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| Encyclopédie | ||
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| On donne généralement
le nom de montagne à une élévation un peu considérable
de la surface terrestre; les collines sont de petites montagnes,
et quand les collines sont isolées, on les appelle monticules
et buttes. Mais plus que l'altitude, c'est le caractère accidenté
et les dénivellations rapides du terrain qui le définissent
comme montagneux. Nous allons décrire les diverses parties d'une
montagne, puis nous dirons comment les montagnes se groupent entre elles
pour former ces grandes masses, ces chaînes, que nous présente
la surface du globe.
Afin d'introduire de façon simplifiée le vocabulaire utilisé pour décrire les montagnes, admettons qu'une montagne ait exactement la forme d'un prisme triangulaire, et que ce prisme soit placé sur une de ses faces : cette face se nomme la base de la montagne; son périmètre en est le pied; les deux autres faces adjacentes, qui viennent se réunir à l'arête opposée, en sont les flancs; cette arête elle-même en est la crête ou le faîte; les deux bases du prisme sont les extrémités de la montagne. Dans la nature les plans de ces extrémités sont en général obliques à la base; et quand ils sont verticaux, ou à peu près, on les nomme escarpements; il en est de même pour les flancs. Ainsi, dans une montagne un escarpement est un flanc ou une extrémité dont la direction est voisine de la verticale. Si on coupe le prisme triangulaire par un plan vertical passant par la crête, on formera deux montagnes, dont l'un des flancs sera un escarpement. La perpendiculaire abaissée de la crête sur la base mesure la hauteur de la montagne. Si par un point de cette ligne on fait passer un plan parallèle à la base, on aura alors un prisme quadrangulaire, et la crête sera remplacée par la portion du plan sécant comprise entre les flancs et les extrémités; c'est là ce que l'on nomme un plateau : on voit que le plateau peut être plus ou moins étendu, suivant qu'il est plus ou moins rapproché de la base. Si par un point pris sur la crête, et par le pied des extrémités de la montagne, on fait passer deux plans, on déterminera ainsi une pyramide quadrangulaire. Les deux faces opposées les plus étendues seront les flancs, et les deux autres les extrémités; le sommet de la pyramide sera le sommet de la montagne. Par des modifications, très concevables on peut avoir un cône; alors toute la surface prend le nom de flancs : presque tous les cônes sont volcaniques. Quand le sommet d'une montagne est très aigu, on lui donne le nom d'aiguille : on appelle aussi aiguilles les pointes élevées qui se trouvent sur les crêtes, les plateaux, etc. Dans la nature les choses ne se trouvent pas disposées aussi régulièrement que nous venons de le dire : une montagne n'est jamais exactement un prisme triangulaire, une pyramide ou un cône; mais par des abstractions sa forme peut toujours se ramener à celle d'un de ces trois solides. Les flancs et les extrémités sont des surfaces courbes, plus ou moins compliquées, et dont la forme dépend essentiellement de la nature des roches qui composent la montagne. Dans les escarpements on voit des parties plus ou moins inclinées et même horizontales; ce n'est que l'inclinaison générale qui approche de la verticale. Les faîtes ne sont jamais des ligues droites, ni même des lignes courbes, mais des surfaces étroites. Les sommets ne sont pas des points, mais de petits plateaux, dont les dimensions ne sont jamais comparables à celles de la base de la montagne. Les plateaux peuvent être assez réguliers; cependant ils présentent ordinairement beaucoup d'inégalités; ils penchent plus ou moins vers telle ou telle partie de la montagne; on y distingue toujours une espèce de crête qui forme la ligne de partage des eaux. On rencontre fort peu de montagnes isolées dans la nature; elles se trouvent ordinairement réunies, et forment des massifs plus ou moins considérables, qui s'étendent en longueur dans de certaines directions, en jetant des ramifications à droite et à gauche. C'est à ces massifs que les géographes ont donné le nom de chaînes. Pour les former, les montagnes se sont groupées d'une infinité de manières. La chaîne la plus simple que l'on puisse imaginer est celle qui serait formée par une série de montagnes placées sur une même ligne droite; les montagnes étant du reste disposées à côté les unes des autres d'une manière quelconque. Alors l'ensemble des pieds de chaque montagne forme le pied de la chaîne, de même que l'ensemble des flancs forme les flancs de la chaîne, que l'on désigne en les rapportant aux points cardinaux. Les flancs d'une chaîne portent aussi le nom de versants, parce qu'ils versent les eaux dans les plaines; les extrémités d'une chaîne sont les points où elle se termine dans le sens de sa longueur. On appelle axe d'une chaîne la ligne imaginaire qui passerait par le centre de chaque montagne. Le faîte de la chaîne est formé par l'ensemble des crêtes, des sommets et des lignes de partage des eaux sur les plateaux des montagnes qui la composent. On conçoit, d'après cela, que cette ligne doit être une couche très compliquée et toujours discontinue. Le faîte détermine le partage des eaux qui coulent sur les deux versants opposés; c'est là sa propriété caractéristique, celle qui doit servir à le déterminer dans toutes les circonstances. Dans une chaîne, il y a toujours des protubérances qui s'élèvent au-dessus des parties adjacentes; c'est ce que l'on nomme des cimes : souvent les cimes sont assez loin du faîte; telle est par exemple, la situation du pic du Midi de Bigorre, et du Mont Perdu, dans les Pyrénées. Les montagnes, en se réunissant, laissent entre elles des dépressions plus ou moins considérables, qui sont les vallées; les flancs qui laissent entre eux la dépression forment ceux de la vallée : on les nomme aussi versants. La courbe résultant de l'intersection de ces deux surfaces, celle que suivent les eaux qui tombent dans la vallée, se nomme le thalweg. D'après la forme générale des montagnes, on conçoit qu'ordinairement il doit y avoir deux vallées opposées de chaque côté d'une chaîne; c'est effectivement ce qui a lieu. Les deux vallées se réunissent par l'espace, plus ou moins étendu suivant la forme et le rapprochement des montagnes, qui sépare les deux sommets ou les deux crêtes; cet espace porte le nom de col. Ainsi les cols sont des crans dans le faîte d'une chaîne, qui font communiquer entre elles les vallées de deux versants opposés. Il n'existe pas de chaîne aussi simple que celle que nous venons de considérer; c'est là seulement la masse principale. Dans son cours, chaque chaîne jette à droite et à gauche des ramifications plus ou moins étendues, plus ou moins rapprochées les unes des autres; on nomme rameaux celles qui partent de la masse principale. Chaque rameau peut lui-même être considéré comme une chaîne simple; on y distingue toutes les parties dont nous avons donné la définition. Les ramifications qu'il jette se nomment contreforts. Ainsi, toute chaîne de montagnes présente une masse principale, des rameaux et des contre-forts. Les rameaux laissent entre eux des vallées qui partent du faîte. Entre les diverses ramifications de ces vallées principales se trouvent d'autres vallées, qui viennent tomber dans les premières. Il en existe également entre les ramifications des contre-forts, qui viennent tomber dans les secondes, etc. Les vallées sont désignées par les noms de vallées du 1er, du 2e, du 3e ordre, etc. Il existe des vallées dont la direction est parallèle à celle de la chaîne; on les nomme vallées longitudinales. Nous avons réduit les choses à leur plus simple expression pour mieux faire comprendre les relations qui existent entre les différentes parties d'une masse de montagnes; mais dans la nature les montagnes sont beaucoup plus compliquées; les unes forment des courbes très irrégulières et souvent interrompues; les rameaux prennent toutes sortes de directions; ils se coupent et laissent entre eux de vastes plaines; et néanmoins, en examinant la carte géographique d'une chaîne quelconque, on y reconnaît très bien toutes les parties dont nous venons de parler. Les chaînes de montagnes sont rarement isolées : elles tiennent plus ou moins directement les unes aux autres; les limites qu'on leur assigne ne sont, le plus souvent, que de convention; il est même rare que les géographes s'accordent dans cette détermination. L'Europe et l'Asie sont traversées, chacune dans leur plus grande longueur, par une grande bande élevée. Celle de l'Europe a sa partie centrale au Saint-Gothard; et de là l'inclinaison générale baisse dans tous les sens, vers la Baltique, la mer Noire, l'Atlantique et la Méditerranée; enfin, toutes ces pentes sont découpées, par les lits des fleuves, en diverses chaînes. (Rozet). Les montagnes de la TerreSur le tableau suivant (adapté de la classification de Huot), les montagnes sont regroupées selon des principes simples : on distingue des systèmes, des groupes, des chaînes et des rameaux.Nous entendons par rameau un assemblage de montagnes peu considérables, partant d'une chaîne. Une chaîne est une réunion de montagnes importantes, qui change quelquefois de nom lorsqu'elle occupe, une grande étendue. Elle peut être isolée, comme elle peut faire partie d'un groupe. Un groupe est la réunion de plusieurs chaînes qui se prolongent dans diverses directions. Un système se compose de plusieurs groupes liés, entre eux, quelles que soient leur étendue et leur altitude. Ces principes une fois admis; les montagnes
de l'Europe formeront six systèmes, celles
de l'Asie quatre, celles de l'Afrique
quatre également, et celles de l'Amérique
cinq. Un peu à part sont l'Océanie,
qui est composée d'archipels, dont certains montagneux (Hawaii,
Nouvelle-Zélande,
etc.), et d'une grande île, l'Australie,
que l'on peut considérer comme un continent (avec deux groupes de
montagnes), et l'Antarctide, pour laquelle
on retiendra un seul grand système, composé de deux groupes,
placés dans l'alignement l'un de l'autre.
Le résultat ainsi obtenu est commode pour l'exposition, mais n'a rien d'absolu. Déjà la division en continents est assez artificielle : la distinction de l'Europe et de l'Asie a une origine historique et n'est pas motivée d'un point de vue géologique : placer, dès lors le Caucase et l'Oural en Asie a quelque chose d'arbitraire. De la même façon, si l'on se place au point de vue des structures géologiques, l'Afrique et la Péninsule arabique appartiennent à un même ensemble. Pour regrouper plus convenablement les montagnes, il faudrait se placer à une échelle plus globale. On reconnaîtra alors, à côté de systèmes isolés, deux grand ensembles : la ceinture péripacifique, qui longe tout l'Est de l'Asie et tout l'Ouest des deux Amériques, et qui est aussi le siège d'une importante activité volcanique (ceinture de feu du Pacifique), et , se développant dans une direction quasiment perpendiculaire, la ceinture mésogéenne ou théthysienne (parfois aussi appelée alpine) : elle s'étend de l'Ouest de l'Europe (Espagne, Pyrénées, Alpes) à la Péninsule indochinoise (Monts de l'Annam), en passant par l'Anatolie et le Caucase, l'Iran et l'Himalaya. |
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