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Les auteurs grecs
et latins emploient le nom de Celtique
(Celtica,
Keltika, Keltia) de deux façons différentes :
1° dans un sens général,
l'étendant aux vastes pays occupés à différentes
époques par les peuples celtiques;
2° dans un sens restreint, l'appliquant
à une partie géographiquement délimitée de
la Gallia comata.
Suivant Ephore, contemporain
d'Alexandre le Grand, la Celtique constitue
une des grandes sections du monde barbare et s'étend, vis-à-vis
de l'Inde ,
entre l'Ethiopie (Afrique subsaharienne) et la Scythie (Fragm 38
et 43, Müller-Didot, Fragm. hist. graec., I, 244-245). Elle
comprenait la plus grande partie de l'Espagne
jusqu'à Cadix ,
une grande partie de la Gaule
au Nord des Cévennes
et du bassin du Rhône ,
une portion considérable, sinon la totalité de la Germanie ,
la vallée supérieure et moyenne du Danube ,
les pays s'étendant sur le versant Sud des Alpes
Rhétiques et Carniques jusqu'à l'Adriatique
et presque toute l'Italie
septentrionale. La plupart des auteurs grecs en excluent la Grande-Bretagne,
parce qu'ils n'appelaient point Keltoï les Celtes
des Îles Britanniques .
Plutarque,
dans sa Vie de Marius (XI, 6), d'après des données
fournies par Posidonius, étend même
la Celtique depuis la mer Extérieure (océan Atlantique )
jusqu'au Palus Maeotis (Mer d'Azov )
et jusqu'à la Scythie Pontique. Avant l'ère chrétienne,
les frontières du Nord-Est de la Celtique étaient complètement
inconnues. Les Grecs et les Romains
n'avaient que des notions vagues et confuses sur toute la partie septentrionale
du pays des Celtes. Sauf certaines modifications, c'était là
l'étendue attribuée par Skymnus de Chio, Eratosthène,
Aristote
et d'autres auteurs anciens à ce vaste pays mal connu, aux contours
vagues et indéterminés, qu'on désignait du nom de
Celtique.
A l'époque de César,
après de nombreux déplacements de populations, les frontières
de l'ancienne Celtique s'étaient considérablement rétrécies.
On appelait Gaulois tous les peuples qui habitaient
à l'Ouest du Rhin ,
et Germains ceux qui habitaient les territoires
à l'Est de ce fleuve (Denys d'Halicarnasse,
XIV, 4), et on réservait le nom de Celtique à une partie
de la Gaule chevelue, conquise par César. La Seine ,
avec la Marne, séparait ce territoire de celui des Belges,
et au Sud il touchait au pays des Aquitains.
De ce côté, la vraie limite ethnographique, d'après
Desjardins, ne devait être ni la Loire ,
ni la Garonne ,
mais la chaîne des monts de la Margeride et du Limousin .
Voici, d'après le même auteur, la liste des trente-six peuples
et de leurs centres principaux compris, à l'époque de César,
dans la Celtique proprement dite :
1° Helvetii
avec Aventicum, Avenches; 2° Sequani avec Vesontio, Besançon;
3° Lingones avec Andematunum, Langres; 4° Aedui avec Bibracte sur
le mont Beuvray; 5° Segusiavi avec Forus Segusiavorum, Forez; 6°
Senones avec Agedineum, Sens; 7° Parisii avec Lutetia, Paris; 8°
Carnutes avec Autricum, Chartres; 9° Turoni, plus tard avec Caesarodunum,
Tours; 10°Andecavi, plus tard avec Juliomagus, Angers; 11° Namnetes
avec Condevincum, Nantes; 12° Veneti avec Darioritum, Vannes; 13°
Osismi avec Vorganium, Castell Ac'h; 14° Curiosolitae avec Fanum Martis,
Corseul; 15° Redones avec Condate, Rennes; 16° Ambivariti avec
Ingena (?), Avranches; 17° Unelli avec Crociatonum, Carentan; 18°
Esuvii avec Araegenuaz, Vieux; 19°Lexovii avec Noviomagus, Lisieux;
20° Aulerci Eburovices avec Mediolanum, Vieil-Erreux; 21° Aulerci
Cenomani avec Vindinum, Le Mans; 22° Aulerci Diablintes avec Noviodunum,
Jublains; 23° Bituriges Vivisci avec Burdigala, Bordeaux; 24° Vassates
avec Cossium, Bazas; 25° Nitiobriges avec Aginnum, Agen; 26° Cadurci
(le Quercy) avec Divona, Cahors; 27° Ruteni (le Rouergue) avec Segodunum,
Rodez; 28° Gabali (le Gévaudan) avec Anderitum, Javouls; 29°
Helvii (le Vivarais) avec Alba Augusta Helviorum, Aps; 30° Vellavii
(le Velay) avec Revessio, Saint-Paulien; 34° Arverni avec Nemetum,
Clermont-Ferrand; 32° Lemovices, plus tard avec Augustoritum, Limoges;
33° Petrocorii avec Vesuna, Périgueux; 34° Santones avec
Mediolanum, Saintes; 35° Pictones avec Limonum, Poitiers; 36° Bituriges
Cubi avec Avaricum, Bourges.
En 27 avant notre ère, quand Auguste
réorganisa les « trois provinces » de la Gaule ,
il détacha au Sud de la Celtique les quatorze peuples qui se trouvent
à la fin de la liste de Desjardins et qui habitaient entre la Loire
et la Garonne ;
il les joignit aux neuf peuples ibéro-aquitains pour former la province
d'Aquitaine .
A l'Est, il enleva tout le territoire qui, plus tard, devait former la
grande Séquanaise, et avec ce qui restait de l'ancienne Celtique
et deux territoires détachés du Belgium ,
ceux des Caletes et des Veliocasses, il forma une nouvelle province, qui
eut Lyon
pour métropole et porta le nom de Lyonnaise .
(L.
Will.). |
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