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Maillotins.
- Nom donné aux habitants de Paris
qui firent une insurrection pour s'opposer à la perception de nouvelles
taxes décrétées parle duc d'Anjou régent de
France, pendant la minorité de Charles VI.
Le 28 février 1382 (ou 1381?), une proclamation d'une taxe nouvelle
fut faite dans la ville. Les crieurs furent tués et poursuivis à
coups de pierres. Le 1er mars, les percepteurs,
croyant cette proclamation suffisante, se montrèrent aux halles
et commencèrent par demander l'impôt sur une botte de cresson
que venait de vendre une vieille femme. On les accabla de coups et on les
chassa honteusement. Le peuple se porta ensuite à l'arsenal de l'Hôtel
de Ville ,
et, n'y trouvant que des maillotins, espèce de maillets de plomb,
s'en empara. La plupart des percepteurs furent tués. L'émeute
grandit; elle se porta à l'abbaye Saint-Germain des Prés ,
qu'elle força; au Châtelet ,
qu'elle assiégea, et dont elle mit les prisonniers en liberté.
Rouen avait imité Paris
l'exemple devenait contagieux. Le duc d'Anjou entra à Rouen avec
une petite armés, fit emprisonner quelques bourgeois, pendre bon
nombre de manants, et rétablit dans toute leur rigueur les impôts
qui avaient donné lieu au mouvement. Le roi et les princes se dirigèrent
ensuite sur Paris, pour châtier les rebelles. Cette révolte
ne fut apaisée qu'à la fin du mois d'avril : plus de cent
bourgeois subirent le dernier supplice, parmi lesquels, l'avocat-général
Desmarets, vieillard de soixante-dix, ans, et Nicolas Leflamand, vieux
champion de la liberté, un des anciens compagnons du prévôt
Étienne
Marcel. Les exécutions, durèrent quinze jours; puis on
rétablit la gabelle et les impôts supprimés.
Les Parisiens durent payer une somme de 100000 livres, destinée
à remplacer les impôts, cause de l'insurrection. La révolte
des maillotins donna toutefois conscience au peuple de sa force, et devint
le prélude d'autres insurrections. (H. C.). |
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