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| Michel-Ange
(Michelangelo Buonarroti Simoni, dit -), sculpteur, peintre Michel-Ange annonça dès l'enfance
des dispositions extraordinaires pour les arts. Placé chez Dominique
et David Ghirlandajo, les peintres les plus célèbres de l'époque,
il les quitta dès l'âge de 15 ans, étant déjà
supérieur à ses maîtres. Laurent
de Médicis, le Magnifique, lui assigna peu de temps après
un logement dans son palais, et le traita comme son fils. La mort le priva
bientôt de ce noble protecteur; mais déjà sa réputation
était établie : parmi ses morceaux de sculpture,
on admirait à Mantoue Le pape Jules II fixa Michel-Ange à
Rome et le chargea d'édifier son mausolée : quoique inachevé,
ce monument est un de ses chefs-d'oeuvre; à la même époque,
il peignit à fresque, pour la grande
voûte
de la chapelle Sixtine, le Jugement dernier Les historiens de l'art s'accordent à
placer Michel-Ange au premier rang comme peintre, comme sculpteur et comme
architecte; on ne se lasse pas d'admirer son Jugement dernier, sa
statue
colossale de Moïse On trouve des beautés de tous les
genres dans ses ouvrages; cependant ce qui s'y fait remarquer surtout,
c'est le grandiose, l'austérité, la fermeté, la noblesse.
Michel-Ange était aussi poète : on a de lui des Poésies
légères (stances, sonnets, etc.), publiées en
1623 par son petit-neveu, Michel-Ange Buonarotti, dit le Jeune (1558-1646),
poète lui-même, auteur de la Fiera, de la Tancia,
comédies estimées.
Un portrait de Michel-Ange. A regarder l'oeuvre colossale de Michel-Ange,
sculpteur, peintre, et architecte enfin, mais seulement à l'heure
tardive où il se sent en possession définitive de l'art,
l'auteur des Tombeaux des Médicis, de
la Chapelle Sixtine et du Dôme de Saint-Pierre apparaît hautement
comme le plus grand créateur d'art des temps modernes. Ayant tiré
de la beauté antique une révélation de l'art, il donne
à cet art une forme nouvelle et à la suite de la formule
plastique des anciens il trouve la formule humaine des modernes. Parmi
les hésitations de la sculpture de
son temps, à côté des jolies incertitudes d'un Benedetto
da Majano, Michel-Ange, sûr de lui-même, produit son oeuvre
jour à jour en suivant le développement de sa vie et le déroulement
de la passion humaine, parti de la jeunesse du David D'un tempérament sec et nerveux, trapu et de taille moyenne, la tête osseuse rendue plus dure encore par le coup de poing de Torrigiani, Michel-Ange était très robuste, d'une grande simplicité et d'une indomptable énergie, tout à son travail, mangeant peu, dormant peu et se couchant souvent tout habillé; il disait à Condivi : « Quoique riche, j'ai toujours vécu en pauvre ».La solitude qu'il aimait l'avait rendu réfléchi et sombre malgré ses immenses succès, sombre parfois jusqu'à la souffrance et même jusqu'à l'injustice, comme il le témoigna accidentellement pour Pérugin et pour Léonard de Vinci; il était au reste indépendant jusqu'à la raideur, comme il le prouve en réclamant 140 ducats pour son tableau à Agnolo Doni qui refusait de lui en payer 70, - et jusqu'à l'ironie, comme il le prouve à Soderini qui critiquait le nez du David, en faisant semblant devant lui de le retoucher et en demandant alors son avis au gonfalonier qui lui répondit : « Admirable! vous lui avez donné la vie ».Michel-Ange recherchait la tranquillité, fuyant pour son art les inutiles agitations, gardant sa vie en dehors de la vie des autres, ne laissant jamais voir son travail; très bon cependant, donnant des dessins à ses élèves pour leurs compositions, aimant avec affection son vieux serviteur et broyeur de couleurs Urbino. Telle qu'elle se présente ainsi, la vie de Michel-Ange nous est un type extraordinairement intense de la vie de l'artiste : ayant trouvé la gloire à vingt ans, il travaille à travers toutes les difficultés qui lui viennent des choses et toutes les peines qui lui viennent de ses contemporains dans la sublime vision de son art, arrêté et contrarié par l'existence au milieu des splendides beautés qu'il entrevoit, mais plus fort que les événements qui passent; chaste toute sa vie, regardant seulement à soixante ans, après les grandes luttes et les longs travaux, un premier sourire de femme; et, Vittoria morte, tout seul, vieux, ayant encore, malgré sa magnifique gloire et son inégalable génie, des ennemis et des envieux, et jusqu'au dernier jour restant debout dans sa puissance physique. (Bouillet/ Bricon). -
Michel-Ange : La Création d'Adam, fresque de la Chapelle Sixtine. |
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© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.