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L'histoire de Paris
jusqu'en 1900
L'histoire de Paris
Des origines à 1500
De 1500 à la Révolution
De la Révolution à 1900
Des origines à 1500

Un peuple gaulois, celui des Parisis, avait pour siège, sous le nom de Lutèce, l'île de la Seine que nous nommons aujourd'hui l'île de la Cité; il occupait aussi, sans doute, le sommet de la colline de Montmartre, au Nord, et de la colline du Sud, qui est maintenant la montagne Sainte-Geneviève. La tribu devait être considérable, si l'on en juge par la résistance désespérée qu'elle opposa à Labiénus, lieutenant de César (52 av. J.-C.), sous la conduite du vaillant Camulogène. Les conquérants se fixèrent aussitôt à Lutèce, et restaurèrent son activité commerciale, dont la navigation devait être le principal élément. Moins de cent ans après leur victoire, une corporation de nautes (navigateurs) élevait à Jupiter, sous le règne de Tibère, un autel, que l'on a retrouvé au chevet de la cathédrale (Hésus). A l'extrémité opposée de l'île s'éleva, pour la demeure du gouverneur, peut-être même de l'empereur, un palais, dont les substructions ont été aussi mises au jour, sur l'emplacement du Palais de Justice. Deux ponts furent jetés sur la rivière, dans l'axe des rues Saint-Martin et Saint-Jacques, c'est-à-dire aux emplacements où on construisit plus tard le Petit-Pont et le Pont Notre-Dame actuels. 

Une muraille continue enferma la ville. Enfin, durant la période romaine, un faubourg considérable se construisit sur la rive gauche, contenant plusieurs monuments de premier ordre : le palais des Thermes de l'empereur Julien; un peu plus haut, là où est le lycée Saint-Louis, un théâtre; un camp retranché, vers le point de rencontre des rues Soufflot et Gay-Lussac; les arènes de la rue Monge, etc. Paris était donc dans une condition très prospère lorsqu'au milieu du Ve siècle les barbares, conduits par Attila, menacèrent de le détruire. Selon la légende, une jeune fille, Geneviève, ranima le courage des Parisiens et détourna le fléau.

Peu après, ce furent les invasions franques. Clovis, converti, fonda en l'honneur de saint Pierre l'abbaye qui devait avoir plus tard tant de puissance sous le nom de Sainte-Geneviève; son fils Childebert fonda sur cette même rive gauche l'abbaye non moins puissante de Saint-Germain-des-Prés, dédiée primitivement à saint Vincent. Les rois carolingiens résidèrent peu à Paris et l'abandonnèrent à ses propres forces pendant les invasions normandes (Vikings) du IXe siècle. La ville fut presque complètement détruite (886).

C'est Paris qui, par ses comtes devenus ducs, a fourni à la France la dynastie capétienne : Hugues Capet est leur descendant direct. Désormais, la ville devient, sans conteste, la capitale du royaume; les rois y résident officiellement et, à dater de Hugues Capet, adoptent l'abbayevoisine de Saint-Denis comme lieu de leur sépulture. Robert le Pieux, Henri Ier fondèrent ou restaurèrent des églises et des couvents, notamment le prieuré de Saint-Martin-des-Champs (auj. Conservatoire des arts et métiers), rival en richesses des deux grandes abbayes mérovingiennes de la rive gauche. Le XIIe siècle vit se continuer l'oeuvre de développement matériel et moral de Paris : une administration municipale commence à se définir nettement, et des privilèges lui sont accordés par la royauté; la Cité devint insuffisante à contenir le nombre des habitants, et aussi bien sur la rive gauche, du côté de la place Maubert et de l'abbaye de Saint-Victor, fondée par Louis VI, que sur la rive droite, des groupements de population se firent, chaque année, plus denses. Sous Louis VII une enceinte protégea ces faubourgs de la rive droite, et probablement aussi ceux de la rive gauche. Le règne de Philippe Auguste vit le pavage des rues principales de la ville, le commencement des travaux du Louvre, l'achèvement de Notre-Dame et la construction d'une nouvelle enceinte, dont les points extrêmes étaient, au Nord, la rue Etienne-Marcel; à l'Est, l'église Saint-Paul et le pont de la Tournelle; au Sud, le sommet de le montagne Sainte-Geneviève, et à l'Ouest, le Louvre et la place des Victoires. Saint Louis dota Paris de son Université, la Sorbonne; il régla définitivement les attributions du prévôt des marchands et du prévôt de Paris et fit élever la Sainte-Chapelle. A cette date, un proverbe appelle la capitale "Paris sans pair", c'est-à-dire sans égal.
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Paris au XIVe siècle.
Paris au XIVe siècle (tapisserie de Beauvais).

Les guerres étrangères et civiles qui occupèrent la majeure partie des XIVe, XVe et XVIe siècles ne nuisirent pas autant qu'on pouvait le craindre à l'accroissement de la capitale. Philippe le Bel fit faire d'importants travaux au Palais de Justice. Sous Jean le Bon et pendant la régence de son fils, l'administration municipale acquit, grâce à Etienne Marcel, une autorité qu'elle n'avait pas encore connue. Charles V recula l'enceinte de la rive droite jusqu'aux grands boulevards actuels. Il fit construire la Bastille, constitua l'hôtel Saint-Paul et acheva le Louvre féodal. Le règne de Charles VI est l'un des plus déplorables dans les annales parisiennes. Après l'insurrection des Maillotins, la ville fut encore ensanglantée par la lutte entre Armagnacs et Bourguignons. La trahison de Perrinet Leclerc livra Paris en 1418 aux Bourguignons, alliés aux Anglais, et, peu après, la capitale de la France devint aussi celle des rois d'Angleterre Henri V et Henri VI. C'est en vain qu'en 1429Jeanne d'Arc vint y mettre le siège; elle dut se retirer après avoir été blessée dans un assaut donné à la porte Saint-Honoré (place du Théâtre-Français). Charles VII ne put rentrer dans sa bonne, mais infidèle ville qu'en 1436. Louis XI aimait peu Paris; quand il y résidait, c'était à l'hôtel des Tournelles, vaste logis situé au Marais, là où est maintenant la place des Vosges. La fin du XVe siècle est marquée par la construction du charmant hôtel des abbés de Cluny (auj. musée de Cluny) et la chute du pont Notre-Dame en 1499.

De 1500 à la Révolution

Le XVIe siècle eût été pour Paris une période de prospérité incomparable, s'il n'avait été incessamment troublé par les guerres religieuses, entravant cette magnifique impulsion que la Renaissance donnait aux lettres et aux arts. François Ier, fonda le Collège de France, ordonna la construction ou l'agrandissement de l'Hôtel de Ville, du Louvre, des églises' Saint-Eustache et Saint-Etienne-du-Mont. Catherine de Médicis fait entreprendre la construction des Tuileries, terminées seulement sous le règne de Louis XIV et brûlées en 1871. Le règne des successeurs de François Ier n'est qu'un long drame sanglant, dont Paris fournit presque toujours la scène. Qu'il suffise de rappeler la Saint-Barthélemy, la journée des Barricades, l'organisation de la Ligue avec les curés de la capitale et ses seize quarteniers pour chefs, l'assassinat de Henri III à Saint-Cloud, et enfin ce siège épouvantable que soutinrent les Parisiens pendant près de quatre ans contre Henri IV. Sous le règne de celui-ci s'élevèrent le Pont-Neuf, la grande façade du Louvre sur le bord de l'eau, la place Royale (auj. Place des Vosges).

De 1643 à 1652, pendant la Fronde, beaucoup de sang fut versé dans les rues de Paris et tout alentour. Louis XIV en garda rancune à la capitale, car il n'y voulut jamais résider; mais il tint à s'y faire représenter par des monuments dignes de sa vanité. Nous citerons la colonnade du Louvre de Perrault. les places Vendôme et des Victoires, le pont Royal, les portes Saint-Denis et Saint-Martin, la fondation de l'Observatoire, des Invalides et de la manufacture des Gobelins, l'institution des académies des sciences, des inscriptions et belles-lettres, de peinture et d'architecture. La création de la lieutenance générale de police par Louis XIV en 1667, et le choix excellent qu'il fit de Nicolas de La Reynie pour cette fonction valurent aussi à la capitale de grands avantages matériels : nettoiement, éclairage et pavage des rues, mise en circulation de voitures publiques, les carrosses à cinq sols inventés par Pascal, ancêtres des omnibus. La population était alors d'environ 550 000 habitants.

Au temps de Louis XV appartient la construction achevée, ou entreprise, de l'Ecole de droit, de la nouvelle église Sainte-Geneviève (Panthéon), de la Madeleine, de l'hôtel des Monnaies, de l'admirable place de la Concorde, c'est-à-dire des deux magnifiques palais bâtis par Gabriel, de l'Ecole militaire, de la Halle au blé, plus tard remplacée par la Bourse de commerce. La convocation des états généraux eut pour effet de donner à Paris une nouvelle division administrative, qui aboutit à la constitution des sections de la commune.

De la Révolution à 1900

A ce moment, l'histoire parisienne se confond avec celle de la France. L'oeuvre de la Révolution tout entière est éminemment parisienne. La Révolution vit s'achever l'enceinte dite « des Fermiers généraux » , qui avait été commencée sous Louis XVI, et dont le circuit correspond à ce qu'on appelle aujourd'hui les boulevards extérieurs. Dès 1790, il avait été décidé que tous les territoires situés au delà de ces boulevards appartiendraient aux communes suburbaines auxquelles ils étaient contigus. A la division en quarante-huit sections, le Directoire substitua celle des douze arrondissements municipaux, qui devait subsister jusqu'en 1860. Peu après, la Constitution de l'an VIII dota la capitale de l'organisation préfectorale actuelle, préfecture de la Seine et préfecture de police.

Du règne de Napoléon datent la Bourse (Palais Brongniart), la colonne Vendôme, les arcs de triomphe de l'Etoile et du Carrousel, une partie de la rue de Rivoli, les ponts d'Austerlitz et d'Iéna, les canaux Saint-Martin et Saint-Denis, les cimetières du Père-Lachaise et Montmartre. La prospérité croissante de la capitale fut à peine entravée par les invasions de 1814 et de 1815.

La Restauration n'a procuré à Paris que quelques églises d'une architecture médiocre. De ce temps date encore la construction du pont des Invalides. Pendant les trois journées de Juillet (1830), le peuple de Paris combattit vaillamment pour la cause du drapeau tricolore; toutefois, de fréquentes émeutes, et quelques attentats contre le roi lui-même, marquèrent les dix-huit années du règne de Louis-Philippe, auquel le choléra de 1832 avait fait un si déplorable début. Louis-Philippe s'intéressa d'ailleurs beaucoup à Paris. A lui et à ses ministres appartient le mérite d'avoir donné à la capitale ses fortifications, des chemins de fer, les ponts du Carrousel, Louis-Philippe et de l'Archevêché, les statues des colonnes de la place du Trône (place de la Nation), l'obélisque de Louqsor (Place de la Concorde), la colonne de Juillet (Place de la Bastille), etc.
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La colonne de Juillet, à Paris.
La colonne de Juillet, sur la Place
de la Bastille.  (© Photo : Serge. Jodra, 2009).

La révolution du 24 février 1848 et les journées de juin 1848 livrèrent Paris à la guerre civile. Le coup d'État de décembre 1851 ensanglanta la ville pendant trois jours.

Napoléon III et ses conseillers eurent une grande part dans l'embellissement et la prospérité de la capitale. Le préfet de la Seine, Haussmann, secondé par Belgrand et Alphand, transforma réellement la ville, y perçant de larges voies, rendant la circulation aisée et offrant de grandioses perspectives : la rue de Rivoli, les boulevards de Strasbourg, Sébastopol, Saint-Michel, Malesherbes, du Prince-Eugène (Voltaire, Haussmann, Saint-Germain (en partie), les rues des Halles, Turbigo, de Rennes, etc. ; les bois de Boulogne et de Vincennes, le parc Monceau furent aménagés. La construction du Grand Opéra (1862-1875) fut commencée par Ch. Garnier. Le Louvre fut considérablement agrandi. A dater du 1er janvier 1860, les territoires des communes suburbaines situés entre l'enceinte des fortifications et celle des Fermiers généraux furent annexés à la capitale, qui compta désormais vingt arrondissements. Les parcs des Buttes-Chaumont et de Montsouris furent créés dans cette nouvelle périphérie.

La guerre de 1870 amena devant les murs de Paris l'armée allemande. Après la capitulation, la capitale dut connaître l'humiliation d'un simulacre d'occupation de la ville par l'ennemi. Puis ce fut la guerre civile, du 18 mars à la fin de mai 1871(Commune de Paris).

Pendant la troisième République, les monuments détruits par la Commune ont été en partie reconstruits, d'autres se sont élevés : l'Hôtel de Ville, le palais du Trocadéro, la nouvelle Sorbonne, l'église du Sacré-Coeur, le Grand Palais et le Petit Palais, les ponts Mirabeau et Alexandre-III, plusieurs gares terminus, etc.; les quartiers ont été embellis; trois brillantes Expositions universelles (1878, 1889, 1900) ont été l'occasion de nouveaux embellissements. C'est pour  l'exposition de 1889 (centenaire de la Révolution) que fut construite la Tour Eiffel.


Les agrandissements de Paris.


Evelyn Mullally, Le guide de Paris au Moyen-Age, Editions du Patrimoine Centre des monuments nationaux , 2011.
2757701444
Cet ouvrage, mettant en lumière un aspect de l'histoire de Paris encore aujourd'hui curieusement négligé, propose de nous faire découvrir la capitale telle que les artistes la figuraient au temps de François Villon. Les reproductions, choisies notamment dans Les Très Riches Heures du duc de Berry, la Vie de saint Denis ou les Grandes Chroniques de France, et les textes historiques et descriptifs qui les accompagnent, guident le lecteur à travers une capitale transfigurée pour découvrir à quoi ressemblait la Bastille, le Temple, le Louvre, les Halles, Notre-Dame, la Sainte-Chapelle mais aussi des lieux mystérieux comme le gibet de Montfaucon ou le cimetière des Innocents. 

G. Lenôtre, La vie à Paris pendant la révolution, Archéos Editions, 2010.
2919351001
Dans ce livre, nous découvrons la tourmente révolutionnaire comme elle n’a jamais été racontée. Le récit est en effet réalisé directement à partir du témoignage de ceux qui l’ont vécue: les parisiens, qu’ils soient de haute et basse extraction, qu’ils aient eus à se réjouir ou à souffrir de ce formidable emballement de l’histoire. D’une France dolente allait surgir un pays en émeute dont la prise de la Bastille sera le symbole éternel. G Lenotre nous fait pénétrer dans l’univers de ceux qui ont conduit une danse frénétique et parfois macabre. Au fil des pages, nous côtoyons les soldats de la Garde nationale, les sans-culottes, ceux qui ont protégé le roi, fait la toilette de la reine, ceux aussi qui les ont gardés au Temple et qui ont sacrifié leur vie sur l’autel de la Nation. Il n’oublie pas, bien sûr, ceux, bien moins connus, dont un sort funeste a brisé l’existence, comme cette histoire émouvante des époux Lavergne, unis dans la vie comme dans la mort. (couv.). 

Pascal Payen-Appenzeller, Paris à travers les âges, Places des Victoires 2007.

P. Pinon, B. Le Boudec, Les plans de Paris, Le Passage, 2006.
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Rassembler en un atlas les principaux plans anciens de Paris relève de l'évidence : pourtant l'ouvrage manquait. Il devra figurer dans la bibliothèque des historiens et des aménageurs, dans celle aussi des curieux ou des simples amoureux de la capitale. En cinquante planches, il donne à voir l'image de Paris depuis la fin du Moyen Age et les traces anciennes conservées dans la cité moderne. 

Les plans, commentés, sont précédés d'un exposé sur ce qu'ils apportent à la compréhension de la ville. Que représentent-ils au-delà des rues, des parcelles, des maisons, des monuments Pourquoi a-t-on représenté Paris? Pour préparer des projets d'aménagement par un savant arpentage ou pour magnifier les réalisations des princes? Comment l'a-t-on représenté? Dans les vues cavalières qui révèlent sa complexité, dans les plans géométriques qui auscultent la forme urbaine? L'analyse de cette cartographie montre des familles, des générations, une évolution non linéaire : le plan a valeur d'image qui excite le désir de découverte du voyageur et où l'habitant reconnaît sa ville; il répond également à une recherche de l'exactitude satisfaisant l'esprit technique et tendant à l'abstraction. La succession de ces plans historiques constitue finalement la mémoire de la ville, à travers ses métamorphoses.

Pierre Pinon est architecte et historien. Il est professeur à l'Ecole d'Architecture de Paris-Belleville. Spécialiste de l'histoire de l'urbanisme parisien, il a publié Les Traversées de Paris (direction), 1989 ; Paris-Haussmann (avec J. Des Cars), 1991; Paris, biographie d'une capitale, 1999; Atlas du Paris haussmannien. La ville en héritage du second Empire à nos jours, 2002; Paris et l'Ile-de-France (avec H. Blumenfeld, J.-F Coulais et F Dugény), 2003. 

Bertrand Le Boudec est architecte et enseignant à l'Ecole d'Architecture de Paris-Belleville. Associé à Hélène Izembart, paysagiste, il réalise des parcs et des aménagements d'espaces publics, parmi lesquels le jardin maritime de l'île de Tatihou dans la Manche. Trois de ses recherches ont été publiées Mémoires de paysages, 2000; Waterscapes, 2003; Le Canal de la Somme, un ouvrage d'art comme invitation à découvrir le paysage, 2004. (couv.).

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