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| Compiègne,
Compendium,
Carlopolis,
est une commune du département de l'Oise, au confluent de l'Oise Histoire.
Une rue de Compiègne. Compiègne fut aussi le séjour
préféré des Capétiens
directs et il s'y tint sous leurs règnes de nombreuses assemblées
civiles et ecclésiastiques. C'est Louis VII,
en 1153, qui donna aux Compiégnois une charte de commune presque
entièrement semblable à celle de Soissons;
Philippe-Auguste
fut baptisé à Compiègne où fut aussi prononcée
la nullité de son mariage avec la reine Ingeburge du Danemark L'un de ces sièges (celui de 1413)
est remarquable en ce qu'on s'y servit pour la première fois de
canons en tôle frettée; un autre a laissé dans l'histoire
un lamentable souvenir : c'est celui de 1430 dans lequel Jeanne
d'Arc, qui s'était jetée dans Compiègne
pour la défendre, fut prise dans une sortie; la ville résista
d'ailleurs, et les Bourguignons renoncèrent à s'en emparer.
Depuis ce temps, Compiègne ne sortit plus des mains des rois
de France qui accordèrent à ses habitants de nombreux
privilèges, continuèrent à y résider souvent
et prirent l'habitude, à partir de Louis
XII, de s'y arrêter plus ou moins longtemps en revenant de se
faire sacrer à Reims.
Cette ville resta, sous la Ligue, constamment fidèle à l'autorité
royale et Henri IV y signa, en 1598, les préliminaires
de la paix de Vervins
Le pont moderne sur l'Oise (rue Solférino). Ci-dessous, les vestiges de l'ancien pont Saint-Louis; une plaque indique : Franchi par Jeanne d'Arc secourant Compiègne le 23 mai 1430, jour de sa capture par les Anglo-Bourguignons. "Et moi, en me retirant sur les champs, côté Picardie, près du boulevard, je fus prise". ![]() A partir de cette époque, Compiègne
et son château
devinrent une succursale des résidences royales de Paris,
Versailles
et Fontainebleau.
Il nous est impossible d'énumérer ici tous les événements
dont fut témoin le château de Compiègne depuis le règne
de Louis XIII jusqu'à nos jours, ni
tous les souverains étrangers qui y reçurent l'hospitalité;
nous rappellerons seulement le fameux camp où Louis
XIV fit manoeuvrer, en 1698, plus de 50,000 hommes, chiffre
énorme pour le temps; ce camp fut renouvelé plusieurs fois
à Compiègne ou dans les environs sous le règne de
Louis
XV. A la Révolution,
le château devint un Prytanée, puis une Ecole des arts et
métiers, et reprit sa destination première sous l'Empire;
c'est là que Napoléon interna
le roi d'Espagne En 1814, Compiègne, avec une faible garnison de deux bataillons soutenus par les habitants, opposa, quoique ville ouverte, une héroïque résistance à une armée de 18,000 Prussiens qu'elle tint en échec pendant quarante-huit heures en lui tuant 4000 hommes; la capitulation de Paris fit seule rendre la place; en 1815, au contraire, elle fut occupée sans coup férir par les alliés. Louis-Philippe y maria sa fille au roi des Belges en 1832 et y rétablit l'usage des camps de manoeuvre inaugurés par Louis XIV. En 1870-1871, Compiègne devint le quartier général de l'armée allemande sous les ordres du prince de Saxe; depuis lors le château est resté sans destination. La ville de Compiègne était
le chef-lieu d'un bailliage royal, institué en 1209 et relevant
en réalité du grand bailliage de Senlis,
d'une élection créée au XVe
siècle, d'un grenier à sel, d'une direction des aides, d'une
juridiction consulaire et de deux maîtrises des eaux et forêts;
elle formait aussi un gouvernement particulier, dépendant du gouvernement
général de l'Ile-de-France Les établissements principaux étaient : la collégiale de Saint-Clément, fondée par Fréderune, femme de Charles le Simple, huit couvents, quatre paroisses, un collège royal, un hôpital fondé par saint Louis, et enfin la célèbre abbaye de Saint-Corneille, d'abord établie par Charles le Chauve sous le titre de Notre-Dame en 877 et réédifiée après un incendie par Charles le Simple en 916, sous son titre définitif. Cette abbaye possédait la seigneurie principale de la ville et sa richesse s'augmenta constamment sous les rois carolingiens et sous les Capétiens directs et amena un tel relâchement et un tel scandale parmi les religieux que Suger fut chargé par Louis VII de les expulser et de les remplacer par des bénédictins réformés; cette mesure, bien qu'approuvée par le pape Eugène III, dut être exécutée par la force. Les bénédictins eurent à Saint-Corneille vingt-deux abbés réguliers jusqu'à 1462; l'abbaye fut réunie en 1656 au monastère du Val-de-Grâce, mais il y resta une vingtaine de religieux sous la conduite d'un prieur. La ville de Compiègne avait des magistrats élus sous le titre de gouverneurs attournés, puis sous celui d'échevins, depuis le XVe siècle. Ses armoiries, concédées par Philippe-Auguste, étaient d'argent au lion d'azur, armé et lampassé de gueules, couronné d'or, semé de fleurs de lys d'or, avec la légende : Regi et regno fidelissima. Compiègne est la ville de naissance du cardinal d'Ailly, du bénédictin D. Coustant, du généalogiste Le Féron, de l'historien Muldrac, etc. Le voisinage immédiat de Compiègne
comprend un certain nombre de hameaux ou d'écarts (en partie absorbés
par la ville moderne) dont les principaux sont : le Petit Margny, le Vivier-Corax,
la Glacière, Saint-Corneille-au-Bois (ruines d'un prieuré
des XIIe et XVIe
siècles) et Royalieu. Ce dernier fut d'abord une maison de chasse
sous le nom de Beaulieu; Philippe le Bel
y établit en 1303 un prieuré
qui devint, au XVIIe siècle, la
résidence des religieuses de Saint-Jean-au-Bois Conciles
de Compiègne.
Monuments.
Au-dessous : la statue de Jeanne d'Arc qui orne la façade à droite de la statue équestre de Louis XII et, à côté, la porte de l'Arsenal. La porte de l'Arsenal qui lui fait suite peut être attribuée à Philibert Delorme. Le musée de la Figurine historique s'abrite à côté, dans un étage de cet ancien hôtel de la Cloche et de la Bouteille où Alexandre Dumas plaça l'épisode final du Comte de Monte-Cristo. La Grosse Tour du Roi est le donjon
de l'ancien château capétien
Il ne reste plus qu'un pan de mur insignifiant de la grande basilique et du cloîtrede Saint-Corneille, quelques morceaux du XIe siècle de l'église des Minimes, transformée en gymnase, une porte de l'enceinte, nommée Porte-Chapelle, construite sous François ler, sur les dessins de Philibert Delorme. L'ancien Hôtel-Dieu était
l'annexe charitable de l'abbaye Saint-Corneille Saint-Nicolas-au-Pont fut
entièrement reconstruit et richement doté par Saint
Louis qui y transporta lui-même le premier malade dans un drap
de soie; il nourrissait aussi de ses mains les infirmes. Cent trente-quatre
pauvres et malades avaient chaud, dormaient dans un lit individuel, étaient
nourris et consolés. Les religieuses Augustines
y furent remplacées, en 1792, par des soeurs de saint Vincent de
Paul. Depuis sa réunion à l'Hôpital général,
en 1894, les bâtiments médiévaux
de l'ancien Hôtel-Dieu ont été aménagés
en salles de réception ou d'exposition. La chapelle
garde un magnifique retable d'art baroque,
sculpté en bois de chêne.
L'ancien Hôtel-Dieu de Compiègne. L'église Saint-Jacques appartient
aux XIIIe, XIVe
et XVe siècles, avec quelques parties
Renaissance Elevée au XIIIe
siècle, l'église Saint-Antoine (mon. hist.) se vit enrichie
au XVIe siècle d'une façade
et d'un chœur de style gothique flamboyant.
Les transepts sont du XIIIe
siècle; baptistère du XIe
ou du XIIe siècle. Ce fut la paroisse
du cardinal Pierre d'Ailly (1351-1420), théologien
réputé qui contribua à mettre fin au Grand Schisme
lors du concile de Constance
On voit dans l'église Saint-Germain (XVe et XVIe siècles), un beau banc d'oeuvre Renaissance et des pierres tombales des XIVe, XVe et XVIe siècles. On peut encore citer à Compiègne le pont qui date de Louis XV, quelques maisons de la seconde moitié du XVe et du XVIe siècle, la statue de Jeanne d'Arc (de Leroux, 1860), placée en face de l'hôtel de ville, etc. L'hôtel de Songeons renferme le musée
Vivenel. Un couvent de Jacobins, établi
par saint Louis, subsista ici jusqu'à
la Révolution. Son église
était si vaste que l'on avait projeté d'y réunir les
Etats généraux de 1789. Ce domaine appartint au général
de Seroux du Fay (1742-1822), artilleur qui fut de presque toutes les batailles
de son temps, puis à ses descendants. Le comte de Songeons le légua
à la Ville en 1941. La plus grande partie des collections données
par Antoine Vivenel (1799-1862), ont été transportées
ici en 1952. Cet entrepreneur de bâtiments fit fortune à Paris
mais il se ruina pour constituer une collection remarquable, "encyclopédie
abrégée de tous les arts, dans tous les temps et chez tous
les les peuples". Ce musée contient de nombreuses antiquités
égyptiennes, étrusques, grecques (vases) et Moyen Age; faïences,
verreries de Venise,
meubles, tableaux (dont un attribué à Carrache,
un autre à Murillo), etc.
Le palais ou château
occupe le troisième emplacement ayant servi depuis l'origine de
la monarchie a la résidence des souverains.
Il fut reconstruit sous sa forme actuelle sur les plans de Gabriel, architecte
de Louis XV; commencé
vers 1753, il ne fut terminé qu'en 1788, sauf la galerie d'honneur
qui date du Premier empire. C'est un triangle dont le grand côté,
appuyé sur la ligne des anciennes fortifications, forme la façade
de 293 m de long, qui regarde la forêt. Les parties les plus remarquables
sont le grand escalier, la salle des gardes, la chapelle,
la bibliothèque, la galerie de 45 m et le théâtre.
Le Palais de Compiègne, vu du Parc. Le parc, de 183 hectares, orné de
belles statues, tient dans la direction des Beaux-Monts à la magnifique
forêt de 14 600 hectares qui est encore aujourd'hui la grande attraction
de la ville à laquelle elle a donné naissance. Cette forêt
est traversée par une chaussée de Brunehaut Le château possède aussi une bibliothèque considérable ; son mobilier et sa décoration constituent, d'ailleurs, un autre musée, avec ses magnifiques tapisseries, ses plafonds de Girodet, ses galeries de Coypel, ses tableaux de Véronèse, Léonard de Vinci, le Parmesan (Mazzuoli), etc. (Vte de Caix de Saint-Aymour / Infos : Ville de Compiègne). |
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