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| Senlis (Silvanectum,
Augustomagus
Silvanectum) est une commune de la France La situation de Senlis est pittoresque,
entre les grands massifs forestiers d'Halatte, de Chantilly
et d'Ermenonville
en bas, dans la cour du musée de la Vénerie (anc. Prieuré Saint-Maurice). Monuments.
Outre ses remparts gallo-romains, Senlis
eut des arènes et des bains. Les arènes
(mon. hist.), probablement du IIIe siècle,
situées dans le faubourg Sud-Ouest de la ville, sont aujourd'hui,
avec celles de Paris,
le seul monument de ce genre du Nord de la France
Une rue de Senlis. Au fond, la cathédrale. La cathédrale actuelle (mon, hist.), commencée en 1153, et dont la construction fut fréquemment interrompue par des incendies partiels ou par le manque d'argent, ne fut achevée qu'en 1556. C'est donc un monument très composite dont les belles proportions font néanmoins l'admiration des connaisseurs. Il a 98 m de longueur et 30 m. de hauteur sous voûtes. Tout le rez-de-chaussée intérieur appartient au XIIe siècle. L'église se compose d'une nef, d'un choeur en hémicycle dont quelques parties datent du XIIIe siècle et les autres du XVIe, de latéraux continus supportant un triforium et des galeries, d'un transept du XVIe siècle, ainsi que les voûtes et les hautes fenêtres, et de chapelles accessoires de diverses époques. La sacristie, très ancienne, a été remaniée au XIIIe siècle. Près du transept Nord est une construction
du XIIIe siècle, qui servait aux
réunions du chapitre. Le portail principal
est orné de nombreuses statues et de
beaux bas-reliefs, sculptés entre
1165 et 1170, et qui conservent encore des traces de coloration. On y reconnaît
plusieurs thèmes liturgiques. Le couronnement de la Vierge
se situe au centre de la composition sur le tympan;
la vierge trône au côté de Jésus.
Au-dessus, les trois voussures intérieures
sont occupées par un arbre de Jessé
dont les personnages sculptés représentent la généalogie
légendaire de Jésus. A la voussure extérieure sont
figurés des patriarches et des juges.
En bas, de part et d'autre de la porte, se trouvent les statues-colonnes
restaurées au XIXe siècle,
où l'on reconnaît dans l'ébrasement de gauche : Abraham,
Isaac,
Moïse,
Aaron
et dans l'ébrasement de droite : Siméon, Jérémie,
Isaïe,
David.
La cathédrale de Senlis : ci-dessus, le chevet et la flèche, vus de l'Est. Ci-dessous, le clocher et une partie de la façade Sud; à droite, le portail principal (façade Ouest).
Les tours de cette façade, romanes au rez-de-chaussée, sont gothiques dans leurs parties supérieures ; celle de droite, seule achevée, est surmontée d'une belle flèche octogonale du XIIIe siècle, élevée de 78 m au-dessus du parvis. Ce clocher, qui domine le pays à une quinzaine de kilomètres à la ronde, n'a pas son pareil dans le Nord de la France. L'église
Saint-Vincent (mon. hist.), composée d'une seule nef
et de deux croisillons, est en grande partie de la fin de l'époque
de transition; son élégant clocher,
du commencement du XIIe siècle,
a perdu la pyramide qui le surmontait, et l'église porte des traces
de réparations exécutées à la fin du XVe
siècle, à la suite des dévastations subies par l'abbaye
pendant la guerre de Cent ans L'ancienne chapelle royale Saint-Frambourg (mon. hist.) a été érigée par la reine Adélaïde en 993 en reconnaissance de l'accession au trône de son mari le duc des Francs, Hugues Capet, puis reconstruite en 1177 par Louis VII. Elle se compose d'une abside et d'une nef, sans transept; il n'en reste plus, pour ainsi dire, que le gros oeuvre, toutes les parties sculptées en ayant été enlevées dans le second quart du XIXe siècle pour servir à la décoration d'une chapelle construite dans le parc d'un château voisin de Senlis. Restauré en 1973, le lieu a été reconverti par la fondation Cziffra, auquel il appartient, en centre de musique et d'art lyrique; c'est , depuis 1977, l'auditorium Franz Liszt. L'ancienne église
Saint-Pierre (mon. hist.) est de la fin du style
ogival; son clocher a une base romane
et fut terminé en 1434; une grosse tour carrée, terminée
en coupole et bâtie de 1385 à 1592, flanque le côté
méridional de l'église. Récemment encore, elle abritait
un marché.
au dessous, les ruines du Château royal; à droite, l'ancienne église Saint-Pierre. Parmi les autres monuments de Senlis, nous pouvons citer encore : l'ancienne chapelle de l'évêché, qui, malgré ses remaniements, indique le commencement du XIIIe siècle; l'ancienne église des Carmes (XIVe et XVIe s.); les restes de la paroisse Saint-Aignan (XIIe et XVIe s.) transformés en théâtre depuis l'année 1823; l'Hôtel de ville, sans grand caractère, de la fin du XVe siècle; des restes importants du prieuré de Saint-Maurice (XIIIe s.) dans l'enceinte du Vieux Château (Château royal); les bâtiments de la Charité, construits vers 1706 et où s'abrite le musée de la vénerie; plusieurs vieilles maisons des XVe et XVIe siècles dont l'ancienne Chancellerie royale; enfin les restes de l'Hôtel-Dieu du XIIIe siècle. Le musée municipal est dans l'église de la Charité; les collections du comité archéologique sont conservées dans l'ancien palais épiscopal (XVIe s.). La bibliothèque municipale possède plusieurs manuscrits précieux pour l'histoire locale, et notamment la volumineuse compilation du chanoine Afforty. Les archives de l'hôtel de ville, très importantes, contiennent notamment un cartulaire enchaîné du XIIIe siècle et des tablettes de cire sur lesquelles sont écrites des comptes de trésoriers de la ville du commencement du XIVe siècle. Autour
de la ville.
Histoire.
Sous la domination franque Le domaine royal de Senlis fut détaché
de la couronne en 1576 et donné à Marie
Stuart, veuve de François II. Il
fut ensuite engagé à la duchesse de Montpensier, puis en
1583 à Marguerite de Navarre Le palais, qui avait succédé
à la forteresse romaine, fut très fréquenté
par les rois carolingiens et capétiens
qui y convoquèrent de nombreuses assemblées. C'est dans ce
palais que furent internés ou se réfugièrent : au
lXe siècle, Pépin,
roi d'Aquitaine Pendant la Jacquerie, les faubourgs de
la ville furent ravagés et Senlis, effrayée, ouvrit un moment
ses portes aux paysans révoltés, ce dont les nobles voulurent
tirer vengeance. Ils vinrent donc l'attaquer après la destruction
des Jacques. Mais ils furent repoussés avec de grandes pertes. Charles
V décida, en 1374, que le palais de Senlis serait la résidence
des enfants de France
Rues du vieux Senlis : ci-dessus, la rue de la Tonnellerie; dessous, la place de la Halle. Photos : © Serge Jodra, 2009. ![]() Lors des guerres de religion et sous la Ligue, Senlis joua un rôle des plus importants. La ville, commandant la route de Paris, avait un intérêt de premier ordre pour les deux partis. Grâce aux efforts de leur gouverneur, le bailli de Rasse et surtout de leur évêque, Guillaume Rose, qui étaient tous deux de fanatiques ligueurs, les Senliciens subirent d'abord l'influence de l'Union, mais le 26 avril 1589, secouant le joug, ils firent entrer les troupes royales dans leurs murs. Le duc d'Aumale vint aussitôt mettre le siège devant la place dont l'attaque commença le 30 avril. Les habitants, malgré le petit nombre de leurs combattants, se défendirent énergiquement, avec l'aide des gentilshommes royalistes du voisinage, accourus à leur secours. Néanmoins, écrasés par une puissante artillerie qui avait ouvert une brèche de 100 m dans leurs murailles et obligés de repousser les assauts furieux de 18.000 assaillants, ils allaient succomber lorsque le 17 mai, Longueville et le brave La Noue, à la tête de quelques milliers d'hommes, arrivèrent de Compiègne à leur secours. Les assiégeants firent face à ce nouvel ennemi et la bataille eut lieu dans la plaine qui s'étend entre Montlevêque et Montépilloyt. Malgré leur infériorité numérique, les royalistes remportèrent une victoire complète. Henri IV, plein de reconnaissance pour sa « bonne ville » de Senlis, y vint souvent, descendant à l'hôtel de Saint-Peravi, et lui accorda diverses faveurs. Avec la paix de 1598, Senlis recouvra la tranquillité, et elle ne fut plus le témoin d'aucun fait intéressant l'histoire générale, depuis Louis XIIl jusqu'à nos jours. Louis le Jeune
avait accordé une charte de commune à Senlis en 1173; cette
commune fut supprimée en 1319, et remplacée par une prévôté
royale qui fut elle-même réunie au bailliage en 1750. Le bailliage
de Senlis, créé sous Philippe-Auguste,
eut d'abord une importance très considérable, qu'il perdit
peu à peu avec les progrès de la centralisation royale. La
charge de grand bailli de Senlis fut exercée entre autres, par le
poète Eustache Deschamps, les Sains,
les Montmorency, les Saint-Simon, qui possédaient encore ce
titre lors de la suppression du bailliage en 1789. Outre son bailliage,
Senlis était encore le chef-lieu d'un siège présidial,
créé sous Henri Il, d'une maréchaussée,
la première établie en France Blason.
Ils
sont nés à Senlis.
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