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La Révolution française
Le serment du Jeu de Paume
20 juin 1789
Aperçu Causes Constituante Législative Convention Directoire
On connait sous le nom de Serment du jeu de Paume, la délibération prise sous forme de serment, le 20 juin 1789, par l'Assemblée nationale qui s'est plus tard, en conséquence, appelée Constituante. A neuf heures du matin, le samedi 20 juin 1789, le président Bailly et les secrétaires Camus et Pison du Gallan trouvèrent la salle des séances gardée par des soldats, qui en refusaient l'entrée aux députés.

Une affiche les prévenait que « le roi ayant résolu de tenir une séance royale aux Etats généraux (sic), lundi 22 juin, les préparatifs à faire dans les trois salles qui servent aux assemblées des ordres exigeaient que ces assemblées fussent suspendues jusqu'après la tenue de ladite séance. »
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Serment du Jeu de Paume.
Le Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789, par David.

Le bureau se transporta dans le « jeu de paume de la rue du Jeu-de-Paume », où ils furent suivis successivement par les membres de l'Assemblée. Bailly commença par rendre compte :

1° d'une lettre conçue dans le mime sens que l'affiche et qu'il avait reçue du marquis de Brézé, grand maître des cérémonies; 

2° de la réponse qu'il avait faite : 

« Je n'ai reçu encore aucun ordre du roi, Monsieur, ni pour la séance royale, ni pour la suspension des assemblées, et mon devoir est de me rendre à celle que j'ai indiquée pour ce matin huit (sic) heures»; 
3° d'une seconde lettre de M. de Brézé, insistant sur « l'ordre positif du roi». 
L'Assemblée ayant délibéré prit l'arrêté suivant à l'unanimité moins une voix (Martin Dauch, député de Castelnaudary) : 
« L'Assemblée nationale considérant qu'appelée à fixer la constitution du royaume, à opérer la régénération de l'ordre public, et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu'elle ne continue ses délibérations dans quelque lieu qu'elle soit forcée de s'établir, et qu'enfin, partout où ses membres sont réunis, là est l'Assemblée nationale; arrêté que tous les membres de cette Assemblée prêteront à l'instant le serment solennel de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides; et que, ledit serment étant prêté, tous les membres de chacun d'eux en particulier, confirmeront par leurs signatures cette résolution inébranlable ». 
Le président et les secrétaires obtinrent de prêter le serment les premiers ; puis toute l'Assemblée prêta le même serment « entre les mains du président ». Cet acte, révolutionnaire au premier chef, fut suivi des « cris réitérés et universels de Vive le Roi!-» (Procès-verbal). 
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Serment du Jeu de Paume.
La salle du Jeu de paume, à Versailles, le 20 juin 1789. 
Bailly, debout sur la table, prête serment le premier. 
Dessin de Prieur (Musée du Louvre).

Puis le président fit l'appel des bailliages, sénéchaussées, provinces et villes, suivant l'ordre alphabétique, et chacun des membres en répondant à l'appel s'approcha du bureau et signa. Martin Dauch fut le seul qui fit suivre sa signature, la 118e, du mot « opposant » : il persista dans cette opposition, dictée par des sentiments loyalistes que l'Assemblée crut devoir respecter. 

Il y a eu aussi des absents et des députés dont les pouvoirs n'avaient pu encore être vérifiés. Le nombre total des signataires adhérents est de 640. 

Les célèbres dessins de David (projets de tableau) sur cette séance n'ont aucune intention et presque aucune valeur historiques. Il en était presque de même du musée organisé en 1882-1883 dans la salle restaurée du Jeu de paume, à Versailles, jusqu'au travail critique d'Armand Brette, aux conclusions duquel il a bien fallu enfin se conformer.

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