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Horace (Quintus
Horatius Flaccus), né à Venouse, ville de l'Apulie, le
8 décembre de l'an de Rome 688, (an 65 av J.-C., mort à Rome
le 27 novembre 745 (9 av. J.-C.). Il nous apprend lui-même, dans
une de ses satires, que son père, simple affranchi et percepteur
des deniers publics, trouva dans sa modique fortune et dans sa tendresse
paternelle les moyens de le conduire à Rome, où il lui fit
donner une éducation semblable à celle qu'auraient pu recevoir
les enfants des sénateurs et des chevaliers. A 22 ans il alla, suivant
l'usage, perfectionner ses études à Athènes. Rencontré
dans cette ville par Brutus, l'un des meurtriers
de César, occupé de rassembler une
armée contre Octave (Auguste), neveu et
héritier du dictateur, il suivit le général républicain,
qui lui confia le grade de tribun militaire.
On connaît le résultat de
la bataille de Philippes. Horace, destiné à un autre genre
de gloire que celle des combats, prit la fuite en jetant son bouclier.
De retour à Rome, il se trouva bientôt, par son esprit et
ses talents, en liaison avec Virgile et Varius,
qui le présentèrent à Mécène, protecteur
éclairé, mais défiant, des lettres et de ceux qui
les cultivaient. Ce ne fut qu'au bout de 9 mois d'épreuves que le
favori d'Auguste admit Horace dans son intimité. Mécène
à son tour lui procura la connaissance de l'empereur, et, grâce
à son esprit délicat, le poète devint le secrétaire
et le commensal du maître du monde. La reconnaissance d'Horace ne
fut pas muette; on en retrouve des traces dans tous ses écrits,
et surtout dans cette belle épître adressée à
Auguste, qui est la première du second livre. Mécène
reçut les mêmes hommages de son protégé, et
le poète rendit en gloire à ses deux puissants bienfaiteurs
le prix de leurs services et de leurs libéralités. Content
d'une aisance agréable, Horace partagea sa vie entre les Muses
et la volupté, vivant tantôt à Rome, tantôt dans
sa délicieuse campagne de Tibur et du Sabinum.
Ses ouvrages, connus de tous les amis de
la bonne littérature, se composent de 5 livres d'Odes ,
où il s'est montré le rival heureux de Pindare
et d'Anacréon, de 2 livres de Satires,
dont on a fait assez l'éloge en disant que Boileau
ne l'a point surpassé; de 2 livres d'épîtres ,
modèles de goût, de finesse, d'urbanité, et semées
des plus beaux préceptes de morale et de
philosophie;
enfin d'un Art poétique dans lequel, sous la forme d'une
lettre aux Pisons, sont renfermés avec la plus élégante
précision les règles de tous les genres de poésie
et les principes les plus sages de l'art d'écrire. La philosophie
d'Horace est celle d'un penseur doux, indulgent, sociable, qui ne veut
d'excès en rien, et qui est persuadé que la vraie sagesse
se tient à une égale distance de tous les extrêmes.
On lui a reproché avec raison d'avoir révélé
imprudemment dans ses ouvrages sa vie privée, et de n'avoir point
assez respecté dans quelques passages, heureusement assez rares,
les lois de la décence. Voilà pourquoi on n'a longtemps mis
ses ouvrages entre les mains des jeunes gens qu'avec des suppressions.
Horace ainsi corrigé devenant l'auteur de tous les âges et
de tous les sexes... Voltaire lui a adressé
une épître où son génie et ses moeurs sont admirablement
caractérisés.
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Éditions
anciennes
- Horace a été
traduit en prose par Martignac, le P. Tarteron,
Dacier,
Sanadon, l'abbé Batteux, Binet, et à la fin du XIXe siècle
par Campenon et Després, qui ont joint
à leur trad. le comment. de Galiani. II a été aussi
trad. en vers. La traduction très estimée de Daru
est complète; celle de E.-A. de Wailly ne comprend que les 3 premiers
livres des odes : on regrette que la mort l'ait empêché de
terminer son ouvrage. Les odes ont aussi été traduites par
MM. Vanderbourg, L.-V. Raoul et Léon Halevy. Les commentateurs d'Horace,
ainsi que les édit. de ce poète, sont innombrables; nous
nous bornerons à indiquer ici les principales. On cite d'abord comme
les plus anciennes : celle in-4, S. D., de Milan, dont la bibliothèque
du roi possède un exempt. en mauvais état; 4 édit.
du 15e s. avec date, Milan, Ferrare, Naples, 1474, in-4; Venise, 1478,
in-fol.; celles des Aldes, des Elzevirs; 2 de Desprez, l'une pour la collect.
ad
usum Delphini, l'autre pour celle Variorum, etc. Les plus belles
éditions d'Horace sont celles de Parme, Bodoni,
1791, in-fol., et de Paris, Didot l'aîné, 1799, même
format; mais parmi celles que l'on estime le plus pour l'usage, nous indiquerons
les éditions annotées par Th. Betley; celle de Philippe,
Paris, 1746-54, in-19; celle de J.-Ch.-F. Wetzel, Leignitz, 1799; de Mitschelich,
Leipsig, 1800, 1 vol. in-8; de Jean Bond, souv. réimpr.; de Fea;
de Baxter, revue par Gessner, Leipzig, 1802;
de Doering, 1824, 9 vol. in-8; de Duviquet, avec un nouv. commentaire,
Paris, 1825, 4 vol. in-19 ou in-8. Eusèbe Salverte a publ. en 1893,
Horace
et l'emper. Auguste, ou Observat. qui peuvent servir de complément
aux Comment. sur Horace. On peut consulter pour les éditions et
traduct. d'Horace, en différ. langues, Bibliotheca horatiana, Leipzig
(edente J.-W. Neuhaus), 1775, in-8. On a une Vie d'Horace, en lat.,
par Masson, Leyde, 1708, in-8. On doit à Capmartin de Chaupy l'ouvr.
intit. : Découverte de la maison de campagne d'Horace, Rome,
1767, 3 vol. in-8, fig.
En
librairie - Horace, Satires,
les Belles Lettres, 2001. - Odes, Les Belles Lettres, 1997. - Vivre
à la campagne (cinq satires présentées
par Pierre Maréchaux), Rivages, 2001. - Oeuvres, Flammarion
(GF), 1993. - Aux Belles Lettres, série latine : Satires,
Odes
et épodes,
Épîtres.
Jean
Ygaulin, Pindare et les poètes de la célébration,
Lettres modernes Minard, 1998, 8 volumes (le volume II est plus spécialement
centré sur Horace). - Renée Moriset, G. Thévenot,
Horace, Magnard (scolaire), 1990. - Collectif, Homère,
Horace, le mythe d'Oedipe ,
les sentences de Sextus, Rue d'Ulm, 1979.
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