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Mantoue,
Mantua,
en italien
Mantova. - Ville d'Italie
(Vénétie), est bâtie au milieu de marais dans une île
du Mincio; 46 000 habitants. On y remarque le palais dit du Té,
chef-d' oeuvre de Jules Romain, et résidence des anciens ducs; le
palais National, la cathédrale,
ouvrage de J. Romain, l'église Saint-André,
l'église Saint-Barnabé, où est le tombeau de J. Romain;
le palais de justice, des théâtres, plusieurs belles rues
et places (entre autres la place Virgile, ornée de la statue
du poète), et le canal, qui coupe la ville en deux parties. Virgile
passe pour être natif de Mantoue : il était né, à
Andes, village des environs. Pomgonat, le poète Battista
Spagnuoli et le peintre Ghisi, surnommée chacun le Mantouan,
étaient de Mantoue. Jules Romain, exilé de Rome, vint se
fixer dans cette ville.
Mantoue fut bâtie, suivant les uns,
au XVe siècle av. J.-C, selon les
autres au XIe siècle, par Ocnus
et Bianor, et reçut le nom de Mantoue en l'honneur de la prophétesse
Manto, dont Ocnus passait pour être fils. Les Rasena, s'en étant
emparés, en firent une des douze lucumonies de leur confédération
septentrionale. Les Gaulois la prirent ensuite,
et elle. devint une des métropoles des Cénomans. Les Romains
s'en rendirent maîtres en 197 av. J.-C. après la victoire
du Mincius, oupeut-être dès 222, à la suite de celle
de Clastidium. Après la bataille de Philippes (42), son territoire
fut confisqué en partie pour être distribué aux vétérans
d'Octave : c'est cet événement
qui amena Virgile à Rome.
Après la bataille de Bédriac
(69 de J.-C.) Matoue fut saccagée par les troupes de Vitellius,
Elle tomba ensuite aupouvoir des Marcomans (269), de Radagaise (406), d'Alaric
(4.03 et 408); elle passa successivement entre les mains des Hérules,
des Ostrogoths, des Grecs, des Lombards,
des Francs, fit partie du royaume d'Italie
formé après Charlemagne et
du royaume des Germains sous Othon le Grand; puis fut donnée par
Othon Il à Thibaut, comte de Canossa ;
fut conquise par Mathilde en 1114, et devint
au milieu du XIIe siècle une des
républiques lombardes. Comme toutes les petites républiques,
elle eut à subir des tyrannies locales : elle eut pour maîtres
les comtes de San Bonifacio, les Buonacossi et les Gonzague, qui s'y disputaient
sans cesse le pouvoir; finalement, en 1328, Louis I de Gonzague s'empara
de l'autorité, se fit reconnaître vicaire de l'empire, et
fonda une dynastie qui régna près de quatre siècles
: sous cette dynastie,la ville et le territoire de Mantoue furent érigés
en .margraviat ou marquisat (1433), puis en duché (1530).
La possession du duché de Mantoue
fut, de 1628 à 1631, le motif d'une guerre entre deux branches de
la famille ducale de Mantoue; les Nevers, appuyés par la France ;
et les Guastalla, soutenus par l'Autriche
: elle fut assurée à la première branche par le traité
de Cherasco. Après l'extinction de la famille de Gonzague (1708),
le duché de Mantoue passa à la maison d'Autriche. Les Français
occupèrent Mantoue en 1701 mais ils la laissèrent reprendre
en 1707par les Impériaux. Prise par Bonaparte
en 1797 sur Wurmser, elle fut le chef-lieu du département du Mincio.
Reprise par l'Autriche en 1814; rendue à l'ltalie
en 1866.
A Mantoue se tinrent :
1° le congrès de 1392
où fut signée une confédération entre Florence ,
Bologne ,
les seigneurs de Padoue ,
Ferrare, Mantoue, etc. pour le maintien de l'équilibre en Italie;
2° Le congrès, de 1459, où
Pie II prêcha vainement la croisade
contre les Turcs qui venaient de se rendre
maîtres de Constantinople ;
3° le congrès de 1511 où
Jules II, Maximilien et Ferdinand décidèrent du sort du duché
de Milan
enlevé à Louis XII;
4° le congrès de 1791, où
Léopold II et les princes émigrés de la maison
de Bourbon organisèrent une coalition
contre la France .
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