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Dictionnaire des idées et méthodes
E
En logique classique, la lettre E employée dans le corps des mots qui désignent les différents modes du syllogisme signifie que la proposition qui lui correspond est une proposition négative universelle. Ainsi dans cEsarE, la majeure et la conclusion sont des négatives universelles, dans camEstrEs, la mineure et la conclusion.

En mathématiques, on a désigné par la lettre e la base des logarithmes népériens. Ce nombre est la limite vers laquelle tend (1+1/m)m quand m croit indéfiniment en passant par des valeurs positives ou négatives. On trouve :

e=1 + 1/1 + 1/1.2 + 1/1.2.3 + ... + 1/1.2.3....m + ... = 2,718281828459045...

On montre que ce nombre est incommensurable, et Hermite a m√™me prouv√© qu'il ne saurait √™tre racine d'une √©quation alg√©brique √† coefficients entiers. On rencontre le nombre e dans une foule de questions d'analyse. 

En g√©n√©ral, on a : 

ex= 1 + x/1 + x²/1.2 +... xn/1.2.3...n + ....

(E arrondi) : symbole de la th√©orie des ensembles qui marque l'appartenance. Par exemple : x  E se lit "x appartient √† E" et signifie que x est un √©l√©ment qui appartient √† l'ensemble E. Ce m√™me symbole lorsqu'il est barr√© () se lit : "n'appartient pas"; par exemple : xE signifie que x n'est pas un √©l√©ment de l'ensemble E.

(E retourn√©) : symbole appartenant √† la logique contemporaine et qui se lit "il existe". C'est le quantificateur existentiel. Exemples d'utilisation : x = "il existe x"; x / xE ="il existe x tel que x appartient √† E".

Ecc√©it√©, Hecc√©it√© (du latin scolastique Ecceitas, Haecceitas, de ecce = voici, haecce = cette, et le suffixe itas) : terme dont Goclenius, dans son Lexicon philosophicum, au mot Haecceitas, attribue la cr√©ation √† Duns Scot. C'est le nom que Scot donne au principe d'individuation, c'est-√†-dire √† ce qui fait qu'un individu est lui-m√™me, est tel et non pas un autre. L'ecc√©it√© serait, d'apr√®s lui, une entit√© surajout√©e √† l'essence des √™tres. 

Echiquier arithm√©tique. -  On d√©signe ainsi en premier lieu l'√©chiquier de Wheat, qui est un probl√®me math√©matique classique illustrant la croissance exponentielle :

La première case de l'échiquier contient un grain de riz, la seconde le double, la troisième le quadruple, etc. Combien de grains de riz y a-t-il sur la soixante quatrième case?
Il existe plusieurs variantes de ce problème, dans lesquelles les règles de progression ou de calcul changent (échiquier linéaire, échiquier quadratique, échiquier cubique, équiquier de nombres premiers, etc.)

√Čclecticisme (de Eklektikos = qui choisit, de ekleg√ī = choisir) : ce mot pourrait servir √† signifier cette sorte d'√©clectisme que Saisset appelle ¬ę cr√©ateur ¬Ľ, celui des philosophes qui r√©ussissent √† concilier, dans l'unit√© d'une synth√®se sup√©rieure, des th√®ses que leurs devanciers regardaient comme oppos√©es, faute d'avoir d√©couvert le point de vue d'o√Ļ appara√ģt leur compatibilit√©.

√Čclectique : celui qui fait un choix dans les id√©es qu'√©mettent les divers syst√®mes philosophiques ou scientifiques.

√Čclectisme (de √Čclectique, eklektikos, de ekleg√ī = choisir) : ce mot signifie tant√īt une : a) M√©thode, qui consiste √† choisir dans chaque syst√®me ce qu'il y a de bon, et √† concilier ainsi tous les syst√®mes, au moins de quelque mani√®re. Le syncr√©tisme est, au contraire, un √©clectisme sans critique qui rapproche, de force, des doctrines incompatibles. b) √Čcole philosophique : exemple, l'√Čclectisme de l'√Čcole d'Alexandrie, de Victor Cousin.

√Čclectisme m√©dical. - Cette doctrine devait r√©sulter du conflit de toutes ces doctrines m√©dicales oppos√©es qui coexistaient dans l'Antiquit√© (La m√©decine antique). Ce furent deux disciples d'Ath√©n√©e, fondateur du Pneumatisme, Agathinus de Sparte et Archig√®ne d'Apam√©e, qui arbor√®rent cette nouvelle banni√®re. Leur pr√©tention, il n'est pas besoin de le dire, √©tait de prendre dans chacun des syst√®mes ant√©rieurs ce qu'il y avait de bon et de vrai; mais qui ne voit que, pour reconna√ģtre ce qui est bon, pour discerner le vrai d'avec le faux, il faut d√©j√† avoir une th√©orie? On a reproch√© √† l'√©clectisme en m√©decine tout comme √† l'√©clectisme philosophique de renfermer une p√©tition de principe. Selon Galien, les Eclectiques √©taient encore appel√©s Hectiques, parce qu'ils s'attachaient √† certains principes, et Episynth√©tiques, parce qu'ils ajoutaient ensemble diff√©rents principes. Au reste, on ne sait pas au juste quels √©taient les dogmes de cette √©cole.

√Čcole (de Schola = loisir, occupation studieuse du loisir, √©cole) :  a) Sens strict, qui ne convient qu'√† la philosophie ancienne : r√©union de philosophes group√©s autour d'un chef et de ses successeurs, dont ils suivent les le√ßons et professent les doctrines ; ex. : √Čcole p√©ripat√©ticienne. - b) Sens large et moderne : groupe de philosophes unis par une commune doctrine; ex. : √Čcole de Kant. - c) ¬ę L'√Čcole ¬Ľ tout court d√©signe la philosophie scolastique. Cette expression, tr√®s en honneur an XVIe et au XVIIe si√®cles, voulait dire que la philosophie scolastique √©tait l'√Čcole philosophique par antonomase.

√Čcologie. - Science qui √©tudie les relations entre les organismes vivants et leur environnement, ainsi que les interactions entre ces organismes. Elle a pour objectif de comprendre les √©cosyst√®mes, leurs structures, leurs fonctionnements, et les impacts des activit√©s humaines sur ces syst√®mes.

√Čcologie politique. - Domaine de la science et de la philosophie politiques qui s'occupe de l'√©tude des dimensions politiques et sociales des probl√®mes environnementaux. 

√Čcologisme . - Id√©ologie centr√©e sur la pr√©servation de l'environnement et sur la promotion de conscience √©cologique.

√Čconomie (eikos = maison; nomos = loi). - L'√©conomie politique est la science qui traite de la formation de la distribution et de la consommation de la richesse. Cette science, pour √™tre utile, doit √™tre subordonn√©e √† la politique et surtout √† la morale. - L'√©conomie sociale est la science des int√©r√™ts mat√©riels de la soci√©t√© subordonn√©s au bien commun social. - On appelle quelquefois principe d'√©conomie ou de parcimonie le principe d'apr√®s lequel la nature agit toujours par les moyens les plus simples.

√Čcossaise (√Čcole) : la Philosophie √©cossaise, qu'on nomme quelquefois philosophie de sens commun, ou encore √Čcossisme, a √©t√© fond√©e par Reid, dans la seconde moiti√© du XVIIIe si√®cle. Elle est caract√©ris√©e par sa pr√©dilection pour la psychologie, son go√Ľt pour les v√©rit√©s du sens commun et aussi par son √©loignement pour la m√©taphysique et sa tendance √† tout expliquer par les facult√©s de l'√Ęme, qu'elle multipliait outre mesure et qu'elle finissait presque par personnifier. Elle se divise en deux branches :

A) √Čcole morale : Adam Smith; Hutcheson; Shaftesbury.

B) √Čcole psychologique : Reid, Hamilton, Dugald Stewart.

L'√©cole √©cossaise s'est continu√©e en France par Royer-Collard, Jouffroy et Adolphe Garnier, qui, dans son Trait√© des facult√©s de l'√Ęme, r√©sume tr√®s fid√®lement les recherches psychologiques et en reproduit les tendances et les doctrines.

Ectype (Ektypos = fait sur empreinte, de ek = hors de; typos = empreinte) : ce mot s'oppose à Archétype. -
Berkeley entend par archétype l'état des choses dans l'intelligence divine, et par ectype l'état des choses hors de l'intelligence divine, c'est-à-dire dans les intelligences créées. - Kant appelle l'entendement humain, qui n'est capable que de réfléchir sur le donné, ectype, par opposition à un entendement archétype, qui serait capable de produire l'objet de ses concepts.

√Čducation. - Processus d'acquisition de connaissances, de comp√©tences, de valeurs et de comportements qui permet aux individus de se d√©velopper et de s'adapter √† leur environnement. Diverses th√©ories de l'apprentissage (constructivisme, behaviorisme, cognitivisme, etc.) revendiquent une pertinence dans les pratiques √©ducatives.

√Čduction (Eductio, de eductum, supin de e-ducere, faire sortir de) : nom que les Scolastiques donnent √† l'action par laquelle la forme, est tir√©e de la puissance de la mati√®re : par exemple on tire du marbre, en quelque sorte, la forme de la statue. Ainsi en est-il toute proportion gard√©e, de l'√©duction des formes substan tielles par un agent capable d'exercer cette action. - Distinctions : Eduction, cr√©ation. Celle-ci consiste √† tirer une chose du n√©ant, √† faire qu'elle soit, sans qu'il y e√Ľt une mati√®re pr√©existante. L'√©duction, au contraire, n'implique qu'une transformation. De plus, l'√©duction diff√®re de celle-ci et de la g√©n√©ration, en ce que ces derni√®res se terminent au tout, plut√īt qu'√† la forme. C'est le compos√© qui est engendr√©, transform√©, tandis que c'est la forme qui est √©duite. 

Effet (Effectus, effect = effet, de efficere = ex-facere = effectuer, achever) ce qui est produit. En termes philosophiques, ph√©nom√®ne en tant que produit par une cause. C'est parce que l'id√©e de la cause est tacitement impliqu√©e dans celle de l'effet, qu'on ne doit pas √©noncer ce principe dans les termes suivants : tout effet a une cause, proposition tautologique √©quivalente √† celle-ci tout ph√©nom√®ne qui a une cause, a une cause; mais on doit dire simplement : tout ph√©nom√®ne ou tout ce qui commence d'√™tre a une cause. Axiomes scolastiques :  L'effet est post√©rieur √† la cause, au moins dans l'ordre d'origine, sinon dans l'ordre de temps, car on con√ßoit que la cause et l'effet soient simultan√©s. - Tel effe,t telle cause, ou, en d'autres termes : L'effet est proportionn√© √† cause; car toute cause, en agissant, communique sa ressemblance de quelque mani√®re, en sorte que l'effet est toujours univoque ou analogue √† sa cause principale.  Le m√™me effet ne petit provenir de dises causes. Il s'agit ici de causes totales, ad√©quates et de m√™me ordre. (B-E.).

Efficacité (Efficacitas, de efficax = efficace, actif) : c'est le pouvoir qu'a la cause de produire l'effet. On disait couramment au XVIIe siècle l'efficace pour l'efficacité. - S'oppose à l'Occasion, à la Condition.

Efficience, Efficient (Efficiens, de efficere = ex-facere = effectuer, achever) : ce qui produit quelque chose. - La cause efficiente est la cause par excellence, celle qui produit son effet par son action physique. 

Sur ce mot, les scolastiques avaient modelé l'expression cause déficiente : le mal, disaient-ils, a une cause déficiente (une cause négative, une non-cause : il n'est qu'une négation ou une privation).

Effort (Substantif verbal du verbe Efforcer, de e, latin ex et forcer) : d√©ploiement d'activit√© pour surmonter un obstacle. - L'effort musculaire, qui joue un si grand r√īle dans la psychologie de Maine de Biran, consiste, selon lui, non dans les sensations aff√©rentes qui, produites par la contraction du muscle, vont de la p√©riph√©rie au centre et nous renseignent sur le mouvement accompli ou en voie d'accomplissement, mais dans la sensation eff√©rente, sui generis, qui r√©sulte de notre initiative et de notre commandement interne. Y a-t-il ant√©rieurement √† l'effort musculaire un effort c√©r√©bral, c'est-√†-dire une action sentie de l'esprit sur le cerveau, ou bien un effort purement mental, c'est-√†-dire une action sentie de l'√Ęme sur elle-m√™me? C'est ce que Maine de Biran n'admettait pas, car nous n'avons pas, pensait-il, conscience de notre cerveau comme terme de d√©ploiement de l'activit√© de l'√Ęme et nous ne pouvons agir sur une id√©e sans agir en m√™me temps sur le substratumn mat√©riel de cette id√©e. L'effort musculaire est donc essentiellement le fait primitif de conscience, l'acte qui nous r√©v√®le le moi et, du m√™me coup, nous fait conna√ģtre ce que Maine de Biran appelle le terme de d√©ploiement de l'effort, le corps propre qui lui r√©siste toujours avant de lui c√©der.

√Čgal, √Čgalit√© (Aequalis, Aequalitas, de aequus = uni) : a) En logique, il y a √©galit√© logique: 1¬į) entre deux concepts, quand ils ont m√™me extension; 2¬į) entre deux propositions, quand elles s'impliquent mutuellement; b) en g√©om√©trie, deux figures sont √©gales quand elles sont superposables; c) en droit, il y a √©galit√© quand les prescriptions et peines l√©gales sont les m√™mes pour tous les citoyens ; d) en politique, quand les fonctions et les dignit√©s sont accessibles √† tous dans la mesure de leur m√©rite et que les droits politiques appartiennent √† tous sans distinction de rang ou de fortune. - Distinction : √Čgalit√©, similitude : la similitude se dit des choses qui ont m√™mes qualit√©s, ce qui fait qu'elles se ressemblent, alors m√™me qu'elles sont in√©gales.

√ČgoMoi.

√Čgo-altruisme. - Syst√®me de morale (Spencer) qui concilie l'altruisme, par exemple celui de Comte (vivre pour les autres) et l'√©go√Įsme (vivre pour soi).

√Čgo√Įsme (de Ego = moi) : a) Amour excessif da soi. La Rochefoucauld ram√®ne tout √† l'√©go√Įsme,  - b) Th√©ories qui font du plaisir ou de l'int√©r√™t, le principe de la conduite : morales √©go√Įstes. - S'oppose √† Altruisme. - Dans la philosophie positiviste, amour naturel de soi, qui serait, au dire de plusieurs, le point d√©part et le principe des plus nobles sentiments. L'√©go√Įsme est oppos√© √† l'altruisme. - Ego√Įsme transcendant ou m√©taphysique, pr√©tention dite philosophique de ceux qui doutent tout sauf d'eux-m√™mes.

√Čgotisme (de l'anglais Egotism, d√©riv√© de ego =moi) : ce mot signifie :  a) l'√©go√Įsme des √©crivains qui √©tudient et d√©peignent minutieusement leur personnalit√© : c'est dans ce sens, tr√®s rare, que Stendhal l'a pris dans ses Souvenirs d'√©gotisme. - b) La culture intensive et perverse du moi. Ce terme est employ√© comme synonyme d'√©go√Įsme en anglais.

Eidétique (de eidos). - a) Dans le philosophie de Husserl, ce mot désigne ce qui concerne l'essence, indépendamment de leur existence. Ce mode d'abstraction est nommé réduction eidétique (Phénoménologie). - b) en psychologie, une image eidétique est une représentation très vive et détaillée, comparable à une hallucination.

Eidos (= forme, essence).). -  Chez Platon, forme ou id√©e essentielle d'un objet ou d'une entit√©, qui existe de mani√®re id√©ale et parfaite dans le monde des id√©es. Les eidos sont consid√©r√©es comme la r√©alit√© ultime et immuable. Elles sont la source de tout ce qui existe dans le monde sensible. Le monde sensible, lui,  n'est qu'une ombre ou une copie imparfaite du monde des eidos. Par exemple, la forme (l'id√©e) de la beaut√© est une eidos qui existe dans le monde des id√©es, et toutes les manifestations de la beaut√© dans le monde mat√©riel ne sont que des reflets imparfaits de cette forme (id√©e) id√©ale. - En linguistique, le mot eidos peut √™tre utilis√© pour d√©crire des cat√©gories grammaticales ou des formes verbales dans certaines langues. - Dans certains contextes scientifiques, ce mot peut √™tre utilis√© pour d√©signer une structure ou une entit√© abstraite qui incarne les propri√©t√©s essentielles d'un concept ou d'une classe d'objets.

Eject (mot anglais). - Sorte de réalité que certains philosophes associationistes ou positivistes admettent derrière l'objet que nous conclurions par déduction. L'éject a été imaginé par Clifford.

√Član vital. - Pour Bergson, cette expression d√©signe l'√©lan, la force ou l'√©nergie qui anime tous les √™tres vivants. La vie, explique-t-il, ne peut pas √™tre enti√®rement comprise ou expliqu√©e √† travers des concepts purement m√©canistes, math√©matiques ou d√©terministes. La vie est fondamentalement cr√©ative, √©volutive et impr√©visible, et c'est cette cr√©ativit√© du vivant que signifie la notion d'√©lan vital.

√Čl√©atisme, Philosophie de l'√©cole d'√Čl√©e, c'est-√†-dire de Parm√©nide et de Z√©non. Le dogme essentiel du syst√®me est celui de l'unit√© de l'√™tre et de la pens√©e. Les E√©ates niaient la pluralit√© des √™tres et le mouvement. Les arguments de Z√©non contre le mouvement √©taient c√©l√®bres dans l'Antiquit√©.

√Člection. - Processus de choix, de s√©lection ou de d√©cision dans divers domaines de la vie. Dans le contexte politique, par exemple, une √©lection est un processus par lequel les citoyens d'une r√©gion, d'un pays ou d'une entit√© administrative choisissent leurs repr√©sentants et gouvernants. L'id√©e sous-jacente aux √©lections est que les citoyens ont le droit et la responsabilit√© de participer √† la s√©lection de leurs dirigeants et de contribuer √† la prise de d√©cision politique. Cette participation est souvent consid√©r√©e comme une manifestation de la volont√© populaire et un √©l√©ment central de la l√©gitimit√© politique.

√Čl√©ment (Elementum = √©l√©ment premier, principe) : ce mot, en g√©n√©ral, d√©signe les parties les plus simples dont un tout est compos√©; par exemple, en psychologie, les √©l√©ments de la connaissance sont les id√©es et la perception de leurs rapports; en Chimie, ce sont les corps simples qui entrent dans la composition des autres. Les Anciens comptaient quatre √©l√©ments : le feu, l'air, l'eau et la terre. Ils assignaient pour qualit√©s primaires √† ces √©l√©ments : la chaleur, le froid, l'humidit√© et la s√©cheresse ; pour qualit√©s secondaires : la densit√©, avec la pesanteur; la raret√© avec la l√©g√©ret√©; la duret√© avec la mollesse, etc.

√Čl√©mentaire (Elementarius) : qui se rapporte aux √©l√©ments. - Kant donne le nom de th√©orie √©l√©mentaire √† la recherche des √©l√©ments simples de la pens√©e pure et l'oppose √† la m√©thodologie.

Elenchus (Elenkhos = preuve, argument pour réfuter) : la technique de l'elenchus est une technique de réfutation; c'est la méthode par excellence de la discussion socratique.

√Člimination (de √Čliminer, de eliminare, eliminatum = mettre dehors, de e = hors de; limen = seuil) : a) Proc√©d√© logique pour exclure tout ce qui n'est pas, la cause d'un ph√©nom√®ne (Bacon et Stuart Mill). - √Člimination des caract√®res accidentels. - b) Effet de la s√©lection naturelle, qui fait dispara√ģtre les √™tres les moins aptes √† la r√©sistance. - c) Proc√©d√© pour d√©terminer les attributs divins.

√Člis (Ecole d') ou d'√Čr√©trie : √©cole de philosophie grecque, ainsi nomm√©e de ses deux principaux repr√©sentants, Ph√©don d'√Člis et M√©n√©d√©me d'√Čr√©trie, et qui n'√©tait qu'une branche de celle de M√©gare. On y r√©voquait en doute la r√©alit√© objective des id√©es d'esp√®ce, et la possibilit√© d'arriver √† une notion quelconque par des jugements synth√©tiques.

Ellipse. - Figure géométrique fermée de la famille des coniques, et qui a l'aspect d'un un cercle aplati. L'écart à la forme circulaire s'appelle l'excentricité. Les orbites des astres sont le plus souvent des ellipses approchées.

√Čmanation (syst√®me de l') (Emanatio, de emanatum, supin de e-manare = couler de) : a) Th√©orie des id√©es-images,. - b) Nom donn√© a tout syst√®me religieux ou philosophique d'apr√®s lequel tous les √™tres, esprits ou corps, sortent √©ternellement, par voie d'√©coulement (du latin emanare, d√©couler), du sein de la substance divine, pour y rentrer bient√īt et s'y confondre. C'est une des formes du panth√©isme, qui se retrouve dans la mythologie des Hindous, dans la doctrine de Zoroastre, dans la Cabale, dans le Gnosticisme, et chez les N√©o-Platoniciens d'Alexandrie. Les scolastiques emploient quelquefois le mot d'√©manation au sens de cr√©ation ou de production en g√©n√©ral. (B-E.).

√Čmanatisme (de √Čmanation) : c'est le syst√®me de l'√©manation; ex. : Panth√©isme √©manatiste.

√Čmancipation. - Acte de gagner sa libert√©, son ind√©pendance, ou son autonomie par rapport √† une situation, une autorit√©, une contrainte ou une d√©pendance. Ce concept est souvent associ√© √† des luttes, √† des mouvements sociaux et √† des revendications pour la justice et l'√©galit√©. C'est un processus qui vise √† √©liminer les obstacles qui entravent la libert√© individuelle et collective et qui permet ainsi aux individus et aux groupes de r√©aliser leur plein potentiel et de vivre selon leurs propres termes. - L'√©mancipation politique est l'obtention de l'ind√©pendance politique par un groupe ou une nation, mettant fin √† la domination coloniale ou √† la soumission √† un pouvoir ext√©rieur.  - l'√©mancipation sociale se rapporte √† la lutte pour l'√©galit√©, la justice et les droits humains, en particulier en ce qui concerne les groupes marginalis√©s et les minorit√©s; elle vise √† mettre fin √† la discrimination, √† l'injustice et √† l'oppression. - L'√©mancipation juridique est la libert√© individuelle de choisir, de prendre des d√©cisions et de disposer de ses biens et de sa personne sans entrave excessive (ex. l'√©mancipation de mineurs, qui deviennent juridiquement autonomes). - L'√©mancipation personnelle renvoie √† la recherche de l'ind√©pendance personnelle et de la croissance individuelle. Il peut s'agir de l'√©mancipation des influences familiales, culturelles ou religieuses pour d√©finir sa propre identit√© et ses propres valeurs. - L'√©mancipation culturelle est la capacit√© de choisir et de participer activement √† la culture, √† l'art, √† la religion, √† la langue, etc., sans √™tre contraint par des normes impos√©es.

Embodiment (mot anglais) = Incorporation. - Mani√®re dont notre corps, sa structure, ses mouvements et ses interactions avec le monde environnant influent sur notre cognition, nos √©motions, nos perceptions et notre exp√©rience en g√©n√©ral. L'embodiment s'inscrit souvent dans la perspective de la cognition situ√©e, qui affirme que la cognition doit se d√©finir en fonction de l'environnement physique et social. L'embodiment a  des implications dans la mani√®re dont nous comprenons et utilisons le langage. Certains courants affirment que nos exp√©riences corporelles et notre interaction physique avec le monde fa√ßonnent la signification et l'utilisation des mots et des concepts.

Embranchement (de Embrancher; de en et, branche, du bas latin branca = patte) : première subdivision du règne.

Embryogénie (de embryon; genos = naissance) : formation et développement de l'embryon.

Embryologie (de embryon; logos = discours) : science de la formation et du d√©veloppement de l'embryon. 

√Čmergence. - Ph√©nom√®ne par lequel des propri√©t√©s ou des caract√©ristiques nouvelles √©mergent d'un ensemble de composants ou d'√©l√©ments plus simples. Les √©l√©ments individuels peuvent ne pas pr√©senter ces propri√©t√©s √©mergentes, mais lorsque ces √©l√©ments interagissent d'une mani√®re sp√©cifique, des propri√©t√©s nouvelles et inattendues peuvent surgir. Par exemple, certains philosophes discutent de l'√©mergence de la conscience √† partir de processus c√©r√©braux, ou de l'√©mergence de la vie √† partir de composants chimiques. En intelligence artificielle, l'√©mergence peut se r√©f√©rer √† la mani√®re dont des comportements ou des capacit√©s √©labor√©es peuvent surgir de syst√®mes d'agents autonomes interagissant les uns avec les autres, souvent sans contr√īle central.

√Čminent. √Čminemment (Eminens, participe pr√©sent de e-minere = s'√©lever hors de). Eminemment = √Čminentment). : a) Ce qui existe √† un degr√© sup√©rieur : par ex. : un esprit √©minent. - b) Une perfection est dite contenue √©minemment en quelqu'un quand elle existe en lui sous une forme sup√©rieure. S'oppose √† Formel, Formellement. - Distinction : Eminemment, formellement, virtuellement. On con√ßoit qu'une chose puisse √™tre dans une autre, par exemple un effet dans sa cause, de trois mani√®res : 1¬į sous une forme autre, mais sup√©rieure, qui remplace avantageusement la premi√®re. - 2¬į Sous la m√™me forme. - 3¬į On con√ßoit enfin qu'une chose soit simplement dans la puissance d'une autre, c'est-√†dire virtuellement.

√Čmotion (de √Čmouvoir, √† l'imitation du latin factice Emotio, tir√©, √† l'imitation de motio, de Emotum, supin de e-movere = √īter d'un lieu, remuer). - Ce mot d√©signe maintenant tous les ph√©nom√®nes affectifs ou faits de sensibilit√©, plaisirs et douleurs. Il d√©signait plut√īt ces m√™mes faits en tant qu'ils atteignent un certain degr√© d'intensit√© : l'√©motion, dans ce sens, √©tait une passion momentan√©e (comme la col√®re) et non pas durable (comme la haine).

√Čmotivisme. - Th√©orie due √† A.J. Ayer et Charles Stevenson,  selon laquelle les jugements moraux  sont les expressions des √©motions plut√īt que des √©nonc√©s objectifs.

Empathie. - Capacité à comprendre et à ressentir les émotions, les pensées et les expériences des autres, en se mettant à leur place et en partageant leurs sentiments. C'est un élément essentiel de la communication interpersonnelle, de la compréhension mutuelle et de la construction de relations sociales positives.

Il existe diff√©rents types d'empathie :  l'empathie cognitive (comprendre les pens√©es et les sentiments des autres), l'empathie √©motionnelle (ressentir les √©motions des autres) et l'empathie affective (r√©agir avec une √©motion similaire √† celle des autres), etc. 
Empirio-criticisme. - Théorie basée sur l'idée que la connaissance doit être fondée sur l'expérience sensorielle directe et que la science doit être basée sur une observation empirique rigoureuse. Elle a été développée par Vladimir Lénine et Alexandre Bogdanov, ainsi que par d'autres penseurs du mouvement socialiste russe.

Empiriomonisme. - Perspective philosophique selon laquelle l'expérience sensorielle directe est le point de départ de toute connaissance, et que la réalité peut être comprise en se fondant sur cette expérience. Les empiriomonistes peuvent soutenir que la réalité physique, y compris le monde matériel, est la seule réalité qui existe, et que tout ce qui peut être connu ou expliqué doit être basé sur des données empiriques. (Empirisme, Monisme).

Empirisme, empirique  (Empiricus = qui se dirige d'apr√®s l'exp√©rience, de Empeiria = exp√©rience, de en = dans; peira = √©preuve) . En premi√®re approche, on peut donner le nom d'Empirisme aux syst√®mes philosophiques qui ne font reposer la connaissance du vrai que sur l'exp√©rience, et les  empiriques ou partisans de l'empirisme sont alors les partisans d'une m√©thode exclusivement exp√©rimentale. Ils rejettent donc toute m√©thode a priori, toute m√©thode synth√©tique. Ils bornent m√™me le plus souvent leurs observations aux ph√©nom√®nes sensibles (l'empirisme implique le sensualisme). Mais, √† y regarder de plus pr√®s, le mot empirique peut √™tre pris en plusieurs sens : a) Ce qui r√©sulte imm√©diatement de l'exp√©rience, sans √™tre contr√īl√© par des principes scientifiques; par ex. : m√©decine empirique. - b) Ce qui exige le recours √† l'exp√©rience; par exemple, les sciences physiques, par opposition aux sciences purement rationnelles, comme les math√©matiques, qui ne l'exigent. - c) Dans la philosophie allemande, depuis Kant, le mot empirique, empiriker, signifie ce qui est avant la science, ce qui, dans la connaissance sensible, ne vient pas des lois constitutives de l'esprit, mais du dehors;  l'intuition d'une figure g√©om√©trique, par exemple, un cercle, est sensible, mais pas empirique; l'intuition d'un cercle en bois est sensible et empirique. Au sens kantien, empirique s'oppose √† pur et √† a priori. - Condillac et Spencer se sont int√©ress√© √† l'origine empirique de l'instinct . - Stuart Mill et Taine ont donn√© une interpr√©tation empirique des sensations; Condillac, Locke, Stuart Mill et Spencer on propos√© des solutions empiriques du probl√®me de l'origine des id√©es. 

Des th√©ories empiriques sur l'origine de la conscience morale se rencontrent chez Hobbes, Helv√©tius, Stuart Mill, Spencer, etc.). - On divise les morales empiriques en : a) √©go√Įstes ou utilitaristes (Aristippe, Jean-Jacques Rousseau, Epicure, Jeremy Bentham, Stuart Mill, Spencer, Durkheim, L. Bourgeois); b) altruistes ou sentimentales (A. Comte, Hutcheson, A. Smith).

Empirisme critique. - Position √©pist√©mologique qui affirme que toute connaissance provient de l'exp√©rience, mais que cette connaissance est toujours interpr√©t√©e √† travers des filtres th√©oriques. Ces filtres th√©oriques, ou ¬ę lunettes th√©oriques ¬Ľ, influent sur la fa√ßon dont nous percevons et interpr√©tons le monde.

Empirisme logique Positivisme logique

Empirisme m√©dical. - Approche m√©dicale qui repose sur l'observation et l'exp√©rience plut√īt que sur la th√©orie et l'hypoth√®se. Hippocrate peut √™tre consid√©r√© comme l'initiateur de cette conception.

Empirisme radical. - Position philosophique qui soutient que toute connaissance provient de l'exp√©rience sensorielle directe ou de l'observation. Selon cette perspective, l'esprit humain commence comme une ¬ę tabula rasa ¬Ľ, une feuille blanche d√©pourvue de toute id√©e inn√©e, et acquiert toutes ses connaissances par le biais de l'exp√©rience.

Les philosophes empiristes, tels que Locke,  Berkeley et Hume, sont souvent associ√©s √† cette approche. Ils affirment que nos id√©es, concepts et croyances proviennent de nos exp√©riences perceptuelles, et que toute connaissance est d√©riv√©e de ces exp√©riences. Par cons√©quent, ils rejettent l'id√©e d'id√©es inn√©es ou de connaissances a priori. Mais les empiristes n'interpr√™tent pas tous de la m√™me fa√ßon le r√īle de l'exp√©rience et diff√®rent aussi par leur mani√®re d'aborder la connaissance.

Empowerment( (mot anglais) = autonomisation, émancipation. - Renforcement du pouvoir, de l'autonomie et de la capacité d'action individuelle ou collective.

En acte : c'est la traduction de la formule scolastique In actu, par opposition √† In potentia. Cette expression signifie que quelque chose est : a) en train de se produire (ex. :  quand une facult√© s'exerce); b) est r√©alis√© et produit (ex. ; tout √™tre existant est en acte dans une certaine mesure).

√Čnactivisme. - Courant de pens√©e dans le domaine des sciences cognitives et de la philosophie de l'esprit attribue un r√īle actif et interactif √† l'organisme vivant et √† son environnement dans la construction du sens et de l'intelligence. Il consid√®re que la cognition n'est pas seulement situ√©e dans le cerveau, mais est incarn√©e dans tout le corps de l'individu et dans son interaction dynamique et continue avec l'environnement (Cognition situ√©e, Corpor√©it√©). Il y a une interd√©pendance de l'individu et de son envirronement  dans la cr√©ation du sens et de l'action. L'√©nactivisme consid√®re √©galement que les syst√®mes cognitifs sont des syst√®mes auto-organis√©s qui se structurent et s'adaptent en interagissant avec leur environnement. L'exp√©rience subjective de l'individu est au coeur de la cognition √©nactive. Les exp√©riences v√©cues et l'interaction sensorimotrice avec le monde jouent un r√īle central dans la formation et l'√©volution des structures cognitives.

Encyclop√©die (en = dans; kyklos = cercle; paideia = enseignement). -  Ensemble et encha√ģnement de toutes les sciences, syst√®me de toutes les connaissances humaines. Se dit aussi des ouvrages o√Ļ l'on traite de toutes les sciences. Un esprit encyclop√©dique est celui qui est capable d'embrasser l'ensemble des connaissances humaines. - On appelle Encyclop√©distes les philosophes fran√ßais qui collabor√®rent √† la r√©daction de L'Encyclop√©die, Dictionnaire raisonn√© des sciences, des arts et des m√©tiers, publi√©e sous la direction de Diderot et de D'Alembert, qui en firent une arme contre les croyances chr√©tiennes et la tradition.

Encyclop√©disme. - Approche √©ducative et philosophique qui  consid√®re que la connaissance doit √™tre encyclop√©dique, c'est-√†-dire qu'elle doit couvrir un large √©ventail de sujets et de disciplines, plut√īt que de se limiter √† une sp√©cialit√© ou √† un domaine particulier.

Endophasie (Endon = au dedans; phasis = parole) : série des images verbales (auditives, visuelles, motrices), qui accompagnent la pensée, mais sans déterminer de mouvements vocaux, quand ils seraient inutiles. Cette succession d'images constitue la parole intérieure.

√Čnerg√©tique, √Čnerg√©tisme (du radical d'√Čnergie) : ce terme signifie : a) en m√©canique, le syst√®me qui substitue la notion d'√©nergie √† celle de force. Il a √©t√© constitu√© par Helmholtz;  - b) en cosmologie, la doctrine qui substitue l'√©nergie au cin√©tisme cart√©sien. Elle a √©t√© soutenue par Rankine, Mach, Ostwald, Duhem.

√Čnergie (Energia, Energeia = force en action, activit√©, de en = dans; ergon = action) : chez Aristote, l'energeia s'oppose √† la dynamis, comme l'acte √† la puissance. - Depuis, cette notion s'est √©largie : elle comprend l'acte et la puissance (au sens ancien). En m√©canique, l'√©nergie est une grandeur de dimensions [ML¬≤T-¬≤], et qui se d√©finit comme la capacit√© d'une force √† effectuer un travail (grandeur qui d√©pend du produit de la force consid√©r√©e par le d√©placement qu'elle occasionne). On distingue ainsi l'√©nergie potentielle et l'√©nergie cin√©tique ou actuelle. La somme de ces deux √©nergies est l'√©nergie totale d'un syst√®me √† un instant donn√©. Ainsi, par exemple, l'√©nergie cin√©tique d'un point mat√©riel est d√©finie comme la moiti√© du produit de la masse m de ce point et du carr√© de sa vitesse v √† cet instant soit :  E= ¬Ĺ.m.v¬≤. L'√©nergie potentielle, pour sa part, d√©pend pour sa part, √† chaque instant de la position du point mat√©riel. La physique √©largit encore ce point de vue en reconnaissant une √©nergie chimique, lumineuse, √©lectrique, etc. Ces diverses formes d'√©nergie sont √©quivalentes, c'est-√†-dire qu'une quantit√© d√©termin√©e de l'une d'elles peut se transformer en une quantit√© d√©termin√©e d'une autre. 

√Čnonc√©, √Čnonciation (Enunciatio, de enunciatum, supin de e-nuntiare, faire savoir, de nuntius, messager) : ce terme s'applique aux diverses sortes de propositions.

Ensemble : on nomme ainsi toute collection d'objets. La th√©orie des ensembles appelle √©l√©ments ces objets et d√©finit entre les √©l√©ments et l'ensemble la relation d'appartenance not√©e ; ainsi, aE signifie que "l'√©lement a appartient √† l'ensemble E". De m√™me entre les ensembles d√©finit-on une relation d'inclusion, not√©e  : EF signifie que l'ensemble E est inclus dans l'ensemble F. On peut aussi d√©finir la r√©union de deux ensembles qui correspond √† l'ensemble dont les √©l√©ments appartiennent √† l'un ou √† l'autre des des ensembles r√©unis, et l'intersection de deux ensembles qui est l'ensemble compos√© des √©l√©ments appartenant √† la fois √† l'un et √† l'autre ensemble. Un ensemble peut √™tre d√©fini en extension lorsque l'on liste tous ses √©l√©ments, ou en compr√©hension lorsqu'on qu'on √©nonce une propri√©t√© commune et univoque de tous ses √©l√©ments. Il existe des ensembles finis (comme l'ensemble des grains de sable de la grande plage d'Hendaye), des ensembles infinis (comme l'ensemble des nombres entiers), ainsi qu'un ensemble vide, not√© :  ou {}.

En soi : cette expression s'oppose à relativement à nous. Elle indique ce qu'une chose est objectivement, dans sa véritable nature, dans sa réalité, c'est-à-dire ce qu'une chose est, ou bien :

a) en faisant abstraction de toute connaissance. La possibilit√© de conna√ģtre une chose n'est qu'un rapport qui n'ajoute ni n'enl√®ve rien √† ce que cette chose est en soi. Tel est le sens usit√© chez les Scolastiques et adopt√© par nombre d'auteurs modernes; 

b) en faisant abstraction de la connaissance humaine, mais non de toute connaissance possible. C'est le sens kantien : 

¬ę Le concept d'un noum√®ne, c'est-√†-dire d'une chose qui doit √™tre pens√©e non comme objet des sens, mais comme une chose en soi (seulement par un entendement, pur), n'est pas contradictoire; car on ne peut affirmer de la sensibilit√© qu'elle soit la seule mani√®re possible de percevoir. ¬Ľ (Critique de la raison pure, Analytique transcendantale, L. II, Ch. III, ¬ß 354);
c) ind√©pendamment des erreurs et illusions, qui proviennent de la connaissance sensible et emp√™chent la raison de conna√ģtre la r√©alit√© telle qu'elle est. C'est le sens cart√©sien. Selon Descartes et Malebranche, la raison √©tant semblable chez tous les hommes et la sensibilit√© variant d'un individu √† l'autre, ceux qui se laissent conduire par le sensible sont, incapables de saisir les choses telles qu'elles sont en soi.

Ens ( = l'√™tre, l'√©tant). - Toute entit√© ou r√©alit√© qui a l'existence, c'est-√†-dire tout ce qui est r√©el.  Ce mot est souvent utilis√© pour d√©signer tout ce qui existe, qu'il s'agisse d'objets mat√©riels, d'√™tres vivants, de concepts abstraits, etc. 

Ens et Esse. - Termes  utilis√©s dans la tradition philosophique, en particulier dans la philosophie scolastique, et qui sont li√©s √† la m√©taphysique et √† la philosophie de l'√™tre. Ils sont souvent. Ens fait r√©f√©rence √† tout ce qui est r√©el ou existe, tandis que esse se r√©f√®re √† l'acte d'√™tre ou d'existence qui permet √† une chose d'exister. 

Ent√©l√©chie (Entelecheia, de enteles = accompli, parfait; ech√ī = avoir) : ce mot a √©t√© forg√© par Aristote. Il signifie : a) l'acte ou la forme qui d√©termine et actue la puissance, la mati√®re . ¬ę L'√Ęme est l'acte premier d'un corps naturel organis√©. ¬Ľ (De l'√Ęme, L. II, C.I, ¬ß 6); b) l'acte achev√©, accompli, par opposition √† l'acte en train de s'accomplir, et, cons√©quemment, la perfection qui r√©sulte de cet ach√®vement.

Le mot m√™me indique cette perfection, car entelech√®s, signifie celui qui poss√®de en soi son ach√®vement : en = dans ; telos = ach√®vement; ech√ī = avoir. - Leibniz (Monadologie, ¬ß 18) appelle ses monades ent√©l√©chies, parce qu'elles ont en elles-m√™mes une certaine perfection : √† savoir ¬ę une suffisance (autarcheia) qui les rend sources de leurs actions internes ¬Ľ.

Entendement (de Entendre, de in-tendere = √©tendre, diriger vers ou contre) :  facult√© d'abstraire et de juger. - Dans l'usage actuel, l'Entendement (Dianoia, Intellectus, Intendimento, Entendimiento, Understanding, Verstand) d√©signe les op√©rations discursives de l'esprit : juger, raisonner, tandis que la Raison (Nous, Ratio, Ragione, Razon, Reason, Vernunft) indique les op√©rations intuitives de l'esprit. - Chez les  Scolastiques le mot Intellectus signifie, au contraire, l'op√©ration intuitive, parce qu'ils le d√©rivaient √† tort de intus = √† l'int√©rieur, et de legere = lire. Le terme Ratio repr√©sente pour eux les op√©rations discursives. - Pour Bossuet (De la connaissance de Dieu, et de soi-m√™me, Ch. I, ¬ß 7) l'entendement est la facult√© de comprendre, ¬ę de conna√ģtre le vrai et le faux ¬Ľ, par opposition aux sens qui seulement ¬ę donnent lieu √† la connaissance de la v√©rit√©-¬Ľ, mais ne la font pas ¬ę-pr√©cis√©ment ¬Ľ conna√ģtre. Il identifie raison et entendement. - Pour Kant, toute notre connaissance commence par les sens, passe de l√† √† L'entendement et s'ach√®ve dans la raison ¬Ľ (Dialectique transcendantale, Introduction, ¬ß II, A).  Il n'admet pour l'humain d'autre mode d'intuition que l'intuition sensible, dont le temps et l'espace sont les formes a priori. L'entendement est ¬ę la facult√© de juger ¬Ľ, la ¬ę facult√© des r√®gles ¬Ľ (Analytique transcendantale., L. I, Ch. I, Section I. Dialect. transcend., Ibid.). Le r√īle de l'entendement est d'unifier les sensations au moyen des cat√©gories. La raison est la ¬ę facult√© des principes ¬Ľ : elle croit qui, toute connaissance conditionn√©e de l'entendement d√©pend d'un √©l√©ment inconditionn√© ou absolu et elle cherche √† d√©terminer cet √©l√©ment (Dialectique transcendantale, Ibidem, ¬ß Il C).

Enth√©isme (de En = dans; Theos = Dieu) : syst√®me de Paul Carus pour qui  la Divinit√© est immanente en toute chose. C'est une mani√®re de panth√©isme.

Enthousiasme (Enthousiasmos =  transport divin, de enthousia = inspiration; de entheos, enthous = inspir√© des dieux) : Platon d√©signe ainsi l'inspiration divine et l'applique √† la r√©flexion profonde des philosophes, √† l'exaltation des po√®tes et √† l'h√©ro√Įsme des guerriers.

Enthym√®me (du grec Enthymeomai, de en = dans, thym√ī = souffle, √Ęme, se mettre dans l'esprit, r√©fl√©chir) : a) selon Aristote (Premiers Analytiques, L. II, Ch. XXIX), c'est le syllogisme du probable  parce qu'il est fond√© sur des vraisemblances, ou ou tronqu√© parce qu'une des pr√©misses est sous-entendue; il n'a sa forme compl√®te que dans l'esprit. Ex. : "Dieu est bon; donc il faut l'aimer. " Ici c'est la majeure: "Tout √™tre bon est aimable," qui n'est point exprim√©e. Dans cet autre exemple : "La ligne droite est le plus court chemin d'un point √† un autre; donc la corde est plus courte que l'arc qu'elle sous-tend", on sous-entend la mineure : "La corde est une ligne droite." L'enthym√®me est appel√© par Aristote le syllogisme des orateurs : la suppression d'une proposition rend, en effet, le discours plus vif, plus fort, plus √©l√©gant. - b) d'apr√®s les modernes, c'est un syllogisme elliptique. (B-E.).

Entier (de Integrum = non entamé, intact, de in négatif et tangere = toucher) pour être rigoureuses, la division, l'analyse et la synthèse doivent être entières, complètes.

Entitatif, Entit√© (Ens, entis, d'o√Ļ les termes scolastiques Entitativus, Entitas) : ce mot, dans la langue scolastique, signifie essence ou r√©alit√©. Le mot entitativement (entitative) s'emploie pour dire qu'on consid√®re une chose dans sa r√©alit√©, en elle-m√™me, sans s'occuper des rapports ou connexions qu'elle peut avoi. - L'abus, que certains Scolastiques ont fait des entit√©s, les a rendues suspectes : de l√† vient qu'on emploie quelquefois l'expression entit√© m√©taphysique comme synonyme d'abstraction r√©alis√©e. - Les logiciens anglais usent du mot entity pour d√©signer un √™tre que l'esprit se repr√©sente en dehors de toute d√©termination pr√©cise.

√Čnum√©ration (Enumeratio, de enumeratum, supin de e-numerare, supputer de numerus = nombre) : a) induction par √©num√©ration compl√®te; b) induc tion par √©num√©ration incompl√®te. - Quatri√®me r√®gle de la I m√©thode cart√©sienne. - Sophisme de l'√©num√©ration incompl√®te.

√Čnum√©ration imparfaite, sophisme auquel on est expos√© dans l'emploi du dilemme. On a ferm√© deux issues √† son adversaire, on le croit pris; il en trouve une autre qu'on n'avait pas vue et par o√Ļ il s'√©chappe. Ex. : "Ou vous voulez, ou vous ne voulez pas; il n'y a pas de milieu. - Pardon, r√©pondra-t-il,  je veux, et je ne peux pas."

Enveloppes (courbes) (g√©om√©trie). - Si l'on imagine qu'une courbe se d√©place suivant une certaine loi g√©om√©trique, les intersections successives de la courbe avec elle-m√™me dessineront une certaine ligne qu'il peut y avoir int√©r√™t √† rechercher. Cette ligne porte le nom d'enveloppe. Cette expression est emprunt√©e √† une des propri√©t√©s caract√©ristiques de cette ligne, c'est d'√™tre tangente √† toutes les courbes particuli√®res et de les envelopper pour ainsi dire dans le sens ordinaire du mot. 

Ainsi, par exemple, si l'on imagine un cercle dont le centre se meut sur la circonf√©rence d'un autre, il est √©vident que la courbe enveloppe sera une circonf√©rence concentrique √† la derni√®re et d'un rayon √©gal √† la somme des rayons du cercle fixe et du cercle mobile. 

La géométrie analytique permet de trouver facilement l'équation de l'enveloppe et de la définir rigoureusement. Supposons, en effet, que l'équation d'une courbe plane contienne un paramètre variable a; pour chaque valeur attribuée à a, on aura une courbe particulière, et si l'on conçoit que a varie d'une manière continue, on aura une infinité de courbes infiniment voisines les unes des autres. Considérons une de ces courbes: une courbe infiniment voisine la coupera généralement en plusieurs points qui tendront vers des positions limites, lorsque la deuxième courbe se rapprochera indéfiniment de la première; ces points limites, considérés sur toutes les courbes qu'on obtient en faisant varier le paramètre a, forment un lieu qu'on appelle l'enveloppe de ces courbes.

√Čon. -  Dans la philosophie n√©oplatonicienne, un √©on est une √©manation divine ou une r√©alit√© sup√©rieure qui se situe entre l'Un transcendant et le monde mat√©riel. Les √©ons sont des principes ou des entit√©s spirituelles qui jouent un r√īle dans la cha√ģne de l'√™tre dans la pens√©e n√©oplatonicienne. - Dans certaines traditions gnostiques, un √©on est une √©manation divine ou une puissance spirituelle qui contribue √† la cr√©ation et √† la structure de l'univers. Les √©ons peuvent √™tre per√ßus comme des entit√©s ou des √™tres divins dans ces syst√®mes de croyance.

√Čpagogique (epag√īg√® =  induction). -  Le syllogisme √©pagogique d'Aristote est un syllogisme dont le moyen offre l'√©num√©ration de toutes les esp√®ces du mineur c'est une v√©ritable induction. Aristote en donne cet exemple les quadrup√®des, les oiseaux, les poissons, etc., ont une bouche et des organes sensoriels : tous les animaux sont quadrup√®des, oiseaux, poissons, etc.; donc tous les animaux ont une bouche et des organes sensoriels.

√Čphectique (Ephektikos = qui arr√™te, de ep-ech√ī = retenir, epoch√®= suspension du jugement) : c'est l'un des noms donn√©s √† aux disciples de Pyrrhon.

√Čpich√©r√™me (du grec Epicheir√®ma =  effort, attaque, de epi-cheirein = mettre la main sur, de cheir = main) : argument que l'on peut consid√©rer comme un syllogisme dont la majeure ou la mineure, quelquefois les deux, sont accompagn√©es, en guise de preuve, de quelques explications qui dispensent de les prouver en forme par un syllogisme pr√©alable ou prosyllogisme. Un tel type d'argumentation o√Ļ les pr√©misses sont accompagn√©es de la preuve de ce que l'on veut d√©montrer se retrouve par exemple dans le plaidoyer de Cic√©ron en faveur de Milon. En substance, il √©nonce-:

¬ę Il est permis de tuer quiconque nous tend des emb√Ľches pour nous √īter la vie √† nous-m√™mes : la loi naturelle, le droit des gens, les exemples le prouvent. Or, Clodius a dress√© des emb√Ľches √† Milon : ses armes, ses soldats, ses manoeuvres le d√©montrent. Donc il a √©t√© permis √† Milon de tuer Clodius. ¬Ľ
√Čpicur√©isme, √Čpicurisme (de Epicureus, Epicurius = d'√Čpicure) : doctrine d'√Čpicure et des √Čpicuriens. -  La philosophie d'Epicure comprend une logique appel√©e canonique, une physique et une morale. La physique est renouvel√©e de l'atomisme de D√©mocrite, avec cette diff√©rence qu'√Čpicure attribue √† ses atomes la pesanteur qui les fait tomber √©ternellement dans le vide et le clinamenqui les fait d√©vier de leur chute parall√®le et produit leurs rencontres. Sa morale est la morale du plaisir, mais en distinguant les plaisirs en mouvement
(ou du corps) des plaisirs en repos (ou de l'esprit), et, en recommandant exclusivement ceux-ci, il fait de l'Hédonisme une sorte d'ascétisme : c'est, dit Sénèque, un héros sous des habits de femme. Le souverain bien, pour Epicure, c'est l'absence de douleur : il consiste à ne pas souffrir (indolentia).

√Čpicycle (Histoire de l'astronomie). - Cercle dont le centre est √† la circonf√©rence d'un autre cercle sur lequel il se meut. C'est un concept qui remonte √† l'Antiquit√©, qui prend toute son ampleur dans le syst√®me de Ptol√©m√©e, et qui a √©t√© introduit pour tenter de rendre compte des irr√©gularit√©s observ√©es dans le d√©placement apparent des plan√®tes, notamment de leurs r√©trogradations. La plan√®te √©tait cens√©e d√©crire l'√©picycle, tandis que le centre de ce cercle d√©crivait la circonf√©rence de l'excentrique, qu'on appelait aussi d√©f√©rent. Toute in√©galit√© reconnue dans le mouvement de la Lune ou d'une plan√®te √©tait repr√©sent√©e par un nouvel √©picycle. C'√©tait un proc√©d√© ing√©nieux, mais qui n'expliquait rien. Malgr√© son caract√®re artificiel et compliqu√©, ce mode de description des mouvements plan√©taires a subsist√© jusqu'au XVIe si√®cle.  Les √©picycles ont disparu de l'astronomie, lorsque le Soleil a √©t√© reconnu comme le centre du mouvement plan√©taire, et que la nature elliptique des orbites a √©t√© constat√©e.

√Čpicyclo√Įde (g√©om√©trie). - On appelle √©picyclo√Įde la courbe d√©crite par un point du plan d'un cercle qui roule sans glisser sur un autre cercle fixe. On dit que l'√©picyclo√Įde est ordinaire rallong√©e ou raccourcie, selon que le point d√©crivant est situ√© sur la circonf√©rence, g√©n√©ratrice, au dedans ou en dehors. On dit aussi que cette ligne est externe ou interne, suivant que le cercle mobile roule √† l'ext√©rieur ou √† l'int√©rieur du cercle fixe. Notre figure repr√©sente l'√©picyclo√Įde externe engendr√©e par le mouvement d'une circonf√©rence sur une autre de rayon double.

L'√©quation g√©n√©rale des √©picyclo√Įdes offre peu d'int√©r√™t et se pr√™te mal du reste √† l'√©tude des propri√©t√©s de ces courbes; mais des consid√©rations g√©om√©triques simples peuvent ici remplacer l'analyse, et font voir que les √©picyclo√Įdes jouissent de propri√©t√©s analogues √† celles de la cyclo√Įde. On trouve, par exemple, que la normale, en un, point d'une √©picyclo√Įde quelconque, s'obtient en joignant ce point au point o√Ļ le cercle mobile touche le cercle fixe, et on d√©duit de l√† un moyen simple de construire la tangente. On montre aussi que la d√©velopp√©e d'une √©picyclo√Įde ordinaire est une autre √©picyclo√Įde semblable √† la premi√®re, et on d√©duit del√† la construction du rayon de courbure de la courbe, ainsi que celle d'une droite √©gale √† la longueur de l'√©picyclo√Įde.

Si l'on suppose en particulier que le rayon du cercle mobile soit la moiti√© du rayon du cercle fixe, et que le premier roule int√©rieurement sur le second, les √©picyclo√Įdes ordinaires sont un diam√®tre du cercle fixe, et les √©picyclo√Įdes rallong√©es ou raccourcies sont des ellipses.

En astronomie, on appelle √©picyclo√Įde l'orbite d√©crite par un satellite autour d'une plan√®te en mouvement. La Lune d√©crit autour de la Terre une suite d'√©picyclo√Įdes dont les centres sont sur l'orbite terrestre, et la Terre se meut pareillement par rapport au Soleil, entra√ģn√© lui-m√™me dans sa r√©volution autour du centre de gravit√© de la Galaxie, et qui dirige son mouvement vers l'apex, situ√© dans la constellation d'Hercule.

√Čpigraphie (de √Čpigraphe, de epigraph√® = inscription, de epi = sur, graphein √©crire) : science auxiliaire de l'histoire, qui √©tudie les nscriptions.

√Čpikie (Epieikeia = √©quit√©, convenance, de epieik√®s = d'une juste mesure, convenable, √©quitable) : les moralistes entendent par l√† une interpr√©tation b√©nigne de la loi dans un cas extraordinaire. Ils se fondent sur cette pr√©somption √©quitable que le l√©gislateur n'aurait pas √©tendu √† ce cas exceptionnel, s'il l'avait pr√©vu, l'application de la loi. Voici, par exemple, une loi qui d√©fend d'hospitaliser les assassins. Il est pr√©sumable qu'elle ne s'√©tend pas √† un p√®re, qui re√ßoit chez lui son fils, tut-il coupable d'assassinat.

√Čpiph√©nom√®ne (epi = sur; phainomenon = ce qui para√ģt) : c'est un ph√©nom√®ne accessoire qui se greffe sur un autre. Le plaisir est un √©piph√©nom√®ne; de m√™me le bonheur. - Selon certains psychologues, l'activit√© psychologique peut se d√©ployer avec ou sans conscience : c'est pourquoi ils disent que la conscience est un √©piph√©nom√®ne. - D'autres auteurs, d√©fenseurs du m√©canisme mat√©rialiste, comme Maudsley et Huxley, distinguent deux aspects dans l'activit√© psychologique : l'aspect externe, ce sont les fonctions c√©r√©brales ; l'aspect interne, ce sont les op√©rations conscientes. Ils appellent √©piph√©nom√®nes les op√©rations de la conscience.

√Čpist√©matique (de epist√®m√® = science, de epistamai = savoir) : s'oppose √† √Čpagogique pour d√©signer une m√©thode purement rationnelle et d√©ductive, qui convient aux sciences abstraites.

√Čpist√©m√®. -  Ensemble de connaissances, de pratiques, de discours et de sch√®mes de pens√©e qui caract√©risent une p√©riode historique particuli√®re. Ce concept a √©t√© introduit par Michel Foucault et est principalement utilis√© dans le cadre de la philosophie de la connaissance et de l'histoire de la pens√©e. Selon Foucault, chaque √©poque a son propre √©pist√©m√®, qui d√©termine les r√®gles, les m√©thodes et les cat√©gories de la connaissance qui sont consid√©r√©es comme valides et pertinentes √† cette √©poque. L'√©pist√©m√® influence la fa√ßon dont les gens pensent, produisent des connaissances et interagissent avec le monde. Les √©poques peuvent √™tre d√©finies par des √©pist√©m√®s sp√©cifiques. L'id√©e d'√©pist√©m√® met en √©vidence le caract√®re historiquement contingent de la connaissance et de la v√©rit√©. 

√Čpist√©mique. -  Adjectif qui se r√©f√®re aux questions, aux concepts et aux consid√©rations li√©s √† la connaissance, √† la croyance et √† la justification. Exemples d'emploi :

‚ÄĘ Logique √©pist√©mique. - Branche de la logique qui se penche sur les relations entre les croyances des agents rationnels et la connaissance. La logique √©pist√©mique examine comment les informations et les croyances sont partag√©es et mises √† jour dans un contexte logique.

‚ÄĘ Mod√®le √©pist√©mique. - Outil formel qui est utilis√© pour repr√©senter les croyances, les connaissances et les op√©rations √©pist√©miques (acquisition de nouvelles informations, r√©vision des croyances, etc.)..

‚ÄĘ Modalit√©s √©pist√©miques. - Dans la philosophie de la logique modale, les modalit√©s √©pist√©miques sont utilis√©es pour exprimer des propositions sur la connaissance et la croyance. Par exemple, la modalit√© "il est possible que" peut √™tre utilis√©e pour exprimer la possibilit√© d'une proposition en fonction de ce que quelqu'un sait.

‚ÄĘ √Čvaluation √©pist√©mique. - D√©marche qui consiste √† √©valuer si une croyance ou une connaissance est bien fond√©e, l√©gitime ou justifi√©e.

‚ÄĘ Confiance √©pist√©mique. - Confiance que l'on accorde aux diverses sources de connaissance (expertise, t√©moignages, preuves, etc.).

√Čpist√©mologie (de Epist√®m√® = science; logos = discours). - a) au sens le plus large, on appelle √©pist√©mologie toute philosophie de la connaissance (mais ce sens convient mieux √† la gnos√©ologie). - b) En un sens plus √©troit, l'√©pist√©mologie est la philosophie des sciences ou √©tude critique de leurs principes, hypoth√®ses et r√©sultats.

√Čpisyllogisme  (du grec √©pi = sur, et de syllogisme). - Raisonnement qui s'appuie sur la conclusion d'un raisonnement imm√©diatement ant√©rieur, de sorte que cette conclusion et l'une des pr√©misses du nouveau syllogisme se confondent. Le terme √©pisyllogisme ne se trouve ni dans la logique d'Aristote, ni dans celles de Bossuet et de Port-Royal. La logique de Kant l'emploie. Il ne faut pas voir, d'ailleurs, dans l'√©pisyllogisme une forme particuli√®re de raisonnement.

√Čpisynth√©tisme, du grec √©pi =sur; sun = avec, et tith√™mi = je place. - Doctrine des anciens m√©decins qui cherchaient √† combiner et √† concilier la m√©thode avec l'empirisme et le dogmatisme. (Eclectisme m√©dical).

Epoch√®. - Ce mot grec est utilis√© par la philosophie ancienne pour d√©signer la suspension du jugement. Husserl l'emploie pour parler de la mise entre parenth√®se du probl√®me de l'existence du monde ext√©rieur. 

√Čpoptique (Epoptikos = qui concerne le plus haut degr√© de l'initiation, de epopt√®s = qui observe, parvenu au plus haut degr√© d'initiation, de epi = sur ;
optomai, comme ora√ī = regarder) : s'emploie quelquefois comme synonyme de √©sot√©rique. On appelait Epopte celui qui, √©tait parvenu au troisi√®me et dernier degr√© d'initiation dans les myst√®res d'Eleusis.

√Čpoque (Epoch√® = arr√™t, de ep√®-che√ī = s'arr√™ter) : c'est un moment de la dur√©e, marqu√© par un √©v√©nement important, o√Ļ l'historien s'arr√™te pour envisager de l√†, comme d'un point de vue sup√©rieur, les faits qui se d√©roulent avant et apr√®s.

√Čquation (Aequatio = √©galit√©, de aequare = aplanir, √©galiser, de aequus = uni, √©gal) : a) Sens g√©n√©ral : c'est la formule d'une relation entre grandeurs qui d√©pendent les unes des autres. En alg√®bre, on entend par √©quation une √©galit√© dans laquelle entrent une ou plusieurs quantit√©s inconnues. R√©soudre une √©quation ou un syst√®me d'√©quations, c'est chercher les valeurs qui, mises √† la place des inconnues, v√©rifient ces √©quations ou les rendent identiques. - b) Sens sp√©cial : ex. : √©quation personnelle. C'est une correction qu'on doit faire aux observations astronomiques : on tient compte du retard que l'observateur met √† percevoir le ph√©nom√®ne observ√©. - c) Sens figur√© : d√©finition de la v√©rit√©.

√Čquipollence (Aequipollentia, de aequus = √©gal; pollere = valoir) : √©quivalence, dans la th√©orie tr√®s subtile de l'opposition et de la permutation des propositions. Il y a √©quipollence entre deux propositions quand elles ont le m√™me sens. Port-Royal nous avertit que les r√®gles qu'on donne de l'√©quipollence ¬ę ne sont la plupart vraies qu'en latin ¬Ľ.

√Čquipollence (relation d'). - Deux bipoints (A,B) et (C,D) sont dits √©quipollents si les segments AD et BC ont m√™me milieu. En g√©om√©trie euclidienne, cela revient √† dire que les segments AB et CD sont parall√®les et de m√™me longueur. La relation d'√©quipollence est une relation d'√©quivalence servant √† d√©finir des classes d'√©quivalence correspondant √† des vecteurs dans l'espace. Deux vecteurs peuvent alors √™tre dits √©quipollents s'ils ont la m√™me direction, le m√™me sens et la m√™me norme.

√Čquipollents (jugements), en termes de logique, jugements qui ont une m√™me valeur ou sont d'une teneur √©quivalente : Ainsi, Aristote fut le pr√©cepteur d'Alexandre et Alexandre fut l'√©l√®ve d'Aristote sont deux propositions √©quipollentes.

√Čquiprobabilisme (de Aequus = √©gal, et probabilisme) : doctrine d'apr√®s laquelle on doit suivre le parti le plus s√Ľr, √† moins que le parti favorable √† la libert√© ne soit d'une probabilit√© √©gale.

√Čquit√© (Aequitas = √©galit√©, de aequus = uni, √©gal) : a) Avoir le sens de l'√©quit√©, c'est avoir le sentiment s√Ľr et spontan√© de ce qui est d√Ľ √† chacun.- b) Forme de la justice p√©nale.

√Čquivalence (de √Čquivalent, de aequivalens, de aequus = √©gal; valere = valoir) synonyme de √©quipollence, en logique. - On appelle quelquefois le principe de la conservation de l'√©nergie principe de l'√©quivalence, parce qu'il y a √©quivalence entre le travail d√©pens√© dans un syst√®me et la quantit√© de chaleur d√©gag√©e de ce corps ou de ce syst√®me. On nomme √©quivalent m√©canique de la chaleur le travail qu'il faut d√©penser dans un corps ou dans un syst√®me, pour que transform√© en chaleur, il y produise une calorie.

Equivalence (relation d', classe d'). - Une relation d'équivalence est une relation binaire réflexive, symétrique et transitive, entre les éléments d'un ensemble, qui permet de partionner cet ensemble en sous-ensembles disjoints ( = dont l'intersection est l'ensemble vide) et dont la réunion est l'ensemble tout entier. Les différents sous-ensembles ainsi définis sont alors appelés classes d'équivalence.
 

√Čquivoque (Aequivocus, de aequus = √©gal; vox, voix, parole) - a) Se dit des termes et des propositions qui ont plusieurs sens. S'oppose √† univoque et se distingue de analogue. Un sophisme √©quivoque consiste √† employer le m√™me mot dans des acceptions diff√©rentes. C'est un artifice √† l'usage de la chicane, de l'int√©r√™t ou de la passion. Rousseau use de l'√©quivoque pour attaquer Moli√®re
On pourrait dire qu'il a joué dans Alceste non la vertu mais un véritable défaut, qui est la haine des hommes. A cela je réponds qu'il n'est pas vrai qu'il ait donné cette haine à son personnage : il ne faut pas que ce nom de Misanthrope en impose, comme si celui qui le porte étaitennemi du genre humain. Une pareille haine ne serait pas un défaut, mais une dépravation de la nature et le plus grand de tous les vices. Le vrai Misanthrope est un monstre. S'il pouvait exister, il ne ferait pas rire; il ferait horreur.
Dans la première partie de ce passage, Rousseau comprend la misanthropie d'Alceste comme tout le monde avec Molière; c'est un travers, et rien de plus. Mais ensuite il prend le mot dans un sens absolu; la misanthropie devient un vice, une monstruosité. L'équivoque est l'arme des sophistes. Platon, dans son Euthydème, dévoile cet artifice, et en indique le remède, qui est de définir et de préciser le sens des termes. (H. D.).

√Čristique (Eristik√® techn√® = l'art de la discussion, de dispute). - C'est l'art de discuter subtilement. Ce mot est pris surtout dans un sens p√©joratif pour qualifier les arguties des philosophes qui abusent des finesses de la dialectique. C'est notamment le surnom de l'√©cole de M√©gare qu'Eubulide rendit ergoteuse.

Erpétologie (zoologie), du grec herpeton, reptile, et logos, science. - On a donné ce nom à cette partie de la zoologie classique, qui s'occupe spécialement de la structure et des diverses espèces de Reptiles.

Erreur (Error = détour, de errare =aller çà et là, errer). - L'erreur est un faux jugement. Le contraire de l'erreur est la vérité et l'on a pu définir l'une et l'autre : ce qui est - ce qui n'est pas.

L'erreur doit être distinguée de l'ignorance, bien qu'elle soit une sorte d'ignorance : ignorer simplement, ce n'est pas se tromper ou tomber dans l'erreur; celui qui erre ignore et croit qu'il sait.

On a souvent class√© les erreurs; autant l'esprit humain a de voies diff√©rentes pour arriver √† la v√©rit√©, autant il y a de mani√®res diff√©rentes de tomber dans l'erreur : erreurs des sens, de l'entendement pur, de l'imagination, paralogismes, etc. 

Bacon appelle les erreurs des idoles, et distingue les erreurs ou idoles de la tribu (communes √† toute l'esp√®ce humaine), de la caverne (pr√©jug√©s particuliers), du forum (ambigu√Įt√© des mots, fausse √©loquence), du th√©√Ętre (esprit de syst√®me).

Descartes explique l'erreur par une disproportion entre la volonté (infinie, car la liberté n'a pas de limites en nous, dans le for intérieur) et l'intelligence (finie et bornée) : affirmer trop vite, précipiter son jugement, devancer la lumière intellectuelle de l'évidence quand elle se fait attendre, telle serait, selon Descartes, l'unique cause de nos erreurs.

Eschatologie (Eschatos = dernier; logos =  discours) : c'est la science des fins derni√®res de l'humain et de l'univers. S'emploie surtout en Th√©ologie, mais se rencontre aussi en philosophie.Renouvier et Prat.

Esclavage (de Esclave. Ce mot vient d'un nom de peuple, des Slaves ou Esclavons, qu'au Xe si√®cle Othon le Grand r√©duisit en captivit√© et vendit) : c'est la r√©duction de l'humain, personne morale inviolable, √† l'√©tat de chose. 

√Čsot√©rique (Es√īterikos = de l'int√©rieur, de es√ī, eis√ī = au dedans) : a) Dans les √©coles philosophiques de la Gr√®ce, c'est l'enseignement des questions plus difficiles r√©serv√© aux disciples proprement dits. S'oppose √† Exot√©rique : enseignement qui s'adressait √† ce qu'on nomme aujourd'hui le grand public. - b) On entend quelquefois par √©sot√©rique une doctrine secr√®te, qui ne doit pas √®tre divulgu√©e par les initi√©s, par exemple dans l'√©cole pythagoricienne. - c) Par extension, enseignement r√©serv√© √† une √©lite. Tel doit √©tre l'enseignement de la science selon Bacon (De Augmentis, L. VI, C. II).

Espace (Spatium, du dorien spadion = stade, champ de course, puis √©tendue, espace). - L'espace est le lieu universel des corps; c'est l'√©tendue de taille plus ou moins bien d√©finie dans laquelle se situe un objet mat√©riel quelconque. Espace et √©tendue sont parfois pris comme de quasi-synonymes; le lieu est un espace d√©termin√©. Ces d√©finitions sont donc plut√īt nominales que r√©elles. Si l'on voulait pr√©ciser des distinctions qui ne sont pas toujours bien marqu√©es chez les philosophes, on dirait que l'√©tendue se dit plut√īt aujourd'hui de l'espace concret, de la portion de l'espace occup√©e par tel ou tel corps; que l'espace d√©signe l'ensemble de toutes les √©tendues consid√©r√©es en faisant abstraction des objets √©tendus, l'√©tendue abstraite et ind√©finie; et que l'immensit√©, dans la langue des m√©taphysiciens, est l'attribut de Dieu en vertu duquel il est pr√©sent √† tout l'espace sans √™tre lui-m√™me √©tendu. - D'apr√®s Leibniz, c'est l'ordre des ph√©nom√®nes coexistants. - En astronomie, l'espace est la r√©gions au-del√† de l'atmosph√®re-terrestre. - Nom √©galement donn√© au secteur des activit√©s astronautiques. 

Espace-temps (dit de Minkowski). - Continuum quadridimentionnel (trois dimensions d'espace et une temps) dans lequel op√®rent  les √©quations de la m√©canique.  Cette notion est otion issue de la th√©orie de la relativit√© d'Einstein, pour laquelle espace et temps sont indissociables.

Espagnole (philosophie). - Au cours du Moyen √āge, l'Espagne a √©t√© un lieu de rencontre entre les cultures, avec des penseurs musulmans comme Avicenne et Averro√®s, connu pour ses commentaires sur Aristote, le philosophe juif Ma√Įmonide, avec son auteur du Guide des √©gar√©s. La pens√©e chr√©tienne s'affirme au XVIe si√®cle, avec l'√Čcole de Salamanque. Francisco de Vitoria, qui √©crit sur le droit naturel et la justice, et Domingo de Soto, pr√©curseur de l'√©conomie moderne, √©taient des figures de cette √©cole. Le si√®cle suivant (Si√®cle d'or espagnol ) a vu appara√ģtre notamment Francisco Su√°rez, important repr√©sentant de la scolastique espagnole. Au XVIIIe si√®cle, le mouvement des Lumi√®res est repr√©sent√© notamment par Benito Feij√≥o, rationaliste et critique envers les superstitions. Une n√©o-scolastique continue cependant d'avoir une pr√©sence significative. A la fin du  XIXe si√®cle, le pays est marqu√© par les effets de la perte des derni√®res colonies, d'o√Ļ √©merge la G√©n√©ration de 98, un groupe de penseurs qui ont r√©fl√©chi sur l'identit√© espagnole, la crise sociale et culturelle du moment. Parmi eux, Miguel de Unamuno (1864-1936) engage une r√©flexion existentielle et m√©taphysique. Apr√®s lui, Jos√© Ortega y Gasset (1883-1955) aborde des th√®mes de la ph√©nom√©nologie et r√©fl√©chit sur la th√©orie sociale. Plus tard, la ph√©nom√©nologie gagne encore en popularit√© avec Xavier Zubiri (1898-1983). Julian Mar√≠as (1914-2005), disciple d'Ortega y Gasset, se signale par sa m√©taphysique. Mar√≠a Zambrano (1904-1991) travaille sur la philosophie de l'histoire et la pens√©e mystique. Plus pr√®s de nous, le sociologue Manuel Castells (n√© en 1942) se sp√©cialise dans l'√©tude de la soci√©t√© de l'information et de la communication.

Esp√®ce (Species = aspect, forme, de specere = regarder).  - Dans la logique classique, l'esp√®ce est le premier degr√© de l'id√©e g√©n√©rale et se distingue du genre par le caract√®re sp√©cifique : l'id√©e d'homme est une esp√®ce par rapport √† l'id√©e d'animal et s'en distingue par la raison qui est ici le caract√®re sp√©cifique.

La scolastique appelait esp√®ce intelligible la connaissance intel-lectuelle, esp√®ce sensible la connaissance par les sens; elle employait aussi les expressions esp√®ces empresses, modification produite sur la facult√© de conna√ģtre par l'objet intelligible ou sensible, esp√®ces expresses, produites par l'intelligence et marquant sa part dans l'acte de la connaissance, acte que l'expression ou le mot traduit dans le langage. L'esp√®ce est un des cinq universaux.

Espèce vivante. - Ensemble d'organismes vivants présentant, à l'intérieur d'un genre, la capacité de se reproduire entre eux et d'engendrer des individus féconds.

Espoir. - Sentiment positif et  attitude mentale qui se caract√©risent par l'anticipation d'un r√©sultat favorable dans l'avenir, m√™me dans des situations incertaines ou difficiles. L'espoir est un √©tat mental qui concerne √† la fois la psychologie, l'√©thique et la philosophie de la vie. A ce titre il a int√©ress√© les philosophes. Spinoza a ainsi abord√© le th√®me de l'espoir dans le cadre de sa philosophie √©thique. Il a soutenu que l'espoir est une √©motion qui na√ģt de notre manque de connaissance et de compr√©hension de la r√©alit√©. Selon Spinoza, un espoir vrai et r√©aliste est bas√© sur une connaissance ad√©quate des causes et des effets, tandis qu'un espoir fond√© sur l'ignorance est trompeur. S√łren Kierkegaard, de son c√īt√©, a affirm√© que l'espoir est une dimension fondamentale de la foi religieuse. Pour Kierkegaard, l'espoir est l'attente de l'impossible, et il est li√© √† la croyance en des v√©rit√©s transcendantales. Pour Ernst Bloch, qui a d√©velopp√© une philosophie de l'esp√©rance, l'espoir a un caract√®re utopique. Il est un moteur de la transformation sociale, car il pousse les individus √† imaginer un avenir meilleur et √† oeuvrer pour le r√©aliser. Hannah Arendt a soutenu que l'espoir est essentiel pour la participation politique et le changement social. Selon elle, l'espoir est un sentiment qui nous pousse √† agir collectivement pour am√©liorer le monde.

Esprit (de Spiritum = souffle, de spirare = souffler). - L'√©tymologie du mot prouve assez qu'il n'a pas toujours eu les sens qu'on lui a donn√© au fil du temps. Il d√©signe proprement le principe de la pens√©e et souvent la pens√©e elle-m√™me, les facult√©s intellectuelles de l'humain. On l'emploie volontiers de pr√©f√©rence au mot √Ęme, parce qu'on suppose qu'il n'implique aucune id√©e de substance spirituelle (Spiritualisme).

Dans la scolastique, au contraire, il d√©signait ce qu'il y a de plus spirituel dans l'√Ęme m√™me et on appelait les anges de purs esprits. L'√Ęme, disait-on, est l'acte ou la forme ou l'ent√©l√©chie des corps, mais comme intelligence et esprit elle est incorporelle et pour ainsi dire s√©par√©e et sans mati√®re.

L'esprit, pour Descartes (mens), est la substance pensante, par opposition radicale au corps, qui est la substance étendue.

Esprit de finesse. - Expression de Pascal, qui la mettait, dans les Pens√©es, en  contraste avec l'esprit de g√©om√©trie. L'esprit de finesse se r√©f√®re √† une approche intuitive, subtile et nuanc√©e de la compr√©hension du monde. C'est une mani√®re de consid√©rer la complexit√© de la vie humaine, des relations sociales et des questions morales. Cela signifie √™tre capable de percevoir les contextes, √† reconna√ģtre les ambigu√Įt√©s et les d√©tails, et √† prendre en compte les facteurs √©motionnels, culturels et sociaux dans la prise de d√©cision.

Esprit de g√©om√©trie. - Selon Pascal, c'est une approche rationnelle, logique et analytique de la r√©solution des probl√®mes. L'esprit de g√©om√©trie est l'application de m√©thodes math√©matiques et de raisonnement rigoureux pour comprendre le monde, souvent en se basant sur des principes et des preuves d√©ductives. 

Pascal estime que l'esprit de géométrie est nécessaire dans les domaines de la science et des mathématiques, tandis que l'esprit de finesse est essentiel pour comprendre les affaires humaines, la moralité et la condition humaine.
Esprit de pesanteur. - Notion philosophique d√©velopp√©e Nietzsche dans Ainsi parlai t Zarathoustra. Elle fait partie int√©grante de sa critique de la morale traditionnelle et de sa proposition d'une nouvelle √©thique. Dans le contexte de Nietzsche, l'esprit de pesanteur d√©signe la tendance humaine √† √™tre attach√© √† des valeurs traditionnelles, √† la moralit√© conventionnelle et √† des id√©aux asc√©tiques qui mettent l'accent sur la souffrance, le d√©ni de soi et la renonciation √† la vie terrestre au profit d'une vie apr√®s la mort. C'est une approche pessimiste qui voit la vie comme un fardeau √† supporter plut√īt que comme une source de joie et de cr√©ation. De l√† l'id√©e du surhomme ou d'un surhumain (√oebermensch) que Nietzsche oppose √† l'esprit de pesanteur, et qui embrasse la vie terrestre, rejette la morale traditionnelle et cr√©e ses propres valeurs. Le surhomme est celui qui d√©fie les normes √©tablies et les pr√©jug√©s moraux, qui recherche la r√©alisation de soi et la cr√©ativit√©, et qui embrasse l'existence avec joie.

Esprit du peupleesprit populaire. -  Mentalit√© collective, croyances, valeurs, attitudes et  caract√©ristiques culturelles d'un groupe de personnes partageant des traits commun. Ce concept est parfois utilis√© pour d√©crire les id√©aux, les coutumes et la conscience collective d'une communaut√©. Il a √©t√© √©tudi√© notamment Hpar erder, qui a contribu√© √† la compr√©hension de la diversit√© culturelle et √† l'importance des particularit√©s culturelles de chaque peuple. Herder a affirm√© que chaque groupe de personnes poss√®de une identit√© culturelle unique qui fa√ßonne sa vision du monde. L'id√©e de l'esprit du peuple peut √™tre controvers√©e dans la mesure ou elle  peut √™tre utilis√©e pour promouvoir des st√©r√©otypes ou des g√©n√©ralisations excessives sur les groupes culturels ou nationaux. 

Esprits (hist. de la médecine). - Dans la vieille physiologie, de Gallien à Descartes, les esprits vitaux, naturels ou animaux étaient supposés expliquer les propriétés du vivant.

Esse (= être, être réel, en latin). - Terme utilisé pour décrire l'acte d'être ou d'existence d'une chose. Dans la philosophie scolastique, en particulier dans la philosophie de Thomas d'Aquin, esse est considéré comme l'acte pur d'être, c'est-à-dire l'acte par lequel une chose existe : c'est l'esse qui donne à chaque chose son existence individuelle et réelle. Il est le fondement de l'existence de toute chose créée.

Esse est percipi aut percipere ( = √™tre, c'est √™tre per√ßu ou percevoir). - Cette phrase r√©sume l'une des id√©es fondamentales de la philosophie de Berkeley, qui remet en question la nature de la r√©alit√© et de l'existence. Pour Berkeley, l'essence de la r√©alit√© repose sur la perception. Il soutenait que tout ce qui existe n'existe que parce qu'il est per√ßu par un esprit conscient. En d'autres termes, l'existence des objets et des ph√©nom√®nes d√©pend de leur perception par des esprits conscients. Si un objet cesse d'√™tre per√ßu, il cesse √©galement d'exister. Cette perspective est en opposition √† la vision mat√©rialiste de la r√©alit√©, qui suppose que les objets existent ind√©pendamment de toute perception. Berkeley a ni√© l'existence de la mati√®re en tant qu'entit√© ind√©pendante et a plut√īt affirm√© que tout ce qui est mat√©riel n'est qu'une collection de perceptions dans un Esprit supr√™me.

Essence  (Essentia, de esse =  √™tre). -  L'essence est ce par quoi une chose est ce qu'elle est et se distingue de toute autre l'essence est donc l'objet m√™me de la d√©finition et s'oppose aux accidents. L'essence diff√®re aussi de l'existence; autre chose est d'√™tre objet de d√©finition, intelligible, autre chose d'exister actuellement; l'essence est le possible, l'existence le r√©el. La pr√©tendue preuve de l'existence de Dieu, appel√©e ontologique, consiste pr√©cis√©ment √† passer de son essence √† son existence, passage que Kant juge impossible : en d'autres termes, nous avons l'id√©e d'un √™tre parfait, c ette id√©e est intelligible et n'enveloppe aucune contradiction en elle-m√™me; faut-il en conclure que l'√™tre parfait existe et que l'existence √©tant une perfection se trouve, dans ce cas unique, impliqu√©e et comme contenue dans l'essence?

Essentialisation. - Processus cognitif et conceptuel qui consiste √† r√©duire des individus, des groupes ou des choses complexes √† une essence ou √† des caract√©ristiques essentielles, souvent simplifi√©es et fig√©es. Cela implique de percevoir des entit√©s complexes comme √©tant d√©finies par des traits fondamentaux, immuables et universels, ce qui peut conduire √† des st√©r√©otypes, √† des g√©n√©ralisations infond√©es et √† une vision simplifi√©e excessivement du monde. Lorsque l'essentialisation est pr√©sente, elle alt√®re souvent la mani√®re dont nous percevons et interagissons avec les individus ou groupes, car nous sommes enclins √† r√©agir en fonction de ces caract√©ristiques per√ßues comme essentielles plut√īt que sur des r√©alit√©s concr√®tes.

Essentialisme. - Approche philosophique qui postule que chaque entit√© poss√®de une essence, une nature immuable qui d√©finit son √™tre v√©ritable et qui la distingue de toutes les autres entit√©s. L'origine de cette conception est grecque :  Platon soutenait que les choses du monde mat√©riel ne sont que des copies imparfaites d'essences id√©ales et √©ternelles. 

Essentiel (du latin scolastique Essentialis, de essentia) : ce qui appartient à l'essence et, par extension, ce qui, dans un être, est très important. S'oppose à accidentel. L'essence, l'essentiel répond à ce qu'Aristote nomme "ce qui fait qu'un être est ce qu'il est".

Esth√©tique (Aisth√®tikos = qui a la facult√© de sentir, de aisthanomai = sentir) : la science du beau. - Ce nom vient de Baumgarten, qui, en 1750, intitula un ouvrage sur la formation du go√Ľt Aesthetica. L'application de ce terme √† la science du beau n'est pas heureuse, car il ne met en relief que l'√©l√©ment sensible, qui n'est pas le seul √©l√©ment √† entrer dans la formation de l'id√©e du beau. Le mot esth√©tique, pris adjectivement, signifie ce qui est relatif au beau. - L'esth√©tique contemporaine est une branche de la philosophie qui s'int√©resse √† la nature de l'art, du go√Ľt, du jugement esth√©tique, de la beaut√©, de l'exp√©rience esth√©tique, des nouvelles formes artistiques et des implications politiques et sociales de l'art.

Esth√©tique transcendantale : Kant d√©finit l'esth√©tique comme l'√©tude de la facult√© de conna√ģtre par les sens; et l'esth√©tique transcendantale : l'√©tude des formes a priori de la sensibilit√©, c'est-√†-dire du temps et de l'espace. Mais, dans la Critique du jugement, il applique le terme esth√©tique, au jugement qui appr√©cie le beau.Analytique du jugement esth√©tique.

Esthétisme, Esthéticisme (de Esthétique). - a) Doctrine qui ramène le souverain Bien à la beauté (Platon, Herbart, Wieland, Ravaisson, Ruskin). - b) Mouvement artistique et philosophique qui accorde une importance prépondérante à la beauté et à l'esthétique dans l'art et dans la vie en général. Il a émergé au XIXe siècle en réaction aux conceptions traditionnelles de l'art, de la morale et de la société. Les esthètes, ou partisans de l'esthétisme, mettent en avant l'idée que l'art doit être apprécié pour sa beauté intrinsèque, indépendamment de toute considération morale, sociale ou utilitaire.

Estimative (du latin scolastique Aestimativa, de aestimare = apprécier) c'est, dans le système scolastique, une faculté sensible qui permet à l'animal de discerner l'utile et le nuisible; c'est une sorte de jugement instinctif. - Chez l'humain, cette faculté est appelée cogitative.

Etant. - Tout ce qui existe ou à tout ce qui est. Ce terme est souvent utilisé dans la philosophie de l'existence, la métaphysique et la phénoménologie pour désigner les entités ou les réalités qui sont.

√Čtat (de Statum, d'o√Ļ estat = √©tat, de stare, qui indique l'id√©e de station, de stabilit√©) : mani√®re d'√™tre plus ou moins stable, par opposition √† devenir et √† activit√©. - √Čtats de conscience, terme g√©n√©rique qui comprend sensation, sentiment, id√©e, volition. - Dans la philosophie d'Aristote, la cat√©gorie de  l'√©tat concerne les dispositions ou conditions permanentes d'un objet ou d'un sujet. La sous-cat√©gorie associ√©e √† la cat√©gorie de l'√©tat est souvent traduite par √™tre affect√© et se r√©f√®re √† l'√©tat d'√™tre dans un certain √©tat ou d'avoir une certaine disposition (caract√©ristiques comme la sant√©, la maladie, la connaissance, etc.). Par exemple, si nous disons "Socrate est en bonne sant√©", la cat√©gorie de l'√©tat concerne la sant√© de Socrate comme une disposition ou une condition stable.

√Čtat (politique). - Soci√©t√© politique, c'est-√†-dire organis√©e et pourvue d'un gouvernement. L'id√©e de l'√Čtat est donc moins large que l'id√©e de soci√©t√© ou d'association et plus large que l'id√©e de gouvernement : celuici n'est que l'ensemble des mandataires qui repr√©sentent l'√Čtat.

Ce que Rousseau appelait l'√©tat de nature n'est pas, comme on l'a souvent r√©p√©t√©, une p√©riode historique ant√©rieure √† toute soci√©t√© et √† tout √Čtat : c'est une conception purement th√©orique destin√©e √† mettre en relief les droits naturels de l'humain, droits qu'il conserve dans toute soci√©t√© et sous tout gouvernement, parce qu'ils sont de son essence, inh√©rents √† sa nature d'humain, ¬ę inali√©nables et imprescriptibles ¬Ľ.

Cependant, dans la th√©orie de Rousseau, l'individu semble les ali√©ner √† l'√Čtat : c'est une expression que Rousseau a eu le tort de ne pas √©viter, car dans sa th√©orie m√™me ces droits lui sont imm√©diatenient rendus fortifi√©s et garantis.

La th√©orie de l'√Čtat est une partie essentielle de la science politique et se trouve dans Platon, Aristote, Montesquieu, Rousseau, etc.

√Čtatisme (de √Čtat) : mot qui d√©signe les th√©ories qui tendent √† concentrer dans les mains de l'√Čtat toutes les fonctions sociales.

√Čtendue (substantif participe de √Čtendre, de ex-tendere = √©tendre) : a) qualit√© qu'ont les corps d'occuper une partie de l'espace ; b) partie de l'espace occup√©e par les corps. - L'√©tendue est, pour Descartes, l'essence des corps. Leurs caract√®res particuliers naissent de l'√©tendue par le mouvement; ils ne sont que de l'√©tendue modifi√©e par le mouvement et l'√©tendue est, pour ainsi dire, l'√©toffe dont ils sont faits.

Eternalisme. - Position qui consiste √† affirme que tous les moments temporels, pass√©s, pr√©sents et futurs, ont une existence √©gale et r√©elle. Le temps est consid√©r√© comme une dimension √† part enti√®re, avec tous les moments temporels existant simultan√©ment. Selon cette perspective, le pass√© et le futur sont aussi r√©els que le pr√©sent. L'√©ternalisme propose une vision du temps o√Ļ les diff√©rents moments temporels sont toujours pr√©sents dans une sorte de structure intemporelle. S'oppose au pr√©sent√©isme.

√Čternel retour. - Id√©e selon laquelle que tout ce qui se produit dans l'univers se r√©p√®te √©ternellement, sans fin, dans un cycle infini. Remise au go√Ľt du jour par Niezsche, l'id√©e de cycles √©ternels est d√©j√† pr√©sente dans la philosophie ancienne, mais aussi dans les religions orientales.

√Čternit√© (Aeternitas, de aeternus = aeviternus = √©ternel, de aevaum = dur√©e illimit√©e; cf. ai√īn = temps, ce qui existe de toute √©ternit√©) : ¬ę Possession parfaite, √† la fois pr√©sente et totale, d'une vie interminable ¬Ľ (Bo√®ce). - L'√©ternit√© est indivisible et n'admet ni
avant ni apr√®s, ni commencement ni fin : c'est, dit-on, un √©ternel pr√©sent. On conna√ģt le mot de Platon : ¬ę Le temps est l'image mobile de l'immobile √©ternit√©. ¬Ľ L'√©ternit√© implique donc immutabilit√©.

√Čth√©lisme (de Ethel√ī = je consens, je veux) : les philosophes allemands appellent ainsi tout syst√®me philosophique qui fait de la volont√© la facult√© essentielle de l'esprit. Telle est la philosophie de Schopenhauer. On dit aussi dans le m√™me sens th√©l√©matisme.

√Čthico-th√©ologie, nom donn√© par Kant au syst√®me philosophique qui pr√©tend  d√©montrer l'existence de Dieu uniquement par des preuves tir√©es de l'ordre moral, √† la diff√©rence de la physico-th√©ologie, qui la prouve au moyen de consid√©rations emprunt√©es au monde physique.

√Čthique (Ethik√® = qui se rapporte aux moeurs, sous-entendu techn√® = art, de ethos = caract√®re, mani√®re d'√™tre) : c'est la science des moeurs telles qu'elles doivent √™tre. - Pour distinguer l'√©thique de la morale, certains d√©finissent : - a) la morale comme la science de fait qui se propose d'√©tudier la conduite des humains; b) l'√©thique comme la science qui √©tudie les principes o√Ļ se fonde le devoir; ou encore la science qui a pour objet les jugements d'appr√©ciation appliqu√©s √† la distinction du bien et du mal. On peut aussi s'en tenir √† l'usage historique qui emploie √©thique et morale comme synonymes. - L'√©thique contemporaine s'exprime dans des doctrines et des disciplines telles que cons√©quentialisme, le d√©ontologisme, la bio√©thique, l'√©thique de la vertu, ou encore dans les implications philosophiques de probl√®mes contemporains tels que la justice sociale, le changement climatique et les nouvelles technologies.

Ethique de la vertu. - Une éthique qui se concentre sur le caractère moral de l'individu et vise à cultiver des vertus telles que la bienveillance, le courage, la justice et la sagesse.

Ethnographie (de Ethnos = peuple; graphè = description) : description des peuples au point de vue social.

Ethnologie (de Ethnos = peuple; logos = discours) : branche de l'anthropologie sociale qui étudie les phénomènes décrits par l'ethnographie.

√Čthographie (de ethos = caract√®re, mani√®re d'√™tre ; graph√® = description) : description des meurs, des usages et des caract√®res. Amp√®re emploie ce terme fans sa classification des sciences.

√Čthologie(deethos = caract√®re, mani√®re d'√™tre; logos = discours). - C'est, au d√©part, le nom que J. Stuart Mill a propos√© de donner √† la ¬ę science de la formation des caract√®res ¬Ľ, science causale et science d√©ductive, possible, selon lui, dans l'√©tat de nos connaissances en psychologie positive (Syst. de logique, livre VI, De la Logique des sciences morales.). Aujourd'hui, et depuis la d√©finition qu'en a donn√© Tinbergen (1951), le terme d√©signe exclusivement la displine qui s'occupe de l'√©tude des comportements animaux ou humains.

√Čtiologie (Aitiologia, de aitia = cause; logos = discours) : en principe, c'est la science des causes d'une cat√©gorie d'effets, notamment en pathologie, en histoire, etc. En pratique, c'est l'√©tude du d√©terminisme des faits, le travail d'assignation des ant√©c√©dents invariables sans se pr√©occuper des causes, au sens rigoureux du mot.

√Čtonnement (de √Čtonner, estonner, du latin populaire extonare = attonare, ad-tonare = attirer la foudre, frapper de stupeur). - Surprise caus√©e par quelque chose, attitude ou √©tat d'esprit qui incite un individu √† remettre en question, √† r√©fl√©chir profond√©ment et √† chercher √† comprendre le monde qui l'entoure.

√ätre (du latin populaire Essere, d'o√Ļ ess'rer, estre = √™tre) : a) Sens abstrait l'existence en g√©n√©ral. - b) Sens concret : ce qui existe r√©ellement. - C'est le premier des transcendantaux.

L'idée d'être est la plus générale de toutes les idées : elle est donc logiquement indéfinissable, car il n'y a pas de genre plus universel. L'être s'oppose au néant ou au non-être. Il s'oppose également au devenir.

Les métaphysiciens distinguent ce qui est en soi par opposition à e qui est en autre chose (l'attribut, le mode) ; ce qui est par soi (l'Être suprême, la substance de Spinoza, Dieu) par opposition à ce qui tient l'existence d'une autre cause (l'humain, la nature). Ils distinguent encore l'être en acte et l'être en puissance : celui-ci n'est que possible, le premier est réellement existant. La distinction entre l'être ou l'existence et l'essence consiste en ce que l'être est ce qui est, l'essence ce par quoi l'être est ce qu'il est, son idée, sa définition. Dans cet axiome scolastique : il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité, être est synonyme de cause. Par cette expression : un être de raison, on entendait, non pas comme aujourd'hui une abstraction réalisée ou une conception chimérique, mais l'être logique, c'est-à-dire l'idée de genre ou d'espèce. Enfin, le mot être se prenait comme synonyme du mot vrai (le vrai est ce qui est, le faux ce qui n'est pas) et ce sens nous donne la clef de l'expression identité de la pensée et de l'être.

Pouvons-nous conna√ģtre l'√™tre en soi? On pose en ces termes le probl√®me m√©taphysique, surtout depuis Kant, et cela signifie : Pouvons-nous conna√ģtre les noum√®nes? Atteignons-nous jamais ce qui est au del√† des apparences et des ph√©nom√®nes, au del√† de la surface et, pour ainsi dire, de l'√©corce des choses? Le mot √™tre, par cela seul qu'il est le mot universel par excellence, donne lieu √† une multitude de locutions philosophiques qu'il est impossible d'√©num√©rer, mais que l'on comprendra √† l'aide des pr√©c√©dentes : ainsi, l'√ätre des √™tres, c'est l'√ätre supr√™me, celui de qui les autres tiennent leur √™tre, par cr√©ation ou par √©manation, ou par immanence ou par participation. Ce dernier mot signifie, dans la langue de Platon, le rapport des choses sensibles aux id√©es; elles participent aux id√©es (en ont leur part sans que l'id√©e soit r√©ellement divis√©e ou partag√©e et lui empruntent ainsi l'apparence ph√©nom√©nale), mais elles ne sont pas des √™tres v√©ritables.

La science de l'√™tre s'appelle ontologie  : c'est une partie de la m√©taphysique.

Eucatalepsie. - Id√©e promue par l'Epicurisme et selon laquelle la mort n'est pas √† craindre parce qu'elle signifie l'absence de conscience et, par cons√©quent, l'absence de douleur ou de souffrance. Les √©picuriens croyaient que la mort √©tait simplement la cessation de la sensation et de la conscience. √Čpicure a exprim√© cette id√©e en disant que "la mort n'est rien pour nous" (en grec : ŠĹĀ őłő¨őĹőĪŌĄőŅŌā őŅŠĹźőīŠĹ≤őĹ ŌÄŌĀŠĹłŌā Šľ°őľŠĺ∂Ōā). Pour les √©picuriens le but de la vie √©tait d'atteindre l'ataraxie, un √©tat de tranquillit√© d'esprit et de satisfaction, en √©liminant la crainte de la mort et de la souffrance.

Eucrasie. - Etat de bien-être et d'harmonie dans la vie d'un individu ou dans la société en général. Ce concept est souvent associé à l'épicurisme qui promeut la recherche du bonheur, de la tranquillité d'esprit et de l'absence de douleur comme buts de la vie. L'idée d'eucrasie découle de cette philosophie et renvoie à un état dans lequel une personne atteint un équilibre de plaisirs modérés, évite les excès et les désirs inutiles, et parvient à un état de bien-être durable. Cela implique de minimiser les souffrances et les troubles tout en maximisant les plaisirs simples et naturels.

Euclidien : l'espace euclidien est l'espace √† trois dimensions, par opposition aux hyperespaces imagin√©s par des g√©om√®tres modernes. - La g√©om√©trie euclidienne suppose pr√©cis√©ment l'espace ordinaire √† trois dimensions. 

Eud√©monisme (Eudamonismos = action de regarder comme heureux, bonheur, de eudaim√īn = heureux = eu = bien, daimon = dieu, g√©nie) : doctrine, qui met le principe de la morale dans la recherche du bonheur. 

Intellectualisme et monisme dans l'ordre théorique, et aussi, par là même, peut-être eudémonisme dans l'ordre pratique; en somme, retour à l'esprit d'antiquité, tels sont les traits dominants de la métaphysique de Leibniz ( Revue critique, 23 sept. 1876, p. 202). (Littré).
Eud√©monologie (Eudaimonia = bonheur; de eudaim√īn, eudaimonos = heureux; logos = discours) : science de la morale reposant sur l'id√©e de bonheur.

Eurythmie (Eurythmia = harmonie, de eu = bien; rythmos = mouvement régulier) : c'est la combinaison harmonieuse des lignes, des mouvements, qualité artistique qu'on admire surtout chez les Grecs (par exemple, dans le Parthénon).

Eutrap√©lie (Eutrapelia = enjouement, de eutrap√®s, eutrep√®s = qu'on peut tourner, disponible; de eu = bien; trep√ī = tourner) : vertu qui a pour objet, d'apr√®s Aristote et les Scolastiques, l'usage raisonnable des divertissements. 

Evh√©m√©risme (eumeros =, qui marque un jour heureux, de eu = bien; h√©mera = jour) : l'√Čvh√©m√©risme est l'opinion du mythographe grec √Čvh√©m√®re de Cyr√®ne (vers 300 av. J.-C.). Il pr√©tend que les dieux sont des h√©ros, ayant r√©ellement exist√©, qui auraient √©t√© divinis√©s apr√®s leur mort.

√Čvidence (Evidentia, de evidens, de e-videre = voir) : mot qui s'emploie dans un sens corr√©latif du mot certitude. L'√©vidence est le criterium de la certitude.

La certitude est l'assentiment de l'esprit en présence de l'évidence, et l'évidence est cette clarté des objets, des faits, des principes, qui produit la certitude. L

L'√©vidence est, comme la certitude, imm√©diate ou m√©diate, c.-√†-d. qu'elle est saisie, soit directement par nos facult√©s de conna√ģtre, soit par l'interm√©diaire du raisonnement : en d'autres termes, il y a l'√©vidence de fait, et l'√©vidence de raison

C'est Descartes qui a fait de l'√©vidence le criterium de la v√©rit√© le m√©rite est incontestablement tr√®s grand, puisque Descartes ruinait ainsi le principe d'autorit√©; mais on a beau dire qu'il s'agit ici de l'√©vidence rationnelle, non de l'√©vidence changeante et trompeuse des sens, que l'√©vidence est √† elle-m√™me son propre signe, la critique d'Helv√©tius conserve aussi sa v√©rit√© et Descartes ¬ę a oubli√© de mettre une enseigne √† l'auberge de l'√©vidence, de sorte que chacun se croit en droit d'y loger son opinion ¬Ľ.

Il semble bien qu'il y ait une √©vidence d√©cevante et purement subjective Kant corrige sur ce point Descartes et d√©passe singuli√®rement le simple amendement, puisque, selon lui, toute √©vidence rationnelle est, par nature, trompeuse et n√©cessairement subjective. 

Evolution (Evolutio, de evolutum, supin de e-volvere = rouler, dérouler) : ce terme vague signifie en général développement par transformation.

√Čvolutionnisme (d'√Čvolution). - Syst√®me sur l'origine des esp√®ces et la descendance de l'humain : ses deux grandes lois, formul√©es par Darwin, sont la lutte pour la vie ou concurrence vitale et la s√©lection naturelle ou la survivance des mieux dou√©s. Parmi les partisans de cette th√©orie, les uns ont admis avec Darwin une transformation lente et graduelle des formes ou types des √™tres sous l'influence des circonstances ext√©rieures (Transformisme); les autres, une m√©tamorphose par laquelle les animaux inf√©rieurs auraient successivement √©volu√© de mani√®re √† se transformer en animaux sup√©rieurs, √©volution qui serait repr√©sent√©e dans l'embryologie animale o√Ļ le mammif√®re, par exemple, reproduit d'une mani√®re plus ou moins abr√©g√©e les divers types de l'√©chelle au sommet de laquelle il est plac√©.

Herbert Spencer a généralisé et, peut-être même, devancé cette explication; il l'a étendue à l'objet entier de la science humaine. Il définit l'évolution comme suit :

L'√©volution est ¬ę une int√©gration de mati√®re accompagn√©e d'une dissipation de mouvement pendant laquelle la mati√®re passe d'une homog√©n√©it√© ind√©finie, incoh√©rente, √† une h√©t√©rog√©n√©it√© d√©finie, coh√©rente, et pendant laquelle aussi le mouvement retenu subit une transformation analogue. ¬Ľ
Cette définition demanderait de bien longs commentaires qu'il suffise de dire que Spencer explique ainsi toutes choses depuis la nébuleuse primitive jusqu'à l'humain, jusqu'à la science la plus parfaite et le dernier terme du progrès individuel et social.

Dans la philosophie de Hegel, le mot √©volution d√©signe le progr√®s de la pens√©e repr√©sentant le progr√®s de la nature et de l'histoire et plut√īt identifi√©e avec la nature ou l'histoire et passant ind√©finiment par trois moments successifs : th√®se, antith√®se et synth√®se.

Dans un sens beaucoup plus restreint, l'expression √©volution organique d√©signe la th√©orie de la pr√©existence ou de l'embo√ģtement des germes oppos√©e √† la th√©orie de l'√©pig√©n√®se.

Exact (Exactus = accompli, parfait, exact, adjectif dérivé de exactum, supin de exigere = ex-agere = pousser dehors, réclamer, exiger) : ce qui est rigoureusement conforme à la vérité.

Exceptif (de Exceptum, supin de excipere = ex-capere = tirer de, retirer) : la proposition exceptive est une proposition compos√©, qui affirme un attribut d'un sujet g√©n√©ral, en exceptant de cette affrrmation une ou plusieurs esp√®ces, un ou plusieurs individus. 

Exclu (Exclusus = non admis, participe pass√© de excludere = ex-claudere,ex-clusum = ne pas laisser entrer) : la proposition exclusive est une proposition compos√©e, qui affirme qu'un attribut ne convient qu'√† tel sujet ou √† telle classe de sujets. 

Ex concesso (de Concessum, supin de concedere, cum-cedere = se retirer, c√©der) :  argument qui repose sur une proposition conc√©d√©e par l'adversaire.

Exemplaire, Exemplarisme (de Exemplar = mod√®le). - On appelle quelquefois cause exemplaire l'id√©al que l'artisan ou l'artiste con√ßoivent dans leur esprit avant de le r√©aliser dans leur oeuvre. -  Th√©orie platonicienne selon laquelle Dieu formerait le monde avec une mati√®re pr√©existante, d'apr√®s les id√©es ou types des choses qui lui sont √©ternellement pr√©sents.  L'exemplaire ou le paradigme existerait, selon Platon, dans un monde sup√©rieur, le monde des id√©es; et l'activit√© de notre esprit, quand nous le pensons ou l'imaginons, consisterait dans un ressouvenir, une r√©miniscence d'une existence ant√©rieure. 

Exemple (Exemplum, de ex-imere, exemplum = tirer de, mettre hors de) ou Paradigme : argument du genre inductif, et qui, procédant par analogie, exprime, entre le fait que l'on veut prouver et ceux auxquels on le compare, des rapports de similitude, d'opposition ou de supériorité. De là, des exemples a pari, a contrario, a fortiori. Quoique Aristote, dans les Premiers analytiques, traite de l'exemple à la suite du syllogisme, il est vrai de dire que, ne contenant aucun principe général, l'exemple ne peut être comparé au syllogisme que pour la disposition extérieure des termes. Aussi, Aristote lui-même le considère-t-il comme se rapprochant davantage de l'induction, et l'appelle-t-il dans sa Rhétorique (ch. II) une Induction oratoire.

Les orateurs font un grand usage des exemples. Un raisonnement ne saisit pas toujours immédiatement les auditeurs; il leur demande souvent un effort de réflexion, et peut leur inspirer de la défiance. L'exemple, moins suspect, parce qu'on ne le suppose pas inventé pour le besoin de la cause, entre aussi plus aisément dans les esprits. (B-E.).

Exemplarisme. - Théorie selon laquelle les actions moralement bonnes sont celles qui sont en conformité avec un modèle exemplaire.

Existence (Existentia, de existere = ex-sistere = sortir de, para√ģtre, se montrer). -  Ce terme sert √† qualifier "ce qui est l√†", ce qui poss√®de une r√©alit√©  - qu'elle soit elle-m√™me concr√®te ("cet √©cran"), viruelle ("cette page"), ou abstraite ("cette d√©finition") ind√©pendamment de "ce que c'est", et qui correspond √† son essence. On dit que l'existence c'est l'actualit√© de l'essence. L'existence est ainsi ant√©rieure ontologiquement √† la d√©finition des qualit√©s.

Existence (philosophies de l'). - Doctrines qui se concentrent sur la question de l'existence humaine, et qui ont émergé au cours du XIXe et du XXe siècle. On rage dans cette rubrique : La doctrine de la mort de Dieu; le nihilisme, la phénoménologie, l'existentialisme, la phénoménologie existentialiste, l'absurdisme.
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Existentialisme. - Doctrine qui se concentre sur l'exp√©rience individuelle, l'existence personnelle, la libert√©, la responsabilit√©, l'angoisse et le sens de la vie.  Les existentialistes (K. Jaspers, G. Marcel, M. Heidegger, S. de Beauvoir, J.-P. Sartre, A. Camus, etc.) soutiennent que l'existence humaine pr√©c√®de son essence. L'individu ne poss√®de pas une essence pr√©√©tablie ou une nature fixe, mais il construit son identit√© et son sens de la vie √† travers ses choix et ses actions. Il est libre et responsable de donner un sens √† sa propre existence, malgr√© l'absurdit√© et l'incertitude de l'existence humaine. Mais, face √† la libert√© de choisir, √† l'incertitude et √† la finitude de la vie, l'individu peut √©prouver une anxi√©t√© existentielle profonde, et les existentialistes reconnaissent l'angoisse inh√©rente √† l'existence humaine. Ils encouragent toutefois l'acceptation de sa propre responsabilit√© et l'engagement envers ses choix. Les structures sociales, les conventions et les valeurs dominantes ne peuvent qu'entraver l'authenticit√© et la libert√© individuelle. Ce constat conduit l'existentialisme √† s'interroger sur l'interaction avec autrui qui peut influencer notre perception de nous-m√™mes et notre compr√©hension de l'existence.

Existentialité : qualité de ce qui existe, dans le langage kantien.

Existentiel : Dans la logique classique, les jugements existentiels sont ceux qui affirment ou nient l'existence d'une classe : ex. ; Quelque homme est savant. Quelque homme n'est pas blond. Dans la logique moderne, on note  le quantificateur existentiel (voir plus haut).

Ex nihilo nihil fit (= Rien ne vient de rien, en latin). - Principe philosophique qui a √©t√© exprim√© par plusieurs penseurs de l'Antiquit√©, notamment Parm√©nide et  Lucr√®ce. Ce principe sugg√®re que, dans le contexte de la cr√©ation ou de l'origine des choses, il est impossible que quelque chose soit cr√©√© √† partir de rien, c'est-√†-dire sans cause ou sans pr√©existence. Il implique que toute chose qui existe ou qui est produite doit avoir une cause ou une source pr√©alable. En philosophie, cette notion a √©t√© discut√©e dans le cadre de la m√©taphysique et de la philosophie de la cr√©ation. Elle a √©galement des implications dans la philosophie de la connaissance, notamment en relation avec les questions de la causalit√© et de la nature de la r√©alit√©.

Exobiologie. - Branche de la biologie qui étudie les possibilité d'appartion d'organismes vivants hors de la Terre.

Exot√©rique (Ex√īterikos = ext√©rieur, de ex√ī = en dehors) : se dit de l'enseignement que les philosophes anciens donnaient au public, par opposition √† l'enseignement √©sot√©rique.

Expectation (Exspectatio, de exspectatum, supin de ex-spectare = attendre, espérer, de specere = regarder) : faculté qui, d'après Stuart Mill, consiste à pouvoir se représenter des sensations après en avoir eu de réelles. Elle se manifeste surtout dans le cas des associations répétées.

Exp√©rience (Experientia, d'experior = tenter, mettre √† l'√©preuve, de ex et perior = essayer) : a) Sens abstrait : 1¬į) Ensemble des progr√®s de l'esprit r√©sultant de l'exercice de ses facult√©s, par exemple on dira : l'exp√©rience de la vie. - 2¬į) Exercice des facult√©s intellectuelles (conscience et sens) en tant qu'elles nous font acqu√©rir .des connaissances : exp√©rience interne, exp√©rience externe. - b) Sens concret observation provoqu√©e : faire une exp√©rience physique, intellectuelle, morale, etc.

Expérience crucialeCruciale (expérience).

Exp√©rience de pens√©e. - Concept utilis√© en philosophie et en science pour √©tudier des id√©es et des hypoth√®sesen utilisant l'imagination, plut√īt que de se baser uniquement sur des preuves empiriques ou des faits concrets. Les exp√©riences de pens√©e peuvent aussi relever d'autres cat√©gories (m√©taphore,  parabole, all√©gorie, etc.). Elles sont souvent utilis√©es pour tester les limites de la r√©flexion ou remettre en question les croyances et les concepts √©tablis.  Elles ont √©t√© utilis√©es par de nombreux philosophes pour mettre en √©vidence des paradoxes (par ex., l'argument du menteur) et affiner les th√©ories philosophiques. En √©thique, elles sont fr√©quemment utilis√©es pour analyser certains dilemmes moraux. Par exemple, le dilemme du tramway met en sc√®ne une situation o√Ļ une personne doit choisir entre laisser un tramway tuer cinq personnes ou agir d√©lib√©r√©ment pour en tuer une seule pour sauver les autres. La philosophie de l'esprit y recourt pour examiner les relations entre le mental et le physique. Par exemple, l'exp√©rience de pens√©e de la chauve-souris aveugle de Thomas Nagel invite les lecteurs √† imaginer ce que c'est que d'√™tre une chauve-souris et √† remettre en question la possibilit√© de conna√ģtre pleinement l'exp√©rience subjective d'une autre cr√©ature. 

Autres exemples d'expériences de pensée :

Le mythe de la caverne de Platon; L'√āne de Buridan; le malin g√©nie de Descartes; le probl√®me de Molyneux; la statue de Condillac; l'identit√© personnelle et le t√©l√©porteur de Derek Parfit; le faiseur d'univers de J.L. Borges; la chambre de Mary de Frank Jackson, le cerveau dans une cuve d'Hilary Putnam; la machine de pens√©e d'AlanTuring, etc.


Expériencialisme. - Idée selon laquelle l'expérience est au coeur de la connaissance et de la compréhension : l'expérience personnelle, sensorielle ou intellectuelle, est la source primaire de notre compréhension du monde. L'expériencialisme peut être lié à l'empirisme, qui soutient que la connaissance provient de l'observation et de l'expérience sensorielle. On trouve cette conception chez Locke, Berkeley et Hume, par exemple.

Exp√©rentialisme. -  Id√©e selon laquelle l'apprentissage et la compr√©hension se font par l'exp√©rience directe et pratique :  l'exp√©rience active et la pratique sont essentielles pour acqu√©rir des comp√©tences et des connaissances. L'exp√©rentialisme est souvent associ√© √† certaines approches p√©dagogiques tourn√©es vers l'apprentissage par la pratique, l'exp√©rimentation et l'interaction avec le monde r√©el.

Exp√©rimental (de Experimentum = exp√©rience, d'experiri = essayer) : ce qui emploie l'exp√©rience, aux sens a) 2¬į et b). 

Exp√©rimentation (de Exp√©rimenter, de experimentare = √©prouver, de experiri, essayer) : m√©thode qui consiste √† faire un ensemble d'exp√©riences. L'exp√©rimentation n'est pas la simple observation : elle provoque l'apparition des faits, elle les fait na√ģtre dans des circonstances sp√©ciales et pr√©par√©es, elle sollicite et tente la nature; c'est, disait Bacon, une sorte de chasse, ¬ę la chasse de Pan ¬Ľ. L'exp√©rimentateur fait des exp√©riences pour voir et pour se demontrer √† lui-m√™me ou d√©montrer aux autres la v√©rit√© d'une id√©e ou d'une th√©orie qui lui sugg√®re ces exp√©riences.

Expiation. - On appelle th√©orie platonicienne de l'expiation l'opinion de Platon que le premier mal est de commettre l'injustice et que ce mal est aggrav√© par l'impunit√©. La punition accept√©e, r√©clam√©e par le coupable le r√©concilie avec la loi et avec lui-m√™me c'est donc un bien et un bienfait, comme pour le malade l'emploi chirurgical du fer et du feu qui lui rendent la sant√©. Il en r√©sulte que les artifices de l'√©loquence, quand ils soustraient un vrai coupable au ch√Ętiment qu'il m√©rite, doivent √™tre s√©v√®rement condamn√©s, dans l'int√©r√™t m√™me du coupable.

Explicatif (du latin scolastique explicativus, de explication, supin de explicare, déplier, déployer) : jugement analytique ou explicatif. - Wundt appelle sciences explicatives celles qui s'efforcent de rendre raison des choses, par opposition aux sciences normatives qui tracent des règles à suivre. - En logique, dans un terme complexe, l'addition à un terme simple est explicative, quand elle ne fait que développer la compréhension du terme simple sans y rien ajouter. S'oppose à Déterminatif.

Explication(Explicatio, de explicatum, supin de ex-plicare = d√©plier) : donner l'explication d'une chose, c'est la rendre intelligible, en rendre raison, c'est-√†dire en indiquer la cause, la fin, la nature, la loi. - Enseigner c'est expliquer, pourrait-on dire, puisque c'est essentiellement faire comprendre. M√™me dans les cas o√Ļ enseigner c'est seulement faire apprendre, il r√©sulte de la th√©orie de la m√©moire que bien expliquer est encore le meilleur moyen de faire retenir. L'explication, au sens large, c'est donc l'enseignement m√™me c'est le mode le plus g√©n√©ral de l'enseignement. Mais elle prend des formes diverses pour les diverses cat√©gories de connaissances : en traiter en d√©tail ce serait exposer toutes les m√©thodes didactiques, depuis la le√ßon de choses, qui explique √† sa mani√®re, en montrant, jusqu'√† la d√©monstration math√©matique. 

Tout ce qu'on peut dire ici, c'est qu'expliquer, dans tous les cas, c'est rattacher un fait √† d'autres faits,  une notion √† d'autres notions, de fa√ßon √† en montrer soit le rapport naturel, soit l'encha√ģnement logique. On se sert de ce qui √©tait su d√©j√† pour √©clairer ce qui ne l'√©tait pas encore. Car, bien qu'on puisse, d'un point de vue m√©taphysique, aller d'explications en explications jusqu'√† l'infini, en remontant l'encha√ģnement des causes et des effets, sans se satisfaire, l'univers entier n'√©tant qu'une grande √©nigme, et un myst√®re profond enveloppant tout l'√™tre d√®s qu'on s'interroge sur son origine, sa raison et sa fin, il n'en est pas moins vrai qu'en fait et pratiquement, une chose nous est expliqu√©e quand on nous en montre le lien avec d'autres  qui nous sont famili√®res, une proposition nous est expliqu√©e quand on nous en fait voir le rapport n√©cessaire avec d'autres que nous tenons pour prouv√©es ou pour √©videntes

Explicative (proposition) :, proposition qui explique une proposition pr√©c√©dente √† l'aide d'une conjonction telle que car, parce que, puisque, ou d'un participe, ou d'un relatif. Dans ces deux derniers cas, elle est presque toujours incidente, comme dans cette phrase. "Les savants, √©tant ou qui sont plus instruits que le commun des hommes, devraient aussi les surpasser en sagesse".  Une proposition incidente explicative peut se retrancher sans nuire √† l'int√©grit√© du sens de la phrase; ainsi : "Les savants devraient surpasser en sagesse le commun des hommes",  est une phrase tr√®s nette et tr√®s compl√®te. Qui sont plus instruits, forme un d√©veloppement du mot savants; c'est une r√©flexion qui rend la pens√©e plus explicite, sans √™tre indispensable pour sa clart√© : elle joue √† peu pr√®s le r√īle de parenth√®se, et se met toujours entre deux virgules. (P.).

Explicitement. - D'une manière formelle et expresse et non pas seulement en principe ou d'une manière générale et enveloppée. Ce mot a pour corrélatif implicitement : sous-entendu, tacitement. On dira, par exemple, que les premisses du syllogisme contiennent implicitement la conclusion.

Exponible (du latin scolastique Exponibilis, qu'on peut exposer, dérivé de ex-ponere = mettre dehors, en vue, exposer) : les propositions exponibles sont des propositions, simples en apparence, dont la composition est mise en lumière en exposant, par une analyse logique, tout ce qu'elles renferment. Pour que ces propositions composées soient vraies, il faut que chacune des propositions, dans lesquelles on les décompose, le soient. Port-Royal (Logique, Part. II, Ch. X) range, parmi les exponibles, les exclusives, les exceptives, les comparatives, les inceptives, les désitives.

Exposition (Expositio, de expositum, supin de ex-ponere = mettre en dehors, en vue, exposer) : opération logique qui consiste à faire comprendre un concept en l'appliquant à des cas particuliers.

Expression. - L'expression des émotions, abstraction faite du langage articulé, consiste dans les jeux de physionomie, les gestes et les attitudes qui les manifestent au dehors. Les phénomènes expressifs font partie intégrante des émotions, car ils sont perçus en même temps qu'elles, plus ou moins confusément, par le sujet qui les éprouve. - En mathématiques, on appelle expression algébrique, ensemble de lettres et de nombres liés les uns aux autres par des signes d'opérations algébriques. (S'emploie dans le sens de formule algébrique : 4R² est l'expression de la surface d'une sphère). Réduire une fraction à sa plus simple expression, trouver une fraction égale n la fraction donnée et ayant ses termes le plus simple possible.

Extase. - Etat émotionnel intense caractérisé par un plaisir ou une joie extrême. Dans ce sens, l'extase peut être associée à des moments de bonheur intense, de ravissement ou de félicité.

Extensif (du radical de Extension). - On appelle grandeur extensive une grandeur qu'on petit repr√©senter par l'√©tendue, tandis qu'une grandeur intensive n'est pas repr√©sentable par l'√©tendue. - Chez Kant, grandeur extensive signifie √©tendue ou dur√©e. - S'oppose √† Intensif. 

Extension, extensivit√© (Extensio, de extensum, supin de ex-tendere = allonger, d√©ployer) : a) Qualit√© de ce qui est √©tendu. M√™me sens que le mot √©tendue. - b) Action d'appliquer un terme, un √©nonc√© ou une op√©ration de l'esprit √† des objets auxquels ils n'√©taient pas appliqu√©s pr√©c√©demment; par ex., extension du sens d'un mot ; le mot chien (ky√īn) a √©t√© √©tendu aux philosophes de l'Ecole d'Antisth√®ne appel√©s cyniques - c) S'oppose √† compr√©hension ou a intension.

Extensionnalité (principe d'). - Le principe d'extensionnalité stipule que deux expressions ou termes qui ont la même extension (c'est-à-dire qu'ils désignent la même collection d'objets ou d'individus) peuvent être considérées comme équivalents en termes de vérité ou de sens logique. Autrement dit, si deux expressions ont la même extension, elles peuvent être substituées l'une à l'autre dans une proposition sans que la vérité de cette proposition ne change. Le principe d'extensionnalité sous-tend de nombreuses opérations de la logique formelle, telles que la substitution de variables, la simplification et la résolution de problèmes logiques. Il est également lié à la notion de dénotation, qui concerne la manière dont les mots et les expressions se réfèrent aux objets du monde réel.

Ext√©rieur, externe. - Ces deux termes sont couramment utilis√©s pour d√©crire des objets, des entit√©s ou des ph√©nom√®nes qui se trouvent √† l'ext√©rieur  d'un certain cadre de r√©f√©rence. Cependant, ils sont souvent utilis√©s dans diff√©rents contextes et ont des nuances l√©g√®rement diff√©rentes. Ext√©rieur  est principalement utilis√© pour d√©crire ce qui est situ√© √† l'ext√©rieur d'un espace clos, d'une enceinte ou d'une limite sp√©cifique. Il peut √©galement √™tre utilis√© de mani√®re plus abstraite pour indiquer ce qui est en dehors d'un domaine particulier. (Par exemple, l'ext√©rieur de la science se r√©f√®re √† des domaines de connaissance qui ne sont pas inclus dans le cadre de la science). Externe est souvent utilis√© pour d√©crire ce qui est en dehors d'un organisme, d'un syst√®me ou d'une entit√©. Par exemple, facteurs externes signifie des facteurs ou des influences ext√©rieurs √† un organisme ou √† un syst√®me donn√©. Il est √©galement utilis√© pour indiquer quelque chose qui est visible ou manifeste √† l'ext√©rieur, comme les sympt√īmes externes d'une maladie.

Ext√©riorisation (de Exterior). - Processus de rendre quelque chose ext√©rieur, visible ou manifeste. -  En psychologie, l'ext√©riorisation se r√©f√®re au processus par lequel des √©motions, des pens√©es, des sentiments ou des exp√©riences internes sont exprim√©s ou manifest√©s de mani√®re observable √† l'ext√©rieur. - En sociologie, l'ext√©riorisation peut signifier le processus par lequel les normes sociales, les valeurs et les croyances d'un groupe ou d'une soci√©t√© sont manifest√©es √† travers des comportements observables et des pratiques sociales. - Dans la philosophie ph√©nom√©nologique, l'ext√©riorisation est li√©e √† la fa√ßon dont les objets du monde ext√©rieur se pr√©sentent √† la conscience. Elle concerne la mani√®re dont les objets sont per√ßus et saisis par l'individu.

Extériorisme. - Terme employé surtout par les philosophes catholiques comme équivalent du mot empirisme, et désignant la doctrine de ceux qui enseignent qu'aucune de nos idées ne vient de nous, mais qu'elles sont toutes inspirées à notre esprit entièrement passif par l'action des choses extérieures.

Ext√©riorit√© (Exterior). - On appelle monde ext√©rieur tout ce qui n'est pas notre pens√©e consid√©r√©e comme distincte de son objet. Aussi les Id√©alistes, qui nient le monde ext√©rieur, pr√©tendent qu'il n'a d'existence que dans notre pens√©e; que son √™tre consiste √† titre per√ßu. Par l'expression ext√©rioriser les sensations, on d√©signe ce fait, que nous les projetons hors de nous ou plut√īt que nous leur assignons des causes √©trang√®res √† notre esprit, et qu'ainsi nous les localisons, soit dans notre propre corps, soit surtout (car c'est l√† sp√©cialement le jugement d'ext√©riorit√©) dans l'espace; les sensations du rouge ou du bleu sont en nous et pourtant nous d√©clarons que les objets color√©s en rouge ou en bleu sont hors de nous et nous ne disons pas que notre sensation est rouge ou bleue. - On nomme jugement d'ext√©riorit√© le jugement spontan√© par lequel nous rapportons certaines sensations au dehors. - S'oppose √† Int√©riorit√©.

Externalisme. - Théorie philosophique selon laquelle certaines propriétés mentales ou cognitives sont influencées ou déterminées par des facteurs externes. L'environnement, la culture et les interactions sociales peuvent avoir un impact sur la manière dont nous pensons, ressentons et percevons le monde.

‚ÄĘ L'externalisme √©pist√©mique stipule que la justification d'une croyance peut d√©pendre de facteurs externes √† la perspective mentale de l'individu, tels que des processus causaux ou des relations avec le monde r√©el. Ainsi, un externaliste pourrait soutenir que la justification d'une croyance n'a pas n√©cessairement besoin d'√™tre accessible √† l'individu croyant.

‚ÄĘ L'externalisme √©thique affirme que les normes morales ne sont pas n√©cessairement li√©es aux √©tats mentaux de l'individu, mais plut√īt √† des crit√®res objectifs ou √† des cons√©quences observables. Par exemple, un externaliste √©thique pourrait soutenir que la moralit√© d'un acte est d√©termin√©e par ses cons√©quences objectives, ind√©pendamment des motivations ou des intentions de l'agent.

Extr√™me. - Dans un syllogisme, le grand et le petit terme (celui qui a le plus et celui qui a le moins d'extension) sont appel√©s les extr√™mes par rapport au terme moyen qui sert d'interm√©diaire et qui ne se trouve jamais dans la conclusion, o√Ļ, au contraire, les extr√™mes sont r√©unis.

Extr√©misme. - Terme qui sert √† d√©finir des id√©ologies politiques, religieuses, sociales ou philosophiques caract√©ris√©es par des positions radicales, souvent intol√©rantes et fondamentalement oppos√©es aux valeurs, aux normes et aux principes du syst√®me √©tabli. Les id√©ologies extr√©mistes proposent souvent des r√©cits simples et clairs pour expliquer des ph√©nom√®nes complexes, ce qui facilite la mobilisation de partisans. Elles ont une tendance au manich√©isme : les extr√©mistes tendent √† voir le monde de mani√®re binaire, avec des cat√©gories claires de ¬ę bien ¬Ľ et de ¬ę mal ¬Ľ. Ils identifient souvent un ennemi ou un bouc √©missaire contre lequel ils dirigent leur col√®re et leurs actions.

Extrinsécisme (tiré de Extrinsecus, de extra = en dehors; secus = loin de, autrement). - Mot inventé par les partisans de la philosophie de l'immanence pour qualifier la doctrine de leurs adversaires, qui soutiennent que la vérité nous vient non seulement du dedans, mais aussi du dehors (par l'expérience, notamment).

Extrins√®que (Extrinsecus, de extra = en dehors; secus = loin de, autrement). - Ce qui, n'entrant pas dans la nature d'un √™tre ou la d√©finition d'un concept, leur est comme ext√©rieur. - Les Scolastiques appellent d√©nomination extrins√®que une mani√®re d'√™tre, une qualit√©, qui n'est pas tir√©e de la substance d'un √™tre, mais provient de ses accidents relatifs, c'est-√†-dire des relations qu'il a avec d'autres √™tres. - Leibniz (Nouveaux essais sur l'entendement humain, L. II, Ch. XXV, ¬ß 5) pr√©tend ¬ę qu'il n'y a point de d√©nomination enti√®rement ext√©rieure (denominatio pure extrinseca) √† cause de la connexion r√©elle de toutes choses ¬Ľ. - Les Scolastiques appellent extrins√®ques, ab extrinseco, les causes efficiente et finale; intrins√®ques, ab intrinseco, les causes mat√©rielle et formelle. Cette d√©nomination ressort de la nature m√™me des causes.

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