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| Les
ordres mendiants
Les Dominicains |
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Dominicains | Franciscains |
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| Au mot Saint
Dominique on trouvera des indications sur l'origine et l'institution
primitive de l'ordre des Dominicains ou Frères Prêcheurs
(Ordo Fratrum praedicatorum). L'organisation définitive se
fit au chapitre général de 1238, sous le généralat
du savant canoniste Raymond de Pennatorte, qui mit en ordre les décisions
des chapitres précédents. On n'y apporta dans la suite que
de rares modifications, interprétations et additions nécessitées
par les besoins des temps. L'ordre est divisé en provinces subdivisées
en cercles. Avant la Révolution,
il comprenait quarante-cinq provinces, dont douze en Asie En chaque province, un prieur
provincial, élu par un chapitre qui doit se réunir fous les
deux ans. En chaque cercle, un supérieur, pour la visite des couvents.
En chaque couvent, un prieur élu par les religieux. Pour être
élu, il fallait appartenir à l'ordre depuis quatre ans au
moins, parler latin correctement et être
capable d'improviser un sermon sur un texte de l'Ecriture sainte Dominique n'avait donné d'abord à ses religieux que l'habit des chanoines réguliers, une robe noire et un rochet. En 1219, il le changea en celui qu'ils portent aujourd'hui : robe, scapulaire et capuce blancs, pour l'intérieur de la maison; chape noire avec un chaperon de même couleur pour sortir. Avec une prévision très juste
des services que les Dominicains devaient leur rendre, les papes non seulement
les comblèrent de privilèges, mais leur confièrent,
dès le commencement, une part importante du gouvernement spirituel
de l'Eglise. Dominique avait été nommé Maître
du Sacré Palais, avec office spécial de prêcher à
la cour du pape. Depuis lors, ce titre est resté inséparablement
uni à celui de général de l'ordre des Frères
prêcheurs; mais les fonctions qui y correspondent se sont considérablement
développées. Le Maître du Sacré Palais préside
le collège théologique de la Sapience; il révise les
manuscrits avant l'impression et y appose le Nihil obstat et l'Imprimatur;
il approuve les inscriptions publiques et surveille l'introduction et la
vente des livres, gravures, etc.; il examine discours qui doivent être
prononcés en chapelle papale. Outre ces attributions propres, il
fait partie comme consulteur des Sacrées Congrégations du
Saint Office Pendant longtemps, les Dominicains eurent
le privilège de fournir en tous pays des inquisiteurs de la foi,
nommés directement par leur général. Plus tard, ils
n'exercèrent plus cet office que dans trente-deux tribunaux d'Italie Quant aux privilèges accordés aux Dominicains, ils avaient pour objet, non seulement de les exempter de la juridiction de l'ordinaire, mais de leur permettre d'usurper les fonctions normales du clergé séculier. En 1227, Grégoire IX les autorisa à enterrer dans leurs cimetières, sans redevances aux paroisses, tous les laïques qui le désiraient. En 1244, Innocent IV ordonna aux ecclésiastiques de tout rang de leur permettre de prêcher et de confesser. Ces privilèges furent momentanément restreints; mais Alexandre IV les renouvela et les étendit en 1255 et 1259, assurant aux Dominicains et aux Franciscains la faculté absolue de prêcher, confesser, absoudre et imposer des pénitences. Ces concessions produisirent immédiatement des abus qu'un docteur de Sorbonne, Guillaume de Saint-Amour, signala énergiquement dès le milieu du XIIIe siècle. Mais sa protestation fut condamnée à Rome. Les Dominicains profitèrent de leurs avantages pour s'enrichir aux dépens du clergé séculier et des familles , bénéficiant, à partir de 1265, de la faculté, donnée par Clément IV aux ordres mendiants, de recueillir la succession de leurs membres décédés. Les frères devaient continuer à mendier, mais l'ordre pouvait acquérir, pourvu d'immunités que ne possédaient pas les églises. Cet ordre a donné à l'Eglise
plusieurs papes : Innocent V, Benoît
XI, Pie V et Benoît XIII; des centaines
d'évêques, cent cinquante archevêques, soixante cardinaux,
un grand nombre de théologiens, de canonistes et de prédicateurs,
parmi lesquels : Albert le Grand, Vincent
de Beauvais, Thomas d'Aquin, Raymond de Pennaforte,
Eckhart,
Tauler, Savonarole, Cajetan, Dominique Soto,
Barthélemy des Martyrs, Louis de Grenade. Il a, disent ses panégyristes,
peuplé le ciel de saints; il compte des
martyrs, dont plusieurs durent leur mort à l'âpreté
de leur zèle comme inquisiteurs. Tant que durèrent le règne
de la scolastique et le culte des choses
du Moyen âge Le relâchement s'introduisit chez
eux avec la richesse et la puissance, c.-à-d. très
promptement. De nombreux symptômes de corruption peuvent être
constatés dès la première génération.
Le mal empira pendant le schisme d'Occident, l'ordre étant alors
divisé en deux partis, dont les chefs étaient intéressés
à ménager leurs subordonnés. Diverses réformes
furent entreprises et aboutirent à la formation des congrégations
dirigées par des vicaires généraux dépendant
du provincial général, maître de l'ordre. Une première
fut faite en Allemagne Dominique avait formé en Italie une association de laïques pieux qui s'engagèrent à se dévouer à la restitution des droits de l'Eglise usurpés et à combattre pour l'extirpation de l'hérésie. Cette association s'appelait le Milice de Jésus-Christ. Après la mort de son instituteur et l'extermination des hérétiques, elle prit le nom de Pénitence de saint Dominique. Telle fut l'origine du tiers ordre, dont il est plus difficile de suivre l'histoire pour les hommes que pour les femmes. Celles-ci reçurent des Dominicains une règle qui fut approuvée en 1405 par Innocent VII et confirmée en 1439 par Eugène IV. Il y avait dans ce tiers ordre des filles qui faisaient des voeux solennels et qui étaient en réalité des religieuses. Il a été illustré par sainte Catherine de Sienne. Le rétablissement des Dominicains
en France fut entrepris sous le règne de Louis-Philippe
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