dans l'État attribué à l'élément goth. Guidé par un ministre habile, Cassiodore, entouré de conseillers romains, Théodoric s'efforça de maintenir l'égalité entre vainqueurs et vaincus; il respecta les lois et les institutions romaines, conserva le Sénat et l'organisation de l'administration provençale, maintint le système des impôts et y soumit les Goths, associa pour la justice les « comtes Goths » aux magistrats romains, promulgua une législation toute romaine (édit de Théodoric), s'appliqua, en un mot, par une large tolérance à fondre en un peuple les Grecs et les Romains. Il tâchait en même temps, par un gouvernement réparateur, de faire renaître la prospérité matérielle, favorisant l'agriculture et le commerce, entretenant les monuments publics, embellissant par des constructions magnifiques, Ravenne, sa capitale, encourageant les lettres et les goûts romains. Très tolérant enfin, quoique arien en matière religieuse, il se garda longtemps d'intervenir dans les affaires de l'Église et, quand la chaire de Saint-Pierre fut disputée entre Laurentius et Symmaque, il ne régla le différend en convoquant un concile (502) que sur la demande formelle des parties. Tranquille dans l'Italie pacifiée, il exerçait en outre sur tout le monde barbare une prodigieuse influence. Des alliances de famille l'unissaient à la plupart des souverains barbares, Vandales, Burgondes, Wisigoths, Francs, Thuringiens; par son prestige, il arracha les Alamans vaincus à Clovis (496), arrêta les progrès des Francs sur les Wisigoths et, comme prix de ses efforts, il obtint pour lui-même des Vandales la Sicile (491) et la Provence des Wisigoths (508). Arbitre de l'Occident, il devait grandir
encore dans la légende germanique, qui l'a immortalisé sous
le nom de Dietrich de Bern (Vérone). Cette suprématie était
pourtant plus apparente que réelle, ce gouvernement moins solide
qu'il ne semblait. Établi sur un territoire jadis appartenant à
l'empire, Théodoric ne réussit jamais à établir
avec Constantinople Quoiqu'il ait obtenu, en 498, d'Anastase
le renvoi des insignes impériaux jadis expédiés à
Zénon par Odoacre, il ne fut jamais pour
les Byzantins Boèce et Symmaque payèrent de la vie (525) leurs tendances impérialistes. Ainsi, par le mécontentement qu'il suscita, l'accord que Théodoric avait rêvé d'établir était ruiné de ses mains et en même temps l'abîme qu'il avait créé entre sa famille et son peuple lui ôtait d'autre part l'appui des Goths. Quand Théodoric mourut (526), l'œuvre qu'il avait tentée était, malgré la hauteur d'esprit qu'il y avait apportée, condamnée. L'Italie avait subi son pouvoir sans l'aimer ; l'Église tournait les yeux vers la souverain orthodoxe de Constantinople; les Goths enfin, par leurs dissensions, allaient fournir eux-même l'occasion d'intervenir au prince ambitieux qui régnait à Byzance et qui n'abdiquait pas les droits imprescriptibles de l'empire sur l'Italie et sur l'ancienne Rome. (Ch. Diehl). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.