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Ronsard
(Pierre de), poète, issu d'une vieille famille noble du pays de
Vendômois, sixième fils de Loys de Ronsard, maître d'hôtel
de François Ier,
et de Jeanne de Chaudrier, né au château
de la Poissonnière, au village de Cousture, dans le Bas-Vendômois,
le 11 septembre 1524, mort en son prieuré de Saint-Cosme-en-l'Ile,
à Tours, le 27 décembre 1585. Pierre de Ronsard reçut
sa première instruction littéraire à la Poissonnière
ou il demeura jusqu'à l'âge de neuf ans, sous la direction
d'un précepteur; il fut conduit ensuite à Paris ,
au collège royal de Navarre, où il connut Charles, cardinal
de Lorraine, avec qui il se lia : mais rebuté par la pédanterie
de ses maîtres qui le dégoûta de l'étude, Pierre
fut retiré du collège par son père qui le fit venir
à Avignon
et le donna pour page à François, fils aîné
du roi, puis, après la mort très rapide de celui-ci, à
Charles, duc d'Orléans ,
son frère : il semblait alors destiné au métier des
armes et non aux lettres. Emmené comme page par Jacques
Stuart, il resta deux ans en Écosse et six mois en Angleterre
dont il apprit très rapidement la langue et où il faillit
être retenu par l'affection de son maître. Revenu en France,
il fut envoyé par le duc d'Orléans, qui estimait en lui le
plus adroit et le mieux appris de ses pages, en mission en Flandre et en
Écosse : le vaisseau qui le conduisait dans ce pays fut surpris
par la tempête et faillit couler. A son retour, Ronsard avait seize
ans (1540), et, après avoir été quelque temps page
de Henri (plus tard Henri II), fut confié
à Lazare de Baïf qui l'emmena dans son ambassade auprès
de la diète de Spire grâce à sa facilité, Ronsard
apprit aisément l'allemand, Il fit encore un voyage, avec le capitaine
de Langey, en Piémont, où il servit le roi.
Il revint ensuite à la cour où
il fut atteint d'une infirmité grave, une surdité presque
complète, qui le contraignit à renoncer au métier
des armes. Il se décida aussitôt à reprendre les études
qu'il avait laissées de si bonne heure : c'était alors un
très bel homme, de haute stature, à physionomie martiale
et noble, la barbe blonde, les cheveux châtains, le nez aquilin,
les yeux pleins d'une douce gravité, d'un commerce spirituel et
attrayant. Ce qui acheva de décider Ronsard, ce fut la connaissance
qu'il fit d'un gentilhomme piémontais, le seigneur Paul, avec qui
il s'était lié à l'écurie du roi, et qui prisait
fort les poètes latins; il donna à Ronsard un tel goût
de Virgile que, depuis, celui-ci ne fut jamais
sans ce poète; en même temps il usait avec passion les poètes
français et principalement, un Jean Le Maire de Belges, un Roman
de la Rose
et les oeuvres de Clément Marot. Il fit
trouver bon à son père en 1543 le désir de se remettre
aux lettres (mais non à la poésie, car Loys de Ronsard le
détournait depuis son enfance de son penchant pour les Muses ).
A la mort de son père (6 juin 1544), Ronsard qui était logé
aux Tournelles, près de l'écurie du roi, s'en allait fréquemment
trouver Jean Dorat qui demeurait au quartier de l'Université chez
Lazare de Baïf et enseignait les lettres grecques à son fils,
Jean-Antoine
de Baïf. Ayant appris que Dorat allait diriger le petit collège
de Coqueret, à Paris ,
Ronsard eut le courage de s'y enfermer de dix-huit à vingt-cinq
ans, pour y recommencer ses études grecques et latines en compagnie
de Jean-Antoine de Baïf qui y était bien plus avancé
que lui-même : animés du même enthousiasme pour l'étude,
les deux amis travaillaient tour à tour, Ronsard veillant jusqu'à
trois heures et réveillant alors Baïf qui prenait la place.
Dorat
lui apprenait le latin par le grec. Ronsard s'essayait en même temps
à faire quelques petits poèmes dans le goût de Virgile
et traduisait en français le Plutus d'Aristophane
qu'il fit représenter (1550) au théâtre de Coqueret.
Il entreprit dès ce moment le grand dessein de recréer la
poésie en France en s'inspirant des grands classiques anciens, d'Horace,
d'Homère, de Pindare,
etc., cherchant à faire passer dans notre langue les beautés
des Grecs et des Latins qui lui étaient devenues familières;
en même temps il étudiait curieusement le français,
apprenant les termes de chaque métier et recherchant les origines
des mots.
Vers la même époque (1549),
au retour d'un voyage à Poitiers, il rencontra dans une hôtellerie
Joachim
du Bellay, jeune gentilhomme angevin, qui éprouvait la même
ardeur pour la poésie; il l'attira dont, à demeurer avec
Baïf
et lui pour réaliser leur grand désir de réveiller
la poésie française.
La Deffence et Illustration de la
Langue francoyse de du Bellay parut en cette même année.
Ronsard composa d'abord I'Epithalame
sur le mariage de M. de Vendôme, un Poème sur l'entrée
du roi à Paris
et l'Hymne de la paix. Pendant un voyage à Blois ,
il s'était épris, à l'âge de vingt ans, d'une
jeune fille, nommée Cassandre, en l'honneur de laquelle il composa
le livre des Amours de Cassandre (commenté par Muret)
qu'il fit paraître en 1532, peu après les quatre premiers
livres des Odes
(1550; le 5e livre parut en 1553 : les
Odes
ont été commentées par Richelet) : la souplesse du
talent de Ronsard se reconnaît à la diversité des pièces
que contient le premier livre des Amours (225 sonnets, 1 stance,
3 chansons, 3 élégies ,
1 madrigal
et 1 baiser). En 1553 parurent aussi les gaietés et les épigrammes ,
traduits en partie du grec et du latin. La publication des Odes
mit Ronsard hors de pair, malgré la cabale montée contré
lui par un essaim de petits rimeurs de cour qui, pour avoir fait un sonnet
pétrarquisé, un rondeau ou un dizain, se croyaient poètes
: le chef de cette bande fut Mellin de Saint-Gelais, qui plus tard rechercha
et obtint l'amitié de Ronsard. Ce dernier, voyant que l'obscurité
qu'on lui reprochait venait surtout de l'ignorance de ses lecteurs, résolut
d'écrire les Amours de Marie (1536) dans un style plus facile,
avec une simplicité voisine de l'art de Catulle
: Remy Belleau commenta d'ailleurs la première
partie; cette Marie était une belle fille d'Anjou ,
que Ronsard dénomme souvent « le Pin de Bourgueil »,
lieu où il la vit pour la première fois : il l'aima fort
après Cassandre à qui il resta fidèle dix ans et qu'il
quitta par jalousie. La réputation de Ronsard, soutenue par Marguerite
de Valois, fille de François Ier,
depuis duchesse de Savoie, et par Michel de l'Hospital, qui fut chancelier
de France, eut raison des muguets et changea l'opinion du roi le nom du
poète se répandit bientôt dans toute la France. Il
résolut dès lors d'écrire la Franciade
en l'honneur du roi Henri et de ses devanciers, à l'imitation de
Virgile et d'Homère. Mais comme il était plein d'orgueil
et ne se jugeait pas assez récompensé par le roi Henri
II, il ne poursuivit pas aussitôt son dessein. Il fit seulement
paraître ses Hymnes
(1556) à l'imitation de Callimaque,
célébrant la princesse Marguerite. Les grands recherchaient
comme un honneur son amitié, et le peuple de Toulouse, estimant
l'églantine, prix des jeux Floraux,
trop modeste pour honorer « le poète français »,
lui envoya une Minerve
d'argent massif de grand prix : Ronsard remercia le cardinal de Chastillon,
archevêque de Toulouse, qui l'avait toujours admiré, en lui
adressant l'Hymme de l'Hercule chrestien. Sous le règne de
François
II, les troubles religieux inspireront à Ronsard ses Remontrances
contre les protestants, dont le pape Pie V le remercia, ainsi que le
roi; en revanche, ses ennemis firent paraître à cette occasion,
contre lui, un poème satirique, le Temple de Ronsard, ou
on lui reprochait d'avoir sacrifié un bouc à Jodelle au village
d'Arcueil ;
Ronsard se défendit et répondit vertement aux « prédicanter
aux et ministreaux de Genève ».
Il était alors le chef incontesté
de cette réunion de poètes qui s'intitulait la Brigade,
et plus poétiquement la Pléiade, à l'imitation
des sept poètes grecs : c'était, avec Ronsard. Jean-Antoine
de Baïf, Joachim du Bellay, Pontus de Tyard,
Estienne Jodelle, Remy Belleau et Dorat; le groupe
des poètes comprenait encore Amadis Jamin (Jamyn), Robert
Garnier, Florent Chrestien, Scevole de Sainte-Marthe, Jean
Passerat, qui tous écrivaient purement au goût du chef
de la Pléiade. Pendant trente-cinq ans, Ronsard soutint ce rôle
de chef d'école et jouit d'une gloire incontestée. Dédaignant
les rimeurs du Moyen âge et même Villon,
il voulait que la France eût enfin des poètes de toute nature,
épiques, tragiques, comiques et lyriques. Le manifeste de la Pléiade
avait paru en 1549, rédigé par du Bellay; Jodelle se chargea
d'écrire une tragédie (Cléopâtre,
représentée devant le roi à Fontainebleau
en 1552) et une comédie; Ronsard se réservait la poésie
lyrique proprement dite, l'épopée ,
l'épître ,
la satire, etc. D'une confiance absolue en lui-même et d'un orgueil
immense, il se flattait d'avoir renouvelé entièrement la
poésie française. C'est dans la première partie de
son oeuvre (les Odes, les Amours de Cassandre, les Hymnes)
que se trouvent surtout les mots à la grecque, les souvenirs mythologiques,
ce « faste pédantesque » que Boileau
lui a tant reproché. Mais à côté de ces poésies
d'une lecture difficile, il s'en rencontre beaucoup d'autres, vives, naturelles,
originales et dénotant un sentiment profond des beautés de
la nature.
Ronsard, que ses contemporains avaient
proclamé le « prince des poètes » et qui fut
toute sa vie le poète des grands seigneurs, des princes et des rois,
fut l'objet des attentions de Henri II; de François
II; il fut surtout comblé de faveurs par Charles
IX et dut témoigner sa reconnaissance par des vers de circonstance
qui lui coûtèrent souvent à composer. Le roi, qui voulait
l'avoir toujours près de lui, l'emmenait dans ses voyages (à
Bayonne ;
à Meaux, à Paris ).
Pour témoigner sa gratitude, Ronsard reprit alors le plan de sa
Franciade
qui devait avoir 24 chants, dont Amadis Jamin, sur ses indications, avait
composé les arguments (4 seulement ont été achevés
et publiés en 1572; ils forment un total de 5 000 à 6000
vers); ce n'était plus une idée heureuse, et c'est de beaucoup
l'oeuvre la plus faible du poète. Celui-ci avait présenté
aussi au roi ses
Églogues
(1560, dédiées à Orléantin, Angelot, Navarin,
Guisin. Margot, c.-à-d. le duc d'Orléans, le duc d'Anjou,
frère de Charles IX, le roi de Navarre, depuis Henri
IV, le duc de Guise et Marguerite, duchesse de Savoie); il composait
aussi maintes pièces pour les grands et forçait un peu sa
veine; n'y prenant pas grand plaisir, il mit au-devant de ces ouvrages
la devise de Virgile : « Sic vos non vobis
»; c'est ainsi qu'il écrivit les Mascarades, Combats
et Cartels, à l'occasion des fêtes de la cour (parus en
1560 et suiv.), les Amours d'Euryrnédon et Callurée
(commentées en 1623 par Marcassus), composés pour le roi
Charles IX et la belle Mlle d'Atry, de la maison d'Aquaviva (parues en
1560); les Amours d'Astrée, en l'honneur de Mlle d'Estrées,
Charles IX, faisait venir son poète de Tours à Amboise
pour deviser avec lui et l'y engageait par des vers qu'il lui envoyait
(ces vers ont été publiés en 1578 avec les réponses
de Ronsard et l'Élégie sur le livre de la Chasse,
composée par le roi). Ronsard fort libre avec le roi, le reprenait
comme il fit dans la satire de la Dryade
violée et celle de la Truelle crossée (pièces
où il lui reproche la coupe de la forêt
de Gastine, et le don de bénéfices à des personnes
de condition vile; la première a paru dans les Élégiesen
1560). Le roi lui donna, outre sa pension ordinaire, l'abbaye
de Bellozane
et quelques prieurés. Sous Henri III,
Ronsard, éloigné de la cour par la maladie, ne vécut
pas autant dans la familiarité du roi auquel il avait dédié
le Bocage royal, composé à l'imitation des Silves
de Stroce, et s'en plaignit vivement, bien qu'il fût toujours fort
estimé de lui. La reine d'Écosse, Marie
Stuart, l'admirait aussi grandement et, bien que prisonnière,
lui fit présent, à la fin de sa vie, en 1583, d'un buffet
de 2 000 écus, accompagné d'un vase en forme de rocher représentant
le Parnasse dominé par Pégase ,
avec ces mots : « A Ronsard, l'Apollon
de la source des Muses ». En 1563, le poète commença
à faire paraître ses Discours en vers alexandrins (il
y en a 11 en tout), qui sont l'oeuvre de sa maturité, et qui contiennent
des beautés de premier ordre. Les Sonnets
pour Hélène (commentés par Michelet),
qui ont été joints au livre des Amours, sont aussi
parmi ses oeuvres les plus pures; ayant rencontré Hélène
de Surgères, demoiselle d'honneur de Catherine
de Médicis, il s'éprit de sa grâce, et, suivant
l'exemple de Pétrarque, résolut,
ne l'ayant rencontrée que tard dans sa vie, de la célébrer
plutôt que de la servir et de l'aimer : ce fut l'un des derniers
objets de sa muse, car il finit presque sa vie en la louant; et pour la
remercier d'avoir par son gracieux esprit fourni tant de sujets à
son talent il consacra à sa mémoire, en Vendômois,
une fontaine qui a gardé son nom.
Vers 1572, Ronsard sentit cruellement les
atteintes de la maladie et de l'âge. Il dut quitter la cour, pour
soigner la goutte, très douloureuse, qui le fit tant souffrir pendant
les douze dernières années de sa vie, à Croix-Val,
qui était sa demeure ordinaire et qu'il aimait pour le voisinage
de la forêt de Gastine et de la fontaine Bellerie qu'il a tant célébrées.
Il n'allait plus à Bourgueil où il avait tant aimé
chasser, ni à Meudon et Saint-Cloud dont il goûtait la fraîcheur
charmante. Quand il venait à Paris
il logeait chez son ami Galland, docte personnage, directeur de «
l'Académie de Boncourt »; pendant son dernier voyage, il resta
chez lui, presque constamment couché, de février à
juin 1583; il faisait encore quelquefois des vers, car l'Hymne à
Hercule
est de cette époque. Il retourna ensuite en Vendômois, se
faisant transporter de Croix-Val à Montoire (dans son bénéfice
de Saint-Gilles), et à Tours (dans son prieuré de Saint-Cosme-en-l'Isle),
car il ne pouvait rester en place. Prévoyant sa fin prochaine, il
composa son épitaphe, et vit venir la mort avec beaucoup de calme
et de noblesse; il s'entretenait avec Galland et mourut très dévotement,
n'ayant l'esprit troublé que d'une envie de dicter qui l'accompagna
jusqu'à sa dernière heure. Les derniers vers qu'il fit sont
les deux sonnets où il engage son âme à aller trouver
Jésus-Christ .
Il fut enseveli, selon son désir, dans le choeur de l'église
de Saint-Cosme-en-l'Isle. Deux mois plus tard, le 24 février 1586,
Galland fit célébrer en magnifique appareil, dans la chapelle
de Boncourt, les funérailles de Ronsard auxquelles assista l'élite
de la société du temps, au milieu d'un concours immense de
peuple : service et musique de Mauduit, oraisons funèbres, éloges
et vers, rien ne manqua à la cérémonie.
II mourut en possession de la gloire la
plus éclatante. L'Europe entière l'admirait; on traduisait
ses vers dans toutes les langues et on les expliquait dans les Universités
étrangères. Mais ce triomphe fut de courte durée;
moins de vingt ans après la mort de Ronsard, Malherbe
biffait d'un trait de plume presque tous ses vers; un siècle ne
s'était pas écoulé que Boileau
ratifiait ce dédaigneux jugement. C'est au XIXe
siècle qu'il a appartenu d'exhumer la gloire de Ronsard. «
Il osa trop, dit Sainte-Beuve; mais l'audace
était belle ». Aujourd'hui, ceux même qui lui reprochent
d'avoir gâté les trois quarts de ses oeuvres par l'affectation
et le pédantisme et de manquer d'un sentiment sincère et
profond, reconnaissent qu'il est supérieur à Marot
et Malherbe et qu'il a laissé des poésies exquises, tels
que Mignonne, les Discours sur les misères du temps,
les Invectives contre les bûcherons de la foret de Gastine;
etc. On trouverait bien peu de poètes qui aient occupé dans
l'histoire littéraire de leur pays une place plus considérable.
On a beaucoup reproché à
Ronsard de puiser trop de mots nouveaux dans les langues mortes, grec et
latin; en réalité il s'est attaché bien plus souvent
à faire revivre les vieux termes français que les dialectes
populaires maintiennent en honneur : contrairement à un préjugé
trop répandu, ses vers ne contiennent pas un seul véritable
néologisme. La richesse des rythmes et l'habile variété
de son art sont remarquables; il manie avec une dextérité
sans égale tous les mètres, jusqu'à l'alexandrin,
qui prend dans les Discours sur les misères du temps une
ampleur incomparable. La versification est pleine d'enjambements souvent
heureux, de césures habilement disposées, parfois même
absentes, dans des vers qui passent tout d'un vol : on admire partout l'harmonie
du langage, la musique des vers, et cette science des longues comparaisons
qui n'a d'égale que celle d'Homère.
Les libertés prises par Ronsard avec la grammaire
et la syntaxe déroutent quelquefois d'impatients
lecteurs; mais quand on lit un poète de verve et de premier jet
comme lui, il ne faut pas s'arrêter trop à des scrupules grammaticaux.
C'est par le style justement qu'il brille surtout, par l'art de bien dire
et d'exprimer sa pensée en termes justes et appropriés; c'est
le style qui l'a fait triompher de ses détracteurs et de l'oubli,
et a marqué, autant que l'abondance et la sincérité
de son inspiration, sa place parmi les plus beaux génies poétiques
de langue française.
Ronsard a donné lui-même,
de 1550 à 1584, plusieurs éditions de ses oeuvres, celle
de 1561 est dédiée à Marie
Stuart. Dans l'édition posthume de 1586, parurent des fragments,
sonnets divers et pièces inédites. Après sa mort,
on en a publié de très nombreuses, dont les meilleures sont
celles de 1609 (où parurent les sonnets retranchés au nombre
de 88 et les odes retranchées, au nombre de 74), et celle de 1623
avec un commentaire de Richelet, la dernière comprenant plusieurs
beaux portraits. Deux siècles se sont écoulés ensuite
sans qu'on songeât à réimprimer les oeuvres tombées
dans l'oubli du poète de Henri Il et de
Charles
IX. L'honneur de cette résurrection revient aux romantiques
et en particulier à Sainte-Beuve,
qui, en 1828, en appela aux poètes de son temps des arrêts
injustes de Malherbe et de Boileau;
le deuxième volume du Tableau de la poésie française
et du théâtre français au XVIe
siècle est consacré aux Oeuvres choisies de Ronsard
et accompagné d'un commentaire qui marque les grâces méconnues
de la poétique nouvelle. De 1856 à 1868, P. Blanchemain a
édité les Oeuvres complètes de Ronsard (en
8 volumes); il édita aussi en 1835 les Oeuvres inédites.
La dernière édition est celle de Marty-Laveaux (1881-1893,
6 vol.) Des oeuvres choisies ont été publiées par
Becq de Fouquières (1873) et un Lexique de Ronsard, par Mellerio
(1895). La vie de Ronsard a été écrite par
Claude Binet, son contemporain, ami et disciple, qui ressentait pour lui
l'admiration et l'enthousiasme qu'éprouvaient les plus éclairés
et les plus beaux esprits du XVIe siècle;
Colletet
a aussi écrit sa vie. (Ph. Berthelot).
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En
bibliothèque - P. Blanchemain,
Oeuvres
complètes de Ronsard, 1857, t. VIII (biographie et bibliographie
détaillées). - Achille de Rochambeau,
la Famille de Ronsard,
recherches généalogiques, historiques et littéraires,
1868. - Sainte-Beuve, Tableau, de la poésie française
au XVIe siècle, 1828. - Gandar, Ronsard considéré
comme imitateur, de Pindare et d'Homère; Metz, 1851. - Ed. Lidfores,
Observations
sur l'usage syntaxique de Ronsard et de ses contemporains; Stockholm,
1865. - Büscher, la Versification de Ronsard; Weimar, 1367.
- Chalendon, Essai sur la vie et les oeuvres de P. Ronsard; Paris,
1875. - Lange, Ronsard Franciade und ihs Verhaeltnis eu Vergils AEneide;
Leipzig, 1887. - Bizos, Ronsard; Paris, 1891. - Pieri,
Pétrarque
et Ronsard; Paris, 1893.
En
librairie - Les Oeuvres complètes
de Ronsard peuvent se trouver chez Gallimard, coll. La Pléiade,
1993, 2 vol., ou bien, en 25 volumes, publliés par la Société
des textes français modernes. Mais il existe aussi de nombreuses
éditions de poche de ses oeuvres, par exemple : Le Bocage, les
Mélanges, Flammarion, 2001;
Discours, Flammarion, 2000.
- Les Amours, Flammarion, 1993. - Malheurs et Merveilles,
La Différence, 1990. - Les Quatre Saisons, Gallimard, 1985.
Véronique
Denizot, Comme un souci aux rayons du Soleil (Ronsard et l'invention
d'une poétique de la merveille), Droz, 2003 de la même,
Les Amours de Ronsard, Gallimard (parasocolaire), 2002. - Bertrand,
Lire
les Odes de Ronsard, Presses universitaires de Clermont-Ferrand, 2002.
- Collectif, Ronsard, PEMF (jeunesse), 2002. - Anne-Pascale Pouey-Mounou,
L'imaginaire cosmologique de Ronsard, Droz, 2001. - Jean-Eudes
Gitrot, Pindare avant Ronsard (de l'émergence du grec à
la publication des quatre premiers livres des Odes de Ronsard),
Droz, 2001. - Denis Bjai, La Fanciade sur le métier, Ronsard
et la pratique du poème héroïque, Droz, 2001. -
Claudine Jomphe, Les théories de la dispositio et le Grand oeuvre
de Ronsard, STFM, 2002. - Tom Conley, L'inconscient graphique, essai
sur l'écriture de la renaissance (Marot,
Ronsard, Rabelais,
Montaigne),
Presses universitaires de Vincennes, 2000. - Klara Csuros, Variétés
et viscissitudes du genre épique, de Ronsard à Voltaire,
Honoré Champion, 1999. - Jean Ygaulin, Pindare et les poètes
de la célébration, Lettres modernes Minard, 1998, 8 volumes
(le volume III est plus spécialement centré sur Ronsard).
- Gilbert Gadoffre,
Ronsard, Le Seuil, 1994. - André Gendre,
Ronsard,
poète de la conquête amoureuse,Slatkine, 1998. - Du même,
l'Esthétique de Ronsard, Sedes, 1997.
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