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Charles Freppel

Charles Emile Freppel est un prélat, écrivain et homme politique français, né à Obernai (Bas-Rhin) le 1er juin 1827, mort à Paris le 22 décembre 1891. Ordonné prêtre en 1849, il enseigna l'histoire au petit séminaire de Strasbourg, puis la philosophie à l'école des Carmes de Paris (1850), fut rappelé à Strasbourg, où il dirigea quelque temps le collège épiscopal de Saint-Arbogast, retourna en 1852 à Paris où, en qualité de chapelain de Sainte-Geneviève, il se fit connaître par ses conférences religieuses, occupa ensuite avec éclat la chaire d'éloquence sacrée à la Faculté de théologie et acquit comme prédicateur une réputation qui lui vaut d'être appelé en 1862 à prêcher aux Tuileries.

Polémiste infatigable, il s'efforça de réfuter, par des écrits d'une violence outrée, les ouvrages d'histoire religieuse de Rouan et Havet (Vie de Jésus, Origines du christianisme, etc.). 

Nommé doyen de Sainte-Geneviève en 1867, Freppel fut appelé, deux ans plus tard, comme consulteur; à préparer les travaux du Concile oecuménique du Vatican, où il soutint avec ardeur le dogme de l'infaillibilité. Devenu évêque d'Angers (1870), il se distingua pendant la guerre et après par son patriotisme, mais se préoccupa surtout de défendre l'Eglise par la politique, brigua sans succès la députation à Paris le 2 juillet 1871, entra le 4 juin 1873 au conseil supérieur de l'instruction publique, où il ne perdit aucune occasion de battre en brèche l'Université, prit une part active aux menées du parti royaliste en 1873, exhorta publiquement (1874) le maréchal de Mac-Mahon à rétablir la monarchie et fonda à grand bruit l'université catholique d'Angers (1875).

Très hostile au catholicisme dit libéral, il alla jusqu'à frapper d'excommunication l'orthodoxe Falloux (1876). Il aspirait visiblement à la succession politique de l'évêque Dupanloup, soutenait avec éclat l' « ordre moral » pendant la période du 16 mai, attaquait directement Gambetta au sujet de son discours de Romans (septembre 1878) et contribuait, par une lettre hautaine à Dufaure (25 janvier 1876), à la crise gouvernementale qui, tout à l'encontre de ses désirs, se termina par la retraite de Mac-Mahon et porta un républicain à la présidence de la République.

Elu enfin député (1880) par la 3e circonscription de Brest, qui depuis lui resta fidèle jusqu'à sa mort, Freppel joua au Palais-Bourbon, comme représentant professionnel de l'Eglise catholique, un rôle considérable. Grâce à une instruction très variée, à une grande habitude des affaires, à une remarquable facilité de parole et à une audace que rien ne troublait, il lutta sans relâche, sans succès, il est vrai, mais non sans éclat contre une majorité dont la politique était en général diamétralement opposée à la sienne, combattit de toutes ses forces les nouvelles lois anticléricales sur l'enseignement (1880-1882), la loi sur le divorce (1882), la loi municipale (1883), etc. 

Mais il soutint énergiquement (ce qui était, du reste, l'intérêt du clergé) la cause du gouvernement dans les discussions relatives aux entreprises coloniales, telles que les expéditions de Tunisie, du Tonkin, de Madagascar (1881-1883-1885) et tint à prononcer l'oraison funèbre de l'amiral Courbet, mort en extrême Orient au service de la France (1er septembre 1885). S'il soutenait, malgré les reproches de ses amis de la droite, la politique coloniale de la République, il était bien loin d'être devenu républicain.
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Freppel.
Charles Freppel (1827-1891). Statue élevée à Obernai en 1924. Photo : © Angel Latorre, 2008.

Freppel ne craignait pas en effet de réprouver publiquement les doctrines conciliantes de l'archevêque de Rouen et même du pape Léon XIII (1885-1886) et prononçait, notamment dans les discussions relatives aux rapports de l'Eglise et de l'Etat et à la nouvelle loi militaire (1887-1888), des discours d'une grande violence contre le régime issu de la constitution de 1875. Réélu député sans concurrent le 22 septembre 1889 par 11,505 voix, il a, malgré l'affaiblissement visible de sa santé, pris une part active aux travaux de la nouvelle Chambre. 

Au printemps de 1891 il allait à Rome faire une démarche personnelle auprès de Léon XIII, qui commettait à son sens une faute en conseillant au clergé français d'adhérer au gouvernement républicain. On peut presque dire que Freppel est mort sur la brèche, car, au Palais-Bourbon, peu de jours avant sa mort (12 décembre 1891), il intervenait encore avec sa fougue ordinaire et au nom de ses principes théocratiques dans les débats provoqués par l'interpellation de Hubbard sur les menées inconstitutionnelles de l'épiscopat. (GE).

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