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| Aperçu | Causes | Constituante | Législative | Convention | Directoire |
| Moins
de quatre mois après la réunion des Etats
Généraux, les trois ordres sont réunis en une
seule Assemblée nationale; le Serment
du jeu de Paume répond aux ordres arbitraires de la cour; la
prise
de la Bastille, à ses démonstrations militaires; la garde
nationale, à l'armée du roi; la nuit
du 4 août, aux privilèges de tout ordre et de tout titre,
et à l'oppression séculaire des campagnes. En face de
la Politique tirée de l'Ecriture sainte de Bossuet
se dresse la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen. Chaque refus, chaque menace est
devenue pour la Révolution l'occasion
d'un succès. A la force de la raison, elle ajoute la raison de la
force. Mais ni le pouvoir royal, ni le privilège nobiliaire, ni
le privilège ecclésiastique ne se convertissent à
l'ordre de choses nouveau : toute concession cache une arrière-pensée
de résistance, tout serment une restriction mentale. Contraint à
résider dans sa capitale, Louis XVI ne
songe qu'à rejoindre les premiers émigrés.
Rentrée des
Parlements, suppression des provinces et formation des départements,
« Comparez, lui écrivait Mirabeau, le nouvel état des choses avec l'Ancien régime : c'est là que naissent les consolations et les espérances. Une partie des actes de l'Assemblée nationale, et c'est la plus considérable, est évidemment favorable à la royauté. N'est-ce donc rien que d'être sans Parlement, sans pays d'États, sans corps de clergé, de privilégiés, de noblesse? L'idée de ne former qu'une seule classe de citoyens aurait plu à Richelieu : cette surface égale facilite l'exercice du pouvoir. Plusieurs règnes d'un gouvernement absolu n'auraient pas fait autant que cette seule année de révolution pour l'autorité royale ».Mais dans l'oeuvre d'unité que la monarchie avait incontestablement poursuivie, et qu'achevait d'un coup la Révolution, Louis XVI ne put s'empêcher de voir une atteinte à son droit héréditaire. Puissance féodale et ecclésiastique par son origine et par sa base, la royauté ne pouvait accepter franchement l'entière destruction des privilèges ecclésiastiques et féodaux. Le roi ne veut pas être le premier magistrat de la nation : aussi n'en est-il plus que le dernier, le seul privilégié, situation périlleuse entre toutes. La fuite de Varennes déchira les voiles. Cependant la déchéance ne fut pas prononcée. L'Assemblée se contenta d'exiger du roi, pour le rétablir, un serment solennel à la Constitution de 1791. Or cette constitution ne laissait pas assez d'autorité au roi, si l'on avait confiance en sa parole, et lui en accordait beaucoup trop, si l'on avait toujours des raisons de se défier de lui. Il ne convint pas au peuple d'être dupe, et l'idée républicaine, encore confuse, eut ses premiers martyrs à la journée du Champ de Mars La bourgeoisie, qui
avait tout conduit jusque-là dans l'intérêt commun,
avait dû de plus en plus faire appel au peuple, élargir le
droit de suffrage, ouvrir à tous les rangs de la garde nationale,
pépinière des armées révolutionnaires. Le peuple
eut son premier gouvernement provisoire, qui fut la Commune
de Paris; sa formule politique, la République
une et indivisible; sa devise, « Liberté, égalité,
fraternité »; son tribunal suprême, sa Constituante,
et (en attendant la Constitution républicaine) son deuxième
gouvernement provisoire dans la Convention,
bientôt en concurrence et en opposition avec le premier, et qui concentra
toutes ses lumières et toutes ses forces dans le comité
de Salut public. Mais, d'une part, l'exécution du roi avait
réveillé dans une notable partie de la bourgeoisie et du
peuple des campagnes les instincts monarchiques si confiants et si puissants
en 1789;
d'autre part, la répression nécessaire des factions cléricales,
les vains essais de création d'une religion rationaliste (culte
de la raison, de l'Être suprême,
fêtes
révolutionnaires) permirent au fanatisme catholique
de relever la tête ( « Le propre d'une pareille tempête était de renverser quiconque cherchait à s'asseoir. Tout fut provisoire, et les hommes, et les partis, et les systèmes, parce qu'il n'y avait qu'une chose réelle et possible, la guerre » (Mignet).Il fallut un an aux thermidoriens, c.-à-d. à la majorité de la Convention, telle que les proscriptions et l'échafaud l'avaient faite, pour « ramener la Révolution à une situation légale ». Elle ne le put que par deux journées, celle de Prairial contre les derniers montagnards, celle de Vendémiaire contre les sections royalistes. La Convention léguait
à la France 1° à ne pas permettre le rétablissement de la monarchie dont on n'attend que, réaction et représailles;L'héritage de 1789. La bourgeoisie qui a spéculé et capitalisé n'est bas moins intéressée que le soldat et le petit propriétaire foncier à fortifier la République, même aux dépens de la liberté. De là le succès inoui du coup d'état de Brumaire an VIII qui, loin de mettre fin à la Révolution, en coordonne et en consolide les résultats sociaux ( Les théories générales de la Révolution sont nombreuses et diverses; adversaires ou apologistes ont eu une tendance plus ou moins accusée à personnifier cette idée-force. Les contre-révolutionnaires, qui s'adressent plus volontiers à la superstition ou au fanatisme, l'ont décrite d'habitude comme l'oeuvre de Satan, autorisée par la Providence pour la punition des hommes (Joseph de Maistre, Bonald, Freppel, d'Héricault), et comme la « négation du catholicisme et de la liberté » (Keller). Les modérés s'efforcent de démontrer qu'elle aurait pu être prévenue par des réformes (Droz, Léonce de Lavergne), ou tout au moins que, si elle a « procédé à la manière des révolutions religieuses », son objet fondamental n'était pas plus « de détruire le pouvoir religieux que d'énerver le pouvoir politique » (Tocqueville). Parmi les démocrates, les uns regrettent qu'elle n'ait pas abouti, par un protestantisme gallican, à une séparation définitive avec Rome (E. Quinet) ; les autres tiennent pour le pur déisme, pour le pur rationalisme (L. Blanc, Michelet). Les Girondins, les Montagnards, Danton, Robespierre, ont eu et ont encore leurs partisans exclusifs. Taine a exagéré à plaisir l'influence de « l'esprit classique » et des violences populaires, et adapté des milliers d'anecdotes à quelques idées préconçues, nées elles-mêmes d'une sorte de terreur rétrospective. Thiers et Miguet, plus purement historiens, ont encouru le reproche de fatalisme parce qu'ils ont cherché de préférence à enchaîner les causes et les effets, à classer et à caractériser les périodes. D'autre part, l'histoire locale de la Révolution étant encore à peine ébauchée à la fin du XIXe siècle, il n'a pas été difficile aux auteurs de l'époque d'exalter le rôle en effet prépondérant du peuple parisien, ou inversement de honnir Paris sans se rappeler que Vauban, le loyal serviteur du grand roi, avait surnommé la capitale « la patrie commune de tous les Français ». Il va sans dire que tous ces dissentiments et bien d'autres se ressentent et de l'opinion politique des auteurs, et de la date des ouvrages. A partir des années 1880 s'est constituée une école qui s'appliqua avant tout à élucider, à interpréter historiquement, et non politiquement, les faits et les idées révolutionnaires. Cette méthode a eu pour conséquence de mettre fin à beaucoup de déclamations, de partis pris, d'inutiles polémiques, d'éloges ampoulés, d'indignations vraies ou simulées contre les personnes ou les choses. A cette école surtout critique et historique se rattachent les noms de Aulard (auquel on a emprunté quelques textes dans ce site), A. Brette, E. Champion, Ch.-L. Chassin, Et. Charavay, J. Flammermont, J. Guillaume, Sigismond-Lacroix, CI. Perroud, A. Rambaud, Tuetey, Tourneux, Ch. Seignobos, etc.; son principal organe a été la revue la Révolution française, fondée en 1888. (H. Monin). |
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