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Isis

Isis, une des principales divinités des Égyptiens et en tout cas la plus connue grâce à un récit de Plutarque (D'Isis et d'Osiris) qui en décrit les péripéties.  Isis est à la fois la soeur et l'épouse d'Osiris. Lorsque Osiris eut été tué par Seth, Isis se mit à la recherche de son cadavre mutilé et dispersé par le meurtrier. L'hymne à Osiris, de la Bibliothèque nationale, nous montre la déesse 
« cherchant son frère sans se reposer, parcourant la terre en se lamentant et ne s'arrêtant pas qu'elle ne l'ait trouvé. Elle est en joie lorsqu'elle a enseveli son frère et ressuscité les restes de l'Immobile de coeur. Elle l'allaite. » 
En effet, Osiris ressuscité s'appelle Horus, et Isis est, par suite, considérée comme la mère d'Horus; dans ce rôle où elle allaite le jeune dieu posé sur ses genoux, elle se confond avec Hathor. Du mythe osirien découlent les fonctions funéraires d'Isis représentée tantôt pleurant Osiris, tantôt le couvrant de ses ailes ou veillant aux pieds du sarcophage. Nephthys l'ayant aidée dans l'oeuvre de résurrection d'Osiris, les deux déesses sont appelées dans les textes les deux pleureuses, les deux couveuses.

La coiffure ordinaire d'Isis est le « siège », hiéroglyphe de son nom, ou le disque uni aux cornes de vache. Quelques auteurs ont cru qu'Isis était une déification de la Lune parce qu'ils ont pris ce disque pour un disque lunaire, tandis que c'est le disque du Soleilsortant des cornes de la vache, allusion au rôle d'Isis, mère d'Horus, le soleil levant; cet astre est parfois figuré sous la forme d'un enfant à tête d'épervier assis entre les cornes d'une vache. Je viens de dire qu'Isis, dans son rôle de mère d'Horus, se confond avec Hathor; le nom même de ces deux déesses en est une preuve : le nom d'Hathor signifie « habitation d'Horus » et l'hiéroglyphe qui forme le nom d'Isis sert à écrire le mot « demeure ». Comme mère du soleil dont l'avènement a dissipé le chaos, Isis assumait la valeur de déesse primordiale; elle est appelée « la déesse qui a commencé les divins enfantements, la divine mère qui a enfanté toutes choses » et en même temps elle avait l'aspect lumineux de toute déesse, elle était « oeil du soleil ».

Plutarque nous dit (Traité d'Isis et d'Osiris, ch. XXI) que les âmes des dieux brillent dans les cieux au rang des astres (Livre des Morts, ch. CLXV, 1. 45) et que l'âme d'Isis était appelée Sothis, nom égyptien de l'astre Sirius (Grand Chien). Ce nom est en réalité Sopt. La constellation à laquelle appartient Sirius était bien consacrée à Isis, selon  le Décret de Canope; son lever héliaque, qui marquait le commencement de l'année, était le point de départ de l'année civile. Il y avait à Assouan un temple dédié à Isis-Sothis. Le culte d'Isis fut en tout temps universel en Égypte, mais il paraît avoir eu plus d'importance aux dernières époques qu'aux premiers âges pharaoniques. 

La renommée presque exclusive qu'elle acquit parmi les Grecs (La mythologie grecque) est due en partie à ce qu'ils lui rendirent des honneurs qui de droit revenaient souvent à d'autres divinités. On la confond quelquefois chez les Grecs avec la vache Io. Son culte a été introduit à Rome (La religion romaine) lorsque l'Égypte est tombée aux mains des Romains. Apulée dans l'Âne d’or l'appelle la mère universelle de la nature, la plus grande des déesses, la reine des noms, souveraine des dieux.

Isis avait des prêtres nommés Isiaques. L'Égypte célébrait en l'honneur d'Isis des mystères, qui se répandirent dans la Grèce et l'Italie, et que l'on rapproché de ceux de Cybèle. On voit les mystères d'Isis représentés sur la Table Isiaque.

Table Isiaque, table de cuivre sur laquelle on voit représentés la figure et les mystères d'Isis, ainsi que la plupart des divinités égyptiennes, avec leurs attributs distinctifs. Elle fut trouvée au sac de Rome en 1527; on la conserve à Turin.
C'est dans l'île de Philae que se trouvait le principal temple d'Isis où elle était adorée comme second membre de la Triade d'Osiris, Isis et Horus. Comme protectrice des morts, elle figurait en tête de la Triade d'Isis, Nephthys et Horus, qui fait l'objet de nombreuses amulettes en terre émaillée. (Paul Pierret / A19).


On la représente sous la figure d'une jeune femme, la tête surmontée de cornes ou d'un globe lunaire, assise et allaitant Horus elle a pour attributs le sistre et le lotus.


En librairie - Plutarque, Isis et Osiris, Guy Trédaniel, 2002; Jurgis Baltrusaitis, La Quête d'Isis, essai sur la légende d'un mythe, Flammarion, 2001; Pascale Auraix-Jonchère, Isis, Narcisse, Psyché, entre lumières et romantisme (mythe et écritures du mythe), Presses universitaires de Clermont-Ferrand, 2000; Camille Aubade, Nerval et le mythe d'Isis, Kimé, 1998; Agnès Spiquel, La Déesse cachée (Isis dans l'Oeuvre de Victor Hugo), Honoré Champion, 1997; Madeleine Peters-Destéract, Philae, le domaine d'Isis, Le Rocher, 1997.

Pour les plus jeunes : B. Bottet, Isis et Osiris, Retz (Para-scolaire), 2001.

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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