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Comté
de Toulouse. - Raymond Ier, premier
comte héréditaire de Toulouse, réunit le comté
de Quercy
à ceux de Toulouse et de Rouergue ,
et les posséda de 852 à 864 ou 865. Il eut pour successeurs
ses fils Bernard, 864 ou 865 à 875, et Odon ou Eudes, 875-918. Raymond
II, fils d'Odon, 918-923, eut pour successeur son fils Raymond III, 923-950.
Guillaume III, dit Tailleler, fils de Raymond III, 950-1037, épousa
vers 990 Emme, fille du comte de Provence ,
qui apporta dans la maison de Toulouse
ce qu'on appela dans la suite le marquisat de Provence .
Pons, né de ce mariage, régna de 1037 à 1060, Guillaume
IV, fils de Pons, 1060-1088, se voyant sans enfants mâles, céda
le comté de Toulouse à son frère Raymond IV, dit de
Saint-Gilles, partit pour la terre sainte ( Les
Croisades ),
et y mourut en 1093. Raymond de Saint-Gilles joignit aux titres de la maison
des comtes de Toulouse celui de duc de Narbonne ,
le même que celui de marquis de Gothie ou de Septimanie. Il épousa
en troisièmes noces, en récompense de ses services contre
les musulmans
en Espagne ,
Elvire, fille naturelle d'Alphonse VI,
roi de Léon et de Castille .
Il était le
seigneur le plus riche de France ,
et il fut le premier prince qui s'enrôla dans la première
croisade. Il fit voeu de ne plus revenir dans son pays lorsqu'il partit
en 1096, et de combattre les musulmans en expiation de ses péchés.
Après la prise de Jérusalem ,
il vit avec une secrète jalousie l'élévation de Godefroi
de Bouillon au trône de la Jérusalem .
Il retourna à Constantinople ,
où l'empereur Alexis lui fit don de la principauté de Laodicée.
Il marcha en 1101 à la tête d'une nouvelle armée de
croisés ,
qui fut battue en Asie-Mineure par le sultan d'Iconium. De Constantinople,
où il s'était enfui, il reprit le chemin de la Syrie, et
fut arrêté à Tarse par ordre de Tancrède, qui
lui imputait la délaite des croisés. Rendu à la liberté
à la demande de plusieurs princes, il chercha à agrandir
sa principauté, s'empara de Tortosa, et allait conquérir
Tripoli
lorsqu'il mourut en 1105. Bertrand, son fils et son successeur dans le
comté de Toulouse, partit pour la terre sainte en 1109, et y mourut
en 1112. Son fils unique lui succéda dans ses Etats d'Orient, et
le comté de Toulouse
passa en 1112 à Alphonse-Jourdain, fils du troisième mariage
de Raymond de Saint-Gilles; qui prit la croix en 1146, et mourut en terre
sainte en 1148.
Le comté de
Toulouse
passa alors à Raymond V, fils d'Alphonse-Jourdain, qui épousa
en 1154 Constance, soeur de Louis
le Jeune, roi de France ,
et veuve d'Eustache, comte de Boulogne ,
qu'il répudia en 1166. Il mourut en 1194. Raymond VI, son fils et
son successeur, favorisa la dissidence des Albigeois,
qui avait fait de grands progrès dans le Languedoc
sous son père, et fut excommunié en 1207 par Pierre
de Castelnau, légat du pape. Ce légat ayant été
assassiné en 1208, une croisade fut prêchée contre
les Albigeois, et Raymond VI y prit part. Il fut absous de l'excommunication
par le pape à Rome en 1210; mais il continua de soutenir les Albigeois,
et fut excommunié au concile d'Arles
en 1211. Le comte Simon de Montfort,
à la tête de l'armée des croisés, s'empara du
comté de Toulouse, que le pape lui adjugea en 1215. Raymond VI avait
reconquis la plus grande partie de ses Etats, avec l'aide de son fils,
Raymond VII, lorsqu'il mourut en 1222. Raymond VII força Amauri,
fils de Simon de Montfort, à évacuer ses Etats et à
traiter avec lui en 1224. Mais il fut attaqué par Louis
VIII, roi de France, à qui Amauri de Montfort avait cédé
ses droits, et il perdit la majeure partie de ses domaines. Il fut absous
en 1238 par le pape Grégoire IX des
excommunications qu'il avait encourues. Il se ligua en 1242 avec Hugues,
comte de la Marche ,
contre saint Louis, et chassa de sa ville épiscopale l'évêque
de Narbonne ,
qui l'excommunia. Il obtint son absolution du pape Innocent
IV, et mourut en 1249, laissant tous ses Etats à sa fille Jeanne,
femme d'Alphonse, comte de Poitou ,
frère de saint Louis. Le comté
de Toulouse fut définitivement réuni à la couronne
en 1361. |
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