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Rue
Saint-Jacques, à Paris
(Ve arrondissement). - Au XIIe
siècle c'était la Grand-rue du Petit-Pont. Elle prit au XIIIe
siècle en ses diverses parties les noms
de Grand-rue Saint-Jacques-des-Prêcheurs,
Grand-rue Saint-Etienne-des-Grés, Grand-rue prés Saint-Benoît-le-Beslournet,
Grand-rue près du chevet de l'église Saint-Severin, Grand-rue
outre Petit-Pont, Grand-rue vers Saint-Mathelin, Grand-rue Saint-Benoît,
enfin Grand-rue Saint-Jacques, en raison de la chapelle Saint-Jacques,
où les religieux dominicains,
frères Prêcheurs, dits depuis Jacobins, s'établirent
en 1218. Depuis 1806, le nom de rue Saint-Jacques lui a été
donné jusqu'à la rue de la Bourbe; avant cette époque
cette voie publique ne portait cette dénomination que jusqu'aux
rues Saint-Hyacinthe et des Fossés-Saint-Jacques, où l'on
voyait anciennement une porte de l'enceinte construite par
Philippe-Auguste.
A l'encoignure gauche
de la rue des Noyers était située la chapelle Saint-Yves.
Elle fut fondée et bâtie en 1348, un an après la canonisation
de Saint-Yves, par Clément VI. Des écoliers
Bretons ,
qui étudiaient à Paris ;
firent les frais de cette fondation. Saint-Yves, dont le nom de famille
était Hélor, naquit auprès de Tréguier ;
son père était seigneur de Kermartin. Saint Yves vint à
Paris à l'âge de 14 ans, pour apprendre la philosophie ,
la théologie
et le droit canon; à vingt-quatre ans il alla étudier le
droit civil à Orléans ;
et fut ensuite official de l'évêque de Rennes ,
puis de celui de Tréguier; et enfin curé de Lohance. Les
procureurs et les avocats l'adoptèrent pour patron, mais l'imitèrent
rarement. Ils établirent une confrérie dans cette chapelle
qui était d'une construction élégante; sur le portail
on voyait les statues
de Jean VI , duc de Bourgogne ,
et de Jeanne de France
sa femme. En 1790, cette chapelle fut supprimée. Devenue propriété
nationale, elle fut vendue le 6 mai 1793, et démolie en 1796; la
maison qui porte sur la rue des Noyers le n° 56 a été
bâtie sur son emplacement.
La porte
Saint-Jacques était située vers le milieu de l'espace qui
se trouve entre la rue Souflot et celle des Fossés-Saint-Jacques;
on l'appela aussi porte de Notre-Dame-des-Champs, parce qu'on y passait
pour aller au faubourg et au monastère
de ce nom. Elle faisait partie de l'enceinte de Philippe-Auguste.
Ce fut par la porte Saint-Jacques que les troupes de Charles
VII entrèrent dans Paris ,
le vendredi 13 avril 1436; cette porte fut abattue en 1684.
Au n°193 était
situé le couvent des religieuses de la Visitation Sainte-Marie.
Le nombre s'étant considérablement augmenté, l'archevêque
de Paris
leur accorda la permission, en 1623, d'établir un nouveau monastère.
Elles achetèrent dans la rue Saint-Jacques la maison dite de Saint-André,
dans laquelle elles entrèrent le 13 août 1626. Cet établissement
fut confirmé en 1660, par lettres-patentes; leur communauté
fut supprimée en 1790, et vendue le 4 plairial an V. D'après
l'acte d'aliénation, l'acquéreur était tenu de livrer
sans indemnité le terrain nécessaire pour les nouveaux percements
de rues.
«
Au camp impérial de Varsovie ,
le 25 janvier 1807. - Napoléon, etc [...].
Nous avons décrété et décrétons ce qui
suit : Article 1er. La rue, qui aux termes du contrat primitif de vente,
doit être formée à travers les bâtiments et terrains
de l'ancien couvent de Sainte-Marie, dit les Visitandines, à l'entrée
du faubourg Saint-Jacques, n'aura son exécution qu'autant que les
dames du refuge, dites de Saint-Michel, qui y ont établi depuis
peu leur institution, cesseront d'être propriétaires de cet
ancien couvent, etc. »
Ces dames se consacraient
à l'éducation de la jeunesse; leur couvent servit aussi de
maison de correction pour les jeunes filles repenties, et pour celles qui
sont détenues par mesure de police ou par inconduite, à la
demande de leurs parents.
Au n° 269 était
situé le couvent des Bénédictins
anglais. Par suite de la persécution que le roi Henri
VIII exerça contre les catholiques ,
les bénédictins anglais, ainsi que tous les autres religieux
du culte romain, se virent forcés de se cacher ou d'aller chercher
un asile hors de l'Angleterre .
Marie de Lorraine, abbesse de Chelles ,
en fit venir six à Paris ,
qu'elle établit, en 1615, au collège de Montaigu, puis elle
les en tira pour les installer dans une maison du faubourg Saint-Jacques;
mais le refus qu'ils firent, en 1618, de se prêter à une nouvelle
translation, les brouilla avec leur bienfaitrice et tarit la source de
ses libéralités. Dans l'indigence où cet abandon les
laissa réduits, ces religieux furent secourus par le père
Gabriel Gifford, alors chef de trois congrégations italienne, espagnole
et anglaise, qu'on avait réunies, en 1617, sous le nom de Congrégation
Bénédictine anglaise. Il les logea d'abord dans une maison
rue de Vaugirard, puis les transféra rue d'Enfer; ils habitèrent
ensuite une propriété que les Feuillantines avaient occupée;
enfin le père Gifford, devenu archevêque de Reims, leur acheta,
en 1640, trois maisons rue du Faubourg-Saint-Jacques où ils purent
se fixer définitivement. Ces religieux obtinrent, en 1642, de l'archevêque
de Paris, la permission de célébrer l'office divin dans leur
chapelle,
ce qui leur fut confirmé par des lettres-patentes de Louis
XIV. En 1674, ils démolirent l'ancienne maison et la salle qui
servait de chapelle; puis construisirent de nouveaux bâtiments et
commencèrent l'église. La première pierre en fut posée
par mademoiselle Louise d'Orléans, devenue ensuite reine d'Espagne ,
et le roi contribua à la dépense pour une somme de sept mille
livres. Cette église fut achevée et bénite le 28 février
1677, sous le titre de Saint-Edmond. Elle contenait le corps de Jacques
II, roi de la Grande-Bretagne, mort à Saint-Germain-en-Laye le
6 septembre 1701.
Le couvent des Bénédictins ,
supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut
vendu le 13 fructidor an VII. Un arrêté des Consuls, du 3
pluviôse an X, prononça la déchéance de l'acquéreur
et les bénédictins anglais rentrèrent en possession
de leur ancien établissement en vertu d'un autre arrêté
des Consuls du 3 messidor an XI. (Lz.). |
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