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Vesta
Vesta. Dans la religion et le culte publics de
Rome,
la déesse avait exactement le même caractère. La cité
était considérée comme une grande famille, qui habitait
dans l'enceinte de la ville. Elle avait un foyer, comme chaque famille
particulière. Ce foyer était consacré à Vesta,
comme tout foyer domestique. D'après les légendes romaines,
le culte public de Vesta avait été transporté à
Rome de Lavinium "il est impossible que Romulus, fils d'une Vestale, élevé dans Albe au milieu des traditions de ce culte, ait négligé de donner à Rome sa Vesta particulière."Pourtant c'était à Numa Pompilius que les Romains eux-mêmes attribuaient l'institution du culte de Vesta et la fondation de son temple. Le temple de Vesta était situé sur le Forum, au pied du Palatin A l'intérieur du temple, il n'y avait pas, comme dans les autres sanctuaires, une statue de la divinité, mais seulement un autel sur lequel brûlait un feu sacré, qu'on ne devait jamais laisser mourir; cet autel symbolisait le foyer public de la cité romaine, comme dans l'atrium de chaque maison l'autel domestique avait remplacé le foyer réel de l'habitation primitive. Outre le feu sacré, le temple de Vesta renfermait aussi certains objets mystérieux, auxquels on croyait que la fortune et la grandeur de Rome étaient étroitement attachées, par exemple le fameux Palladium, apporté de Troie par Enée. Le temple proprement dit s'élevait au milieu d'une cour rectangulaire pavée en marbre; c'était là, devant le temple, que se trouvait l'autel où l'on célébrait les sacrifices et les libations en l'honneur de Vesta; dans cette cour se trouvait également une statue de la déesse. Le temple lui-même était toujours fermé au public. Les principales cérémonies du culte de Vesta avaient lieu le 1er mars et pendant la première moitié de juin (du 7 au 15). Le 1er mars fut pendant longtemps à Rome le premier jour de l'année; ce jour-là, le grand pontife éteignait le feu sacré qui brûlait dans le temple et le rallumait solennellement, soit en frottant l'un contre l'autre deux morceaux de bois provenant d'un arbre considéré comme étant d'heureux augure, soit en concentrant à l'aide d'une lentille les rayons du soleil. Cette pratique symbolisait la disparition de l'année écoulée et la naissance de l'année nouvelle. En juin, les fêtes de Vesta se prolongeaient pendant plusieurs jours : le 7 juin, on ouvrait le Penus Vestae, c.-à-d. la partie du temple où étaient gardés précieusement tous les objets relatifs au culte de la déesse; le 9 juin avait lieu la fête proprement dite des Vestalia; ce jour-là, les matrones romaines se rendaient, pieds nus, au temple de Vesta, et venaient y déposer des offrandes très simples, les mets qu'elles avaient coutume d'offrir, dans leurs propres maisons, à leurs Pénates et Lares domestiques. Le 15 juin, le Penus Vestae était de nouveau fermé, et les fêtes prenaient fin. La garde du temple, l'entretien du feu sacré, le soin de célébrer toutes les cérémonies du culte étaient confiées, sous la haute direction et la surveillance du grand pontife, à des prêtresses spéciales, les Vestales. Le culte de Vesta dura jusqu'à la fin du paganisme. Le temple de la déesse fut fermé par Théodose en 394 ap. J.-C. ; le feu sacré s'éteignit alors pour toujours. (J. Toutain). |
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