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00 N, 20 00 E |
Le Spitzberg (ou, en norvégien,
le Svalbard) est un archipel de l'Océan
glacial arctique composé de quatre grandes îles et d'une
multitude de petites îles d'un superficie totale d'environ 62 000
km², toutes plus ou moins couvertes de hautes montagnes et de glaciers.
Ces îles s'étendent d'une manière irrégulière
entre 76° 30' et 80° 50 de latitude Nord et de 10°30' à
37° de longitude Ouest.
Les îles du Spitzberg se composent
essentiellement d'une grande terre, de forme triangulaire, allongée
vers le Sud, terminée en pointe (cap Sud); trois autres grandes
îles émergent de l'Océan le long de la côte orientale
de cette terre; elles portent les noms de : Terre du Nord-Est, Terre de
Barendsz, Terre des États. A l'Ouest du Spitzberg central, une seule
grande île, l'île du Prince Charles, occupe dans la mer une
position sensiblement parallèle à la côte dont elle
n'est séparée que par un canal étroit. Le voyageur
qui vient des côtes de Laponie rencontre d'abord l'île allongée
de l'Espérance, sorte de digue posée à l'extrémité
Sud-Est de l'archipel, le labyrinthe des Mille-îles, ou assemblages
d'écueils qui émergent sur un espace triangulaire, au Sud
de la Terre des États. Un canal immense sépare ces terres
du Spitzberg central, dont la côte Est est sensiblement unie; le
bord occidental, par contre, présente de nombreuses et vastes échancrures
dont les principales sont, en partant du Sud, le Hornsound, le Belsound,
le Eisfjord ou golfe des Glaces. Dans la partie Nord, la baie Widje s'avance
en fourche jusque vers le milieu de l'île. C'est aussi dans la presqu'île
formée par ce fjord et le détroit Hinlopen, à une
cinquantaine de kilomètres au Sud de la baie Treuernberg, que se
trouve le Newtontoppen, point culminant du Spitzberg, haut de 1717 m. Toute
la terre ferme est d'ailleurs parsemée de montagnes et de glaciers,
d'une altitude variable, 300 à 1100 m. La nature du terrain est
rocheuse; au Nord, le granit et le gneiss prédominent plus au Sud,
on rencontre des roches appartenant à toutes les séries des
âges secondaires, notamment le trias et le jurassique.
Certaines parties de l'archipel, notamment
le Sud-Ouest de la grande île, renferment les traces d'anciennes
végétations sous forme de fossiles
: peupliers, aunes, noisetiers, platanes, ce qui prouve qu'à une
certaine époque le climat du Spitzberg était à peu
près le même que celui de la Scandinavie vers le 60° degré
de latitude Nord. Quelques-unes des couches calcaires renferment de beaux
marbres. On connaît également l'existence, à quelques
milliers de mètres du rivage, d'importants gisements de houille
qui ont été exploité à partir du début
du XXe
siècle. A l'époque
on estimait à 8 milliards de tonnes les réserves de charbon.
Le principal gisement s'étalait sur 6000 kilomètres carrés.
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Source
: The World Factbook 2005.
Sur les côtes, on remarque aussi
la présence de roches volcaniques qui revêtent, par endroits,
les aspects les plus pittoresques. Elles se montrent généralement
sur les escarpements des falaises, sous forme de coupes et en nappes, et
se divisent en prismes irréguliers offrant de loin une certaine
ressemblance avec les colonnades basaltiques. La plupart des roches sont
cachées par la neige durant la majeure partie de l'année.
Dans les grandes vallées, les glaciers
descendent presque jusqu'à la mer; quelques-uns s'avancent même
en dehors des rivages. L'accès du Spitzberg, assez difficile sur
la côte occidentale, est presque impraticable sur la côte Est,
rendue plus aride par le courant polaire. Le climat est rude et l'hiver
règne d'une manière permanente depuis le milieu d'août
jusqu'au mois de juin. La moyenne de l'année est de l'ordre de -9°C
; la moyenne de janvier, environ -19°C; de juillet, +3,5°C. L'état
de la température varie assez sensiblement, suivant les latitudes,
et la pointe méridionale du Spitzberg jouit d'une différence
de 3° à 4°C par rapport au bord septentrional de l'archipel.
Conway a toutefois constaté, dans l'intérieur de la grande
île (30 juillet 1896), une température de 15°.
Histoire
du Spitzberg. - Atteint par les Vikings
dès le XIIe siècle ( Les
découvertes des Vikings )
, le Spitzberg a été redécouvert par Barendsz ,
en 1596. A partir de cette époque, les navigateurs qui approchèrent
ces îles eurent pour mobile la recherche d'un passage à travers
l'océan Glacial ou bien l'accès au pôle .
Quelques-uns pourtant entreprirent dans les parages du Spitzberg des campagnes
de pêche généralement assez fructueuses et dont devait
tirer parti également la reconnaissance scientifique du pays. A
cet égard, la France
n'a pas été étrangère aux progrès des
connaissances sur le régime des côtes du Spitzberg, puisqu'on
retrouve les traces de pêcheurs basques qui fréquentaient
les abords de la grande île, dès les premières années
du XVIIe siècle. Une étude de E.-T. Hamy ,
a mis en lumière les opérations, aux mêmes époques,
c.-à-d. durant la première moitié du XVIIe siècle,
de pêcheurs havrais et dieppois. Mais la plus grande somme des premières
connaissances acquises sur ces îles est due aux explorateurs anglais
et scandinaves. Elles appartiennent, presque toutes, au XIXe siècle.
La première reconnaissance scientifique des îles Spitzberg
remonte à l'année 1773. Elle fut accomplie par lord Mulgrave ,
dont le but était d'ailleurs l'exploration du pôle Nord. Scoresby
effectua, entre 1808 et 1823, dix-sept voyages à différents
points de l'archipel et fixa avec une certaine précision quelques-uns
de ses contours.
L'expédition
scientifique française de la Recherche pénétra
le 24 juillet 1838 dans le Belsound (77° 30' N). Elle choisit, l'année
suivante, pour ses études, la baie Magdalena, située sur
la côte septentrionale et à l'Ouest de la grande île.
Les nombreux fjords, baies ou détroits qui séparent les diverses
îles de l'archipel, découpent ou s'avancent à l'intérieur
des terres, ont été l'objet d'études très variées
durant la seconde moitié du XIXe siècle, principalement de
la part d'explorateurs scandinaves, A.-E. Nordenskjöld ,
Torell, Nathorst, etc. En 1880, G. Nordenskjöld, fils de A.-E. Nordenskjöld,
parcourut les glaciers de l'extrémité méridionale
de la grande île, entre le Hornsound et le Belsound. En 1892, Rabot
et Lancelin, tentèrent la traversée de la côte occidentale
de la grande île. Le manque de temps ne leur permit pas de s'avancer
loin dans l'intérieur. Parmi les explorations de détail,
il convient de citer aussi l'expédition fructueuse du prince
Albert ler de Monaco
(1899). Il a été réservé à un Anglais,
l'alpiniste justement renommé, Sir Martin Conway, d'accomplir la
première traversée du Spitzberg, de l'Ouest à l'Est
(juillet-août 1896). Cette expédition a rapporté une
grande quantité de fossiles
et de plantes
et permit d'établir sur des bases sérieuses les premières
données sur la constitution physique de l'intérieur des îles.
Un peu plus tard, (1898-1900) deux missions, l'une russe, l'autre suédoise,
opéraient dans le Spitzberg en vue de mesurer un arc de méridien
( L'histoire de la géodésie ).
D'autres expéditions scientifiques furent ensuite organisées
tous les ans durant la belle saison avec des résultats généralement
satisfaisants.
Au
début du XXe siècle, le temps des explorations était
pour l'essentiel terminé. L'archipel du Spitzberg, considéré
jusqu'à la fin du XIXe siècle comme terra nullius,
était depuis peu revendiqué par la Norvège
qui désirerait déclarer ces îles comme colonie norvégienne.
La Russie ,
également intéressée dans l'exploitation de ces îles
dont elle est la plus proche voisine, se refusa un temps à reconnaître
cette souveraineté. De fait, le temps était venu de l'exploitation
des ressources minérales, à commencer par le charbon, mais
aussi du tourisme, devenu une ressource déjà quelques années
plus tôt. Alors que, sauf quelques cabanes de pêcheurs avaient,
jusque là, été établies temporairement sur
les côtes, le Spitzberg ne possédait, jusqu'à l'année
1896, aucune habitation humaine. Mais cette année-là, un
hôtel fut édifié à Adventbay, ou baie de l'Avent,
dans l'Eisfjord (golfe des Glaces), presque au centre de la côte
occidentale de la grande île, et destiné aux touristes et
aux savants qui, tous les ans de plus en plus nombreux, se rendaient au
Spitzberg. L'hôtel, pourvu de tout le confort moderne et d'une imprimerie
spéciale destinée à la publication d'une gazette locale,
était ouvert durant les mois de juin et juillet. Durant ces mêmes
mois, un service régulier de paquebots fonctionnait entre la Norvège
et Adventbay.
Le
9 février 1920 un traité a accordé, sous la régulation
de la Norvège, à 41 signataires des droit égaux d'exploitation
des gisements minéraux de l'archipel. Dans les années 1920,
ce fut l'exploitation du charbon qui battit son plein. Huit charbonnages
étaient en exploitation; les capitaux étaient fournis par
des sociétés internationales, mais la Norvège
y avait engagé les plus fortes sommes. Ces charbonnages exportaient
environ 100 000 tonnes par an. Le rendement était médiocre.
Mais il ne faut pas oublier que l'outillage était encore peu perfectionné,
la main-d'oeuvre difficile à attirer. La population atteignait dans
ces années là quelque chose comme 700 habitants, y compris
femmes et enfants (elle est de l'ordre de 2700 aujourd'hui). L'exploitation
de la houille s'est poursuivie jusqu'à nos jours. Même si
seules la Norvège et la Russie
continuent d'exploiter ces gisements (dans le passé, s'y ajoutaient
les États-Unis ,
le Royaume-Uni ,
les Pays-Bas
et la Suède ),
cela reste la principale activité économique de l'archipel.
La végétation est forcément
très restreinte et limitée, pour la flore
arborescente, à quelques saules nains. Les plantes
florifères semblent pourtant assez variées; on en a compté
plus de 120 espèces. Parmi les fleurs
les plus répandues, on signale diverses variétés des
Draba, la clochette, différentes espèces de saxifrages. Les
animaux
de Scandinavie, les poneys notamment, déjà habitués
aux maigres pâturages de l'extrême Nord, trouvent, durant la
saison d'été, lorsqu'ils sont transportés au Spitzberg,
une faible subsistance.
La faune
du Spitzberg, relativement plus abondante, comprend plusieurs espèces
de mammifères ,
communes aux régions polaires : l'ours blanc ,
le renard, le renne, le campagnol, ainsi que divers cétacés ,
le morse, dont la chasse a longtemps constitué l'une des principales
industries de Hammerfest et de Tromsö (Norvège ).
On a constaté en outre la présence de 28 espèces d'oiseaux
et de 23 espèces d'insectes
: la perdrix de neige, qui forme, à cause de certaines particularités,
une espèce à part, l'eider, les guillemots, le pétrel
gris blanc, les mouettes. (P. Lemosof). |
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