Aperçu
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En géologie, on désigne
sous le nom de Cénozoïque la période qui correspond
à des terrains sédimentaires
postérieurs au système
Crétacé,
par lequel se termine le Mésozoïque
(ou ère secondaire).
On divise le Cénozoïque en
trois systèmes (les deux premiers forment ce que l'on nomme de façon
informelle à Ere tertaire) :
1° le système
paléogène ou éogène, comprenant lui-même
la série paléocène, la série éocène
et la série oligocène;
2° le système
néogène, comprenant la série miocène
et la série pliocène
3° le sytème quaternaire (dans
lequel certains auteurs proposent de ne voir que la dernière série
du Néogène), et qui comprend la série pléistocène
et la série Holocène, à laquelle on a proposé
récemment d'ajouter la série Anthropocène.
Le tableau suivant recense
les les divers étages entre lesquels se répartissent ces
systèmes et séries. On a noté en orange les dates
(en millions d'années) de commencement de chaque série. L'Holocène
commence il y a seulement 11 500 ans.
-
Paléogène
(Nummulitique)
65.5
Ma - 23.03 Ma |
Paléocène
65.5
Ma
Plantes
modernes; diversification des mammifères. Début de la surrection
des Alpes et de l'Himalaya. |
Danien (anciennement
rattaché au Sénonien du Crétacé supérieur). |
Montien |
| Sélandien |
| Thanétien |
Eocène
55.8
Ma
Apparition
des grandes familles actuelles de Mammifères; Cétacés
archaïques; formation de calottes polaires; formation des Montagnes
Rocheuses en Amérique du Nord. |
Yprésien |
Sparnacien |
| Illerdien |
| Cuisien |
| Lutétien
(étage supérieur = Biarritzien) |
| Bartonien |
Lédien
(divisé en Auversien et Marinésien) |
| Ludien |
| Priabonien |
- |
Oligocène
Parfois
rangé dans le Néogène.
33.9
Ma
Rapide
diversification des mammifères, dispersion des plantes à
fleurs. |
Rupélien |
Tongrien;
Sannoisien |
| Rupélien,Stampien; |
| Chattien |
Néogène
23.03
Ma - 1.81 Ma |
Miocène
23.03
Ma
Premiers
Equidés, Mastodontes et singes. Surrection des Carpathes. |
Aquitanien
(parfois rattaché à l'Oligocène) |
| Burdigalien |
| Langhien |
Helvétien
(réuni au Tortonien forme le Vindobonien) |
| Serravillien |
| Tortonien |
| Messinien (
= Pontien ou Aralo-caspien = Andalousien = Valésien) |
Pliocène
5.3
Ma
Australopithèque;
Homo habilis. |
Zancléen
(=
Tabanien) |
| Plaisancien
( = Astien, on y rattachait autrefois le Gélasien et les étages
inférieurs du Pléistocène, jusqu'au Sicilien). |
Villefranchien
(Pliocène
supérieur) |
| Gélasien
(parfois rattaché au Pléistocène) |
Quaternaire
1.81
Ma - Présent |
Pléistocène
1.81
Ma
Homo
erectus; Glaciations; disparition des grands Mammifères; Homo sapiens. |
Calabrien (époque
des glaciations Donau et Gunz) |
| Sicilien (la
glaciation Mindel intervient à la fin de cette époque) |
| Tyrrhénien
(époque des glaciations Riss et Würm) |
| Versilien |
Holocène
Débute
avec la fin de la dernière glaciation. Développement des
civilisations depuis le Mésolithique. |
Flandrien |
| Anthropocène |
Division
proposée en 2007, et détachée de l'Holocène
pour rendre comporte des transformations opérées à
l'échelle globale par l'activité humaine depuis le début
de l'ère industrielle. |
Caractères
paléontologiques.
La flore comprend
tous les grands groupes que l'on distingue dans la flore actuelle, et on
ne peut signaler aucune famille qui ne soit encore représentée
aujourd'hui. Les variations dans les flores successives sont plutôt
d'ordre géographique que d'ordre chronologique.
La faune est surtout
remarquable par des caractères négatifs, par l'absence totale
d'un certain nombre de groupes d'Invertébrés
et de Vertébrés caractéristiques
du Mésozoïque. C'est ainsi que
les Ammonoïdés, les Bélemnites,
les Rudistes disparaissent avec les dernières couches crétacées.
De même, les lchtyosauriens, les Sauroptérygiens, les Pythonomorphes,
les Ptérosauriens et les Dinosauriens
ne franchissent pas la limite Crétacé / Tertiaire. Les Oiseaux
à dents ont également disparu. Mais le début du Cénozoïque
est marqué aussi par l'apparition d'un certain nombre de types nouveaux.
Les Nummulites, qui étaient déjà
faiblement représentées au Carbonifère,
mais faisaient entièrement défaut dans celles des mers mésozoïques
dont les dépôts sont accessibles à notre investigation,
reparaissent dans les couches les plus inférieures de la série
et abondent pendant toute le Paléogène,
qui, pour cette raison, a été appelée aussi Nummulitique.
Aucun groupe important nouveau n'est à signaler parmi les Coelentérés,
les Brachiopodes, les Lamellibranches,
les Gastéropodes, les Crustacés,
les Poissons, les Reptiles.
Parmi les Echinides, on peut mentionner
les genres Clypeaster, Scutella, Echinolampas, Schizaster, Spatangus, qui
se rencontrent pour la première fois au Cénozoïque,
mais existent encore de nos jours. En revanche, les genres de Céphalopodes
Belosepia, Beloptera, Bayanoteuthis, Vasseuria sont propres aux dépôts
paléogènes. Tous les ordres actuels d'Oiseaux sont représentés,
et la présence de la plupart d'entre eux dans les terrains cénozoïques
les plus anciens conduit à supposer que leur différenciation
s'était déjà effectuée au Crétacé.
Le trait caractéristique de la faune
cénozoïque est fourni par les Mammifères
placentaires, dont on ne connaît encore au Crétacé
que des restes peu nombreux. Par contre, les restes fossiles de Mammifères
cénozoïques sont assez nombreux et assez complets pour que
l'on ait pu reconstituer la filiation d'un certain nombre de groupes et,
en particulier, celle des Ongulés. Quelques
ordres et sous-ordres sont représentés uniquement à
l'état fossile : les Tillodontes, les
Créodontes, les Sparassodontes et, parmi les Ongulés, les
Condylarthres et les groupes exclusivement sud-américains des Litopternés,
des Toxodontes, des Typothériens, des Ancylopodes, des Astrapothériens,
des Pyrothériens.
Les subdivisions du Cénozoïque
ont été basées à la fois sur des caractères
stratigraphiques et sur des caractères paléontologiques.
Il n'y a qu'un petit nombre d'Invertébrés
qui permettent d'établir des coupures dans les dépôts
marins. Ainsi les Nummulites, les Alvéolines,
les Orthophragmina, les Lepidocyclina ne se rencontrent que dans les dépôts
paléogènes;
les Scutelles ne font leur apparition qu'avec l'Oligocène;
les Miogypsina sont du Miocène. Lyell
basait ses divisions sur le tant pour cent d'espèces actuelles contenues
dans chacune d'elles.
Faciès.
C'est incontestablement au Cénozoïque
qu'on possède la plus grande variété de faciès.
Les formations continentales sont mieux représentées que
dans les terrains plus anciens, et l'on connaît des formations marines
cénozoïques correspondant à toutes les profondeurs,
depuis les faciès littoraux jusqu'aux formations abyssales. Les
formations continentales sont représentées par des sables,
des graviers et des conglomérats fluviatiles, par des travertins,
par des dépôts lacustres ou lagunaires. Dans les dépôts
des mers intérieures s'intercalent fréquemment des dépôts
d'estuaires et des facies d'évaporation. Les formations côtières
comprennent des cordons littoraux, des récifs coralliens, des calcaires
à Lithothamnium. Les calcaires zoogènes autres que les formations
récifales sont très répandus; ce sont des calcaires
à Milioles, à Nummulites, à
Orthophragmina, à Alvéolines, plus rarement à Crinoïdes.
En fait de formations néritiques, on peut encore citer les sables
coquilliers, les faluns, les mollasses, surtout
développés au Néogène.
Certains grès en dalles alternant avec des
schistes
ont reçu le nom de flysch et atteignent des épaisseurs énormes.
Les formations bathyales sont représentées par des schistes
ardoisiers, analogues à ceux du Mésozoïque,
par des argiles à Pleurotomes, à Zoanthaires isolés.
Peut-être doit-on attribuer aux formations abyssales les argiles
à Ptéropodes des régions méditerranéennes,
les argiles à Radiolaires, à Diatomées
des Antilles, tandis que les tripoli de Sicile
se sont certainement déposés dans des eaux peu profondes.
Extension géographique
des dépôts cénozoïques marins.
Des dépôts éocènes
moyens qui ne sont pas sans analogie avec ceux du bassin anglo-parisien
et de l'Ouest de la France se rencontrent dans
l'Amérique du Nord, aussi bien sur la
côte atlantique et dans le golfe
du Mexique que sur le versant pacifique.
Les couches de Claiborne, dans l'Alabama, renferment une faune
de Mollusques qui possède de grandes
affinités avec les faunes du calcaire grossier des environs de Paris .
Les couches de Tejon, en Californie, qui
reposent directement sur les couches sénoniennes de Chico, semblent
être également d'âge lutétien.
Les formations nummulitiques, si caractéristiques
des régions alpines et circumméditerranéennes, se
prolongent dans l'Anatolie et dans le Caucase.
En Iran, de Morgan a signalé des couches
très riches en Echinides. Dans le
Turkestan, la présence de Gryphaea Esterhazyi, espèce lutétienne
de Hongrie, indique la transgressivité
de l'Eocène moyen. Des couches à
Nummulites
se retrouvent ensuite dans le Béloutchistan, dans l'Himalaya,
en Birmanie, à Sumatra, à Java,
à Bornéo, en Nouvelle-Guinée, dans les Philippines,
jalonnant la zone des plissements tertiaires. En Inde,
une série éocène très complète et très
fossilifère rappelle celle des dépôts nummulitiques
de l'Afrique septentrionale. A Madagascar,
on a rencontré sur la côte occidentale des calcaires à
Nummulites et des calcaires à Alvéolines.
On connaît également des calcaires
à Nummulites à l'Ouest des régions méditerranéennes,
dans les Antilles, au Mexique,
en Equateur et au Pérou,
c.-à-d. sur l'emplacement d'un géosynclinal qui contournait
un continent correspondant à la mer des Caraïbes actuelle.
De même, des couches à Lepidocyclina oligocènes existent
dans l'isthme de Panama, à la Jamaïque,
dans l'île de la Trinité,
en Floride, comme à Java, Sumatra et dans quelques îles voisines
(Douvillé).
On a conclu de l'ensemble de ces faits
à l'existence d'une mer à faune
équatoriale s'étendant du Mexique à la Nouvelle-Guinée,
en passant par les régions méditerranéennes et par
l'Inde. C'est la « Méditerranée
centrale » de Neumayr, la «-Tethys
» de Suess, la « Mésogée » de Douvillé.
Des dépôts éocènes
existent encore dans le Sud de l'Australie,
en Tasmanie et en la Nouvelle-Zélande,
mais ils ne possèdent pas le caractère équatorial.
Il en est de même des dépôts paléogènes
de l'Amérique du Sud, dont il sera question
plus loin.
Les maltasses miocènes
suivent encore les plissements de la fin du Néogène,
mais, comme dans la région alpine, elles semblent localisées
sur le bord des chaînes actuelles. Elles sont très développées
en Californie, où leur épaisseur dépasse les 1000
m. Dans les Antilles, leurs affinités
paléontologiques avec les couches «-méditerranéennes
» d'Europe sont très grandes. On
les retrouve dans les Açores; en Anatolie;
en Egypte, en Iran et dans les Antilles. Partout
elles sont caractérisées par la présence des Clypéastres
et des Scutelles. Des dépôts miocènes marins existent
aussi en Equateur, au Chili,
en Patagonie (Argentine), en Australie
et en Nouvelle-Zélande.
Quant aux dépôts pliocènes,
ils suivent en général les côtes actuelles, mais sont
quelquefois relevés à de grandes altitudes. Leur faune
diffère peu de la faune pléistocène
et de la faune actuelle de la même région, de sorte qu'il
est souvent difficile de les séparer de dépôts plus
récents.
Formations continentales.
On a signalé dans les régions
boréales, en particulier au Groenland,
dans la terre de Grinnell, dans le Canada septentrional,
en Islande, au Spitzberg,
etc., des lignites avec plantes
fossiles. Quoiqu'on y rencontre des espèces miocènes,
une partie de ces gisements est de l'Eocène.
Les Dicotylédones y prédominent,
les palmiers y font entièrement défaut, ce qui indiquerait,
pour les régions polaires, un climat tempéré. Il est
probable que toutes ces terres arctiques faisaient partie d'un même
grand continent que l'Amérique du Nord
et l'Europe septentrionale, le continent nord-atlantique,
morcelé seulement vers la fin du Néogène.
La similitude des Mammifères paléogènes
en Europe et dans l'Amérique septentrionale montre avec certitude
que les deux continents, aujourd'hui séparés,
étaient alors réunis. Une série assez complète
de dépôts continentaux permet de reconstituer la succession
des Mammifères dans les deux régions. Les faunes
éocènes d'Amérique sont particulièrement bien
connues, grâce aux recherches qui ont été faites par
Leidy, Cope et Marsh dans la série lacustre des Montagnes
Rocheuses. Au Nouveau-Mexique, au Colorado, en Utah, au Wyoming, ces
dépôts éocènes reposent sur les couches lagunaires
de Laramie, qui appartiennent au Crétacé
supérieur et atteignent près de 3000 m d'épaisseur.
Les couches de Puerco, par lesquelles débute
la série, renferment une faune extrêmement remarquable, qui
comprend, outre les Allothériens, voisins de types crétacés,
et les Tillodontes, des Créodontes, des Condylarthres, des Amblypodess
et des Lémuriens, tous encore beaucoup
moins différenciés que dans les niveaux plus récents,
de sorte qu'ils présentent un grand nombre de caractères
communs, attestant un développement peu avancé. En Europe,
une faune tout à fait semblable, quoique bien moins riche, a été
rencontrée au sommet du thanétien, à Cernay, près
de Reims ,
et étudiée par V. Lemoine. Les couches de Wasatch, qui font
suite à celles de Puerco, sont caractérisées par une
faune dont l'équivalent se trouve également en Europe, dans
les lignites du Soissonnais, dans l'argile plastique
et dans l'argile de Londres .
Les Allothériens ont disparu, les Tillodontes, les Rongeurs,
les Insectivores, les Créodontes,
les Lémuriens sont nombreux. Les Ongulés
comprennent déjà, à côté de Condylarthres
(Phenacodus) et d'Amblypodes (Coryphodon), des Périssodactyles
(Pachynolophus, Eohippus, Hyracotherium) et des Artiodactyles.
Les couches de Bridger, développées
principalement dans le bassin du Green River, représentent l'Eocène
moyen. Outre les groupes des assises précédentes, on y rencontre
surtout une remarquable famille d'Amblypodes, les Dinocératidés,
dont les squelettes géants ont été
reconstitués par Marsh. En Europe, cette
famille est inconnue et l'Eocène moyen est beaucoup moins riche
en Mammifères. On doit lui rapporter
les gisements d'Issel (Aude), d'Argenton (Indre), de Bouxwiller (Alsace)
et ceux du lutétien des environs de Paris ,
dont le fossile le plus caractéristique est le genre Lophiodon.
Une lacune, correspondant probablement au Bartonien, sépare en Amérique
les couches de Bridger des couches d'Uinta, dont la répartition
géographique est différente de celle des étages précédents
et qui correspondent comme âge au gypse parisien.
Contrairement à ce qui avait lieu jusqu'ici, ce sont maintenant
les faunes, d'Europe qui sont beaucoup plus riches que les faunes
américaines, surtout si l'on considère les beaux gisements
de la Débruge (Vaucluse), du Quercy (phosphorites) et du Jura
suisse et souabe (sidérolithique). Mais les faunes des phosphorites
et des poches sidérolithiques ne sont pas libres de mélanges
accidentels, d'éléments plus anciens ou plus récents.
A côté de Marsupiaux (Didelphys),
de Rongeurs, d'Insectivores,
de Chiroptères, de vrais Carnivores;
de Lémuriens, on rencontre surtout des
Périssodaclyles
(Palaeotherium, Paloplotheriurn) et des Artiodactyles
(Chaeropotamus, Anoplotherium, Diplobune, Dichobune, Xiphodon, Gelocus).
C'est incontestablement une faune de passage entre l'Eocène et l'Oligocène.
Oligocène.
Dans l'Oligocène
proprement dit viennent se placer, en Europe,
d'abord le calcaire de Brie (sannoisien), avec
les genres Cadurcotherium, Chalicotherium, Anthracotherium et de nombreux
représentants des Civettes, des Martes, des Lémuriens; puis
les gisements stampiens de La Ferté-Alais (Essonne), de Ronzon (Haute-Loire),
de Hempstead (île de Wight), de Lobsann (Alsace), de Flonheim (Hesse),
de Cadibona et autres localités alpines, avec Anthracotherium, Ryopotamus,
Cainotherium; enfin, les gisements aquitaniens de Saint-Géran-le-Puy,
d'Issoire, d'Ulm, etc., où apparaissent déjà les Tapirs,
les Rhinocéros, des Ruminants
sans cornes (Dremotherium, Amphitragulus), plusieurs genres actuels d'Insectivores
et de Rongeurs. En Amérique,
les dépôts oligocènes manquent dans les Montagnes-Rocheuses,
mais ils existent dans les grandes plaines du Dakota, du Nebraska, du Colorado,
où ils reposent directement sur les couches de Laramie. Ce sont
les couches de White-River, remarquables par la présence des gigantesques
Titanothéridés, des Oréodontidés, associés
à de nombreux autres descendants de la faune éocène
(derniers Créodontes et Lémuriens) et à un petit nombre
de genres originaires d'Europe (Aceratherium,
Elotherium, Steneofiber, Hyaenodon).
Miocène.
Avec le début du Miocène
un événement important se produit en Europe,
c'est l'arrivée brusque, par immigration, de types étrangers,
les Proboscidiens (Mastodon, Dinotherium)
et les Singes catarrhiniens, dont les restes les plus anciens se rencontrent
dans les sables de l'Orléanais (Mastodon tapiroides, angustidens,
Dinotherium Cuvieri), associés à des types spéciaux
(Procervulus aurelianensis, Rhinoceros aurelianensis)
et à des types archaïques (Anthracotherium,
Palaeochaerus). Les faunes de Sansan, dans le Gers,
et d'Eibiswald, en Styrie, sont un peu plus récentes, elles correspondent
à l'Helvétien (Langhien et Serravillien) et ne renferment
plus de types archaïques, oligocènes.
La faune conservée dans des roches sidérolithiques à
la Grive-Saint-Alban (Isère) appartient au Tortonien et indique
une évolution encore plus avancée. En Amérique,
les couches de John-Day, du versant pacifique, représentent
sans doute un équivalent des couches de Sansan. On continue à
y trouver un certain nombre de types européens, quoique les communications
entre les deux continents soient devenues beaucoup plus difficiles. Mais
les Mastodontes n'ont pas encore fait leur apparition, et les Singes catarrhiniens
ne pénétreront jamais en Amérique.
Le Miocène
supérieur (Messinien ou Pontien) marque en Europe
une phase essentiellement continentale, aussi les gisements de Mammifères
sont-ils particulièrement riches et nombreux. Ce sont les localités
célèbres du mont Lubéron (Vaucluse), de Concud, près
de Barcelone ,
d'Eppelsbeim, dans le bassin de Mayence, du Belvédère, près
de Vienne, et surtout celle de Pikermi près d'Athènes ,
qu'ont illustrée les recherches d'Albert Gaudry. Les types les plus
caractéristiques de cette faune sont les suivants : Hipparion, Sus,
de nombreuses Antilopes, Helladotherium, Dinotherium, plusieurs Carnivores,
parmi lesquels le premier Felis et le genre Machaerodus;
enfin, un Oryctérope et un grand Singe, le Mesopithecus Pentelici.
Dans l'Ouest de l'Amérique, les couches
de Deep River viennent se placer au même niveau, mais la faune en
est bien différente, ce qui indique l'absence totale de communications
avec
l'Europe. Les Oréodontes et les Camélidés, qui sont
d'origine américaine, prédominent. Les Mastodontes apparaissent
pour la première fois, ils sont donc d'introduction plus récente
qu'en Europe. C'est évidemment maintenant par le Nord de l'Asie
qu'ont lieu les échanges entre l'ancien et le nouveau monde. On
peut en voir une preuve dans le fait suivant. Les Camélidés
manquent entièrement dans les dépôts néogènes
d'Europe, mais on les connaît dans le miocène de l'Asie méridionale
et dans le pléistocène de la
Sibérie, de la Russie méridionale,
de la Roumanie et de l'Algérie.
C'est donc de l'Est à l'Ouest, en venant d'Amérique qu'ils
ont envahi l'Asie, puis l'Europe orientale et l'Afrique
du Nord (E. Haug). Si les Mastodontes ont pénétré
en Amérique par l'Ouest, il y a tout lieu de croire qu'ils venaient
d'Asie, et c'est également en Asie qu'il faut chercher sans doute
l'origine des types cryptogènes du Miocène d'Europe. Ce n'est
d'ailleurs qu'au miocène que les faunes asiatiques ont pu envahir
l'Europe, car à l'Eocène et à
l'Oligocène un bras de mer longeant
l'Oural séparait les deux pays qui, au Miocène,
devaient se réunir pour former l'Eurasie.
Pliocène.
La faune pliocène
dérive par filiation directe de la faune miocène. Dans le
Pliocène ancien (Zancléen ert Plaisancien), représenté
surtout à Montpellier
et à Perpignan ,
quelques types archaïques, comme Hipparion, Palaeoryx, Dolichopithecus,
persistent. Les Cervidés sont rares et ont des bois relativement
simples. Les genres Equus, Bos, Elephas font encore défaut. Dans
le Pliocène récent, représenté par les gisements
de Perrier, de Norwich, du val d'Arno, les genres miocènes
ont disparu, sauf Mastodon. Les espèces les plus caractéristiques
sont : Equus Stenonis, Bos elatus, Elephas meridionalis, Rhinoceros
etruscus, Macacus florentinus. Les Cerfs sont communs et possèdent
des bois rameux (Depéret). Les faunes miocènes
et pliocènes d'Asie ont les plus grandes
affinités avec celles d'Europe. Il n'est
pas toujours facile de distinguer les gisements des deux époques,
que l'on réunit souvent sous le nom de couches de Siwalik, en raison
de leur grand développement dans les collines qui s'étagent
au pied méridional de l'Himalaya. Ces
couches se rencontrent depuis la mer Rouge jusqu'au Japon
et à Java. A côté des types d'Europe, on trouve des
genres spéciaux, tels que les Ruminants
gigantesques Sivatherium, Vishnutherium, Bramatherium. C'est dans des couches
incontestablement pliocènes que Dubois a découvert, à
Java, les restes du Pithecantropus erectus.
En Amérique,
le Pliocène ancien est représenté
par les couches de Loup Fork, répandues dans tout l'Ouest. On y
trouve surtout Protohippus, Pliohippus, Tapiravus, Merychius, des Camélidés,
des Rongeurs, des Carnivores
spéciaux, associés à quelques genres de l'ancien monde,
tels que Hipparion, Mastodon, Canis, etc. Au pliocène récent
correspondent les Equus beds de l'Ouest, les Megalonyx beds
de l'Est. On y a signalé d'assez nombreux types européens,
des types spéciaux à l'Amérique septentrionale, comme
Dicotyles, Scalops, Procyon, Geomys, et des types immigrés de l'Amérique
du Sud, tels que Megalonyx, Mylodon, Gtyptodon, Toxodon. En même
temps, les éléments nord-américains envahirent l'Amérique
du Sud. C'est là, dit Zittel, un des plus remarquables exemples
de migrations de faunes que la géologie ait à enregistrer.
Pléistocène.
Avec le début du Pléistocène,
une nouvelle faune, vraisemblablement d'origine sibérienne, la faune
dite holarctique, s'étend à la fois sur l'Europe,
sur l'Asie centrale et sur le Nord de l'Amérique
septentrionale, en même temps que le phénomène glaciaire
gagne en importance. Les faunes mio-pliocènes sont refoulées
vers le Sud. Elles vivent encore actuellement, peu modifiées, dans
la province éthiopique (Afrique, au Sud
du Sahara), dans la province orientale (Inde,
Indonésie),
et dans la province sonorienne (Sud des Etats-Unis,
Amérique centrale).
Dans l'hémisphère Sud l'évolution
des Mammifères paraît avoir été
toute différente de ce qu'elle a été dans l'hémisphère
Nord. La faune pléistocène
et actuelle de Madagascar semble dériver
directement de la faune oligocène d'Europe
et être un résidu de la faune qui
occupait probablement toute l'Afrique continentale
avant l'invasion de la faune mio-pliocène. En Amérique
du Sud, nous possédons une série de dépôts continentaux
riches en Mammifères.
Si nous faisons abstraction de la formation
guaranienne, du Crétacé, qui renferme
des Dinosauriens, les dépôts
continentaux les plus anciens que l'on rencontre en Patagonie sont les
dépôts détritiques auxquels on a donné le nom
de santacruzien. Ils reposent, d'après Hatcher, en discordance
angulaire sur la formation marine patagonienne, dont le Miocène
ou tout au plus Oligocène et le synchronisme avec les couches de
Navidad du Chili ne peut guère faire de
doute. Le santacruzien est donc incontestablement miocène. D'après
les travaux d'Ameghino, sa faune se compose d'Oiseaux
géants (Phororhachus), de Marsupiaux,
de Sparassodontes, de très nombreux Edentés,
de Litopternés (Protérothéridés, Macrauchénidés),
de Typothériens, de Toxodontes, d'Astrapothériens, de Rongeurs
hystricomorphes, de Singes platyrhiniens. Les Périssodactyles,
les Artiodactyles, les Insectivores,
les Carnivores, les Lémuriens
y font totalement défaut. Le caractère tout à fait
particulier de la faune montre d'une manière certaine que l'Amérique
du Sud était, au Miocène, entièrement
séparée aussi bien de l'Amérique du Nord que de l'Europe.
Des coulées basaltiques (formation
entrerienne), des dépôts pliocènes
marins (couches du cap Fairweather) et des cailloutis probablement glaciaires
(formation tehuelchienne) recouvrent en Patagonie le santacruzien. Dans
le bassin de la Plata, on connaît, par contre, des horizons à
Mammifères
plus récents. Sur les couches marines du Parana, qui sont d'âge
pliocène (S. Woodward, A. Borchert), repose la formation araucanienne
du Monte Hermoso, qui renferme à côté de types autochtones,
vraisemblablement dérivés de types santacruziens, tels que
les Edentés, les Macrauchénidés,
les Toxodontes, les Typothériens, les Rongeurs
hystricomorphes, des types d'origine nord-américaine, comme Tapirus,
Hipparion, Auchenia (Camélidé), Mastodon, Canis. Cette faune
est synchronique des « Equus beds » de l'Amérique
du Nord et par conséquent pliocène supérieur. La faune
si riche recueillie dans le limon des Pampas (formation pampasienne) est,
par contre, pléistocène . L'invasion
des types nord-américains est ici encore plus évidente (Equus,
Dicotyles, Cervidés, Félidés,
Humains), mais les Edentés atteignent une variété
de formes remarquables et des dimensions gigantesques. (Émile
Haug). |
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