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Dictionnaire des idées et méthodes
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Habitualit√©. - Mani√®re dont les habitudes, les routines et les pratiques influent sur divers aspects de la vie humaine, de la perception √† la moralit√©. Le concept d'habitualit√© a √©t√© particuli√®rement √©tudi√© dans le cadre de la ph√©nom√©nologie, o√Ļ l'accent est mis sur l'exp√©rience v√©cue. Les ph√©nom√©nologues s'int√©ressent √† la mani√®re dont les habitudes structurent notre exp√©rience temporelle, notre perception du monde et notre relation au corps. Merleau-Ponty, par exemple, a examin√© comment les habitudes incarn√©es influent sur la mani√®re dont nous habitons le monde. Dans le domaine de l'√©thique, l'habitualit√© est souvent li√©e √† la notion de caract√®re moral. Aristote a soulign√© l'importance des habitudes dans la formation du caract√®re. La vertu, selon Aristote, est le r√©sultat d'actions vertueuses r√©p√©t√©es jusqu'√† ce qu'elles deviennent des habitudes. Hannah Arendt pa plac√© dans le contexte de l'habitualit√© son a concept de la banalit√© du mal selon lequel les gens peuvent participer √† des actions malveillantes de mani√®re routini√®re sans r√©fl√©chir profond√©ment √† leurs implications morales. Dans le contexte de la th√©orie de l'action, Gilbert Ryle, de son cot√©, a introduit le concept de savoir-faire pour d√©crire l'habilet√© acquise √† travers la pratique, soulignant que certaines comp√©tences sont mieux comprises non pas comme des connaissances d√©claratives, mais comme des habitudes incorpor√©es. Enfin, les philosophes existentialistes, √† commencer par Sartre, ont abord√© la question de la libert√© et de la responsabilit√© individuelles par rapport aux habitudes. Ils ont √©tudi√© comment les individus peuvent √™tre enclins √† suivre des sch√©mas habituels et comment cela peut entraver ou lib√©rer leur capacit√© √† choisir et √† agir.

Habitude (Habitudo = forme ext√©rieure, tenue, de habitum, supin de habere  = tenir, avoir). - C'est une qualit√© stable qui d√©termine des comportements fr√©quents, ou une  tendance acquise √† conserver ou √† reproduire les √©tats ou actes ant√©rieurs. - Distinctions scolastiques : Habitude entitative, habitude op√©rative (entitativus, operativus). La premi√®re d√©termine la nature en elle-m√™me : la seconde la d√©termine par rapport √† l'op√©ration. - Habitude, puissance ou facult√©. L'habitude s'ajoute √† la facult√©, qui vient toute de la nature : ainsi la science s'ajoute √† l'intelligence. - Habitude, acte. Celui-ci proc√®de de la puissance par le moyen de l'habitude, si celle-ci existe. L'habitude est un acte par rapport √† la facult√©, et une puissance par rapport √† l'acte ou l'op√©ration. Aussi ces expressions, habituellement, actuellement; en habitude, en acte, se r√©pondent-elles comme l'acte et la puissance, l'op√©ration et son principe. - Habitude inn√©e, acquise, infuse. La premi√®re vient toute seule : ainsi l'intelligence habituelle des premiers principes ; la seconde s'acquiert : ainsi la science humaine ; la troisi√®me est un don de Dieu : ainsi les vertus th√©ologales. - Habitude intellectuelle morale. La premi√®re est un principe de connaissance : ainsi la science et l'art ; la seconde, un principe d'action : ainsi la vertu. - Axiomes scolastiques : L'habitude est une seconde nature; car elle d√©termine la nature, elle s'y ajoute si bien qu'on agit par habitude comme on agirait par nature. - L'habitude vient de l'exercice. Il s'agit de l'habitude acquise.

Habitus (de habitus = manière d'être) : l'une des catégories d'Aristote c'est l'accident qui résulte de la superposition de deux substances.

Haeccéité (en latin haecceitas, de haec = cette chose particulière, ceci). - Particularité individuelle ou à la singularité d'une chose, indépendamment de sa nature générale ou de ses propriétés universelles. C'est un concept lié à la métaphysique et à la philosophie de la réalité individuelle qui a été introduit par Duns Scot. L'haecceité se concentre sur ce qui rend une chose unique en soi, au-delà de ses caractéristiques universelles ou de sa nature générale. Cela va au-delà de la question de savoir ce qu'est quelque chose (son essence) pour se concentrer sur le fait que c'est cette chose particulière. L'haecceité d'une entité individuelle est ce qui la distingue spécifiquement de toutes les autres entités de la même espèce. Pour Gilles Deleuze, qui a adapté le concept pour ses propres travaux en philosophie, l'haecceité représente une singularité pure, une différence non réductible qui caractérise chaque chose individuelle dans le monde.

Haine (pour ha√Įne, de ha√Įr, du terme germanique hatan ou hatjan) : inclination √† vouloir le mal des autres. - Passion d'√©loigner de nous quelque chose.

Hallucination. - Perception sensorielle qui semble r√©elle mais qui n'a pas de source externe objective.  Les hallucinations peuvent impliquer n'importe lequel des sens (Illusion). Pour les philosophes, les hallucinations interrogent sur la nature de la connaissance, de la r√©alit√© objective et sur la fiabilit√© de la perception. Si nos sens peuvent nous tromper et g√©n√©rer des exp√©riences qui ne correspondent pas √† la r√©alit√© objective, comment pouvons-nous √™tre certains de la nature v√©ritable de ce qui nous entoure? Les hallucinations posent le probl√®me de savoir comment nous pouvons distinguer entre ce qui est r√©el et ce qui est illusoire; une question au coeur de nombreuses discussions philosophiques sur le scepticisme et la nature de la certitude. Les philosophes empiristes, tels que Locke et Hume, soutiennent que toute connaissance provient de l'exp√©rience sensorielle. Pour eux, les hallucinations, bien qu'elles puissent √™tre trompeuses, sont consid√©r√©es comme des ph√©nom√®nes qui doivent √™tre pris en compte dans la compr√©hension de la connaissance. Les philosophes r√©alistes soutiennent  eux, que la r√©alit√© objective existe ind√©pendamment de notre perception. M√™me si les hallucinations peuvent alt√©rer notre perception, cela ne remet pas en cause l'existence d'une r√©alit√© objective. Certains philosophes id√©alistes, comme Berkeley, ont affirm√© de leur c√īt√© que la r√©alit√© d√©pend de la perception. Dans cette perspective, les hallucinations peuvent √™tre consid√©r√©es comme des exemples extr√™mes de la fa√ßon dont notre esprit construit la r√©alit√©. La ph√©nom√©nologie, enfin, avec des philosophes comme Husserl, se penche sur l'exp√©rience subjective telle qu'elle est v√©cue. Les hallucinations sont souvent abord√©es dans le contexte de la mani√®re dont nous donnons un sens √† nos exp√©riences.

Harmonie (Harmonia = ajustement, proportion, de harmozein = ajuster) : a) Ce mot, en général, implique une idée de finalité, d'ordre organique, qui consiste en ce que les diverses parties d'un être ou d'un ensemble conspirent à un même effet; par exemple, l'harmonie de l'univers. - C'est un élément du beau. - b) Leibniz a développé la notion d'harmonie préétablie, selon laquelle chaque monade suit son propre développement interne, mais toutes les monades sont coordonnées de manière à refléter une harmonie préétablie dans l'univers :

Harmonie pr√©√©tablie. -  Dans le syst√®me de Leibniz, d√©veloppement parall√®le des √Ęmes et des corps, sans action des uns sur les autres, en vertu d'une harmonie pr√©√©tablie par Dieu. L'√Ęme et le corps sont compar√©s √† deux horloges r√©gl√©es √† l'origine l'une sur l'autre et continuant √† marquer la m√™me heure sans qu'il y ait entre elles la moindre influence r√©ciproque. Il faut m√™me entendre l'harmonie pr√©√©tablie dans un sens plus large : l'univers est compar√© √† un orchestre o√Ļ chaque musicien joue sa partie sans √©couter ses voisins; mais, comme la partition est √©crite d'avance, il en r√©sulte une symphonie parfaite. Ainsi les monades se d√©veloppent chacune selon sa loi interne et de cette √©volution simultan√©e de tous les √™tres r√©sultent les lois du monde et l'harmonie de l'univers.

A certains pythagoriciens qui d√©finissent l'√Ęme l'harmonie du corps, Platon objecte qu'elle n'est pas simplement cette harmonie, mais la cause qui l'explique parce qu'elle la produit.

Hasard. - L'id√©e du hasard est la n√©gation de toute cause et de toute loi dans la production des ph√©nom√®nes et des √™tres; c'√©tait la n√©gation du destin chez les Anciens, chez les modernes c'est celle de Dieu et de la Providence. II y eut une √©cole qui voulut √©lever l'id√©e du hasard au rang de syst√®me scientifique; ce fut celle d'√Čpicure (Epicurisme). En expliquant l'univers et tous les √™tres par le choc accidentel des atomes, Epicure livrait tout au hasard, et m√©connaissait l'id√©e de loi. Ce fatalisme √©tait en contradiction avec les plus simples donn√©es de l'exp√©rience; celui des Sto√Įciens reconnaissait au moins la n√©cessit√© d'un ordre√©ternel et immuable. Le hasard, s'il √©tait quelque chose, ne serait qu'un principe de d√©sordre; il suffit de promener ses regards sur la Terre, de lever les yeux au ciel, pour y voir des marques constantes d'ordre et d'harmonie. Pour celui qui l'emploie, le mot hasard veut dire : je ne sais pas. L'ignorant en cristallographie peut attribuer au hasard la formation des cristaux, Ha√ľy l'explique par une loi math√©matique d'une grande simplicit√©. Le hasard perd de son empire, a-t-on pu dire, √† mesure que les sciences font des progr√®s. (R.).

Haskalah ( =  Illumination, en h√©breu). - Mouvement intellectuel et culturel juif ashk√©nase qui a √©merg√© √† la fin du XVIIIe si√®cle et au d√©but du XIXe si√®cle en Europe centrale et orientale, en r√©ponse aux changements sociaux, politiques et intellectuels de l'√©poque (Les Lumi√®res). La Haskalah visait √† √©lever le niveau d'√©ducation des Juifs, en particulier dans les domaines de la science, de la philosophie, des langues et des arts, afin de favoriser leur √©mancipation de la tradition rabbinique et de leur permettre de s'int√©grer dans la soci√©t√© la√Įque europ√©enne. Les intellectuels de la Haskalah ont souvent encourag√© l'adoption de la langue et de la culture de la majorit√© non juive, ce qui a entra√ģn√© une controverse au sein de la communaut√© juive entre traditionalistes et r√©formateurs. Bien que la Haskalah ait rencontr√© une r√©sistance consid√©rable de la part des conservateurs au sein de la communaut√© juive, elle a n√©anmoins eu une influence profonde sur la modernisation et l'√©mancipation des Juifs en Europe et a pos√© les fondements pour les mouvements de r√©forme et de sionisme qui ont suivi. Les noms les plus repr√©sentatifs associ√©s √† ce mouvement sont :

‚ÄĘ Moses Mendelssohn (1729-1786). - Souvent consid√©r√© comme le p√®re de la Haskalah, Mendelssohn √©tait un philosophe juif dont les √©crits et les id√©es ont eu une influence majeure sur le mouvement. Il a plaid√© en faveur de l'√©mancipation des Juifs, de leur √©ducation s√©culi√®re et de leur int√©gration dans la soci√©t√© europ√©enne plus large. Oeuvre majeure : J√©rusalem, ou le pouvoir religieux de juda√Įsme (1783). Dans ce texte, Mendelssohn d√©fend la libert√© de religion et plaide en faveur de l'√©mancipation des Juifs.

‚ÄĘ Naphtali Herz Wessely (1725-1805). -√Čcrivain et √©ducateur juif allemand, Wessely a promu l'√©ducation juive moderne et l'usage de la langue vernaculaire dans l'enseignement religieux. Il √©tait un fervent d√©fenseur de l'int√©gration des Juifs dans la soci√©t√© europ√©enne. Oeuvre majeure : Divrei Shalom ve-Emet (1782). Ce travail pr√īne l'int√©gration des √©tudes s√©culaires dans l'√©ducation juive et la modernisation des pratiques religieuses.

‚ÄĘ Isaac Baer Levinsohn (1788-1860). -√Čcrivain et √©ducateur russe, Levinsohn a jou√© un r√īle majeur dans la promotion de l'√©ducation s√©culi√®re parmi les Juifs en Russie. Il a √©galement plaid√© en faveur de r√©formes dans les domaines de la langue, de l'√©ducation et de l'organisation communautaire. Oeuvre majeure : Te'udah be-Yisrael (1828). Cet ouvrage plaide en faveur de l'√©ducation la√Įque pour les Juifs en Russie et souligne l'importance de la r√©forme √©ducative.

‚ÄĘ David Friedl√§nder (1750-1834). -  Il √©tait un leader de la Haskalah en Allemagne. Friedl√§nder n'a pas produit d'oeuvres √©crites majeures, mais son influence r√©side dans son plaidoyer en faveur de l'√©ducation s√©culaire et de l'assimilation culturelle des Juifs allemands.

‚ÄĘ Samuel David Luzzatto (1800-1865). - Un intellectuel italien et un √©rudit biblique qui a √©galement adh√©r√© √† certaines id√©es de la Haskalah, tout en cherchant √† pr√©server la tradition religieuse juive. Luzzatto √©tait un √©rudit biblique et un philosophe. Il a produit de nombreuses oeuvres acad√©miques et po√©tiques qui ont influenc√© la pens√©e juive moderne. Certaines de ses oeuvres les plus importantes comprennent ses commentaires sur la Bible h√©bra√Įque et ses √©crits sur la philosophie juive.

H√©autognosie (de h√©autou = de soi-m√™me; gn√īsis = connaissance) : connaissance de soi-m√™me par la conscience r√©fl√©chie.

Héautonomie (de héautou = de soi-même; nomos = loi) : Kant appelle ainsi la loi selon laquelle l'esprit s'impose à lui-même la conception des choses; c'est une condition de la possibilité de la science.

H√©donisme (h√©don√® = plaisir). - Se dit de tout syst√®me morale qui fait du plaisir le but de la vie. L'h√©donisme peut √™tre √©go√Įste, comme celui d'Aristippe, ou altruiste s'il √©tablit que le plaisir d'autrui entre comme partie int√©grante dans mon propre plaisir. L'eud√©monisme peut √™tre identique √† l'h√©donisme, mais il peut aussi s'en distinguer profond√©ment, car le bonheur diff√®re du plaisir et rel√®ve de la qualit√© plus que de la quantit√© et de l'intensit√© des plaisirs.

H√©donistique (H√®donikos = relatif au plaisir, de h√®don√® = plaisir) : principe h√©donistique : ¬ę L'homme cherche toujours √† se procurer le maximum de satisfaction avec le minimum de peine ¬Ľ. Il rentre dans le principe du moindre effort.

Hégélianisme. - Philosophie de Hegel. Le principe de cette philosophie, qu'on appelle quelquefois
un idéalisme objectif et un panlogisme, consiste à affirmer que non seulement tout ce qui est réel est rationnel, mais que tout ce qui est rationnel est réel. Le monde et l'idée se développent régulièrement dans la nature et dans l'histoire selon la loi logique de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse. Au début de cette évolution universelle, Hegel pose l'identité de l'être et du non-être dans le devenir. L'idéalisme objectif de Hegel est donc la philosophie du devenir, un vaste système d'évolution intellectuelle qui a la prétention de reconstruire rationnellement la science et l'histoire.

Hegelienne (Ecole). - Mouvement philosophique qui s'inspire de l'oeuvre de  Hegel et qui prolonge sa vision dialectique. On divise cette √©cole en deux grandes tendances : la droite h√©g√©lienne et la gauche h√©g√©lienne. La premi√®re, tourn√©es vers  les valeurs de la soci√©t√© allemande √©tait repr√©sent√©e par Hinrichs, Goeschel, Gabler, notamment. La seconde, repr√©sent√©e principalement par Ruge, Feuerbach, Max Stirner et Marx, en rupture avec l'id√©alisme h√©g√©lien sur les questions sociales, pr√īnait une vision plus mat√©rialiste et concr√®te. 

H√©g√©monie (de l'ancien grec hńďgemonia = pr√©√©minence). - Position de dominance, de leadership ou d'influence qui peut √™tre exerc√©e dans divers domaines (politique, culture, √©conomie, etc.). Antonio Gramsci (1891-1937) a d√©velopp√©, principalement dans les ann√©es 1920 et 1930, une th√©orie de l'h√©g√©monie dans le contexte de la lutte culturelle et politique qui montre comment les id√©es, les valeurs et les normes culturelles contribuent √† maintenir la stabilit√© sociale et √† perp√©tuer les structures de pouvoir existantes. Il d√©finit l'h√©g√©monie comme le pouvoir exerc√© par une classe dominante non seulement par la force physique, mais aussi par la direction des id√©es, des valeurs et des normes culturelles. Gramsci introduit le concept de superstructure culturelle pour d√©signer l'ensemble des id√©es, des valeurs, des croyances et des normes qui soutiennent le statu quo social. L'h√©g√©monie repose sur la capacit√© de la classe dominante √† contr√īler cette superstructure culturelle. Il distingue entre la soci√©t√© civile et la soci√©t√© politique. La premi√®re englobe les institutions culturelles telles que les √©coles, les m√©dias, les √©glises, etc. La classe dominante utilise ces institutions pour exercer son influence id√©ologique et maintenir l'adh√©sion des masses √† l'ordre social √©tabli. Gramsci insiste ici sur le concept de consentement des masses √† leur propre domination : l'h√©g√©monie implique que les classes subalternes acceptent, sans coercition pure, les normes culturelles de la classe dominante comme si elles √©taient dans leur int√©r√™t, m√™me si cela peut ne pas √™tre le cas objectivement. Le philosophe croyait que la transformation sociale et politique ne pouvait se produire que par le biais d'une lutte culturelle et id√©ologique. Pour changer la soci√©t√©, il fallait transformer l'h√©g√©monie culturelle, remettre en question les id√©es dominantes et cr√©er de nouvelles normes culturelles.

Heidelberg (Ecole de) = N√©o-kantisme de Heidelberg Ecole de Bade.

Héliocentrisme (de Hélios = soleil; kentron = centre d'une circonférence). - Conception cosmologique qui place le Soleil au centre de l'univers. Le système de Copernic est héliocentrique.

Hell√©nisme (Hell√®nismos, de Hellen = Grec). - Ce mot indique l'ensemble de la philosophie et de la litt√©rature grecques et leur influence sur la civilisation et, plus largement, renvoie √† l'influence culturelle grecque dans le monde antique, mais aussi √† la trace que cette culture a encore laiss√© par la suite. Pendant la Renaissance (Renaissance classique), il y a eu un regain d'int√©r√™t pour la culture grecque et romaine, o√Ļ les id√©es et les Ňďuvres antiques ont √©t√© red√©couvertes et r√©√©valu√©es. Les id√©es philosophiques et scientifiques de la Gr√®ce antique ont fourni une base importante pour le d√©veloppement de la pens√©e moderne, influen√ßant des domaines tels que la logique, l'√©thique, la politique et la m√©taphysique.

Helsinski (Groupe de). - Fondé en 1988, ce groupe rassemble des philosophes et des chercheurs de différentes disciplines qui travaillent sur des questions liées à la philosophie et aux sciences cognitives. Ses membres se sont intéressés à des questions telles que la conscience, l'intentionnalité, la perception, le langage et la pensée, en utilisant des approches à la fois philosophiques et scientifiques.

Herm√©neutique (du grec herm√®n√©ia = interpr√©tation; Herm√®neutik√® = qui concerne l'interpr√©tation, de herm√®neun√ī =, faire conna√ģtre interpr√©ter; sous entendu techn√® = art).  - En philosophie, l'herm√©neutique est l'explication des termes comme pr√©paration n√©cessaire √† l'intelligence d'une doctrine. Hans-Georg Gadamer (1900-2002), puis Paul Ricoeur (1913-2005) ont combin√© les id√©es de l'herm√©neutique avec des √©l√©ments ph√©nom√©nologiques pour formuler une nouvelle doctrine de l'interpr√©tation. Avec eux, l'herm√©neutique est devenue une approche philosophique et m√©thodologique qui se concentre sur l'interpr√©tation, la compr√©hension et la signification du langage, des textes, des oeuvres d'art,  des symboles, des actions humaines, des ph√©nom√®nes culturels et de l'exp√©rience humaine en g√©n√©ral. .

Herm√©tisme (de Herm√®s Trism√©giste). Se dit de la philosophie et des livres attribu√©s √† Herm√®s Trismegiste ou plut√īt qui lui sont consacr√©s, et qui passaient faussement pour contenir les traditions de l'ancienne Egypte, mais qui remonte √† l'√©poque alexandrine. - Herm√©tique se dit par extension de la science des alchimistes, du ¬ę grand oeuvre ¬Ľ ou transmutation des m√©taux.

H√©t√©rog√®ne (h√©teros = autre; genos = genre, nature). - H√©t√©rog√®ne signifie d'une autre nature et s'emploie quand on parle des parties d'un tout. Les parties d'un v√©g√©tal ou d'un animal sont h√©t√©rog√®nes; celles de l'eau sont homog√®nes. Herbert Spencer d√©finit la loi du progr√®s ou de l'√©volution ¬ę le passage d'une homog√©n√©it√© ind√©finie, incoh√©rente √† une h√©t√©rog√©n√©it√© d√©finie, coh√©rente ¬Ľ. Dans une soci√©t√© archa√Įque, tous les individus remplissent les m√™mes fonctions : c'est l'homog√©n√©it√©; dans une soci√©t√© plus complexe, chaque individu a son emploi particulier, ses fonctions sp√©ciales, √©lev√©es ou modestes : cette division du travail, c'est l'h√©t√©rog√©n√©it√© amen√©e par le progr√®s.

Il en est de même pour l'évolution organique particulière de tout être vivant; et plus la diversité des parties s'accentue, plus l'unité du tout se fortifie : le ver de terre peut être coupé en deux sans que les deux tronçons cessent de vivre; le corps humain ne le peut pas, parce qu'il a plus d'unité, ayant une plus grande hétérogénéité.

Hétérogénie (de Hétérogène) : thèse évolutionniste d'après laquelle l'organique provient de l'inorganique.

Hétérogonie. - Terme parfois utilisé dans des contextes philosophiques et sociologiques pour décrire des changements dans la nature ou la structure d'un système, souvent en réponse à des influences externes. Par exemple, en sociologie, on peut parler d'une hétérogonie sociale pour décrire des changem ents sociaux résultant d'interactions complexes et diverses.

Hétérologique. - Terme qui qualifie quelque chose qui est différent ou contraire à ce qui est attendu, ou encore qui ne suit pas les règles habituelles ou les normes (usages possibles en sociologie, politique, linguistique strucurale, mathématiques, etc.). En philosophie et linguistique, ce terme est souvent associé à la discussion sur l'auto-référence. Par exemple un énoncé comme "cette phrase est fausse"est considéré comme hétérologique car il ne peut être classé ni comme vrai ni comme faux de manière cohérente (Paradoxe du menteur).

H√©t√©ronomie (de heteros = autre; nomos = loi). - Un √™tre est h√©t√©ronome quand il re√ßoit sa loi du dehors au lieu de la tirer de lui-m√™me; l'h√©t√©ronomie est donc la condition de celui qui re√ßoit  du dehors la loi √† laquelle il se soumet. - H√©t√©ronomie de la volont√© chez Kant : quand la loi d'un √™tre est l'expression de sa nature m√™me, il est autonome; notre volont√© est autonome, selon Kant, parce que la loi morale ne lui est pas impos√©e par une volont√© √©trang√®re. Il n'y a pas de bien ext√©rieur ou sup√©rieur qui la r√©gisse ou s'impose √Ę elle : le bien est le bien justement parce que la loi autonome de la volont√© le cr√©e tel par son caract√®re imp√©ratif et obligatoire.

Heuristique (de Eurisk√ī = d√©couvrir). - Ce qui sert √† d√©couvrir quelque chose. La d√©marche heuristique est une approche de r√©solution de probl√®mes ou d'acquisition de connaissances qui repose sur l'utilisation d'heuristiques, qui sont des des raccourcis cognitifs, des r√®gles g√©n√©rales ou des strat√©gies pragmatiques permettant de simplifier la prise de d√©cision et la r√©solution de probl√®mes, mais sans garantir la solution optimale. L'une des principales raisons d'adopter une d√©marche heuristique est le gain de temps. Dans des situations o√Ļ une analyse approfondie et exhaustive n'est pas possible ou pratique, les heuristiques permettent une prise de d√©cision plus rapide. Les heuristiques sont souvent adaptatives : elles √©voluent en r√©ponse √† l'environnement ou √† la t√Ęche particuli√®re. Elles peuvent √™tre utilis√©es de mani√®re flexible en fonction des circonstances. Les heuristiques peuvent conduire √† des r√©sultats approximatifs, mais elles permettent g√©n√©ralement de r√©soudre des probl√®mes de mani√®re plus rapide et moins exigeante en ressources mentales que des m√©thodes plus complexes. Cependant, l'utilisation d'heuristiques peut √©galement entra√ģner des biais cognitifs. Les raccourcis mentaux simples peuvent parfois entra√ģner des erreurs syst√©matiques de raisonnement, en particulier lorsque les heuristiques sont appliqu√©es de mani√®re inappropri√©e.

Hic et nunc((= ici et maintenant, en latin). - Expression   utilis√©e pour souligner l'importance de l'instant pr√©sent, de la r√©alit√© imm√©diate et du lieu actuel. Chez Husserl,  Merleau-Ponty et Sartre, l'attention √† l'exp√©rience v√©cue dans le moment pr√©sent est centrale. Ces philosophes se sont int√©ress√©s √† la mani√®re dont la conscience s'engage avec le monde et comment l'exp√©rience est fa√ßonn√©e par le hic et nunc. L'exp√©rience ph√©nom√©nologique est ancr√©e dans le pr√©sent, et la compr√©hension des ph√©nom√®nes se fait par une attention particuli√®re √† ce qui se passe ici et maintenant. Dans la tradition existentialiste, qui met l'accent sur la libert√©, la responsabilit√© individuelle et la cr√©ation de sens, l'id√©e du hic et nunc se fait jour dans les choix que nous faisons et les actions que nous entreprenons et qui ont un impact direct sur notre existence pr√©sente. Sartre, par exemple, souligne la responsabilit√© individuelle dans la cr√©ation de soi-m√™me √† chaque instant. Enfin, certains philosophes, en examinant la nature de la conscience et de la perception, rencontrent le hic et nunc lorsqu'ils se demandent comment la conscience se forme dans le moment pr√©sent, comment elle saisit et interagit avec le monde √† chaque instant.

Hi√©rarchie. - Structure organis√©e en niveaux ou en ordres, o√Ļ chaque niveau est subordonn√© au niveau sup√©rieur. Certains syst√®mes philosophiques proposent des hi√©rarchies m√©taphysiques ou cosmologiques, dans lesquelles les entit√©s ou les r√©alit√©s sont organis√©es de mani√®re hi√©rarchique, chaque niveau √©tant subordonn√© √† un niveau sup√©rieur. Par exemple, dans la philosophie platonicienne, on trouve une hi√©rarchie des Formes ou Id√©es. La philosophie morale peut √©galement traiter de la hi√©rarchie des valeurs ou des principes moraux. Certains √©thiciens soutiennent l'existence d'une hi√©rarchie morale, o√Ļ certaines valeurs sont consid√©r√©es comme plus fondamentales ou plus importantes que d'autres. La philosophie politique aborde la question de la hi√©rarchie dans la structure sociale et politique. Les discussions sur l'autorit√©, la gouvernance et la r√©partition du pouvoir peuvent impliquer la r√©flexion sur les structures hi√©rarchiques. Dans le domaine de la connaissance et de l'√©pist√©mologie, la hi√©rarchie peut √™tre li√©e √† la justification des croyances. Certains syst√®mes √©pist√©mologiques mettent en avant une hi√©rarchie des sources de connaissance, avec certaines formes de connaissance √©tant consid√©r√©es comme plus fiables ou fondamentales que d'autres. La psychologie et la philosophie pratique, enfin, peuvent aborder la hi√©rarchie des besoins, comme d√©crit par Abraham Maslow : cette hi√©rarchie sugg√®re que les besoins humains sont organis√©s en niveaux, avec les besoins fondamentaux (nourriture et logement) √† la base, et des besoins plus √©lev√©s (estime de soi et r√©alisation de soi) au sommet.

Histoire (Historia = recherche, information; puis, relation de ce qu'on a appris; de historein = s'informer) : sens g√©n√©ral : connaissance des √©tats par lesquels a pass√© un objet quelconque : un peuple, une institution. une esp√®ce vivante, une science, une langue, etc. - Science qui √©tudie l'encha√ģnement des faits qui se sont d√©roul√©s dans le pass√©.

Histoire (philosophie de l'). - La philosophie de l'histoire est une approche philosophique de l'histoire qui s'attache √† donner un sens √† l'encha√ģnement des faits historiques, √† √©tablir des lois g√©n√©rales du d√©veloppement humain √† travers les √Ęges. Son
fondateur est Vico, mais Hegel l'a systématisée et agrandie à tel point qu'il peut être appelé son second
fondateur.

La théorie de l'évolution corrigeant ce qu'il y avait de trop exclusivement logique et dialectique dans les vues de Hegel, rattachant en outre le développement humain à l'évolution de tous les êtres organisés, a renouvelé
la philosophie de l'histoire.

Les historiens proprement dits se sont généralement montrés très sceptiques au sujet de cette
philosophie : pour eux, elle est purement chimérique dès qu'elle affiche la prétention de dépasser la simple généralisation des faits et de les subordonner à des idées préconçues et systématiques.

Histoire naturelle. - Prise dans son sens le plus large, cette discipline comprendrait l'histoire de l'univers, c.-√†-d., outre celle du globe terrestre et des √™tres qui l'habitent, l'astronomie, l'astrophysique, etc. M√™me born√©e √† l'√©tude de la Terre, elle devrait comprendre encore d'une part la g√©ographie physique et la m√©t√©orologie, d'autre part, avec l'histoire de tous les √™tres vivants, l'anthropologie et tout ce qui concerne l'humanit√©. 

Aujourd'hui, on ne d√©signe plus sous le nom collectif d'histoire naturelle que les diff√©rentes sciences qui s'occupent de la constitution de la terre et des cr√©atures terrestres √† l'exclusion de l'humain, quoique celui-ci soit un animal. 

L'histoire naturelle a eu pour cr√©ateur Aristote, dont l'oeuvre fut continu√©e par Th√©ophraste. Apr√®s le long assoupissement du Moyen √Ęge, il y eut un r√©veil au XVIe si√®cle avec C√©salpin, Harvey, les Bauhin ; le XVIIe si√®cle offre de grands noms : Leeuwenhoek, Swammerdam, Perrault, Tournefort, etc.; enfin Linn√© et Buffon apparaissent au XVIIIe si√®cle et pr√©parent l'av√®nement des de Jussieu, des Cuvier, des Lamarck, des de Candolle, des Geoffroy Saint-Hilaire, des Milne-Edwards, des Darwin, etc.
Histologie (histos = tissu). - Branche de la biologie, et plus spécialement de l'anatomie, qui étudie les tissus vivants.

Histologisme. - Quelques philosophes ont employé ce mot comme synonyme d'organicisme, opinion de ceux qui prétendent que la vie est le résultat de l'organisation.

Historicisme. - Initié par Hegel et par Dilthey, ce courant affirme que les phénomènes historiques doivent être compris dans leur propre contexte, et que toute interprétation des événements historiques doit être basée sur une compréhension de leur environnement culturel, social et politique. L'historicisme met l'accent sur le caractère relatif des valeurs et des normes, qui sont considérées comme étant influencées par le contexte historique et culturel dans lequel elles ont été créées.

Historicité. - Qualité d'être historique, de faire partie de l'histoire. L'historicité c'est donc le caractère historique d'un phénomène, d'un événement, d'une personne ou d'une idée. Elle fait référence à la dimension historique ou à la façon dont quelque chose est inscrit dans le temps, évolue au fil du temps et est influencé par les contextes historiques. Dans la philosophie de l'histoire, le terme est utilisé pour discuter de la nature de l'expérience historique, de la signification des événements historiques et de la manière dont l'histoire façonne notre compréhension du monde.

Historiographie. - Etude critique des m√©thodes, des pratiques et des √©crits historiques. L'historiographie englobe l'ensemble des travaux d'historiens, les diff√©rentes √©coles de pens√©e, les perspectives th√©oriques et les m√©thodologies utilis√©es pour √©tudier et √©crire l'histoire. Au-del√† de la simple narration des faits historiques, l'historiographie analyse comment ces faits sont interpr√©t√©s et compris au fil du temps. 

Historisme (de Histoire) : tendance qui consiste à regarder les faits juridiques, linguistiques, moraux comme la résultante du travail inconscient de la collectivité : de là, pour comprendre cette production collective, la nécessité de la replacer dans son milieu historique. En Allemagne, F. K. von Savigny a été au XIXe siècle le représentant le plus en vue de cette conception des choses.

Holisme. - Approche philosophique qui consid√®re que les parties d'un syst√®me ne peuvent √™tre comprises qu'en relation avec le tout. Tout syst√®me doit  ainsi √™tre consid√©r√© dans son ensemble plut√īt que simplement comme une somme de ses parties individuelles. Cette approche s'oppose au r√©ductionnisme, qui consiste √† r√©duire les ph√©nom√®nes complexes √† leurs parties les plus √©l√©mentaires et qui justifie que les sciences se distinguent selon leur objet d'√©tude.

Holisme ontologique. - Perspective qui considère que la réalité est un tout indivisible, et que chaque partie de ce tout contribue à la nature de l'ensemble. Chaque partie interagit avec l'ensemble et est elle-même influencée par les autres parties.

Hom√©om√©ries ou homoeom√©ries, particules similaires en nombre infini, qui √©taient, suivant Anaxagore, le principe mat√©riel, la substance de toutes choses ( Aristote, M√©taph, I, 3). 

" Il pensait, nous dit Diog√®ne La√ęrce (Vie d'Anaxagore), que les principes des choses consistent en petites parties toutes semblables les unes aux autres [...], et que l'univers a √©t√© form√© de corpuscules, de parties menues et conformes entre elles."
Le nombre des homéoméries ne peut être ni augmenté ni diminué. Voilà pourquoi la quantité de matière dont se compose le monde demeure constante, quelles que soient les transformations qu'on y observe. C'est par une erreur de langage que la combinaison des éléments (sugkrisis), et leur séparation (diakrisis) sont appelées naissance et mort. La nutrition d'ailleurs n'est possible que parce que les aliments sont composés des mêmes particules similaires que les organes de la vie qu'ils entretiennent.

D'apr√®s cela, on serait tent√© au premier abord d'assimiler les homoeom√©ries d'Anaxagore aux atomes des √Čpicuriens: Mais il faut noter, entre les deux syst√®mes, cette diff√©rence que les atomistes consid√©raient leur mati√®re premi√®re comme dou√©e par elle-m√™me de la propri√©t√© de se mouvoir, tandis, que la, cause du mouvement et de la r√©union des homoeom√©ries est cette intelligence, ce no√Ľs, que Platon et Aristote louent Anaxagore d'avoir nomm√©e pour la premi√®re fois le principe de l'arrangement et de l'ordre de l'univers. (B. E.).

Hom√©omorphisme. - En topologie, deux espaces topologiques X et Y sont dits hom√©omorphes si et seulement si il existe une bijection continue f : X ‚Üí Y telle que f et f‚ĀĽ¬Ļ soient toutes deux continues. L'existence d'un hom√©omorphisme signifie que les deux espaces ont la m√™me structure topologique, m√™me s'ils peuvent √™tre repr√©sent√©s de mani√®re diff√©rente. Ainsi, deux espaces hom√©omorphes peuvent-ils √™tre consid√©r√©s comme "essentiellement les m√™mes" du point de vue topologique, car ils peuvent √™tre transform√©s l'un en l'autre de mani√®re continue sans d√©chirer ni recoller de parties de l'espace.

Home stead (en anglais, maison d'habitation avec dépendances). - Dans la philosophie sociale, minimum de patrimoine indivisible et inaliénable.

Homme machine. - M√©taphore utilis√©e pour √©tudier la nature de l'humain en comparant le fonctionnement du corps humain √† celui d'une machine. 

Homo duplex : expression employ√©e quelquefois pour indiquer le double √©l√©ment du compos√© humain, le corps et l'√Ęme, ou les tendances antagonistes qui r√©sultent de leur union.

Homog√®ne (homoios =  semblable; genos = genre). - Ce dont les √©l√©ments sont identiques en nature; ex. : homog√©n√©it√© du temps et de l'espace absolus. - S'oppose √† h√©t√©rog√®ne. - En alg√®bre lin√©aire, une √©quation ou un syst√®me d'√©quations est dit homog√®ne si tous les termes ont le m√™me degr√©. - En g√©om√©trie, une transformation homog√®ne est une transformation qui pr√©serve les rapports de distance entre les points. - En √©thique, le terme homog√®ne peut √™tre utilis√© pour d√©crire une approche √©thique qui accorde une importance √©gale √† toutes les personnes ou √† toutes les situations, sans distinction particuli√®re. - En ontologie, le terme peut √™tre utilis√© pour d√©crire une r√©alit√© ou une substance qui est uniforme et sans diff√©rences fondamentales (Ontologie plate). 

Homogénéité (loi d'). - En algèbre linéaire la loi d'homogénéité stipule que si V est un espace vectoriel sur un corps K, alors pour tout scalaire c dans K et pour tout vecteur v dans V, le produit de c et v est également un vecteur dans V. En d'autres termes, la multiplication d'un vecteur par un scalaire reste dans le même espace vectoriel.

Homologie. - a) Similitude fondamentale entre diff√©rentes id√©es, concepts ou syst√®mes philosophiques. - b) Continuit√© conceptuelle ou intellectuelle h√©rit√©e d'une source commune. 

Homologue (Homologos = qui parle d'accord, concordant). - Ce qu'on peut désigner par un même mot, ce qui a une dénomination commune. Implique une similitude structurelle ou fonctionnelle entre des éléments apparentés. Par exemple, dans la théorie des groupes, des éléments homologues peuvent avoir des propriétés similaires, même s'ils appartiennent à des groupes distincts.

Honte . - Emotion ou sentiment souvent associée à une évaluation négative de soi-même. Elle survient lorsqu'on pense avoir violé (par des actions, des pensées ou des circonstances) des normes sociales, morales ou personnelles. La honte fait se sentir inadéquat, indigne, ou comme une "mauvaise personne". La honte est souvent associée à un sentiment d'exposition et de vulnérabilité, et les personnes qui ressentent de la honte ont tendance à vouloir se cacher ou se retirer socialement. (Culpabilité).

Horizon d'attente. - Id√©e selon laquelle chaque individu aborde une Ňďuvre, qu'il s'agisse d'un texte, d'une Ňďuvre d'art, d'un discours ou d'une situation, avec des attentes pr√©alables, des pr√©jug√©s, des connaissances ant√©rieures et des exp√©riences qui forment son cadre de r√©f√©rence. Ce concept, initi√© par Hans-Georg Gadamer, li√© chez cet auteur au concept plus large d'horizon, est souvent associ√©e √† la th√©orie de la r√©ception et √† l'approche herm√©neutique de la compr√©hension. L'horizon d'attente sugg√®re que notre compr√©hension est une rencontre dynamique entre notre propre horizon (compos√© de nos attentes) et l'horizon de ce que nous essayons de comprendre. Lorsqu'on applique cette notion √† la r√©ception d'une Ňďuvre artistique ou litt√©raire, par exemple, on reconna√ģt que chaque lecteur ou spectateur apporte sa propre contribution, ce qui influence sa r√©ception et son interpr√©tation de l'oeuvre.

Horrible (Horribilis, de horrere = être hérissé) : opposé au sublime.

Humain. - Comme substantif, correspond au genre Homo, ou plus spécialement l'espèce Homo sapiens (hommes, femmes). Comme adjectif, c'est ce qui est propre (ou supposé tel) à cette espèce.

Horizon. - M√©taphore emplot√©e pour d√©crire la port√©e, la perspective ou la compr√©hension globale qui encadre notre exp√©rience et notre compr√©hension du monde. C'est une notion que l'on trouve notamment dans la ph√©nom√©nologie (Husserl, Heidegger) et l'herm√©neutique (Gadamer). En ph√©nom√©nologie, l'horizon repr√©sente l'ensemble des contextes, des exp√©riences ant√©rieures et des attentes qui influencent notre perception et notre compr√©hension du pr√©sent. Il s'agit de la toile de fond qui donne un sens √† nos exp√©riences individuelles. L'horizon est souvent consid√©r√© comme ouvert, c'est-√†-dire qu'il est extensible et susceptible de s'√©largir √† mesure que nous vivons de nouvelles exp√©riences et acqu√©rons de nouvelles perspectives. Les exp√©riences futures peuvent modifier notre horizon en √©largissant notre compr√©hension du monde. Pour Husserl, l'horizon existe pr√©-objectivement, ce qui signifie qu'il est pr√©sent avant que nous portions une attention sp√©cifique √† un objet particulier. C'est une structure fondamentale de la conscience. Pour Heidegger, l'horizon est li√© √† son concept d'√ätre-au-Monde (Dasein). Il repr√©sente l'ensemble des significations, des possibilit√©s et des pr√©occupations qui forment le contexte de notre existence. Hans-Georg Gadamer a d√©velopp√© le concept de fusion des horizons, qui correspond √† ce que lorsque diff√©rentes perspectives entrent en contact, elles fusionnent pour former une compr√©hension plus riche et plus compl√®te. Cette id√©e est li√©e √† la compr√©hension interpr√©tative de la connaissance. L'horizon a √©galement des limites. Ces limites peuvent √™tre influenc√©es par nos pr√©jug√©s, nos croyances, nos valeurs et nos exp√©riences pass√©es. 

Humanisme (du radical de Humaniste). - a) Doctrine des lettr√©s de la Renaissance. Nom donn√© √©galement au pragmatisme. - b) L'humanisme moderne est un courant philosophique, √©thique et culturel qui met l'accent sur la dignit√©, les droits, le bien-√™tre et le d√©veloppement de l'individu en tant qu'√™tre humain. Il cherche √† promouvoir une vision centr√©e sur l'humain du monde et de la soci√©t√©, en mettant en avant les valeurs telles que la libert√©, l'√©galit√©, la raison, la tol√©rance, la justice et la responsabilit√© envers les autres. L'humanisme moderne affirme que chaque √™tre humain poss√®de une dignit√© intrins√®que et une valeur en tant qu'individu. Chaque personne m√©rite respect, compassion et √©galit√© des chances. Il promeut la libert√© individuelle, l'autonomie et le droit de chaque personne √† penser par elle-m√™me, √† exprimer ses opinions et √† faire des choix √©clair√©s et √† agir de mani√®re responsable en consid√©rant les cons√©quences sur l'humanit√© dans son ensemble, ainsi que sur les g√©n√©rations futures. L'√©mancipation intellectuelle et sociale est encourag√©e. Ainsi, l'√©ducation est-elle un pilier de ses piliers, favorisant l'acc√®s universel √† l'√©ducation de qualit√©, la diffusion des connaissances et la recherche scientifique pour l'avancement de la soci√©t√©. Il valorise la raison, la logique et la pens√©e critique etl encourage les individus √† remettre en question les croyances, √† examiner les preuves et √† prendre des d√©cisions fond√©es sur des faits et des donn√©es. Il pr√īne aussi la tol√©rance envers les diff√©rentes id√©es, croyances et cultures, encourageant la diversit√© et l'inclusion. Les valeurs d√©mocratiques de respect mutuel et de coexistence pacifique sont fondamentales.  Il soutient g√©n√©ralement la s√©paration de l'√Čglise et de l'√Čtat, garantissant l'ind√©pendance des institutions religieuses et la libert√© de religion, tout en prot√©geant la la√Įcit√© et l'√©galit√© devant la loi pour tous les citoyens.

Humanit√© (Humanitas, de humanus = humain). - Ce mot a plusieurs sens : a) l'humanit√© est le genre humain, l'ensemble des humains;  - b) l'humanit√© se dit aussi du caract√®re d'humain, de ce par quoi ce par quoi l'humain est humain, de ce par quoi l'humain diff√®re des autres animaux, ce qui fait sa dignit√© : c'est dans ce sens que Kant dit qu'il faut toujours consid√©rer l'humanit√© comme une fin en soi, jamais comme un moyen pour arriver √† une autre fin. - c) au sens moral, c'est l'amour de nos semblables, ou simplement la compassion. - Dans la philosophie d'Auguste Comte, la religion de l'humanit√©, religion sans dogme, est le culte des morts et des grands hommes, et l'Humanit√© s'appelle le Grand √ätre.

Hydraulique. - Branche de la physique qui √©tudie les propri√©t√©s et les applications des liquides en mouvement. Son √©tude implique une compr√©hension des propri√©t√©s des liquides, telles que la viscosit√©, la pression et le d√©bit, ainsi que des concepts tels que la loi de Pascal et la loi de Bernoulli. 

Hydrographie, partie de la g√©ographie physique o√Ļ l'on √©tudie les parties ou √©l√©ments liquides de la Terre. Dans son domaine rentrent toutes les recherches relatives tant aux eaux douces qu'aux eaux sal√©es; pour les premi√®res, la pr√©cipitation des condensations atmosph√©riques qui forment des glaciers sur les hautes montagnes ou se r√©solvent en pluie dans les plaines, l'examen des sources apparentes ou souterraines, le r√©gime des lacs et des fleuves avec tous les accidents qui les caract√©risent; pour les secondes, leur r√©partition sur le globe et leurs grandes divisions, avec tous les ph√©nom√®nes qu'elles pr√©sentent, diff√©rence de salure et de temp√©rature, banquises, mar√©es, courants. 

Cette derni√®re partie, que l'on peut appeler, pour la distinguer de la premi√®re, hydrographie maritime, a fait, depuis le commencement du XIXe si√®cle, d'immenses progr√®s, dus aux grands voyages maritimes, aux nombreuses op√©rations de sondages faites pour la pose des c√Ębles √©lectriques sous-marins dans l'Oc√©an Atlantique et la M√©diterran√©e, enfin aux belles recherches de Maury, qui, par l'√©tude attentive des vents et des courants, a fait conna√ģtre au commerce les routes les plus abr√©g√©es et les plus s√Ľres de la navigation. L'hydrographie maritime forme une branche importante des connaissances navales. (C. P).

Hydrodynamique. - Branche de la physique qui √©tudie le mouvement des fluides en mouvement. Elle se concentre sur l'analyse math√©matique des √©coulements de fluides. Les √©quations fondamentales de l'hydrodynamique sont les √©quations de Navier-Stokes, qui d√©crivent les mouvements des fluides en utilisant des lois de conservation de la masse, de la quantit√© de mouvement et de l'√©nergie. 

Hydrostatique. - Branche de la physique qui étudie les fluides au repos. Elle se concentre sur l'analyse des forces exercées sur les fluides en repos, en utilisant des concepts tels que la pression, la densité et la pesanteur. Les lois fondamentales de l'hydrostatique sont basées sur la loi de Pascal et la loi d'Archimède

Hyléisme (hylè = matière). Système d'Aristote qui regardait la matière comme éternelle, incréée et capable de recevoir toutes les formes.

Hyl√©morphisme. - Se dit aujourd'hui du syst√®me de la mati√®re et de la forme, au moyen duquel les scolastiques expliquent la constitution des corps et leurs transformations. 

‚ÄĘ Hyl√™ ( = la mati√®re) est consid√©r√©e comme la substance sous-jacente, non d√©termin√©e, indiff√©renci√©e, qui peut prendre diff√©rentes formes. C'est la potentialit√© d'une substance √† devenir quelque chose de sp√©cifique.

 ‚ÄĘ Morph√™ (= la forme) est le principe qui donne √† la mati√®re sa sp√©cificit√© et son actualit√©. C'est ce qui d√©termine la substance et lui donne ses caract√©ristiques particuli√®res.

L'hylémorphisme est opposé à l'atomisme et au dynamisme.

Hyl√©syst√©misme. - Th√©orie qui plonge ses racines dans l'Aristot√©lisme et selon laquelle l'univers est compos√© de deux √©l√©ments indissociables : l'hyl√© (= la mati√®re) et le syst√®m√® (= la forme, l'organisation). L'hyl√© est consid√©r√©e comme √©tant la substance brute qui compose tous les objets physiques, tandis que le syst√®m√® est la force ou la structure qui donne forme et organisation √† cette substance. 

Hylobiens (hylè = forêt; bios = vie). - C'est le nom que les Grecs donnaient à certains philosophes indiens qui vivaient solitaires dans les bois et se livraient a la comtemplation. Ils étaient végétariens, c'est-à-dire ne se nourrissaient que de végétaux.

Hylozo√Įsme (du grec hyl√™, mati√®re, et zo√®, vie), forme g√©n√©rale des syst√®mes qui regardent comme n√©cessairement unies la mati√®re et la vie. L'hylozo√Įsme prit diff√©rentes formes, selon que l'on croyait que le monde √©tait le r√©sultat d'agr√©gats mat√©riels, d'atomes anim√©s et vivants, comme Straton de Lampsaque, ou que l'on voyait en lui un seul et m√™me √™tre, un animal, dont l'√Ęme du monde √©tait la vie, comme le pensaient les Sto√Įciens. En g√©n√©ral, tout syst√®me qui suppose cette √Ęme du monde, sous quelque nom que ce soit, rel√®ve de l'hylozoisme ou s'y apparente; c'est ce qu'on voit depuis les Sto√Įciens jusqu'√† Spinoza. Pour tous la r√©ponse est la m√™me : la vie proprement dite ne se montre que dans l'organisme, et celui-ci ne se voit pas dans toutes les parties de la mati√®re; d'o√Ļ il suit que la mati√®re et la vie ne sont pas essentielles l'une √† l'autre. (R.).

Hyperbole (du grec hyper qui signifie sur, au-dessus, au-del√† , et ball√ī, je jette). - En G√©om√©trie. L'hyperbole est la courbequi r√©sulte de la section du c√īne par un plan dont l'inclinaison relativement √† l'axe du c√īne est telle, que si on le prolonge, il coupe √©galement le c√īne oppos√©. Elle a √©t√© ainsi nomm√©e parce que, dans cette section conique, le carr√© de l'ordonn√©e surpasse le produit du param√®tre par l'abscisse. 

Hyperbolique (de hyperbolikos = excessif, de hyperbol√® = action de lancer au-del√†, de hyper-ball√ī) : nom donn√© par Descartes au doute m√©thodique pouss√© √† l'extr√™me, lequel ne peut √™tre que th√©orique et provisoire (Cf. M√©ditations m√©taphysiques, VI, vers la fin; Principes de la philosophie, P. I, ¬ß 30.

Hyperespace (de hyper = au del√†; spatium = espace)-: espace √† plus de trois dimensions spatiales. L'espace euclidien tridimensionnel que nous percevons dans la vie quotidienne est un espace tridimensionnel. Si l'on consid√®re un espace √† quatre dimensions, on parlerait alors d'un hyperspace ou espace quadridimensionnel. De mani√®re g√©n√©rale, un espace euclidien √† n dimensions est souvent appel√© un espace n-dimensionnel et est encore un hyperespace.   Un point dans un espace √† n dimensions est repr√©sent√© par un n-uplet de coordonn√©es. Par exemple, dans un espace tridimensionnel, un point est repr√©sent√© par (x, y, z), tandis que dans un espace quadridimensionnel, cela est repr√©sent√© par (x, y, z, w). En g√©om√©trie analytique, on rencontre des √©quations d'hyperplans et d'hyper-surfaces dans des espaces de dimensions sup√©rieure. Dans un espace √† n dimensions, un hyperplan, par exemple, est une sous-dimension (n-1) d√©finie par une √©quation lin√©aire.

Hyperm√©taphysique (de hyper = au del√†; meta ta physika = apr√®s les choses naturelles) : Kant range parmi les hyperm√©taphysiciens les philosophes n'ayant pas ¬ę cette crainte virile qui fait qu'on √©vite tout ce qui, d√©tournant la raison de ses premiers principes, lui permet de vaguer dans des imaginations sans
fin. ¬Ľ (Critique du jugement t√©l√©ologique).

Hypostase. - a) En philosophie, le terme a √©t√© utilis√© pour d√©crire une r√©alit√© ou une substance sous-jacente. Par exemple, dans la philosophie n√©oplatonicienne, l'hypostase peut repr√©senter les niveaux de la r√©alit√©, avec l'Un, l'Esprit et l'√āme comme trois hypostases successives. Dans les √©coles d'Alexandrieet d'Ath√®nes, depuis Plotin jusqu'√† Proclus, ce mot est l'indication d'une doctrine qui suppose un Dieu qui, sans sortir de lui-m√™me, se transforme √©ternellement en une essence d'un ordre inf√©rieur, pour ne pas tomber dans le mouvement n√©cessaire au Dieu cr√©ateur. Plotin, pour expliquer Dieu et le monde, s'appuie sur la n√©cessit√© d'un interm√©diaire entre l'absolu et le mobile. Il admet donc en Dieu :

1¬į une hypostase sup√©rieure qui poss√®de la perfection infinie sans m√©lange d'action ni de multiplicit√©;

2¬į une hypostase inf√©rieure √† la premi√®re, l'intelligence en soi; 

3¬į une hypostase capable de produire le monde, mais mobile et inf√©rieure √† la pr√©c√©dente. 

Tels sont les trois principes en un seul √™tre, reconnus par toute l'√©cole n√©oplatonicienne, l'Un, ou le Bien, qui est le P√®re; l'Intelligence, qui est le fils; l'√Ęme, qui est le principe universel de la vie.

Dans l'√Čglise catholique, le mot hypostase fut employ√© avant celui de personne, en parlant de la Trinit√©. Pour exprimer la distinction de la divinit√© et les attributs des trois personnes, on disait qu'il y avait en Dieu trois hypostases en une seule essence. Le mot est grec (hypostasis), les Latins firent pr√©valoir le mot personne. (B.).

b) En logique, le terme peut être utilisé pour décrire une réalité ou une entité sous-jacente à une proposition. . Il peut également être employé dans le contexte de la logique métaphysique pour se référer à une substance sous-jacente qui donne réalité à une classe d'objets particulière.

c) En mathématiques, le terme peut être utilisé pour décrire une variable indépendante dans une équation, représentant une réalité ou une quantité sous-jacente.

d) En linguistique, le terme peut être employé pour désigner une unité de discours qui représente une réalité ou un objet particulier. L'hypostase peut aussi correspondre à une réalité linguistique sous-jacente à une expression ou à un mot.

Hypoth√®se (Hypothesis = supposition; de hypo = sous; thesis = action de poser dessous, fondement, supposition, de ti-th√®-mi = poser) : a) Sens g√©n√©ral : conjecture douteuse, mais vraisemblable. b) Sens scientifique : supposition imagin√©e, de laquelle on tire et v√©rifie les cons√©quences, pour expliquer un fait. 

L'hypothèse est une supposition fondée sur les faits et destinée à les expliquer : il en résulte qu'elle doit n'en contredire aucun, rendre compte de l'ensemble et du détail et tout expliquer de la manière la plus simple.
Elle offre le grand avantage de diriger les recherches et de coordonner les résultats : la pierre de touche des bonnes hypothèses qui ne sont que des inductions anticipées, c'est de permettre de prévoir et de prédire les faits non encore observés.

Hypothétique. - Signifie souvent douteux et aussi conditionnel. En philosophie, le terme hypothétique est souvent utilisé dans le contexte de la logique et de l'épistémologie pour faire référence à des propositions ou des jugements qui dépendent de conditions ou d'hypothèses spécifiques. Il est généralement opposé au terme catégorique. En épistémologie, le raisonnement hypothético-déductif est une méthode qui implique de formuler des hypothèses, de déduire des conséquences prévues à partir de ces hypothèses, puis de tester empiriquement ces conséquences pour vérifier si les hypothèses sont correctes.
 

Honn√™tet√©. - Vertu morale qui implique la sinc√©rit√©, la probit√© et la droiture dans les actions et les paroles d'une personne. Selon la tradition de l'√©thique de la vertu, promue notamment par des philosophes comme Aristote, l'honn√™tet√© est consid√©r√©e comme une vertu qui contribue √† une vie √©thique et bien v√©cue. √ätre honn√™te ne se limite pas seulement √† √©viter le mensonge, mais implique √©galement une int√©grit√© profonde dans toutes les actions. Les th√©ories d√©ontologiques, telles que celle de Kant, incorporent l'honn√™tet√© en tant que devoir moral. Kant soutient que nous avons le devoir de dire la v√©rit√©, car mentir va √† l'encontre de l'imp√©ratif cat√©gorique, qui exige une action universellement applicable. Dans le cadre utilitariste, la question de l'honn√™tet√© est √©valu√©e en fonction de ses cons√©quences : dire la v√©rit√© peut √™tre consid√©r√© comme moralement bon si cela conduit au bien-√™tre global. Cependant, cela peut √©galement √™tre complexe en cas de dilemmes √©thiques o√Ļ dire la v√©rit√© peut causer plus de mal que de bien. Certains philosophes politiques soutiennent aussi que l'honn√™tet√© est cruciale dans le domaine politique. Une gouvernance honn√™te et transparente est consid√©r√©e comme essentielle pour la justice sociale et la confiance des citoyens. L'honn√™tet√© peut encore √™tre li√©e √† la transparence et √† l'√©quit√©. Les institutions qui agissent de mani√®re honn√™te sont plus susceptibles de promouvoir la justice sociale. Dans la vie quotidienne, la philosophie de l'honn√™tet√© peut √™tre abord√©e d'un point de vue personnel : comment une personne aborde la v√©rit√©, l'int√©grit√© et la fid√©lit√© √† ses principes.

Hyperbolique (doute). - Forme de doute extr√™me et m√©thodique, o√Ļ le penseur cherche √† mettre en question toutes les croyances qui pourraient √™tre sujettes au moindre doute. L'id√©e est de suspendre temporairement l'assentiment √† toute proposition qui n'est pas absolument certaine. Ce concept est associ√© √† Descartes, qui l'a introduit dans sa qu√™te d'une certitude indubitable, un point de d√©part radical dans sa m√©thode philosophique (Cogito). Le doute hyperbolique de Descartes √©tait une strat√©gie pour parvenir √† une connaissance indubitable et fondamentale, sur la base de laquelle il pourrait reconstruire un syst√®me de connaissances solide et in√©branlable. En mettant en doute tout, y compris les sens, la r√©alit√© mat√©rielle, et m√™me l'existence d'un dieu trompeur, Descartes a cherch√© √† √©tablir un point de d√©part absolu et incontestable pour son √©laboration philosophique. 

Hypnose. - Etat modifié de conscience caractérisé par une attention focalisée, une concentration accrue et une réceptivité accrue aux suggestions. C'est un phénomène naturel que beaucoup de gens expérimentent spontanément dans leur vie quotidienne, par exemple, lorsque on est tellement absorbé par un livre ou un film qu'on ne remarque pas le temps qui passe. L'hypnose implique une concentration intense sur un stimulus particulier, que ce soit une suggestion verbale, un objet ou une idée.Pendant l'hypnose, les individus sont plus réceptifs aux suggestions, ce qui peut influencer leurs pensées, leurs émotions ou leurs comportements.

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Dictionnaire Idées et méthodes
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