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Hôtel
de Rambouillet, à Paris
(Ier arrondissement).
- Cet hôtel, qui était situé à Paris rue
Saint-Thomas-du-Louvre, avait été construit sur les plans,
tout à fait nouveaux, de la marquise de
Rambouillet. (La rue et l'hôtel ont disparu, lors de l'agrandissement
du Louvre
au XIXe siècle). Il attenait, d'un
côté, aux Quinze-Vingts
et, de l'autre, à l'hôtel de Chevreuse. Jusqu'alors, à
en croire Tallemant des Réaux,
"on
ne savait que faire une salle à un côté, une chambre
à l'autre, et un escalier au milieu".
Mme
de Rambouillet fit placer les escaliers dans un des angles du corps
principal, eut ainsi une longue suite de pièces, avec portes
et fenêtres hautes et larges, et fit
peindre les chambres de couleurs nouvelles; car on n'employait avant elle
que le rouge ou le tanné. La plus célèbre de ces pièces,
dont longuement parlèrent Tallemant, Segrais, Voiture,
est la fameuse chambre bleue tendue de velours rehaussé d'or et
d'argent. C'est dans ce séjour merveilleux que la marquise de Rambouillet
gouverna précieux et précieuses, cherchant à généraliser
le bon ton et le bon goût, continuant la réforme de Malherbe
sur la langue française, et formant comme un foyer de politesse
et de cette urbanité dont le nom même n'existait pas avant
elle dans la langue française.
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L'Hôtel
de Rambouillet, en 1643.
Autour de la marquise
se pressaient Racan; Cospeau, l'éloquent prédicateur, et
Richelieu,
son élève; Gombauld, l'auteur d'Endymion; Chapelain;
le cavalier Marin; le cardinal de La Valette; les marquis du Vigean et
de Montausier; Godeau, le nain de Julie; Conrart, le maréchal de
Souvré et sa fille, la marquise de Sablé; Voiture
et Benserade, Ménage, Gomberville, Balzac
durant ses voyages à Paris,
et, à côté de Julie d'Angennes,
la fille de la maison, l'on remarquait Anne Geneviève de Bourbon,
plus tard duchesse de Longueville; Mme de Sévigné,
Mme Aubry, Mme Saintot, Mlle Paulet, la lionne rousse, etc. Et c'étaient
des collations et des bals, des billets galants, des rondeaux ,
des madrigaux ,
des énigmes, des acrostiches, des portraits et des nouvelles ,
et surtout des conversations où les esprits échangeaient
des idées et des formes, prenaient le patronage et la direction
de la littérature. Corneille y lisait
Polyeucte,
Bossuet
débutait comme prédicateur; on tressait la Guirlande de
Julie ;
on chantait l'incomparable Arthénice; on jouait la comédie
et même la tragédie, par exemple, la Sophonisbe de
Mairet.
Malheureusement,
la préciosité, à force de les affiner, gâta
les délicatesses du sentiment et de l'esprit. L'hôtel de Rambouillet
eut des imitateurs maladroits et certaines imitatrices méritèrent
l'épithète que Molière a
accolée au nom des précieuses. Mais, durant un temps, l'hôtel
de la marquise rendit, par ses réunions, d'immenses services, et
le souvenir en est resté dans l'histoire de la littérature
française comme l'un de ses jalons les plus notables. (NLI.). |
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