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Algérie
Al Jumhuriyah al Jaza'iriyah ad Dimuqratiyah ash Sha'biyah
(Al Jaza'ir)

28 00 N, 3 00 E
L'Algérie est un Etat du Nord de l'Afrique, dont la superficie est de 2,38 millions de km². Elle s'étend, dans lit direction du Nord au Sud, du rivage de la Méditerranée aux parties les plus stériles du Sahara, un peu au Sud du 20e méridien; elle est limitée à l'Ouest par le Maroc et à l'Est par la Tunisie, ne formant avec ces deux pays qu'une seule région naturelle dont l'ensemble, si l'on y ajoute le Nord de la Libye, constitue les anciens Etats Barbaresques
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République indépendante depuis 1962, l'Algérie est divisée administrativement en 48 provinces (wilayat, singulier : wilaya). La capitale est Alger (Al Jaza'ir). Autres grandes villes : Oran, Annaba, Constantine (Qacentina), Tlemcen (Tilimsen), Sidi Bel Abbès, Mostaganem, Ech Cheliff, Blida (El Boulaida), Sétif (Stif), Skikda, Batna. Population totale : 34,2 millions d'habitants, en 2009.

Les 48 wilayat de l'Algérie

Adrar
Aïn Defla
Aïn Temouchent
Alger
Annaba
Batna
Bechar
Bejaia
Biskra
Blida
Bordj Bou Arreridj
Bouira
Boumerdes
Chlef
Constantine
Djelfa
El Bayadh
El Oued
El Tarf
Ghardaïa
Guelma
Illizi
Jijel
Khenchela
Laghouat
Mascara
Medea
Mila
Mostaganem
M'Sila
Naama
Oran
Ouargla
Oum el Bouaghi
Relizane
Saïda
Sétif
Sidi Bel-Abbès
Skikda
Souk Ahras
Tamanghasset
Tébessa
Tiaret
Tindouf
Tipaza
Tissemsilt
Tizi Ouzou
Tlemcen

Du point de vue de la géographie physique, on peut diviser l'Algérie en deux parties : le Nord, qui est une haute terre bordant le rivage Sud de la Méditerranée et orientée comme celui-ci, dans le sens de sa longueur, du Sud-Ouest au Nord-Est; et le Sud, très largement désertique, et qui appartient au Sahara.

La région de l'Atlas.
La partie septentrionale de l'Algérie est occupée une partie de l'Atlas Algéro-Tunisien. Elle se compose essentiellement d'un plateau central limité au Nord et au Sud par une suite de chaînes ou de massifs de montagnes, élevés comme deux puissants rebords au-dessus du sol du plateau. Ces rebords sont aussi généralement parallèles à la côte méditerranéenne et partagent toute cette partie du pays en trois grandes bandes longitudinales, à savoir : 

1° le Tell ou Atlas Tellien, formant la pente septentrionale du plateau, inclinée vers la Méditerranée et toute recouverte de massifs de montagnes de hauteurs très inégales. 

2° la région des hauts-plateaux ou des steppes, sorte d'immense gouttière dont le thalweg général, également dirigé du Sud-Ouest au Nord-Est est jalonné par une suite de lacs salés nommés chott ou sebkha qui n'ont d'eau que pendant l'hiver et dont la surface, complètement à sec l'été, se recouvre d'une couche éblouissante de sel; 

3° L'Atlas Saharien, et la pente Sud du plateau, inclinée vers le Sahara, et ayant à ses pieds les nombreuses oasis naturelles ou créées de main d'homme qui sont les seuls lieux habités et habitables de ces parages.
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Carte de l'Algérie.
Carte de l'Algérie. Source : The World Factbook.
Le Tell seul confine à la mer; sa côte est un tant soit peut plus découpée que ne le sont en général les rivages africains. Cependant elle ne possède qu'un très petit nombre de bons mouillages et de rades sûres. 

Du Sud-Ouest au Nord-Est elle projette dans la Méditerranée les caps Milonia, Acra, Figalo, Blanc, Lindlès, Falcon, Pointe de l'Aiguille, Ferrat, Carbon, Ivi, Kramis, Magroua, Ténès, Chénoua, Pointe du Marabout, Ras Acras, Cap de la Pointe, Pescade, Matifou, Djinet, Bengut, Tedlès, Corbelin, Sigli, Carbon, Noir, Cavallo, Bougaroun, el-Kbiba, de Fer, Takouch, de Garde, Rosa et Roux. La Méditerranée creuse sur le rivage du Tell la baie de Las Aguadas, le golfe d'Oran, les baies d'Arzew, de Teddert, de Léonie ou de Taragnia, de Souhalia, des Assanin, la baie d'Alger, le golfe de Béjaïa, les baies de Mers-el-Zitoun et de Collo, les golfes de Stora ou Skikda, d'Annaba et d'El-Kala (La Calle). 

Les principaux ports de la côte algérienne sont, toujours en allant  du Sud-Ouest au Nord-Est, ceux d'Oran, Arzew, Mostaganen, Ténès, Cherchell, Alger, Dellys, Jijel, Collo, Skikda, Annaba et E-Kala. La côte est généralement élevée et fréquemment hérissée de falaises. La haute région qui côtoie la mer a recu la dénomination de Sahel ou de Rif.
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Alger.
Les toits d'Alger.

Rien de plus confus que l'entassement des massifs montagneux qui constituent la surface du Tell. Cela tient à ce que le relief de cette région est le résultat de trois épisodes orogéniques principaux de directions et d'époques différentes, le premier parallèle au rivage de la Méditerranée, le second à la côte Ouest du Maroc, et le troisième au littoral de la Libye. Néanmoins on se fera une idée assez claire de cette configuration compliquée en considérant successivement :

 1° la crête qui, comme une muraille gigantesque, limite au Nord le haut plateau; 

2° la série de chaînons et de massifs qui bordent la Méditerranée; 

3° les massifs transversaux qui relient l'une à l'autre la crête du plateau et la ligne montagneuse du littoral.

La crête septentrionale du plateau, arête culminante de l'Atlas Tellien, est formée du Sud-Ouest au Nord-Est par les monts de Daya, le massif de Saïda, les monts de Tiaret, le massif de l'Ouarsénis, les monts de Thaza et de Titéri, les monts du Dira et de l'Ouennougha, les monts de Sétif et du Hodna, et enfin les monts qui courent au Sud-Est de Constantine à travers le pays des Haractas et vont se souder près de Tébessa à la chaîne Saharienne.

La suite des montagnes qui longent la Méditerranée est formée, du Sud-Ouest au Nord-Est, par le massif des Traras, les collines qui s'étendent de l'embouchure de la Tafna à celle du Chéliff, la chaîne du Dahra, entre le Chéliff et la mer, le Zaccar au Nord de Miliana, les monts de Blida qui ceignent au Sud la plaine de la Métidja, le Djurdjura, la chaîne du Babor, entre l'Oued-Sahel et l'Oued-el-Kébir, et enfin le massif cristallin de l'Edough au Nord-Ouest d'Annaba.

La chaîne entière du littoral est reliée à la crète des hauts plateaux par les monts de Tlemcen, le massif du Tessala entre la Tafna et le Sig; le massif de Mascara entre l'Oued-el-Hammam à l'Ouest de la Mina et le Chéliff à l'Est; les prolongements septentrionaux de l'Ouarsénis, du Dira, des monts Hodnéens et de Sétif; enfin, par le massif africain compris entre la Seybouse, la mer et la Medjerda. 

On donne le nom de djebel soit à une chaîne de montagnes, soit à un sommet isolé. De l'intérieur du Maroc, où ils atteignent leur point culminant, les massifs de l'Atlas Tellien vont en diminuant de hauteur jusqu'au Chéliff; ils se relèvent ensuite vers l'Est où leur altitude est comprise entre 700 et 1300 mètres. La plupart des massifs enserrent des plaines à très forte pente. Celles qui sont comprises entre la frontière du Maroc et le Chéliff ont une altitude moyenne de 200 mètres; celles qui se trouvent à l'Est du Chéliff sont généralement plus élevées, et leur altitude varie de 500 à 1000 mètres. Les principales plaines à l'Ouest du Chélill sont celles de Lalla-Maghrnia, Tafna, Zidour, Melala, Tlelat, Sig, Habra, Illil, Mina, Chéliff. Les plaines les plus importantes à l'Est du Chéliff sont les plaines côtières de la Métidja et d'Annaba, et les plaines plus élevées de Ouennougha, Medjana, Sédrata, Sétif, Eulma, Abel-en-Nour, Constantine, Aïn-Beida, Tébessa.

La crête Sud du grand plateau est formée par une suite de montagnes beaucoup plus élevées que celles du Tell et qui constituent ce qu'on nomme la chaîne saharienne ou Atlas Saharien. Les principaux massifs de cette chaîne sont, de l'Ouest à l'Est : le Ksel, le Djebel Amour, le Sénatba, les montagnes du pays des Sahari et des Ziban, et enfin la grande chaîne de l'Aurès qui, aux environs de Tébessa, se joint au massif de Constantine. Les flancs méridionaux de la chaîne Saharienne, très escarpés, forment la descente vers les oasis du Sahara. Quelquefois la chaîne côtière de la Méditerranée s'appelle le Petit Atlas; la crête Nord des grands plateaux, le Moyen Atlas; et la chaîne Saharienne, le Grand Atlas.

Les massifs de montagnes les plus importants de l'Algérie (exception faite des massifs sahariens) sont, dans l'ordre décroissant des hauteurs : 1° l'Aurès, qui a la cime du Tchélia (2238 m) et le Mahmel presque aussi élevé: 2° le Djurdjura, qui possède le Lella-Khédidja (2308 m); 3° l'Ouarsénis (1985 m); 4° le Babor, dans lequel le Grand Babor atteint 1979 m; 5° les monts de Tlemcen avec le Tnouchfi (1842 mètres) et le Toumzaït (1589 m); 6° le Dira (1810 m); où l'on remarque le Kef-el-Akdar ou Titéri (1464 m); 7°les monts de Thaza, dont un pic, l'Achaoun, a 1804 m, et un autre, le Teniet-el-Hâd, 1158 m; 8° les monts de Blida, où se voient le Beni-Salah (1640 m) et le Mouzaïa (1604 m); 9° le Zaccar (1570 mètres).

Géologie.
La constitution géologique de l'Algérie présente une remarquable uniformité. A la base du sous-sol accessible règne une couche mince, mais discontinue, de roches éruptives, granit, porphyre, amphibole. En un petit nombre de points, elle est recouverte de lits de gneiss, de micaschistes et de calcaire cristallisé, roches métamorphiques des terrains paléozoïques. Mais la presque totalité du sous-sol appartient aux terrains mésozoïques. Le système jurassique y est à peine représenté. Le terrain crétacé inférieur y prédomine de beaucoup et on y constate aussi la présence du Crétacé supérieur. Sur les plaines s'étend un manteau formé soit d'alluvions, soit de terrain éocène. Les roches du Crétacé inférieur consistent surtout en calcaire compact, en marnes et en grès. Ces masses sont en général de couleur noire ou d'un brun très foncé, ce qui donne à l'Algérie du Nord l'aspect d'un terrain calciné. Cette impression résulte principalement de la vue des gorges et des érosions des montagnes. Une telle constitution minéralogique exclut nécessairement la présence des terrains volcaniques à la surface du sol; aussi ces derniers n'y entrent-ils qu'en quantité insignifiante. Cependant le granit, le porphyre et le basalte forment le massif de l'Edough, et la partie du Zaccar qui est au Nord-Ouest d'Alger

Dans presque toute l'étendue du Tell, le sol arable, très profond, est argilo-calcaire, mais toujours mélangé d'une proportion plus ou moins considérable de sable. Ce sol, lorsqu'il peut être irrigué, est d'une étonnante fertilité, à condition cependant que le sable n'y soit pas prédominant.

L'Algérie est riche en matériaux propres aux constructions : les calcaires, les grès, l'argile plastique y abondent; le gypse y est très commun et d'excellente qualité, et même les terrains mésozoïques sont traversés de filons d'où l'on extrait des minerais de cuivre, de plomb, de zinc, d'antimoine, de mercure et de fer. Ces gîtes métallifères sont extrêmement nombreux dans toute l'étendue du Tell. 

Le sel gemme et le sel recueilli dans les sebkha sont de même l'objet d'un commerce important. Le Tell est d'une richesse extrême en eaux, thermales et minérales de toutes natures, désignées par des noms composés dont le premier élément est Aïn (source) ou Hammam (bain chaud).

Le sol-sol algérien renferme par ailleurs d'importantes réserves de pétrole et de gaz naturel. Les gisements se trouvent dans le Sahara : à Hassi R'mel, près de Ghardaïa, pour le gaz; à Hassi Méssaoud et à In Amenas, pour le pétrole.A quoi il convient d'ajouter les grandes réserves d'eau du Sahara, réfermées dans des nappes à grande profondeurs, et qui elles aussi sont exploitées.

L'hydrographie.
Au point de vue hydrographique, l'Algérie se partage en deux versants et en un bassin intérieur. Les deux versants sont ceux du TeIl et de l'Atlas saharien; le bassin intérieur comprend les cours d'eau du plateau qui se déversent dans les chott.

Le versant du Tell n'a pas de fleuves proprement dits, mais des cours d'eau torrentiels démesurément grossis en hiver et plus ou moins à sec en été. Ces cours d'eau ont une pente extraordinaire, Ils traversent les différentes arêtes longitudinales du pays dans des gorges étroites et profondes où ils bondissent de cascade en cascade et où il est souvent facile, par des barrages, de retenir leurs eaux. Ces cours d'eau s'appellent des oued et leurs sources des aïn.

Les principaux cours d'eau du Tell sont, en allant du Sud-Ouest au Nord-Est : la Tafna, grossie de l'Isser occidental; le rio Salado, au Sud-Ouest de la sebkha d'Oran; la Macta, qui naît d'un marais où viennent se joindre le Sig et l'Habra ou Oued-el-Hammam, et a son embouchure au fond de la baie d'Arzew; le Chélif, le géant des fleuves du Tell, qui, par une exception unique, prend sa source sur le revers septentrional du Djebel-Amour, traverse la région des plateaux, franchit au-dessus de Boghar, par de belles cascades, le rebord septentrional de ces plateau; puis tourne à l'Ouest et coule parallèlement à la mer qu'il atteint au Nord de Mostaganem. Son principal affluent est la Mina, qui descend des montagnes de Tiaret. 

Viennent ensuite : le Maazafran, qui se forme dans le Zaccar et reçoit la Chiffa, la rivière de la Métidja; l'Isser oriental; le Sébaou, qui naît dans le Djurdjura; l'OuedSahel, qui commence au Sud d'Aumale, reçoit sur sa rive droite l'Oued-bou-Sélam et tombe dans la mer à Bejaia; le Djindjen, qui a sa source dans le Babor et arrive dans la Méditerranée à l'Est de Jilel; le Roumel, qui passe à Constantine, et reçoit le Bou-Merzouy et l'Oued-Endja; le Safsaf, grossi du Zéramma, qui se jette dans la Méditerranée à l'Est de Skikda; l'Oued-Sanedja ou Oued-el-Kébir; la Seybouse, grossie de l'Oued-Zénati et se jetant dans la mer à Annaba; la Mafrag, qui tombe dans la mer à l'Est d'Annaba; et la Mentjerda avec son principal affluent le Melteg, finissant tous les deux en Tunisie. Tous ces fleuves torrentiels reçoivent de nombreux affluents dont le régime des eaux est semblable au leur. 

Le Tell possède dans le bassin de la Seybouse plusieurs lacs, dont le plus important était le lac Iezzara, mais qui est maintenant desséché. En outre, un grand lac salé en tout semblable à ceux des plateaux, la sebkha d'Oran, existe au Sud de cette dernière ville.

Le grand bassin intérieur des hauts plateaux est arrosé par des cours d'eau dont les uns naissent sur le sol même des plateaux, et dont les autres descendent soit de la chaîne Tellienne, soit de la chaîne Saharienne. Plusieurs de ces cours d'eau, gonflés par les pluies d'hiver, demeurent à sec en été. Un certain nombre n'ont pas de récipient et se perdent dans le sol; mais la plupart finissent dans les lacs salés temporaires connus sous les noms de chott, de sebkha et de guérah. Nous avons déjà dit un mot de ces lacs, alignés du Sud-Ouest au Nord-Est parallèlement au rivage de la Méditerranée et dont l'altitude va en diminuant depuis le Maroc jusqu'à la plaine de Constantine. Chacune de ces masses d'eau forme un bassin particulier. En conséquence, indépendamment de la pente générale des plateaux dont l'ensemble s'incline vers le Nord-Est il y a autour de chaque chott des pentes convergentes vers le centre de chaque bassin. Très abondantes en hiver, les eaux des lacs salés s'évaporent complètement l'été et déposent alors sur le sol une couche de sel plus ou moins épaisse. Du Maroc au cours du Chéliff, ces lacs sont très encaissés. En dehors de la saison des grandes eaux, chacun d'eux est guéable sur plusieurs points. 

Les principaux lacs salés sont le chott Occidental, long de 45 km, large de 5 à 11 km, dont la moitié occidentale appartient au territoire marocain et la moitié orientale au territoire algérien; le chott Oriental, situé à une altitude de 1000 m, long de 140 km, large de 10 à 20 km et où se déversent des cours d'eau souvent à sec en été. A l'Est du Chéliff, on rencontre successivement : le Zahrez occidental, long de 45 km, large de 5 à 7, qui ne reçoit que des cours d'eau peu importants et se trouve à une altitude de 857 mètres; le Zahrez oriental, longueur 36 km., largeur 14 km, à l'altitude de 840 m, Ces deux Zahrez ne reçoivent que de médiocres cours d'eau. Vient ensuite le Chott-el-Hodna, à l'altitude de 400 mètres. Il constitue un bassin important, arrosé par de nombreux cours d'eau, et dont le sol a la fécondité du Tell. Ses principaux tributaires sont sur la rive Nord : l'Oued-Ksab, grossi de l'Oued-Teïada et de l'Oued-Legoumen; puis, l'Oued-Chellal. Au Sud, coulent l'Oued-Chaïr et l'Oued-Bou-Saada. Un seuil assez haut sépare le Chott-el-Hodna des lacs les plus orientaux, parmi lesquels sont : le Chott-Tinsilt et le Chott-M'zouri. presque contigus, et entre lesquels passe la route de Constantine à Batna. Les eaux du premier déposent l'été du sulfate de soude et celles du second, du sel. Au Sud de ces chott est la Sebkha-Djendéli, qui reçoit l'Oued-Chémora. Enfin, sur le plateau qui s'étend entre le versant Nord de l'Aurès et les
montagnes du Sud-Est de Constantine, se trouvent le Guérah-el-Mar'sel, le Guérah-Ank-Djémel, le Guérah-el-Guellif et le Guérah-el-Tharf. Ce dernier, le plus important, a son bassin arrosé par l'Oued-Ouihman, affluent qui vient du Nord-Est par l'oued d'Aïn-Khenchéla et par le Bou-Fréis. Le bassin du Tharf est l'un des plus dénudés de l'Algérie.

Le climat.
Le climat du Tell est celui de tout le bassin méditerranéen : mais la température varie naturellement suivant l'altitude des localités. Pendant les hivers les plus froids, sa moyenne varie de + 3 °C à + 8 °C; cependant, dans certains lieux très élevés, elle s'abaisse jusqu'à 2 °C ou 3°C. L'été, les plus fortes chaleurs ne dépassent pas 35°C ou 38°C à l'ombre; lorsque le sirocco souffle, elles peuvent aller jusqu'à 40 °C. L'hiver est très pluvieux : les pluies sont presque continuelles du mois d'octobre au mois de mai. Par contre, l'été est très sec, et de mai à octobre il ne tombe que quelques rares et courtes averses. La hauteur des pluies augmente de l'Ouest à l'Est. Le vent qui domine en hiver est celui du Nord-Ouest; en été, la direction des courants aériens est fort variable. C'est dans cette saison que le sirocco, vent du Sud-Est, fait sentir sa pernicieuse, influence. L'été, des rosées abondantes suppléent à l'absence des pluies. La neige est rare et presque inconnue sur tout le littoral; mais il n'en est plus ainsi dans les hautes montagnes, et elle persiste sept à huit mois sur les sommets du Djurdjura. 

La région des hauts plateaux jouit d'un climat continental. Il y a en hiver des froids de -5°C à -10°C et même au delà, et l'été, on y constate jusqu'à 48 °C à l'ombre; les pluies y sont plus abondantes que dans le Tell. Des vents violents balayent la contrée en hiver et la neige y est commune dans cette saison

La végétation.
Quoique n'étant plus aussi boisé qu'autrefois, le Tell est encore riche en forêts, puisque celles-ci couvrent la dixième partie de sou territoire. L'Est est bien boisé dans toutes ses parties montagneuses. Son littoral même est garni de belles forêts, telles que celles de Collo, de Skikda, d'Annaba et d'El Kala. A mesure qu'on monte vers la chaîne Tellienne, on trouve le pays plus boisé, et l'un des plus grands masses forestiers d'Algérie, celui des environs de Batna. C'est que Batna, quoique appartenant à la région des plateaux, peut être considéré comme une terre tellienne à cause de sa position au pied de l'Aurès. 

Un certain nombre de forêts du Tell sont formées d'essences mêlées, mais beaucoup d'autres ne sont composées que d'une seule essence. Les principaux arbres qu'on rencontre dans les forêts sont : le chêne-liège, très abondant dans l'Est; le chêne verts ou yeuse, qui forme des massifs considérables dans la partie Sud du Tell; le chêne zéen; le chêne à glands doux; le chêne à feuilles de châtaignier; le cèdre, qui peuple des forêts entières dans le Sud de la région cebtrale du Tell, aux environs de Batna, sur divers points de l'Aurès, dans le Djurdjura, et principalement dans la province de Constantine; le pin d'Alep, très répandu dans tout le Tell; le thuya articulé, assez commun à l'Ouest et à l'Est; l'olivier sauvage qui forme des forêts aux environs d'Annaba; l'orme et le frêne, assez peu répandus. Des broussailles de lentisques, d'arbousiers, de jujubiers, etc., couvrent des espaces considérables. 

A côté des forêts, il faut mentionner les plantations d'eucalyptus. Le Tell est, par excellence, la terre propre à la production des céréales. La moisson a lieu dès la seconde quinzaine de mai. L'orge joue un rôle dans l'agriculture du Tell. Diverses espèces de sorgho ou bechna fournissent des graines très nourrissantes et des tiges qu'on utilise comme fourrage. Dans toute la région du Tell, il y a des vignes dont les vins rivalisent avec ceux d'Espagne et de France. Les vendanges ont lieu d'août à septembre. Sur tout le littoral, la culture maraîchère est très développée; elle fournit des primeurs en artichauts, petits pois, haricots verts, choux-fleurs, asperges, oignons, tomates, melons, pastèques, etc. Les fèves, les haricots, les lentilles couvrent de vastes espaces. La pomme de terre donne deux récoltes par an. Quant aux betteraves, aux carottes, aux patates, elles ne sont cultivées que dans les jardins. La culture du cotonnier réussit particulièrement sur les terres légèrement salées des plaines du littoral. 

Tous les arbres fruitiers de l'Europe centrale et méridionale se sont admirablement acclimatés dans le Tell. Cette terre est, en outre, très apte à la culture des orangers et des citronniers. Le figuier est une des grandes ressources de tout le littoral, surtout de la Kabylie; les fruits du figuier de Barbarie sont également appréciés. Les jujubiers, caroubiers, arbousiers, pistachiers, sont abondants dans tout le Tell. Le grenadier est cultivé dans les jardins. Le Tell a de bonnes prairies naturelles formées de Graminées, de Légumineuses  et de composées. Les prairies artificielles consistent eu sainfoin excellent et en luzerne. Dans les terres bien irriguées, on peut faire de cette dernière plante huit à dix coupes par an. Le pays des hauts plateaux ne produit naturellement que des broussailles, mais on y a introduit deux graminées, l'alfa et le sparte, qui y réussissent. 

La faune.
Les animaux sauvages les plus remarquables de l'Algérie et particulièrement du Tell sont, parmi les mammifères,  l'hyène, qui habite les ravins boisés et le creux des rochers, le chacal, que l'on rencontre dans les fourrés et les creux des rochers, le mouflon à manchettes, qui peuple les lieux escarpés et est d'une agilité extraordinaire, les gazelles dorcas et corinne, le cerf et le daim encore présents dans les forêts de l'Est, le sanglier, qui est présent dans toutes les parties boisées de l'Algérie. Parmi les espèces animales plus petites, on cite plusieurs sortes de renards, la mangouste, la genette de Barbarie, la gerboise, le chat serval, le chat sauvage, le caracal, le putois boccamèle et la zorille. La loutre pêche dans tous les cours d'eau du Tell; le hérisson, le porc-épic huppé, sont aussi assez communs. Les lièvres, les lapins, etc., abondaient autrefois; mais le plomb des chasseurs en a restreint la multiplication. La famille des singes est représentée dans le Tell par le magot commun, qui habite surtout les bois de la grande Kabylie, ainsi que les gorges de la Chiffa et de l'Isser oriental.

Indépendamment des oiseaux propres à tout le bassin de la Méditerranée, on doit citer dans le Tell l'outarde blanche ou poule de Numidie, et la Cigogne, très abondante et fort respectée dans cette région. 

Les reptiles sont représentés, dans le Tell, par une tortue de terre commune dans les broussailles, les bois et les dunes; deux tortues aquatiques, la Testudo lutaria qui hante les rivières, et l'Emys leprosa qui habite les cours d'eau, les mares et les marais. La caouane, grande tortue de mer, est présente sur tout le littoral; le caméléon et le gecko des murailles se rencontrent partout. On trouve en Algérie plusieurs espèces de lézards, entre autres le grand lézard vert dont le Tell et les hauts plateaux constituent l'habitat. De nombreuses espèces de serpents peuplent toute l'Algérie : l'Echidna mauritanica, belle vipère de grande taille, se trouve aux environs de Djella et de Lagbouat; l'aspic, dont la morsure est si redoutable, existe dans le Djurdjura et dans l'Édough. 

Au nombre des insectes et des autres arthropodes de l'Algérie, nous citerons : les abeilles; la mygale de Barbarie; une espèce de tarentule (Araignées); six ou sept espèces de scorpions, qui infestent surtout le Sud. Les sauterelles sont, pour l'ensemble de l'Algérie, un véritable fléau. Elles forment parfois des nuages compacts de 9 à 10 kilomètres de longueur, et ne laissent rien subsister des récoltes dans les champs où elles s'abattent. 

Les mollusques algériens sont les mêmes que ceux du bassin de la Méditerranée. Il y a peu d'espèces de poissons dans les rivières. Cependant les barbeaux et les anguilles y sont très communs. Une espèce de truite a été découverte dans l'Oued Zhour. Les éponges abondent sur les côtes

Le Sahara.
Au pied du versant Sud de l'Atlas Saharien commence le Sahara. C'est une région au relief assez accidenté, un pays de plateaux, creusé par places de dépressions, mais aussi surmonté de hauts massifs de montagnes. Ceux-ci sont autant de noyaux de terrains anciens (reste de la plate-forme précambrienne) autour desquels sont disposés en cercles à peu près concentriques des terrains de plus en plus récents (phanérozoïques).
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Algérie : Taghit.
Taghit, un village du saahar algérien. Photos : The World Factbook.

On peut ainsi distinguer dans la partie algérienne du Sahara plusieurs zones de hauts reliefs. La principale se trouve sur la route qui mène de l'Algérie au Niger. C'est le massif de l'Ahaggar (ou Hoggar). Celui-ci, formé de grès et en partie de terrains volcaniques, porte jusqu'à 3000 mètres, dans sa partie sud (massif du Takor, qui est un petit centre hydrographique d'où les ouaddi rayonnent en étoile), ses cimes du Tahat (point culminant de l'Algérie) et de l'Ilaman. Partout le paysage, par les montagnes coniques, par les noires coulées de basalte, par les petits lacs cratères, porte l'empreinte de l'activité volcanique. A l'Est du massif de l'Ahaggar, s'étend, formant non un pâté de montagnes arrondi, mais une longue croupe orientée du Nord-Ouest au Sud-Ouest, le Tassili N'Ajjer, plateau qui dépasse 1000 mètres et surmonté de sommets qui atteignent les 2000 à 2200 m.

Hydrographie.
La zone septentrionale du Sahara, d'une altitude assez considérable, est la région des Oasis, parcourue par les torrents qui descendent des massifs de l'Atlas saharien. Remplis d'eau en hiver; complètement à sec l'été, tantôt ces torrents s'évanouissent en s'infiltrant dans les sables du désert, tantôt ils parviennent à quelque dayat, bas-fond où s'accumulent les eaux des pluies hivernales. Quantité de ces torrents ont un cours souterrain au-dessous des sables superficiels du sel, et on en fait jaillir l'eau en forant des puits artésiens autour desquels ne tardent pas à se créer des oasis. 

Les principales dayat sont : la Dayat-Moustéir, dans les plaines des Habilat; la Dayat-el-Hamra, où de perd l'Oued-Seggueur; la Dayat-el Khahla, qui reçoit l'Oued-Zergoun provenant du Djebel Amour. Au Sud de Constantine apparaissent de nouveau des sebkha et des chott analogues à ceux des plateaux. Tels sont les Sebkha d'Ouargla, Safioun, les chott Mouila, Mourgui, etc. La Sebkha-Safioun reçoit les eaux du Mzab, l'Oued-en-Nessa, l'Oued-Mzab, etc. La Sebkha-Ouargla reçoit l'Oued Mia. Mais le bassin le plus étendu du Sahara algérien est celui des grands chott du Sud-Est qui se succèdent du pied Sud de l'Aurès jusqu'au golfe de Gabès (Tunisie). Ils sont situés dans la partie la plus basse d'une dépression profonde dont le niveau est intérieur à celui de la Méditerranée. Les principaux de ces chott sont le chott Melrhir, où se trouve le point le plus bas du pays (-40 m), les chott Gharsa, Djérid et Fedjedj en Tunisie.

Le chott Melrhir, dans la saison des grandes eaux, reçoit les oued Biskra, El-Abiod et El -Arab qui se précipitent de l'Aurès; l'Oued-Djédi, le plus considérable des cours d'eau sahariens, qui descend des sommets du Djebel-Amour et tourne à l'Est pour longer le pied de l'Atlas Saharien; enfin, l'Oued-Itel, qui naît en plein désert. Tous ces tributaires du Melrhir ne parviennent pas à ce chott pendant la saison sèche, et disparaissent alors dans les sables avant de l'atteindre. L'Oued-Ighaghar, qui descend du plateau des Touareg, coule sous le sol, du Sud au Nord, traverse les oasis de l'Oued-Righ et vient déboucher à la pointe Sud du chott Melrhir. Il est presque toujours sans eau,  mais dessine une vallée bien caractérisée.

Qu'on ajoute à cette description sommaire du Sahara les dunes qui s'alignent dans les régions de l'Ouest et du centre (ergs), les grandes plaines caillouteuses (regs), les gour ou masses de roches dominant la  plaine sablonneuse, les oasis, pourvues de sources et de puits artésiens et dans lesquelles s'élèvent les ksour, villages fortifiés, les grandes installations autour des puits de pétrole, qui, la nuit, illuminent par endroits le désert, et l'on aura une idée exacte de la région saharienne de l'Algérie.

Le climat du Sahara.
Le Sahara possède un climat continental. En hiver, le thermomètre y descend jusqu'à -3°C; mais, l'été, la température peut atteindre à l'ombre jusqu'à 58°C. Les journées y sont alors brûlantes; quant aux nuits, elles sont très fraîches et même froides et présentent quelquefois des températures au-dessous de zéro. La pluie est à peu près inconnue dans cette région; mais il peut neiger à Ghardaïa.

La flore et la faune.
Le Sahara  vit de la culture des palmiers dattiers et des amandiers. Les dattiers couvrent les 400 oasis qui existent au Sahara, et entre autres les importantes oasis des Ziban, de l'Oued-Righ et du Souf, du Mzab et des Ouled-Sidi-Cheikh.

Les dromadaires sont les animaux domestiques les plus répandus. Quant aux animaux sauvages particulièrement propres au Sahara, ce sont renard fennec, l'alcélaphe bubale et le boeuf sauvage, sorte d'antilope de la taille d'un veau, l'antilope addax, herbivore des parties les plus désertes du Sahara, et dont la longueur du corps atteint environ 2 mètres. Trois espèces principales de félidés font partie de la faune saharienne. Ce sont : le guépard, le chat libyen et le margarita. Au nombre des lézards du Sahara, nous citerons le varan, quelquefois long de 1,50 m, et le scinque officinal. Le Sahara nourrit des serpents dont la morsure est très venimeuse. Les plus dangereux sont; la vipère cornue ou céraste, la vipère minute et le Cobra habia. (GE).

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