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Les sécrétions

On nomme sécrétions (physiologie animale), du latin secernere = séparer, les fonctions qui produisent dans le métabolisme animal des liquides spéciaux, tels que la bile, la salive, les larmes, etc., liquides très distincts du sang, bien qu'ils en soient issus. Outre ces liquides, le corps des animaux perd sans cesse des liquides, et surtout de l'eau, qui s'échappe à travers les tissus et qui s'évapore dans l'atmosphère, dès qu'ils sont parvenus sur une surface en rapport avec l'extérieur : c'est ce phénomène que l'on nomme exhalation. L'exhalation est une fonction inverse en quelque sorte de l'absorption : qu'une substance traverse un tissu de l'extérieur vers l'intérieur, elle est absorbée; que ce mouvement ait lieu au contraire de l'intérieur vers l'extérieur, c'est une exhalation. Aussi l'endosmose, qui permet de comprendre la nature du travail d'absorption, explique également le travail d'exhalation, et par suite, ainsi que nous allons le voir, celui de la sécrétion. Un simple changement de direction dans le courant qui prédomine, en traversant la membrane, conduira un de nos liquides hors du corps, tandis que la même membrane en contact avec un autre liquide agira dans le sens de l'absorption et le fera pénétrer du dehors dans notre organisme.

Toutes les membranes peuvent laisser passer une eau chargée de quelques matières solubles; mais le produit du travail sécréteur n'a pas toujours cette simplicité de composition. L'urine, la bile, le suc pancréatique, la salive, ont une nature spéciale qui en fait autant d'humeurs différentes. Les membranes qui séparent du sang ces liquides ont donc des propriétés toutes particulières, et exercent une influence, propre sur la nature de l'exhalation. Aussi n'a-t-on pas laissé à ces exhalations, si nettement caractérisées, le nom général qui désigne le phénomène élémentaire. Ce sont des sécrétions, et les membranes d'une nature spéciale qui les exécutent sont conformées en organes particuliers, que selon leur complication on nomme des cryptes, des follicules simples; agrégés ou composés, des glandes

Les membranes séreuses sont des membranes partout continues avec elles-mêmes, qui tapissent les cavités closes et les viscères qu'elles contiennent. Elles sont le siège d'une exhalation sur toute leur surface, sans présenter pour cela une organisation spéciale. On peut donc les prendre comme un point de départ pour l'étude des appareils sécréteurs. Le liquide très aqueux qu'elles fournissent se nomme sérosité. Les membranes muqueuses qui tapissent la surface interne des cavités en libre communication avec le dehors, sont déjà des appareils plus compliqués et où la sécrétion commence à se montrer auprès de la simple exhalation. Ces membranes ne se bornent plus à exhaler, elles produisent en certains de leurs points, par des organes très nombreux, très petits et ordinairement fort rapprochés, un liquide beaucoup moins aqueux que la sérosité, plus compliqué dans sa composition et que l'on nomme la mucosité. Les organes qui la fournissent sont des enfoncements de la membrane muqueuse conformés en petits godets nommés cryptes, ou des follicules

Un riche réseau capillaire tapisse la surface de ce petit organe et fournit les éléments de la sécrétion muqueuse. Parfois plusieurs de ces follicules sont réunis par groupes, et leurs orifices distincts se voient très près les uns des autres, ce sont alors des follicules agrégés. Dans d'autres cas, plusieurs follicules très rapprochés réunissent leurs conduits et aboutissent au dehors par un seul orifice. On désigne cette disposition par le nom de follicules composés ou agglomérés; c'est la première ébauche d'une glandule; ce mode d'agglomération répété un grand nombre de fois et sur des follicules très nombreux peut nous faire comprendre la structure que l'on va trouver dans les glandes. La peau est une membrane analogue aux membrane muqueuse, mais dont la situation et les fonctions toutes spéciales ont exigé des modifications assez profondes.

Les liquides produits par les glandes telles que les reins ou le foie, quoique très variés dans leur nature, dérivent tous du sang, qui sert à leur transport; les glandes paraissent simplement les séparer du sang. Dumas, dans des expériences devenues célèbres, a montré que lorsqu'on enlève les reins à un animal vivant, loin de supprimer la sécrétion de l'urine, on en retrouve les matériaux dans le sang, où ils agissent comme un poison, et ils amènent au bout de peu de jours la mort de l'animal. Le rôle des reins n'était donc pas de composer l'urine, mais de l'extraire du sang, où ses principes ne saliraient séjourner sans entraîner de graves accidents. Le travail des autres glandes paraît être assez analogue dans sa nature.

Sécrétions (Physiologie végétale). - La sève des végétaux remplit en eux des fonctions analogues à celles du sang chez les animaux. Comme lui, elle contient les matériaux des substances diverses que l'on rencontre dans les différentes parties d'une même plante. Elle fournit la matière première de la cellulose, des principes constituants du bois, de l'amidon, de la gomme, du sucre, de la pectine, de l'albumine, de la fibrine, des autres matières azotées végétales et des diverses matières grasses. La production de ces substances et de leurs dérivés est le résultat du mouvement nutritif lui-même; mais, outre ce travail physiologique oui a pour siège les tissus eux-mêmes, on reconnaît chez les végétaux des organes spéciaux de sécrétion, beaucoup moins nombreux, à la vérité, et moins compliqués que ceux des animaux. Par analogie, on a donné à ces organes particuliers le nom de glandes

Poils glanduleux du muflier
vus au microscope.

Souvent des cellules à propriétés spéciales constituent déjà des organes sécréteurs. De ce dernier genre sont les poils glanduleux que l'on rencontre chez beaucoup de plantes. Ce sont des poils formés de cellules, comme les autres poils des végétaux; mais leur forme, légèrement modifiée par quelque dilatation, se prête à l'accumulation d'un liquide que les parois de la cellule ont la capacité de tirer de la sève. Les poils urticants des orties se rapprochent plus de la nature des glandes. Ces poils sont formés par une seule cellule allongée et conique, dans laquelle se sécrète la liqueur irritante. Chaque poil est enchâssé dans une base formée par du tissu cellulaire accumulé qui sécrète aussi cette liqueur. L'extrémité libre de la grande cellule qui forme le poil est renflée en une sorte de bouton qui se brise et reste dans la peau en même temps que le liquide intérieur y pénètre et provoque des démangeaisons pénibles et une irritation passagère. de la peau.


Poil urticant de l'ortie dioïque
vu au microscope.

Les glandes proprement dites sont constituées dans les plantes par une cavité entourée d'une couche de cellules. Dans cette cavité s'accumule la liqueur sécrétée. On nomme glandes vésiculaires de petits réservoirs remplis d'huile essentielle et qu'on observe dans l'enveloppe herbacée des végétaux. Le contenu des glandes est épanché au dehors, soit par une sorte de sécrétion de la surface extérieure, soit par une transsudation à travers les cellules de l'enveloppe de la glande. (Ad. F.).

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