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00 N, 40 00 W |
Le Groenland
est une vaste terre polaire arctique, située au Nord-Est du continent
de l'Amérique
du Nord, dont elle est complètement séparée par la
mer. Elle est presque toute couverte d'une épaisse cuirasse de glace,
l'inlandis (81% de la surface du Groenland), aboutissant sur les côtes,
presque partout abruptes, à de longs glaciers d'où se détachent
les plus gros icebergs flottant sur les mers. Le Groenland commence par
83° 40' de latitude Nord (le cap Morris Jessup, son point le plus septentrional
n'est qu'à 700 km du pôle Nord), mais est flanqué au
Nord d'autres terres encore plus septentrionales (île Lockwood, Melville
Land, etc.), s'étend au Sud jusqu'au cap Farewell, par 60° de
latitude Nord environ. Quoique cette latitude soit bien inférieure
an cercle polaire, le Groenland appartient tout entier, avec la mer qui
l'enveloppe, à la région polaire.
Avec une longueur
du Nord au Sud de 2000 kilomètres, et une largeur moyenne de 1050
kilomètres, cette masse terrestre occupe 2 166 086 kilomètres
carrés. Elle a une forme triangulaire marquée. Au sud elle
s'effile dans l'Océan Atlantique,
au Nord son rebord large se soude à l'immensité de la banquise
polaire. Le contour de cette île est assez accidenté, la côte
forme des saillants prononcés et engendre des presqu'îles.
La partie occidentale est plus riche en articulations que la partie orientale,
on y distingue les presqu'îles de Hall, Washington, Prudhoe, les
golfes de Kane et d'Ingrefield, la baie de Melville. La côte Est,
par contre, est entaillée par des fjords considérables :
fjords du Roi Oscar, de l'Empereur François-Joseph. Au large une
foule d'îles et d'îlots lui forment cortège, Clavering,
Ymer, etc. Les fjords jouent un rôle important dans la formation
des icebergs, on n'exagère pas en les appelant des usines d'icebergs
En effet les exutoires de la glace continentale y aboutissent. Les blocs
sont alors disloqués et coupés en morceaux; alors ils passent
un hiver dans le fjord pour être lâchés au dehors lors
de la fonte et de la dislocation de la banquise.
Sous la couverture
de glace se cache un sol très ancien, qui prolonge vers l'Est le
Bouclier canadien. Il est composé de vieilles roches de granit et
de gneiss, de schistes cristallins et de masses éruptives des plus
anciennes qu'on connaisse, enfin de sédiments archaïques qui
ont donné naissance à des grès rouges et durs.
La surface du Groenland
se présente sous un aspect nu et désertique, avec un relief
aux formes raides et brusques. Dans la partie occidentale les masses blanches
se dressent jusqu'à 1800 mètres, elles sont plus élevées
et plus raides encore du côté Est, arrivant à des altitudes
dépassant souvent les 2000 à 2500 m; le point culminant (Gunnbjorn)
étant même de 3700 m. La couverture de glace et de neige
descend jusqu'à 1500 mètres sur les bords. Les glaciers en
allant à la mer étalent une série de moraines parmi
lesquelles se loge une ceinture de lacs. L'intérieur est couvert
d'une calotte glaciaire épaisse et continue, l'inlandsis. Là
encore se marque une notable différence entre Levant et Couchant,
car cette calotte est beaucoup plus avancée et de dimensions plus
considérables à l'Est qu'à l'Ouest. La partie orientale
laisse peu de place aux établissements humains, mais la région
occidentale a une bande de terre appréciable dégagée
de l'enveloppe glacée. En effet, en arrière de la côte
s'étale un sol caillouteux formé par les moraines avec des
placages fréquents de limon, et c'est seulement en arrière
de celle-ci que la glace règne exclusivement. La surface de l'inlandsis
est très accidentée avec des saillants rocheux et des dépressions
dues à l'érosion des eaux de fonte. Les lacs y sont nombreux
et souvent de dimension considérable. Cependant l'aspect général
de la calotte glaciaire est celui d'un vaste haut-plateau.
L'Histoire
du Groenland. - Les plus anciennes traces de présence humaine
au Groenland remontent à plus de 3000 ans av. J.-C. D'autres
vagues de peuplement ont suivi, dont l'origine et le devenir sont très
mal connu. L'histoire devient plus assurée avec les premiers établissements
européens, à peu près contemporains de l'arrivée
des Inuit actuels (Thuléens), qui remontent à 986
, c'est-à-dire à la fondation de la première colonie
par le Viking
Éric le Rouge
ou Eirik Raudé. Quelques années plus tard, Leif, fils d'Éric,
ayant fait un voyage en Norvège ,
y fut reçu favorablement du roi Olaüs Trygveson, à qui
il peignit le Groënland des couleurs les plus avantageuse. Olaüs
venait de se faire chrétien, et était animé du zèle
le plus ardent pour répandre dans le Nord la religion qu'il avait
embrassée. Il retint Leif à sa cour pendant l'hiver, et fit
si bien, qu'il le persuada de se faire baptiser.
Au printemps, il
le renvoya au Groenland, accompagné d'un prêtre qui devait
l'affermir dans sa nouvelle foi, et tâcher de la faire recevoir à
la nouvelle nation. Éric fut d'abord très offensé
de ce que son fils avait abjuré le culte de ses pères; mais
il s'apaisa enfin; et le missionnaire, aidé de Leif, ne tarda pas
même à lui faire adopter, ainsi qu'à toute la colonie,
le christianisme .
Avant la fin du Xe siècle,
il y eut déjà des églises au Groënland; on érigea
même un évêché dans la nouvelle ville de Gardar,
la principale du pays, et où les Norvégiens allèrent
longtemps commercer. Peu de temps après, les Groenlandais se multipliant,
on fonda une autre petite ville nommée Albe, et un cloître
en l'honneur de saint Thomas. On connu aussi ces colonies sous le
nom d'Eystribygd et Vestribygd. Elles étaient toutes deux sur la
côte occidentale, séparées par un espace inoccupé
(Ubygder).
La population prospéra
rapidement, sous la protection du roi de Norvège ,
Olaf; encore d'autres églises s'y élevèrent, et un
évêque s'y établit, à Gardar, près de
Brattahild (1126). Les colons avaient du bétail, des chevaux
et vivaient aussi de pêche et de chasse. Leur nombre s'élevait,
croit-on, à environ 10 000. L'Eystribygd comprenait, au XIIIe
siècle, 12 églises et 190 établissements ; le
Vestribygd, 4 églises et 90 établissements. Les Groenlandais,
qui reconnaissaient les rois de Norvège pour leurs souverains, et
leur payaient un tribut annuel, voulurent inutilement s'affranchir de cet
impôt en 1261. Ces colonies déclinèrent à
partir du XIVe siècle et
disparurent au XVe. Les causes de
la ruine de cette première colonie groenlandaise furent la peste
noire
(1348) qui fit périr une grande partie de la population,
l'interdiction du commerce privé, édictée par le gouvernement
danois, et probablement aussi un refroidissement du climat. A la fin du
XIVe
siècle, les Inuit détruisirent les établissements
du Vestribygd; en 1418, des pirates anglais saccagèrent ceux
de l'Eystribygd. Le souvenir seul des colonies subsista.
A plusieurs reprises,
les rois du Danemark
envoyèrent des expéditions pour la rechercher, lorsque la
découverte de l'Amérique
eut popularisé l'idée d'un passage du Nord-ouest. On cherchait
la colonie sur le littoral oriental, ou on ne trouva rien. On trouvera
ailleurs ( L'exploration de l'Arctique
) le récit des explorations successives qui renouvelèrent
la connaissance du Groenland, jusque dans les premières décennies
du XXe siècle. Alfred Wegener ,
le promoteur de l'idée de la dérive des continents mourut
au Groenland lors de l'un de ces explorations, en 1930.
La pêche de
la baleine attira de nouveau les marins européens fut ces parages.
La seconde colonisation du Groenland fut l'oeuvre du missionnaire Hans
Egede .
Il fonda la colonie de Godthaab (1721); ses missions se maintinrent,
tandis que la colonie pénitentiaire fondée par le gouvernement
(1728) échouait. Le commerce concédé à
une compagnie en 1750, puis organisé ainsi qu'il a été
dit ci-dessus en 1782, prit une certaine extension. Le déclin
de la pêche de la baleine l'a fait rétrograder.
Pendant la Seconde
Guerre mondiale, des stations météorologiques ont été
construites le long de la côte orientale du Groenland. La position
stratégique de l'île a ensuite été mise à
profit au cours de la Guerre froide, avec la construction, à partir
de 1951, par les États-Unis
d'une grande base aérienne, du nom de Thulé, dans le Nord-Ouest.
Jean Malaurie a témoigné des effets brutaux de cette irruption
sur les populations de la région ( Les
Derniers rois de Thulé, coll. Terre humaine, Plon, 1955). Un
réseau de radars sur l'inlandsis s'est ajouté à la
base vers la même époque. Restée colonie du Danemark
jusqu'en 1953, le Groenland est devenue à cette date part
intégrante du royaume danois. Il a rejoint la Communauté
européenne (aujourd'hui Union européenne) en 1973,
mais s'en est retiré en
1985, à la suite de conflits
au sujet des quotas de pêche jugés trop contraignants.. Entre-temps,
le Groenland avait été doté, en 1980, d'un
gouvernement autonome (après une loi votée par le parlement
danois l'année précédente). Le Danemark a toujours
en charge la politique étrangère et la Défense du
Groenland. (A. M. B.).
Le climat du Groenland
est un des plus froids qu'on connaisse. La température moyenne reste
au-dessous de 0°C. C'est l'emplacement d'un des deux pôles de
froid de l'hémisphère Nord (l'autre étant en Sibérie).
Il y a cependant des différences entre Est et Ouest, entre Nord
et Sud, enfin entre l'intérieur et les côtes, différences
conditionnées par l'influence océanique. L'intérieur
a une température de -40°C en hiver, -2°C en été,
pendant que la côte a entre - 8°C et + 8°C, ceci pour le
Sud. Dans le Nord le mois d'août atteint -19°C à l'intérieur,
-8° sur la côte. Les variations sont considérables au
coeur de l'île, moyennes sur son bord; la situation continentale
s'oppose au climat maritime atténué. Pendant l'hiver se produit
à l'intérieur un curieux phénomène de foehn
(vent chaud), qui amène avec lui de véritables catastrophes.
Les précipitations sont rares, inexistantes presque à l'intérieur.
Elles surviennent au mois de mars sous forme de tempêtes de neige,
durant souvent 4 et 5 jours.
La végétation
fuit naturellement l'intérieur, mais se développe avec opiniâtreté
sur la côte. Les vallées sont envahies par des toundras. Les
arbrisseaux
sont assez abondants pour former de petites forêts. Les fjords, bien
abrités, sont leur site de prédilection et les bouleaux,
les aulnes et les saules élèvent leurs cimes jusqu'à
quatre mètres. La côte Est cependant n'a pas d'arbres .
La période chaude est embellie par une flore
aussi abondante qu'éphémère. Rennes, boeufs musqués,
loups, renards, lapins et ours blancs
représentent la faune terrestre; la faune
pélagique comprend les baleines ,
les phoques et enfin les harengs. La faune ailée, elle aussi, est
très abondante.
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Source
: The World Factbook 2005.
La vie économique
du Groenland a toujours été très médiocre,
nourrissant péniblement ses habitants, et s'est longtemps bornée
à l'expédition de lard, de graisse, de peaux de phoques et
de plumes d'oiseaux ,
enfin d'huiles et de dents. Aujourd'hui encore, cette économie dépend
de façon critique des exportations des poissons
et de l'appui substantiel du gouvernement danois, qui fournit environ la
moitié des revenus du pays. Le secteur public, y compris des entreprises
possédées par les municipalités, joue le rôle
dominant dans l'économie. Le plomb et le zinc sont exploités
de longue date, ainsi que la cryolithe (à Ivigtut). Mais c'est surtout
la prospection d'hydrocarbures et de divers autres minerais, qui a ouvert
ces dernières années des perspectives vraiment intéressantes.
On s'attend cependant à ce que cela prenne un certain temps avant
que la phase de production puisse être lancée. Le tourisme
est le seul secteur offrant un certain potentiel à court terme,
même s'il est limité par une saison estivale courte et des
coûts élevés. |
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