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L'histoire de Paris
des origines à 1500
L'histoire de Paris
Des origines à 1500
De 1500 à la Révolution
De la Révolution à 1900
La première mention qu'on trouve de Paris est dans les Commentaires de César qui le désigne sous le nom de Lutetia. Lutèce était la civitas des Parisii, dont le territoire dépassait un peu les limites actuelles de la Petite couronne, et l'île, dite maintenant de la Cité, où elle existait, était alors plus petite, des îlots voisins n'y ayant pas encore été rattachés. A l'arrivée de César, les Parisiens étaient depuis peu devenus absolument indépendants des Sénons. César, en 53 av. J.-C., réunit dans Lutèce la première assemblée générale des Gaules. Lors du soulèvement de l'an 52, ce fut dans la bataille livrée près de cette ville que périt le chef gaulois Camulogène
Le siège de Lutèce par Labienus, lieutenant de César. - Lors du soulèvement général de la Gaule, en 52 av. J.-C., Labienus reçut l'ordre d'occuper Lutèce. Labienus, avec quatre légions, quitta Agendicum (Sens), et suivit la rive gauche de la Seine jusqu'aux marais de l'Essonne, près de Corbeil, où il se heurta aux Parisii, aux Carnutes, aux Suessiones, ralliés sous le commandement du vieux et habile chef aulerqueCamulogène. Il retourna en arrière, prit Melun, y traversa le fleuve et se porta devant Lutèce, comptant y devancer les troupes gauloises. Mais Camulogène avait déjà brûlé le bourg, rompu les deux ponts qui reliaient l'île aux deux rives et s'était posté sur la montagne Sainte-Geneviève. Labienus, apprenant alors la défaite de César à Gergovie et la défection des Eduens, menacé au nord par les Belges, résolut de rejoindre son chef. Il réussit à passer la Seine en aval de Lutèce, par une nuit d'orage, et, le lendemain, culbuta dans la plaine de Grenelle l'aile droite des troupes gauloises. Camulogène fut tué. Labienus regagna Sens et rejoignit César dans la vallée de l'Yonne.
On sait mal quel fut le régime municipal de Lutèce sous la domination romaine; c'est sur la rive gauche de la Seine que les faubourgs se développèrent d'abord. Le plus ancien monument de Paris, les arènes, dont on a retrouvé les restes rue Monge, date du ler ou du IIe siècle. A la fin du IIIe siècle, Constance Chlore se fit construire dans ces faubourgs un palais qui fut son séjour de prédilection : le palais dit des Thermes (peut-être à tort) que l'empereur Julien agrandit. Un camp permanent, entouré de murs très épais, occupait l'emplacement actuel du bas de la rue Soufflot. Vers l'an 400, la ville, qui faisait partie de l'ancienne province de Celtique, fut englobée dans la 4e Lyonnaise. C'est au IIIe ou IVe siècle que le nom du peuple fut substitué au nom de la ville même et que Lutèce devint Paris. Un concile important se tint à Paris en 360.

La première enceinte.
On assigne généralement comme date l'année 406 environ à l'enceinte fortifiée que les Gallo-Romains établirent tout autour de l'île de la Cité et dont on a plusieurs fois retrouvé des restes, notamment en 1898. Cette première enceinte définira les limites de la ville jusqu'à l'an 1000 environ. Vers le milieu du Ve siècle, sans doute, le siège de l'église de Paris fut établi dans le temple de Jupiter de l'île de la Cité, et bientôt deux églises s'élevèrent sur son emplacement, Saint-Etienne et Notre-Dame, qui possédèrent successivement la chaire épiscopale. C'est à cette époque que se place dans l'histoire de Paris la légende de sainte Geneviève dont on a fait la patronne de cette ville. Clovis n'entra dans Paris qu'en 497; il en fit sa capitale en 508, comme il résulte d'un texte de Grégoire de Tours que l'on a bien des fois cité. Les rois mérovingiens qui se succédèrent à Paris résidèrent, tantôt dans le palais de Julien, tantôt dans celui de la Cité, ancien palais proconsulaire. Lors du partage de 567. Paris fut laissé dans l'indivision et servit de limite entre plusieurs pagi dont un est le pagus Parisiacus ou Parisis. Deux abbayes, devenues rapidement célèbres, furent fondées sur la rive gauche, l'une, Saint-Pierre et Saint-Paul, qui s'appela bientôt Sainte-Geneviève, par Clovis ler, l'autre, Saint-Vincent, peu après dénommée Saint-Germain-des-Prés, par Childebert Ier. On attribue une assez haute antiquité également à l'établissement de l'Hôtel-Dieu. Mais Paris qui avait grandi en même temps que le pouvoir des Mérovingiens participa à leur décadence; de la fin du VIIe siècle à celle du IXe siècle, il est assez délaissé, et, sous les premiers Carolingiens, il n'est souvent que la capitale d'un fief, le comté de Paris. Mais ses comtes devinrent rois : il n'y eut plus que des vicomtes. Paris eut à souffrir des ravages des Vikings en 845, 856 et 861. Le siège qu'ils lui firent subir en 885-886 est le premier qui soit célèbre. 

Le siège de Paris par les Vikings.  - En l'été 885, les Vikings, après avoir saccagé Pontoise, parurent sous Paris avec 700 barques. Paris couvrait l'île de la Cité, ceinte d'un rempart de pierres et reliée aux rives par deux ponts défendus, à l'entrée, par une grosse tour. Siegfried, chef des Vikings, à l'aspect des fortifications, promit de respecter la ville si on lui laissait remonter librement la Seine. On refusa et un terrible siège commença, qui dura jusqu'en octobre 886. Eudes, comte de Paris, fils de Robert le Fort, organisa la défense avec l'aide de son frère, Robert, de l'évêque Gozlin, d'Eble, abbé de Saint-Germain-des-Prés, et de plusieurs seigneurs. Les Vikings livrèrent des assauts acharnés, que l'on repoussa par la hache, l'huile bouillante, la poix. Charles le Gros parut enfin sur les hauteurs de Montmartre; au lieu de battre les Vikings, il acheta leur retraite à prix d'or.
Dès le IXe siècle, les écoles de la cathédrale Notre-Dame étaient très célèbres. Aussitôt que furent passés les dangers des invasions normandes, les faubourgs de Paris se développèrent définitivement.

La deuxième enceinte.
La date de la deuxième enceinte est, elle aussi, très incertaine; elle appartient au XIe ou même au Xe siècle; on la place parfois vers l'année 1020. Apellée à délimiter Paris pendant moins de deux siècles, cette enceinte, dite souvent des Capétiens, se composait de deux demi-cercles partant de l'extrémité orientale de l'île de la Cité et aboutissant un peu en avant de l'extrémité occidentale. Mais on en recule parfois aussi la construction jusqu'au règne de Louis VI, soit jusqu'au commencement du XIIe siècle. Ce fut Louis VI qui fondé l'abbaye de Saint-Victor, et l'on sait à quel point Guillaume de Champeaux, qui professa dans cette abbaye, son disciple Abélard et leurs successeurs contribuèrent à donner alors à Paris un éclat littéraire. 

Saint-Germain-l'Auxerrois était de même un foyer d'études. Le prieuré de Saint-Martin des Champs avait été fondé au siècle précèdent par le roi Henri Ier. Paris participe en même temps au mouvement architectural, puisque sa cathédrale fut reconstruite vers 1115 et que l'église actuelle fut commencée sous le règne suivant, en 1163, grâce à l'initiative de l'évêque Maurice de Sully. Louis VI est également le roi qui éleva l'église de Saint-Jacques la Boucherie

Les marchands de l'eau de Paris sont pour la première fois mentionnés dans un document certain sous le règne du même roi qui leur abandonna un droit de 60 sous levé au moment des vendanges sur chaque bateau chargé de vins venant à Paris (1121). L'administration municipale n'était représentée alors que par des confréries marchandes qui défendaient les intérêts du peuple. Il y avait déjà un agent du roi qui portait le nom de prévôt de Paris; le premier qu'on connaisse est Etienne, prévôt en 1060; on ne trouve plus alors de vicomtes de Paris, et la prévôté et la vicomté de Paris apparaissent réunies; l'expression « prévôté et vicomté » subsista jusqu'à la fin de l'Ancien régime; elle s'appliquait à Paris et à sa banlieue; le prévôt de Paris avait rang de premier bailli. Sous Louis VII (1170), la corporation des marchands de Paris ou hanse parisienne obtient la confirmation de ses privilèges, notamment dit monopole des transports entre Paris et Mantes et du droit de justice sur les gens qu'elle emploie. C'est lentement, grâce à la bienveillance qui lui est témoignée par le roi, que cette corporation se transforme en municipalité. Paris n'eut cependant jamais de charte communale; il rentre dans le groupe des villes dites de bourgeoisie.

La troisième enceinte (1190-1370).
Dans l'histoire de la ville de Paris, le nom de Philippe-Auguste est attaché à plusieurs grands travaux. De 1190 à 1210 pour la rive droite et de 1211 à 1220 pour la rive gauche, ce roi fit établir une nouvelle enceinte fortifiée flanquée de 100 tours rondes et percée de 20 portes ou poternes; partant du château du Louvre, elle englobait l'église actuelle de Saint-Eustache, coupait en deux le quartier du Marais, puis la Seine entre l'île Notre-Dame et l'île aux Vaches, englobait aussi Sainte-Geneviève, traversait la rue Saint-Jacques et laissant en dehors l'abbaye de Saint-Germain des Prés revenait aboutir en face du Louvre. Ses tours les plus connues sont la tour Hamelin, dite ensuite tour de Nesle, qui était située là où s'élève l'Institut, et, à l'autre extrémité de la rive gauche, la Tournelle, On a retrouvé des vestiges de cette enceinte, et il en subsiste encore des tours, notamment dans une cour du Mont-de-Piété, dans la cour du Commerce, rue Dauphine et rue Guénégaud. Paris renfermait au XIIIe siècle 33 paroisses et 220 rues; il se subdivisait en Outre-Grand-Pont ou Ville au Nord, Cité au centre, Outre-Petit-Pont ou Université au Sud. Philippe-Auguste fit commencer les premiers travaux de pavage, construire des halles, ainsi qu'un grand cimetière (celui des Innocents) et installer des fontaines publiques (Les fontaines de Paris). En 1204, il fit édifier aux portes de la ville un château fort, le Louvre. L'Université obtint de lui d'être désormais soumise, non plus à la juridiction du prévôt de Paris, mais à celle de l'Église. De nombreux collèges furent fondés dès le XIIIe siècle. Paris avait déjà une population d'environ 100 000 habitants).

Sous saint Louis, la prospérité de la capitale s'accrut encore. De son règne datent l'édification de la Sainte-Chapelle, la fondation de l'hospice des Quinze-Vingts et des églises des Franciscains ou Cordeliers et des Dominicains ou Jacobins, enfin la création de la Sorbonne. Le remplacement du prévôt-fermier de Paris par un garde royal de la prévôté ne serait pas une innovation due, vers 1258, à saint Louis; la réforme ne consista que dans la suppressionn de l'affermage. C'est dans les dernières années du même règne, en 1263, qu'on trouve la première mention d'un prévôt des marchands, Evreux de Valenciennes. Ce prévôt, sorte de maire, était assisté de 4 échevins  et de 24 conseillers, tous électifs. La corporation des marchands de l'eau, qui jouait un rôle commercial prépondérant, paraît s'être transformée en municipalité au commencement du XIIIe siècle, en 1220. Mais la prévôté des marchands était surtout alors une juridiction. On possède un recueil de ses sentences remontant à 1268. Cette juridiction n'était pas, du reste, uniquement commerciale; le prévôt de Paris la reconnaissait compétente pour toutes les matières visées par la coutume de Paris. 

Enfin les actes de donation pouvaient aussi être enregistrés par la prévôté. Les intérêts du pouvoir central étaient représentés auprès d'elle par un officier appelé clerc ou procureur du roi. En tant que municipalité, la prévôté s'occupe des fortifications, des fontaines et distributions d'eau, des ponts, du pavage, des hôpitaux et des établissements de bienfaisance. Tandis que le prévôt ou les prévôts de Paris, car jusqu'à Etienne Boileau il y en eut souvent deux à la fois, siégeaient au Grand-Châtelet, la municipalité de Paris se réunissait dans ce qu'on appelait le Parloir aux bourgeois. Très vraisemblablement, le premier parloir municipal fut situé près de Saint-Leufroy et du Châtelet et ne doit pas être confondu avec la maison de la Marchandise de la Vallée de Misère, bureau de perception des bourgeois hansés. Quant à la tour carrée qui, depuis le milieu du XIIIe siècle sans doute, s'élevait où se trouve maintenant la rue Soufflot, elle occupait l'emplacement du premier siège présumé de la hanse parisienne, et elle ne servit tout au plus que d'annexe au Parloir des bourgeois. 

Sous Philippe le Bel, Paris vit principalement la réunion des premiers Etats généraux à Notre-Dame, le supplice des Templiers au terre-plein du Pont-Neuf, les scandales de l'hôtel de Nesle. La royauté, en excellents termes avec la municipalité, s'habitue à compter sur elle pour assurer la marche des services publics et lui demande des subsides. En constatant combien les habitants de Paris durent avoir à souffrir de l'administration financière des rois pendant la première moitié du XIVe siècle, on s'explique mieux les événements qui se rattachent à la prévôté d'Étienne Marcel. A ne considérer que son rôle d'administrateur, il faut rappeler que ce fameux prévôt fit munir de fossés et de mâchicoulis les remparts de la rive gauche en 1356 et 1358, qu'il veilla au bon entretien de la voie publique, prévint les famines et acheta, pour y installer la municipalité, place de Grève, l'hôtel de Dauphin ou Maison aux piliers (1357). C'est pendant sa prévôté qu'on voit apparaître pour la première fois des quartiniers, cinquanteniers et dizainiers préposés à l'administration de subdivisions territoriales. Les quartiers étaient alors sans doute au nombre de huit : Cité, Université, Grève, Saint-Jacques-la-Boucherie, Sainte-Opportune, Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-André-des-Arts, place Maubert.

Le quatrième enceinte (1367-XVIe siècle).
Charles V fit rebâtir en l'agrandissant la partie septentrionale de l'enceinte fortifiée. Construite entre 1367 et 1383, la nouvelle enceinte englobait le Louvre et ajoutait à Paris le Bourg-l'Abbé, le Temple, le Bourg-Saint-Eloi et une partie du faubourg Saint-Antoine; il n'en reste qu'un fragment rue de Valois. La Forteresse construite devant la porte Saint-Antoine fut la Bastille, Charles V construisit aussi le couvent des Célestins et l'hôtel Saint-Paul dont il fit sa résidence de prédilection. On lui doit de nombreux travaux d'utilité publique, pour lesquels il fut remarquablement secondé par son prévôt de Paris, Hugues Aubriot l'établissement du premier égoût couvert, de nouveaux ponts, de nouveaux ports. Par suite de la prépondérance du prévôt du roi, la prévôté des marchands ne jouait alors qu'un rôle effacé. En 1382, l'établissement de nouvelles taxes amena la révolte dite des Maillotins, dont le résultat fut la disparition des libertés municipales qui, supprimées en 1383, furent seulement restituées sans doute en 1409, en fait et légalement en 1412. Pendant vingt-six ans, la prévôté des marchands fut tenue en garde par un agent du roi et même, de 1383 à 1389, réunie à la prévôté de Paris. Peu après la fin de ce régime, la grande ordonnance de février 1416 codifiait en 700 articles les règlements de la juridiction de la prévôté des marchands. 
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Paris en 1410.
Paris en 1410 : l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, le Petit Bourbon et Montmartre.

L'histoire de Paris, au commencement du XVe siècle, est surtout dans le récit des luttes des Armagnacs et des Bourguignons, dans celui des excès des Cabochiens. Une épidémie fit un très grand nombre de victimes en 1418. En 1420, Paris commença à subir la domination anglaise (La Guerre de Cent Ans). L'assaut donné par Jeanne d'Arc en 1429 échoua, et Henri VI d'Angleterre fut couronné roi de France à Notre-Dame en 1431. Paris fut reconquis sur les Anglais en 1436 et Charles VII y rentra au mois de novembre de l'année suivante. C'est au palais des Tournelles qu'il s'installa. Une réforme de l'Université eut lieu sous son règne. Une ordonnance parue en 1450 est relative au mode d'élection du prévôt des marchands, des échevins et des conseillers. Des lettres de Charles VII, de 1450 également, confirmées par Louis XI en 1461, mirent fin à des désaccords qui étaient perpétuels entre la prévôté des marchands et les marchands de Rouen au sujet de leurs privilèges. Louis XI est le dernier roi qui fit encore de Paris son séjour ordinaire, résidant le plus souvent aux Tournelles. L'imprimerie, dont il permit l'introduction à Paris en 1470, ne tarda pas à y prendre un grand développement. Sous Louis XII, en 1499, les prévôt et échevins furent pour quelques mois remplacés d'office par des personnes que désigna le roi, à la suite de l'écroulement du pont Notre-Dame.

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