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Au XVIe
siècle, Paris
fut le théâtre des guerres de religion. Les supplices de Berquin,
d'Étienne Dolet, d'Anne du Bourg eurent
lieu, comme des spectacles, place de Grève ou place Maubert .
La Renaissance
se fit sentir dans la capitale, particulièrement par la création
du Collège de France, la reconstruction de l'Hôtel de Ville
et celle du Louvre .
La première pierre du nouvel Hôtel de Ville fut posée
en 1533; on n'a pas encore éclairci
définitivement le point de savoir si le principal architecte en
fut Le Boccador ou Pierre Chambiges; il ne fut achevé qu'en 1628.
La cinquième
enceinte. (du milieu du XVIe
siècle au milieu du XVIIe siècle,
puis à 1784).
Des travaux de fortifications et d'agrandissement
de Paris
furent entrepris au milieu du XVIe
siècle. L'enceinte de la rive droite fut reculée
à partir de la porte Saint-Denis, de façon à englober
les Tuileries ,
la butte des Moulins et la butte Saint-Roch; mais le mur bastionné
commencé sous Henri Il et continué
sous Charles IX ne fut repris qu'en 1633
et terminé en 1636. Au Sud-Ouest,
une tranchée fut creusée sous Henri II, Charles IX et Henri
III; mais on en connaît mal le tracé; elle semble avoir
suivi à peu près, les touchant presque, les rues actuelles
du Bac, de Sainte-Placide et de Notre-Dame-des-Champs. A la suite de la
mort tragique de Henri II (1559), Catherine
de Médicis abandonna le palais des Tournelles qui fut démoli
et fit construire les Tuileries ,
puis l'hôtel de Soissons (1572).
Après les journées de la Saint-Barthélemy (24, 25
et 26 août 1572) et la formation
de la Ligue, la capitale est organisée militairement; il y a dans
la ville 5 circonscriptions ayant chacune un colonel et quatre capitaines
et, au point de vue municipal, la direction supérieure est confiée
à un conseil, dit conseil des 16, à cause du nombre des quartiers,
qui ont alors aussi leurs comités. Paris, qui refuse enfin de donner
de l'argent à Henri III, acclame le duc de Guise et se révolte;
c'est la journée des Barricades (12 mai 1588).
En fait, la municipalité est vaincue avec le roi, parce que déjà
à cette époque elle était passée sous sa dépendance.
Le premier siège de Paris, par Henri III, ne dura que quelques jours
(30 juillet - 16 août 1589),
ayant été levé après l'assassinat de ce prince.
Le second, commencé par Henri IV le 8
mai 1590, un coup de main sur les faubourgs
de la rive gauche, le 1er novembre
1589,
n'ayant pas abouti, dura jusqu'au 30 août. Paris que défendait
le duc de Nemours reçut des renforts, et le siège fut encore
une fois levé.
Ce siège est célèbre
par les privations extrêmes que durent subir les assiégés
et même par ses horreurs; on aurait fait une sorte de pain avec les
os des cadavres, et des mères en auraient été réduites
à manger leurs enfants morts de faim. Henri
IV, qui ne put surprendre Paris
ni le 10 septembre 1590, ni le 20 janvier
1591,
à la journée dite des Farines, n'entra dans la capitale que
le 22 mars 1594 à la suite d'une
convention. Pendant qu'il luttait contre les protestants, Paris n'avait
pas cessé d'être agité par la faction des 16 et par
les dissensions des partis politiques.
Le
siège de Paris par Henri IV. - Après la bataille d'Ivry
(14 mars 1590), Henri IV, s'étant
emparé de Melun, Corbeil ,
Montereau, Lagny, alla assiéger et bombarder Paris
(8 mai). Il ne put atteindre que les faubourgs, les engins de guerre étant
encore très primitifs. La ville, défendue par le duc de Nemours.
était excitée par le légat du pape ,
l'ambassadeur d'Espagne
et les moines ligueurs. C'est ainsi que, le 13 mai, une procession des
1300 prêtres, jacobins, cordeliers ,
carmes ,
etc., armés de hallebardes et de cuirasses, se rendit au tombeau
de sainte Geneviève sous la conduite
du recteur Rose. Une atroce famine sévit bientôt. On dut se
nourrir de chiens, de chats, d'herbes, ou du pain de Madame de Montpensier,
fabriqué avec les ossements des morts. Henri IV, apitoyé,
laissa sortir les gens inoffensifs, et ses gentilshommes vendirent quelques
vivres aux assiégés. Le 24 juillet, un assaut général
le rendit maître de tous les faubourgs. Mais Alexandre Farnèse,
duc de Parme, accourant des Pays-Bas ,
lança sur la Marne et la haute Seine une flottille qui ravitailla
Paris et força Henri IV à lever le siège (30 août).
Sous Henri IV, Paris
connut une période de paix. La place Royale, aujourd'hui place des
Vosges ,
et la place Dauphine
datent de son règne, comme aussi l'achèvement du Pont-Neuf
et celui de l'hôtel de Ville
commencé sous Henri III. Les prévôts
des marchands, François Miron et Jacques Sanguin, prêtèrent
au roi une aide précieuse pour les travaux d'édilité.
Marguerite de Valois fonda le couvent des Petits-Augustins ; Marie
de Médicis, l'hôpital de la Charité. Henri IV lui-même
créa l'hôpital Saint-Louis et les Gobelins .
Sous Louis XIII,
avec l'achèvement de l'enceinte remaniée par Henri
II, il faut signaler surtout les travaux de l'île Saint-Louis,
formée de deux îles, île Notre-Dame et île aux
Vaches, que l'ingénieur Marie entreprit de réunir (1614).
Le Palais du Luxembourg ,
le Palais-Cardinal, puis Royal ,
datent de cette époque; les travaux de reconstruction de l'ancienne
Sorbonne
également; puis des établissements hospitaliers, l'Institut
des filles de la Charité (1634), les Incurables, des établissements
scientifiques, l'Imprimerie royale, le Jardin des Plantes ,
l'Académie française; des églises
Saint-Paul-Saint-Louis, Notre-Dame des Victoires. Le faubourg Saint-Jacques
se couvre de monastères
devenus bientôt fameux, le Val-de-Grâce, Port-Royal ,
les Ursulines, les Feuillantines. Louis XIII mort, la Fronde commence peu
après; Paris ,
qui veut soutenir les droits du Parlement et les siens, connaît une
seconde journée des Barricades (26 août 1648);
la cour s'enfuit et rentre dans Paris seulement le 18 août 1649.
Mais la Fronde se continue par la révolte des grands seigneurs.
En 1650, c'est Turenne
qui amène les Espagnols
presque aux portes de la capitale. En 1652,
c'est Condé qui, faisant la guerre au roi;
pénètre dans Paris, le jour du combat du faubourg Saint-Antoine,
grâce au secours que lui apporté le canon de la Bastille ,
tiré par ordre de Mlle de Montpensier
(2 juillet 1652). Des émeutes
sanglantes y ont lieu; l'Hôtel de Ville
est pris d'assaut le 4 juillet, et les désordres durent jusqu'au
retour du roi (21 octobre 1652).
De cette époque à la Révolution,
Paris ,
que les souverains délaissent presque toujours, ne joue plus, au
point de vue municipal, qu'un rôle assez effacé : le roi amoindrit
du reste considérablement la municipalité parisienne en rendant
ses charges vénales. Mais en même temps Paris prend encore
plus d'éclat comme capitale de la France .
Il avait reçu dès 1646
un notable agrandissement et était devenu une ville ouverte par
le déclassement de ses remparts. Des boulevards furent tracés
sur les glacis de l'ancienne enceinte au Nord, puis au Sud, mais sans rapport
avec le périmètre des remparts. Une autre suppression; celle
des justices particulières qui furent rattachées au Châtelet ,
simplifia beaucoup l'administration judiciaire (1674).
D'autre part, la police, jusque-là confondue avec l'administration,
fut organisée; elle forma un service à part, la lieutenance
de police (1667). L'édit de
décembre 1672, qui contient
une confirmation nouvelle des ordonnances et coutumes de la prévôté
des marchands, est resté en vigueur jusqu'en 1789.
En 1702. Paris, qui formait toujours
sous le rapport de l'administration purement municipale 16 quartiers, fut
divisé en 20 quartiers de police. Le service de la voirie fut organisé
; on construisit des quais et des ports nouveaux; on pourvut à l'éclairage
des rues par l'établissement de 6500 lanternes. Trois portes
reconstruites devinrent de véritables arcs de triomphe
: les portes Saint-Denis ,
Saint-Martin
et Saint-Bernard .
Les jardins des Tuileries
et des Champs-Elysées ,
les places Vendôme et des Victoires, la colonnade du Louvre ,
!'Observatoire ,
le Val-de-Grâce, le collège des Quatre-Nations (ensuite Palais
de l'institut ),
le pont Royal, prouvent l'activité artistique de cette période;
plusieurs académies sont instituées; l'administration hospitalière
s'organise; les séminaires des Missions étrangères
et de Saint-Sulpice et l'Abbaye-aux-Bois sont fondés ou établis
à Paris. La capitale fut aussi le centre, comme on sait, d'un mouvement
littéraire des plus remarquables. Comme événements,
il y a lieu de rappeler surtout que l'année
1709
vit à la fois un hiver rigoureux entre tous, une épidémie
et une famine, et que les querelles du jansénisme
marquèrent les derniers temps du règne de Louis
XIV. Sous la Régence (1715-1722),
Paris fut, au contraire, le théâtre de toutes sortes de fêtes,
puis de la surexcitation causée par la banque de Law. Les scènes
des convulsionnaires de Saint-Médard datent de 1727.
On commença en 1728
à user d'inscriptions indiquant le nom des rues, on numérota
les maisons et on substitua aux lanternes des réverbères.
Pendant le règne de Louis XV, on bâtit
l'École militaire ,
l'Hôtel des Monnaies ,
la Halle au blé, et l'on entreprit la construction du Panthéon
et de l'église de la Madeleine
en même temps que celle de l'École de droit; on ouvrit aussi
la place de Louis XV, dite ensuite de la Concorde .
Le théâtre de l'Odéon fut construit sous Louis
XVI en 1782. Le roi entretenait
de bons rapports avec la municipalité parisienne; les fêtes
données en son honneur à l'Hôtel de Ville
en 1782, comme sous Louis
XIV en 1687, méritent d'être
rappelées. A la fin du XVIIIe
siècle, l'élection du prévôt et des
échevins, par une assemblée générale formée
du corps de ville et de deux notables par quartier, n'est plus qu'un simulacre;
en réalité, la nomination est faite par le roi.
Le prévôt, qui doit être
né à Paris ,
est nommé pour deux ans, mais il est maintenu trois fois, les échevins
sont nommés pour deux ans avec renouvellement annuel par moitié.
Les 26 conseillers, dits conseillers du roi en l'Hôtel de Ville ,
sont hiérarchiquement subordonnés au Bureau de Ville; on
les réunit dans les grandes circonstances; 10 sont des Officiers
de cours souveraines et 16 sont des bourgeois. Les quartiniers, qui sont
conseillers du roi depuis 1681, se
réunissent au bureau et aux conseillers pour composer le corps de
Ville. La surveillance des services municipaux est répartie entre
les échevins et le procureur. En tant que juridiction, l'Hôtel
de Ville ne connaît pas seulement des différends entre marchands
pour faits concernant des marchandises arrivées par eau, il connaît
aussi des rentes constituées sur la Ville et au criminel, des délits
commis par les marchands en matière commerciale et par les officiers
de police dans l'exercice de leurs charges. Ses appels vont au Parlement.
Le prévôt de Paris n'a plus personnellement que des fonctions
honorifiques; il est chef de la noblesse de toute la prévôté
et vicomté et conservateur des privilèges de l'Université.
Entre le chef réel de la police,
le lieutenant général de police et le prévôt
des marchands, il y a parfois rivalité d'attributions; c'est en
vain qu'on a réglé par exemple que le lieutenant a l'inspection
de tout ce qui concerne l'approvisionnaient de la ville par terre, tandis
que la prévôté des marchands a la même inspection
pour l'approvisionnement par eau. Mais le lieutenant est juge dans la généralité
de Paris de la partie du contentieux administratif dont les intendants
connaissent en province; il est devenu comme un intendant de Paris .
Interviennent aussi dans l'administration municipale le secrétaire
d'État de la maison du roi, le Parlement de Paris, le bureau des
finances de la généralité. Le secrétaire d'État
de la maison du roi, qui a Paris dans son département, transmet
à la prévôté des marchands les arrêts
du conseil qui la concernent en particulier, voit et autorise ses délibérations,
contrôle son administration courante; il laisse aux soins du contrôle
général les grandes affaires financières qui intéressent
le Trésor royal (emprunts, loteries, rentes sur l'hôtel de
Ville )
et la vérification des comptes : c'est le ministre de Paris.
Le Parlement conserve dans l'administration
parisienne une influence permanente. Il a dans Paris
ce qu'on appelle alors la grande police, c.-à-d. la surveillance
de l'administration. Les principaux objets de la grande police sont la
religion et les moeurs, l'instruction, les idées, la santé
publique, l'approvisionnement de Paris. Il veille particulièrement
aussi au régime hospitalier. Cela ne veut d'ailleurs nullement dire
que le Parlement ait une action administrative prépondérante,
car les détails d'exécution lui échappent, et son
initiative est d'un caractère très vague. Le bureau des finances,
a lui aussi, des attributions municipales sous le rapport de la voirie,
et ces attributions, quoique restreintes, font double emploi avec celles
de la police au point de vue de la surveillance, avec celles de la ville
au point de vue des questions financières. Il ne pouvait résulter
de cette mauvaise répartition des attributions que de perpétuels
conflits entre les divers corps administratifs. |
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