.
-

Pâris

Pâris, dit aussi Alexandre (personnage de la mythologie grecque), second fils de Priam et d'Hécube. Sa mère, avant sa naissance, rêva qu'elle accouchait d'un tison qui brûlait la ville et qui mettrait en cendres l'Europe et l'Asie; Priam fit exposer l'enfant par un berger sur le mont Ida où une ourse l'allaita; le berger le retrouvant au bout de cinq jours l'éleva; il se fit remarquer par sa beauté et sa bravoure et épousa OEnone, fille du dieu de la rivière Cebren, douée du don prophétique.

Il gardait ses troupeaux sur le mont Ida lorsque lui apparurent, les trois déesses entre lesquelles il eut à choisir la plus belle. Voici la version la plus répandue sur ce Jugement de Pâris. Aux noces de Thétis et de Pélée, on avait invité tous les dieux, sauf Eris (la Discorde) : elle se présenta et jeta aux convives une pomme d'or avec cette inscription : « A la plus belle »; Athéna, Athéna et Aphrodite se la disputèrent. Zeus ordonna à Hermès de conduire les trois déesses sur le mont Cargarus, contrefort de l'Ida, au beau berger Pâris, lequel déciderait : Héra lui promit la puissance et la richesse, la souveraineté de l'Asie; Athéna. la gloire et la sagesse; Aphrodite, la plus belle des femmes. Il remit la pomme à Aphrodite. 
-

Cranach : le Jugement de Paris.
Le Jugement de Pâris, par Lucas Cranach (musée de Karlsruhe). 
Curieuse interprétation d'une scène antique 
par un artiste du XVIe siècle.

Avant ou après ce jugement, il avait été reconnu pour fils de Priam à l'occasion d'un sacrifice et de jeux funéraires célébrés à Troie; il y fut vainqueur, et sa soeur Cassandre proclama sa qualité. Peu après, à l'instigation. d'Aphrodite, et malgré l'avis de sa femme Oenone, il partait en voyage pour la Laconie pour redemander Hésione, qu'avait enlevée Héraclès, mais, au lieu d'accomplir cette mission, il ravit lui-même la belle Hélène femme de Ménélas, roi de Sparte, qui l'avait accueilli à sa cour. 

D'après l'Iliade, Hélène le suivit de son plein gré; leur union fut consommée dans l'îlot de Cranae. Revenant par l'Égypte et la Phénicie, Pâris rapporta à Troie Hélène et les trésors ravis au roi de Sparte. Ce rapt fut l'occasion de la guerre de Troie. Pâris y soutint contre Ménélas un combat singulier où il eut le dessous, mais refusa de rendre Hélène, enjeu de ce duel. Il tua Achille d'une flèche au talon; mais lui-même fut blessé par Philoctète (ou par Pyrrhus) d'une flèche empoisonnée; sa première femme Oenone refusa de le guérir, et il mourut à Troie. Il fut recueilli et secouru à ses derniers moments par la bergère Oenone, qu'il avait aimée et épousée dans sa jeunesse, mais qu'il avait depuis trahie et délaissée.

Homère le représente comme beau et séduisant joueur de lyre, se plaisant à la société des femmes, médiocrement brave et de caractère peu sûr. Les artistes le figurent ordinairement comme un beau jeune homme imberbe, coiffé du bonnet phrygien et tenant une pomme à la main. (A.-M. B.).
-

Simonet : le Jugement de Pâris.
Le Jugement de Pâris, par Enrique Simonet (1904). Musée de Malaga.
.


Dictionnaire Religions, mythes, symboles
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

[Pages pratiques][Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.