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Dictionnaire des idées et méthodes
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Labyrinthe. - Les all√©es d'un labyrinthe √©tant consid√©r√©es comme des lignes, et les carrefours comme des points o√Ļ ces droites viennent aboutir, on d√©montre qu'un point mobile peut d√©crire successivement toutes les lignes du r√©seau, sans saut brusque et sans passer plus de deux fois sur chacune d'elles. Autrement dit, un labyrinthe (en deux dimensions) n'est jamais inextricable. Pour r√©soudre ce probl√®me, sans conna√ģtre le plan du labyrinthe, Tr√©maux et  Maurice ont donn√© des r√®gles fort ing√©nieuses. 

En voici une autre, qui est due √† Gaston Tarry et qui para√ģt constituer le maximum de simplicit√©. Il est n√©cessaire et suffisant d'effectuer les deux parcours de chaque all√©e en sens contraire et de ne prendre l'all√©e qui a conduit pour la premi√®re fois √† un carrefour que lorsqu'il n'en reste pas d'autre √† prendre. Supposons qu'un promeneur, √©gar√© dans un labyrinthe, d√©pose √† l'entr√©e de toute all√©e nouvelle qu'il prend deux marques, et √† la sortie trois marques ou une seule, suivant que l'all√©e d√©bouche dans un carrefour nouveau on dans un carrefour d√©j√† explor√©; en outre, lorsqu'il prend une all√©e o√Ļ se trouve une seule marque √† l'entr√©e, il en d√©pose une deuxi√®me. Ce promeneur sera certain de retrouver l'issue du labyrinthe, sans passer plus de deux fois par chaque all√©e, s'il se conforme √† la r√®gle suivante : 

En arrivant à un carrefour, prendre au hasard une allée qui n'est pas marquée ou une allée qui n'a qu'une seule marque, et s'il n'en existe pas, prendre l'allée qui a trois marques. (A. L.).

La√Įcit√© : principe g√©n√©ral selon lequel la soci√©t√© civile est s√©par√©e de la soci√©t√© religieuse. En France, la philosophie de la la√Įcit√© repose sur la d√©finition d'une fin, la libert√© de conscience en mati√®re religieuse, et d'un moyen pour atteindre cette fin, la neutralit√© de l'Etat, rendue possible par sa s√©paration du religieux.

‚ÄĘ La fin est la libert√© pour chacun de croire ou pas en une religion et de pratiquer tout culte conforme sa foi.

‚ÄĘ Le moyen est la neutralit√© de l'Etat : l'Etat ne s'exprimant et n'agissant au nom d'aucune religion, et, partant, ne favorisant aucune religion, peut garantir √† chacun la libert√© vis√©e dans le premier point.

La la√Įcit√© (principe de s√©paration) appara√ģt ainsi comme une condition de la libert√©.

Langage. - Fonction d'expression de la pens√©e et de communication. La philosophie du langage s'est pos√© les questions suivantes : L'humain a-t-il poss√©d√© de tout temps la facult√© de parler? D'o√Ļ lui vient-elle? Les solutions ont √©t√© tr√®s variables les uns ont pr√©tendu que le langage est une invention ou convention; d'autres qu'il est une r√©v√©lation divine; d'autres qu'il est un instinct et que nous poss√©dons naturellement une sorte de facult√© expressive et interpr√©tative.

Les rapports du langage avec la pensée consistent dans ce triple service qu'il lui rend de l'éclaircir, de la fixer et de la simplifier, car les langues sont des instruments d'analyse et d'abstraction.

Langage (actes de). - Dans la théorie développée par J.L. Austin et ultérieurement par John Searle, un acte de langage est un usage de la parole qui n'est pas seulement destiné à transmettre des informations, mais est également une action. Parler n'est pas simplement une manière de décrire le monde, mais aussi un moyen d'agir sur le monde et sur les autres. Lorsque nous utilisons le langage, nous effectuons trois types d'actes de langage principaux :

‚ÄĘ Les actes locutionnaires  repr√©sentent la production de sons ou de mots qui ont une signification linguistique (par exemple, dire "Il fait chaud ici" est un acte locutionnaire). 

‚ÄĘ Les actes illocutionnaires sont les intentions ou les effets que l'orateur cherche √† atteindre en produisant un acte locutionnaire. (Si la phrase "Il fait chaud ici" est prononc√©e pour demander √† quelqu'un d'ouvrir une fen√™tre, alors l'acte illocutionnaire est une demande).

‚ÄĘ Les actes perlocutionnaires sont les effets r√©els ou per√ßus d'un acte illocutionnaire sur l'auditeur ou le destinataire. (Dans notre exemple, si la personne √† qui la phrase est adress√©e ouvre effectivement la fen√™tre en r√©ponse √† la demande, alors l'acte perlocutionnaire est la fen√™tre qui s'ouvre).

Langage (jeu de) (Sprachspiel, en allemand). - Concept introduit par Ludwig Wittgenstein dans ses Investigations philosophiques (1953), pour d√©crire la diversit√© des activit√©s linguistiques de mani√®re analogue √† un jeu, d√©fini par des r√®gles qui √©mergent des pratiques sociales, avec des joueurs, des conventions susceptiples d'√©voluer, etc. C'est donc pour lui une mani√®re de conceptualiser le langage en tant qu'activit√© int√©gr√©e dans des pratiques sociales et des formes de vie sp√©cifiques, plut√īt que comme un syst√®me de repr√©sentation formel et statique (comme il avait pu le faire dans son Tractatus Logico-Philosophicus). 

Langage-objet. - Dans la philosophie du langage de Wittgenstein , ce terme désigne le langage en tant qu'il est ancré dans des contextes particuliers et lié à des jeux de langage spécifiques. Les règles et la signification des mots émergent de l'utilisation pratique au sein de ces jeux de langage. Le langage-objet est le langage que nous utilisons dans nos activités quotidiennes.

Langage (philosophie analytique du). - Courant philosophique qui utilise l'analyse du langage et de ses structures pour r√©soudre des probl√®mes philosophiques et clarifier des concepts (Philosophie analytique). Ce courant a √©merg√© au d√©but du XXe si√®cle, principalement en r√©action aux approches traditionnelles de la philosophie et √† l'influence du positivisme logique et  aborde des questions telles que la nature de la v√©rit√©, la r√©f√©rence, la connaissance ou l'intentionnalit√©. La philosophie analytique du langage se concentre sur l'analyse pr√©cise du langage, en utilisant des outils de la logique formelle et de la s√©mantique pour d√©composer et comprendre les structures linguistiques. Elle √©tudie √©galement les actes de langage, c'est-√†-dire les actions accomplies par le langage, comme affirmer, demander, promettre, etc., ce qui vise √† comprendre comment le langage est utilis√© pour communiquer et agir dans divers contextes. Certains philosophes analytiques du langage, tels que Wittgenstein √† une certaine √©poque de son √©volution philosophique, ont soulign√© l'importance d'examiner le langage ordinaire utilis√© dans la vie quotidienne pour comprendre la philosophie. Ils ont cherch√© √† d√©mystifier les concepts philosophiques complexes en les ramenant √† des usages linguistiques ordinaires.

Langage ordinaire (philosophie du). - Courant philosophique qui a √©merg√© au milieu du XXe si√®cle, et est principalement associ√© √† Ludwig Wittgenstein, J.L. Austin, et Gilbert Ryle. Cette approche se distingue par son int√©r√™t pour l'analyse du langage quotidien, ordinaire, plut√īt que pour des constructions th√©oriques abstraites.  Les philosophes du langage ordinaire consid√®rent que de nombreux probl√®mes philosophiques peuvent √™tre r√©solus en analysant attentivement la fa√ßon dont les mots et les expressions sont utilis√©s dans le langage quotidien. Ils sont pr√©occup√©s par les confusions qui peuvent d√©couler d'un usage inappropri√© ou ambigu des mots. Ces philosophes √©taient souvent critiques √† l'√©gard des traditions philosophiques qui utilisent un langage tr√®s abstrait ou qui semblent s'engager dans des sp√©culations m√©taphysiques √©loign√©es de l'usage quotidien de la langue. Ils ont cherch√© √† dissiper les illusions philosophiques en montrant comment elles r√©sultaient souvent d'une mauvaise utilisation du langage. Wittgenstein, en particulier, a soulign√© l'importance du contexte dans la compr√©hension de la signification des mots. Selon lui, le sens des mots est souvent d√©termin√© par le contexte linguistique et social dans lequel ils sont utilis√©s. Cette id√©e est exprim√©e dans le Tractatus Logico-Philosophicus et les Investigations philosophiques. Les philosophes du langage ordinaire ont adopt√© une approche pragmatique, insistant sur l'utilisation pratique du langage plut√īt que sur des consid√©rations th√©oriques abstraites.

Langage priv√©. - Dans ses Investigations philosophiques,  Wittgenstein examine la possibilit√© d'un langage enti√®rement priv√©, c'est-√†-dire un langage que seul un individu pourrait comprendre et utiliser, sans aucune r√©f√©rence √† des crit√®res externes ou √† une communaut√© linguistique partag√©e. Il remet en question la coh√©rence d'un tel langage priv√© en argumentant qu'une compr√©hension du langage d√©pend fondamentalement de l'usage social du langage : le sens des mots et des expressions ne peut √©merger que dans le contexte d'une communaut√© linguistique partageant des pratiques de vie sp√©cifiques, ou, comme il le dit, dans le contexte de jeux de langage. Dans un langage priv√©, il n'y aurait pas de crit√®res objectifs permettant de v√©rifier ou de corriger l'utilisation des mots. Le sens des mots serait d√©termin√© par les exp√©riences individuelles subjectives, ce qui rendrait impossible une communication effective.

Langage universel. - Id√©e entendue de diverses fa√ßon au cours de l'histoire. Certains philosophes ont cherch√© √† √©tablir des principes grammaticaux communs, tandis que d'autres ont √©tudi√© des langages formels ou des structures sous-jacentes communes √† toutes les langues humaines. - La plus ancienne tentative notable pour constituer un langage universel remonte √† Raymond Lulle (1232-1316), qui a d√©velopp√© un syst√®me appel√© Ars Magna (Le Grand Art) destin√© √† servir de langage symbolique universel qui pourrait √™tre utilis√© pour d√©battre, argumenter et parvenir √† la v√©rit√© dans tous les domaines de la connaissance. Ce langage √©tait bas√© sur des combinaisons de lettres et de chiffres repr√©sentant des concepts et des relations logiques. - Les grammairiens de Port-Royal  (Grammaire g√©n√©rale et raisonn√©e, 1660) ont d√©velopp√© l'id√©e d'une grammaire g√©n√©rale, fond√©e sur des principes logiques et rationnels, qui serait applicable √† toutes les langues. Ils pensaient que le langage avait une structure inn√©e bas√©e sur des id√©es claires et distinctes. - Leibniz (1746-1716) envisageait, pour sa part, un langage formel symbolique, caract√©ristique universelle, qui permettrait de repr√©senter toutes les connaissances de mani√®re claire et sans ambigu√Įt√©. Ce devait √™tre un langage qui aurait pu servir de base √† la r√©solution de controverses philosophiques et scientifiques. -  Noam Chomsky (n√© en 1928) a introduit la notion de grammaire g√©n√©rative universelle. Sa th√©orie repose sur l'id√©e que la capacit√© √† acqu√©rir une langue est inn√©e chez les √™tres humains. Selon Chomsky, il existe une structure sous-jacente commune √† toutes les langues humaines, et cette structure est h√©rit√©e g√©n√©tiquement. Il met l'accent sur les structures profondes du langage plut√īt que sur les structures de surface observables. - Dans une perspective tr√®s diff√©rente, plusieurs langues artificielles ont aussi √©t√© imagin√©es, √† l'instar de l'esperanto de  L. L. Zamenhof, une langue construite dans l'espoir de faciliter la communication internationale et de surmonter les barri√®res linguistiques.

Langue. - Une langue est un système de signes conventionnels dont les humains se servent pour communiquer leurs pensées. Elle se compose de sons articulés et significatifs, c'est-à-dire de mots.

Latitudinarisme. - Approche philosophique n√©e en Angleterre au XVIIe si√®cle et souvent associ√©e √† l'√Čglise d'Angleterre. Le latitudinarisme est souvent consid√©r√© comme une r√©ponse aux conflits religieux qui avaient d√©chir√© l'Angleterre au cours du XVIe si√®cle, en particulier entre les anglicans et les puritains. Les latitudinaires cherchaient √† √©viter ces conflits en adoptant une position plus souple et plus tol√©rante sur les questions de foi et de pratique religieuse.

L√©galit√©. - Conformit√© √† la loi. Les discussions sur la l√©galit√© portent sur la source du droit, la l√©gitimit√© du pouvoir, la relation entre le droit et la morale et la mani√®re dont les lois contribuent √† la justice et √† la vie en soci√©t√©. Locke, Rousseau et John Rawls ont abord√© la question de la l√©galit√© dans le contexte de la th√©orie politique. Leurs questions sont relatives √† la source du droit, √† la l√©gitimit√© du pouvoir et √† la relation entre l'√Čtat et les individus. H.L.A. Hart et Lon L. Fuller ont d√©battu de la nature des r√®gles juridiques, de l'obligation l√©gale et de la relation entre le droit et la morale. Hart, par exemple, a d√©velopp√© la th√©orie du positivisme juridique, affirmant que la validit√© d'une r√®gle d√©pend de sa conformit√© √† d'autres r√®gles, plut√īt que de crit√®res moraux. Certains philosophes √©thiques s'interrogent sur l'id√©e selon laquelle la conformit√© √† la loi est synonyme de comportement √©thique. Des penseurs comme Martin Luther King Jr. ont plaid√© pour la d√©sob√©issance civile en cas de lois jug√©es injustes sur la base de principes moraux sup√©rieurs. Michel Foucault a √©tudi√© la l√©galit√© dans le contexte des institutions sociales et des m√©canismes de pouvoir. Il a examin√© comment le pouvoir est exerc√© √† travers des discours, des pratiques sociales et  les institutions l√©gales.

Leibniz-Wolf (Ecole de). - Mouvement philosophique et scientifique du XVIIIe siècle. Fondé par Christian Wolff, et influencé par la philosophie de Leibniz, ce mouvement a cherché à développer une approche systématique de la philosophie en combinant la logique, la métaphysique et la théologie, et a développer une méthode scientifique universelle. Outre Wolff, cette école, également connue sous le nom de philosophie allemande préclassique, a eu pour membres Johann Georg Sulzer, Johann Heinrich Lambert et Alexander Baumgarten, notamment.

Lemme (L√®mma =  ce qu'on prend ou re√ßoit, une des pr√©misses, de lambanein = prendre). - a) En math√©matiques : proposition ou remarque pr√©liminaire, √©tablie pour pr√©parer la d√©monstration d'une proposition ou th√®se principale. Spinoza se sert souvent de ce terme. - b) En logique : Aristote (Topiques, L. 1, Ch. 1, ¬ß 9 ; VIII, Ch. I ¬ß 9) entend par l√† les pr√©misses du syllogisme. - Ce mot signifie aussi : ce que l'on prend pour accord√©, assomption, th√®se.

Lettre. - Terme qui se réfère généralement à une unité graphique ou phonique de l'alphabet, utilisée pour former des mots et des phrases. La logique et les mathématiques ont un emploi particulier des lettres. Elles peuvent servir par exemple à désigner des paramètres, de variables, des fonctions ou d'autres opérateurs.

Libéralisme (de Libéral, de liberalis = qui concerne la liberté, de liber = libre) :

a) Sens g√©n√©ral : doctrine favorable √† la libert√©. 

b) Sens particuliers : 

1¬į) Lib√©ralisme politique : syst√®me qui pr√īne les libert√©s publiques et individuelles. 

2¬į) Lib√©ralisme √©conomique : syst√®me qui repose sur la libert√© d'entreprendre et de commercer.

Lib√©ration. - Le concept associ√©e √† la recherche de la libert√©, de l'autonomie et de l'√©panouissement personnel et collectif. Contrairement √† la libert√© qui se d√©finit dans l'absolu, la lib√©ration est relative √† une situation particuli√®re (contrainte, attache, etc.) et au mouvement pour s'en extraire (Emancipation). Du point de vue politique, la lib√©ration peut faire r√©f√©rence √† la lutte contre l'oppression, la domination ou la tyrannie. Frantz Fanon, dans Les Damn√©s de la Terre, d√©fend la n√©cessit√© de la lib√©ration des peuples colonis√©s et opprim√©s. La lib√©ration politique implique souvent une transformation des structures sociales pour permettre une plus grande √©galit√© et autonomie. Dans le contexte social, la lib√©ration peut √™tre li√©e √† la recherche d'une plus grande √©galit√©, d'une justice sociale et de la fin des discriminations. Simone de Beauvoir, par exemple, s'est attach√©e √† examiner la lib√©ration des femmes vis-√†-vis des normes sociales restrictives. La lib√©ration sociale peut √©galement correspondre √† la lutte contre d'autres formes d'oppression li√©es √† l'origine, √† la classe sociale, √† la sexualit√©, etc. Sur le plan moral, la lib√©ration peut signifier la recherche d'une autonomie morale, o√Ļ les individus agissent en accord avec leurs propres principes √©thiques plut√īt qu'en r√©ponse √† des pressions externes. La philosophie de l'√©thique de la vertu, par exemple, insiste sur la lib√©ration de l'individu par le d√©veloppement de vertus morales. Dans le domaine de l'existentialisme, la lib√©ration peut √™tre consid√©r√©e comme la r√©alisation de la libert√© individuelle face √† l'absurdit√© de l'existence. Certains courants philosophiques et religieux, enfin, consid√®rent la lib√©ration comme la recherche de la transcendance ou de la lib√©ration spirituelle.

Libertaire (de Liberté) : mot nouveau pour désigner les partisans de la doctrine anarchiste.

Libertarisme ou libertarianisme -  Philosophie politique qui met l'accent sur la libert√© individuelle, la propri√©t√© priv√©e, et la limitation du pouvoir gouvernemental. Les libertariens soutiennent g√©n√©ralement une soci√©t√© bas√©e sur la coop√©ration volontaire, l'√©change libre sur les march√©s, et la primaut√© des droits individuels. 

Libert√© (Libertas, de liber = libre). - Facult√© de choisir. - La libert√© morale consiste dans le pouvoir de choisir entre deux actes. C'est une donn√©e primitive de la conscience et les preuves qu'on propose de la libert√© sont plut√īt des r√©futations du fatalisme que de v√©ritables preuves.

Libert√© physique ou absence de contrainte, libert√© civile et politique, libert√© de conscience, toutes ces libert√©s impliquent la libert√© morale, l'initiative personnelle emp√™ch√©e ou favoris√©e par les circonstances  ext√©rieures, mais toujours une et identique dans le for int√©rieur. 

Les systèmes qui nient la liberté sont appelés déterminisme et fatalisme.

L'id√©e de libert√© semble corr√©lative de l'id√©e de responsabilit√© pour la plupart des philosophes, c'est la libert√© qui fonde la responsabilit√©; pour Kant, elle en r√©sulte et n'est qu'un postulat de la loi morale. Il dit encore que l'humain est libre dans le monde des noum√®nes o√Ļ il se donne √† lui-m√™me son caract√®re, d'o√Ļ d√©rivent ses actes, et n√©cessit√© dans le monde des ph√©nom√®nes, dans sa personnalit√© empirique : c'est ce qu'on nomme quelquefois libert√© noum√©nale.

Libertins spirituels. - Mouvement panthéiste né en Flandre au XVIe siècle.

Libre arbitre. - Le libre-arbitre est essentiellement la liberté de choix, la liberté intérieure.

Libre-échange. - En économie politique, système d'après lequel les transactions commerciales entre peuples devraient être facilitées, affranchies des taxes, etc. C'est le laisser-faire, le laisser-passer. - Le libre-échangisme s'oppose au protectionnisme.

Libre Esprit (Fr√®res du). - Mouvement panth√©iste vn√© dans la vall√©e du Rhin et surtout florissant au XIVe si√®cle. 

Libre-penseur. - D√©signe qui pense par lui-m√™me, et notamment, en mati√®re religieuse, celui qui ne soumet sa raison √† l'entrave d'aucun dogme. 

Lieu. - Dans la philosophie d'Aristote, la cat√©gorie du lieu concerne la position spatiale des objets. Aristote a consid√©r√© le lieu comme une caract√©ristique inh√©rente aux substances, c'est-√†-dire aux objets individuels existant dans le monde. La sous-cat√©gorie associ√©e √† la cat√©gorie du lieu est simplement o√Ļ  et elle se r√©f√®re au lieu physique ou spatial o√Ļ un objet ou une substance est situ√©. Par exemple, si nous disons "Socrate est √† Ath√®nes", le lieu (o√Ļ) est Ath√®nes. C'est un moyen de sp√©cifier la position spatiale d'une substance.

Lieu géométrique. - Ensemble des points d'une courbe répondant à une condition donnée.

Lieux communs : ce sont les sources d'arguments. Aristote appelait cette partie de là logique, les Topiques.

Ligne. - Courbe √† une seule dimension. Elle correspond  √† une succession continue de points sans largeur ni √©paisseur. Une ligne droite est une courbe de courbure nulle, tandis qu'une courbe, de fa√ßon plus g√©n√©rale, est une ligne qui change continuellement de direction.

Ligne divis√©e. - Notion introduite par Platon dans La R√©publique (livre VI), en relation avec l'all√©gorie de la caverne, et le th√®me de la connaissance. Il utilise cette image pour expliquer comment la connaissance progresse de l'opinion √† la compr√©hension math√©matique, puis √† l'intelligence dialectique, et enfin √† la contemplation de l'Id√©e du Bien. La partie inf√©rieure de la ligne repr√©sente le monde sensible, compos√© d'objets mat√©riels que nous percevons par nos sens. Au bas de cette section se trouvent les ombres et les images, qui sont des r√©pliques moins r√©elles des objets physiques. La partie sup√©rieure de la ligne repr√©sente le monde intelligible, qui est constitu√© de r√©alit√©s intelligibles accessibles par la raison plut√īt que par les sens. Au-dessus des ombres se trouvent les objets physiques r√©els, tandis qu'au-dessus des images se trouvent les formes math√©matiques, des entit√©s abstraites. La partie sup√©rieure de la ligne est ensuite divis√©e en deux : la premi√®re section repr√©sente les Formes (ou Id√©es), des r√©alit√©s parfaites et √©ternelles, telles que la Justice, la Beaut√©, etc.; la partie la plus √©lev√©e de la ligne repr√©sente la Forme supr√™me, l'Id√©e du Bien, qui est la source de toute connaissance et de toute r√©alit√©.  Selon Platon, les philosophes, en particulier les gardiens-philosophes de la cit√© id√©ale, doivent atteindre le sommet de la ligne pour comprendre la v√©ritable r√©alit√© et guider la soci√©t√©

Limitatif (de Limitatum, supin de limitare = délimiter, de limes, chemin de traverse, limite entre deux champs) : Kant appelle jugement limitatif ou indéfini celui qui range le sujet dans une classe déterminée par la négation d'un attribut : A est non-B. - Le caractère des termes négatifs est de limiter.

Limitation (Limitatio, de limitation, supin de limitare = délimiter) : c'est un des termes de la catégorie de la qualité, d'après Kant. - La conversion par accident s'appelle quelquefois par limitation.

Limite (Limes, limitis = chemin de traverse, limite, de limus = oblique) : la limite c'est la n√©gation d'une √©tendue ult√©rieure. - En math√©matique, la limite est une grandeur dont une autre grandeur peut s'approcher ind√©finiment sans pouvoir jamais l'atteindre; ex. : le cercle est la limite des p√©rim√®tre, des polygones inscrits. A l'infini, la grandeur, qu'on fait varier, se confond avec sa limite. - Au sens figur√© : la limite est le point extr√™me o√Ļ s'arr√™te l'exercice d'un pouvoir; ex. : limites des op√©rations intellectuelles; limites du droit de propri√©t√©, limites des fonctions de l'√Čtat, etc.

Linguistique '(de Linguiste, de lingua = langue).  - La linguistique peut √™tre d√©finie la science du langage a surtout pour objet le langage parl√©, c.-√†-d. le langage articul√©. Elle diff√®re de la philologie en ce que celle-ci est l'√©tude d'une langue particuli√®re, consid√©r√©e sous les divers rapports de la grammaire, de l'√©tymologie de la lexicologie, de la filiation, de l'interpr√©tation et de la critique. En d'autres termes, la linguistique est la philologie comparative. On peut aussi dire que la philologie est essentiellement une science historique , tandis que la linguistique est une science naturelle. La linguistique √©tudie les √©l√©ments du langage, tandis que la philologie a pour objectif le langage form√©. Comme l'a dit le grand linguiste Schleicher, ¬ę le linguiste est au philologue ce que le naturaliste est au jardinier ¬Ľ.

Ce qu'on a appelé la grammaire comparée se rapproche beaucoup de la linguistique; toutefois, tandis que linguistique se dit de toute étude comparative de plusieurs idiomes quelconques ou même de toutes les langues connues, la grammaire comparée est la linguistique limitée à des langues appartenant à la même famille et généralement composées des mêmes radicaux. La comparaison grammaticale étudie principalement les formes des mots; la comparaison lexicale, au contraire, est plus spécialement l'objet de la linguistique. (A19).

Littérature. - On entend généralement par littérature l'ensemble des oeuvres utilisant le langage (écrit ou parlé) et ayant une vocation esthétique. Dans un sens plus général, c'est l'ensemble des production écrites ou parlées, quelle que soit leur visée esthétique. Dans un sens plus restreint, c'est l'ensemble des écrits qui concernent un domaine particulier. Par exemple, la littérature médicale est l'ensemble des livres et des articles qui traitent de sujets médicaux.

Localisation. - Action de situer, soit au sens propre (localisation dans l'espace et dans le temps), soit en un sens figuré (localisation de concepts dans une théorie, localisation de la signification dans une phrase, etc.).

Logarithme  (du latin scientifique Logarithmus, de logos = rapport; arithmos = nombre) : la fonction logarithme (log) est la fonction inverse de la fonction exponentielle (exp) rapport√©e √† une base b, [expb (x) = bx]. Ainsi, le logarithme x du nombre n est √† la puissance √† laquelle il faut √©lever un nombre b  pour obtenir n : bx = n, soit logb (n) = g.

Logarithmique (courbe). - On appelle courbe logarithmique, ou courbe logistique, ou simplement logarithmique, une courbe qui pr√©sente cette propri√©t√©, que ses abscisses sont proportionnelles aux logarithmes des ordonn√©es correspondantes. L'√©quation de la logarithmique est x = a. log y. Cette courbe fut propos√©e par le savant j√©suite Gr√©goire de Saint-Vincent, bient√īt apr√®s la d√©couverte des logarithmes, et ses principales propri√©t√©s furent l'objet des recherches de Huygens et d'autres math√©maticiens c√©l√®bres.

Logicisme. - 1) Toute doctrine qui rapporte une activit√© de la raison √† la logique. 2) Doctrine philosophique d√©velopp√©e √† la fin du XIXe si√®cle par les philosophes Gottlob Frege et Bertrand Russell, qui ont tent√© de fonder les math√©matiques sur la logique symbolique. 

Logique  (Logikos, = relatif au raisonnement, de logos, discours, raison.  a) ce qui est conforme aux exigences de la raison ; b) rapports logiques, c'est-√†-dire
fond√©s sur la nature des choses. - La logique  (√® techn√® logik√® = qui concerne le raisonnement, de
discours raison) a d'abord été définie comme la science de bien penser. - Kant définit la logique comme la science des lois de la pensée et de l'usage légitime de l'entendement. Port-Royal nous fournit cette définition : La logique est l'art de bien conduire sa raison dans la connaissance des choses, tant pour s'en instruire soi-même que pour en instruire les autres.

La logique est donc tout √† la fois une science et un art, l'art de penser et la science des lois rigoureuses de la pens√©e. On la divise en logique formelle, pure ou th√©orique (c'est la science proprement dite) et en logique appliqu√©e ou pratique (c'est plut√īt l'art). La premi√®re √©tudie les formes de la pens√©e dans ce qu'elles offrent de g√©n√©ral et de commun; la seconde √©tudie la forme de chaque science en particulier et devient ainsi la m√©thodologie ou science des m√©thodes.

Logistique = logique math√©matique (Logisticus = qui concerne le calcul le raisonnement). - Discipline qui √©tudie les structures formelles du raisonnement. Elle utilise des outils math√©matiques pour analyser la validit√© des arguments, les relations formelles entre propositions, et les fondements des math√©matiques. On y reconna√ģt plusieurs domaines qui aident √† comprendre les principes logiques et les structures formelles qui sous-tendent la pens√©e, le raisonnement et le langage : la th√©orie des ensembles, la th√©orie des mod√®les, la th√©orie de la d√©monstration, la th√©orie des graphes et la th√©orie des automates. La logistique fournit la structure formelle et les principes logiques qui servent de fondement √† la philosophie analytique. Elle fournit des outils math√©matiques pour √©tudier et √©valuer la validit√© des raisonnements et des arguments ou pour aborder divers probl√®mes philosophiques, en mettant l'accent sur la clart√© et la rigueur conceptuelle.

Logos, mot grec qui signifie la parole, et en m√™me temps l'intelligence, la raison, que la parole manifeste au dehors. Dans la philosophie de Platon (Platonisme), le Logos √©tait Dieu m√™me, consid√©r√© comme la source des id√©es. - Chez Philon, le Logos occupe un rang interm√©diaire entre Dieu et les puissances ; mais il n'a pas une personnalit√© distincte : c'est une abstraction personnifi√©e. - St Jean l'√Čvang√©liste s'est servi du mot Logos pour d√©signer la seconde personne de la Trinit√©, et, pour le traduire en latin, St J√©r√īme ne trouva d'autre terme que Verbum, dont nous avons fait le Verbe. (R.).

Logos (philosophies du). -  Courants philosophiques, qui, par del√† la vari√©t√© de perspectives et de r√©flexions adopt√©es sur la nature et le r√īle du logos dans notre compr√©hension du monde, ont en commun l'importance  attach√©e √† la raison. On range parmi les philosophies du logos : la ph√©nom√©nologie et l'herm√©neutique, le structuralisme et le Post-structuralisme, le pragmatisme, la  philosophie analytique, et la ph√©nom√©nologie existentialiste

Loi (de Legem) : sens général : règle constante d'après laquelle un ordre de choses s'accomplit ou doit s'accomplir.

La loi n'est pas la cause, mais la manière constante et invariable dont la cause agit.

Il ne faut pas confondre les lois de la nature avec ce que les philosophes ont appelé la loi naturelle : cette dernière expression désigne la loi morale qui nous ordonne de faire le bien et d'éviter le mal; les lois de la nature sont les généralisations de faits que l'on obtient par la méthode inductive.

On oppose quelquefois la loi morale et les lois √©crites ou positives, c'est-√†-dire celles qui sont l'oeuvre des l√©gislateurs et se trouvent inscrites  dans nos codes.

Les lois, a dit Montesquieu, sont Les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses cette définition s'applique parfaitement à toutes les espèces de lois, par les lois physiques ne sont sans doute contingentes que relativement.

LokayataCh√Ęrv√Ęka.

Longueur. - Grandeur physique qui indique la distance entre deux points. Elle est définie comme la mesure de la dimension d'un objet ou d'un segment de droite, exprimée en unités de longueur particulières (cm, mètres, km, etc.). - En mathématiques, la longueur peut être utilisée pour mesurer une distance long d'une courbe quelconque (circonférence d'un cercle, diagonale d'un carré, etc.). La longueur d'une ligne ou d'un segment correspond à la mesure de la distance entre ses extrémités. Par exemple, la longueur d'un segment de ligne AB peut être mesurée en déterminant la distance entre les points A et B.

Longueur d'onde. - Distance entre deux points d'une onde qui ont la même phase. Ou, si l'on préfère, c'est la période spatiale d'une onde progressive.

Louvain (Ecole de). - On a d'abord ce nom √† un mouvement intellectuel et culturel qui a eu lieu au XVIe si√®cle dans la ville de Louvain, et qui a travaill√© dans les domaines de la th√©ologie, de la philosophie et de la linguistique, en cherchant √† s'appuyer sur des outils rationnels. Une Nouvelle Ecole de Louvain  s'est form√©e dans les ann√©es 1960 au sein de l'Universit√© catholique de Louvain. Celle-ci s'est signal√©e par une attention particuli√®re √† l'histoire de la philosophie et une ouverture √† l'interdisciplinarit√©. Parmi les penseurs de l'√Čcole de Louvain moderne, on peut citer  : Joseph Mar√©chal, √Čtienne Gilson, Maurice De Wulf, L√©on No√ęl, Louis De Raeymaeker et Michel de Waele. 

Lumière (Luminaria, volets d'une fenêtre, pluriel du neutre luminare, employé substantivement comme féminin singulier, de lumen = lux, lumière, de luceo = briller) : les Scolastiques appellent lumière intellectuelle la vertu illuminatrice de l'intellect agent.

Lutte des classes. - Concept dans la théorie sociale, principalement associée au marxisme, mais repris par d'autres théories sociologiques et politiques. Il repose sur l'idée que la société est structurée autour de la propriété des moyens de production (terre, usines, ressources) et que les différents groupes sociaux (Classe sociale) ont des intérêts antagonistes en fonction de leur position dans cette structure. Marx a développé la théorie de la lutte des classes dans le contexte de son analyse du capitalisme. Selon Marx, la société se divise en deux classes principales : la bourgeoisie (classe possédante) et le prolétariat (classe travailleuse). La bourgeoisie détient les moyens de production et tire profit du travail du prolétariat, qui, lui, vend sa force de travail pour survivre. La lutte des classes se manifeste dans les conflits entre ces deux classes pour la répartition des ressources, des salaires, des conditions de travail, etc. Marx a prédit que cette lutte des classes mènerait à une révolution prolétarienne, renversant le système capitaliste et conduisant à l'émergence d'une société sans classes, le communisme.

Lyc√©e (Lyceum, Lykeion) : Aristote enseignait dans un gymnase au Nord-Est d'Ath√®nes, voisin d'un temple consacr√© √† Apollon surnomm√© tueur de loups (lykos). D'o√Ļ le nom de l'√©cole aristot√©licienne au temps de son fondateur.

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