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Dictionnaire des idées et méthodes
B
Bade (Ecole de). - Ecole n√©okantienne de la fin du XIXe  s. et du d√©but du XXe s. Ses repr√©sentants ont  cherch√© √† r√©affirmer et √† d√©velopper les id√©es fondamentales du criticisme kantien, mettant l'accent sur la nature a priori de certaines connaissances et sur la critique de la m√©taphysique.

Balistique. - (du grec balléin, lancer), art de diriger et de faire jouer les machines de guerre. C'est ce que les Grecs appelaient l'acontismologie et la catapultique. La balistique n'est devenue une branche importante de l'art militaire que depuis l'invention des armes à feu : elle calcule les lignes des trajectoires, le tir des bouches à feu, l'effet des projectiles, etc. (B.).

Bamalipton : mode de la quatrième figure du syllogisme.

Banalit√©. -  Caract√®re de ce qui est commun, ordinaire, habituel, sans rien d'exceptionnel ou de remarquable. Ce concept exprime la simplicit√©, la routine ou la normalit√© de quelque chose. Une situation, un √©v√©nement ou un objet banal est souvent per√ßu comme √©tant typique, fr√©quent et sans particularit√©s significatives. Cela peut s'appliquer √† des objets, des √©v√©nements ou des id√©es qui manquent de caract√®re distinctif. - En litt√©rature, le terme peut √™tre utilis√© pour d√©crire des √©l√©ments narratifs ou des motifs qui sont couramment utilis√©s et qui ne suscitent pas d'√©tonnement en raison de leur fr√©quence ou de leur pr√©visibilit√©. - Dans le contexte de la philosophie existentialiste, le terme est utilis√© pour d√©crire la vie quotidienne ordinaire qui peut sembler d√©pourvue de sens ou de significations profondes. Sartre, en particulier, s'est int√©ress√© √† la tension qui na√ģt de la recherche de la signification dans une existence quotidienne souvent per√ßue comme banale. - L'expression banalit√© du mal, utilis√©e par Hannah Arendt, se r√©f√®re √† la mani√®re dont le mal peut devenir ordinaire et routinier, souvent sans √™tre remarqu√© comme tel : 

Banalité du Mal. - Concept développé par Hannah Arendt (1906-1975) dans dans son ouvrage Eichmann à Jérusalem : rapport sur la banalité du mal (1963), et qui émerge de sa réflexion sur le procès d'Adolf Eichmann, un haut fonctionnaire nazi responsable de l'organisation logistique de la solution finale, le plan d'extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale (L'Holocauste). Arendt a assisté au procès et s'est attachée à comprendre la nature du mal dans ces circonstances.

La banalité du mal ne signifie pas que le mal en soi est ordinaire ou trivial. Au contraire, le terme se réfère à la manière dont le mal peut émerger de manière ordinaire, quotidienne, et souvent bureaucratique, sans nécessiter une motivation diabolique ou une malveillance extrême de la part de l'individu.

Dans le cas d'Eichmann, Arendt a observ√© que ce haut fonctionnaire nazi n'√©tait pas un monstre sadique, mais plut√īt un bureaucrate ordinaire qui ex√©cutait ses t√Ęches administratives de mani√®re routini√®re et impersonnelle. Elle a soulign√© que le mal dans ce contexte n'√©tait pas le r√©sultat de la haine individuelle, mais plut√īt de l'absence de pens√©e critique et de responsabilit√© personnelle. Le mal peut √©galement √™tre perp√©tr√© par des individus ordinaires qui se conforment aux normes sociales et aux ordres sans remettre en question la moralit√© de leurs actions.

Baralipton (la syllabe pton n'est plac√©e l√† qu'euphoniquement et ne compte pas). - Nom donn√© √† Bamalipton consid√©r√© comme mode indirect de la premi√®re figure du syllogisme : 1er mode de la 4e figure du syllogisme, ou 1er mode indirect de la 1re (Barbara). Dans un syllogisme en baralipton, les deux premi√®res propositions sont g√©n√©rales et la 3e particuli√®re, le terme moyen √©tant le sujet de la 1re proposition et l'attribut ou pr√©dicat de la 2e. Ainsi : 

BA : Tout mal doit √™tre craint; 
RA : Toute passion violente est un mal;
LI : Donc ce qu'il faut craindre, c'est une passion violente.
Barbara. -  Formule mn√©monique qui d√©signe, dans la th√©orie du syllogisme, le 1er mode direct de la 1re figure (Syllogisme, figure, mode).

Barbari : Leibniz appelle ainsi le mode de la première figure obtenu par la subalternation de la conclusion de Barbara. Par exemple : Tout C est A, or tout B est C, donc quelque B est A. - La Logique de Port-Royal applique le nom de Barbari à Bamalipton.

Barcelone (Ecole de). - Groupe de philosophes espagnols actifs en Catalogne dans des années 1960 et 1970.

Barocentrique (courbe) ou courbe de Gauss. - C'est une courbe en forme de cloche qui représente la distribution statistique de données dans une population. Cette courbe est utilisée en statistique pour décrire la répartition d'une variable aléatoire continue.

Baroco : syllogisme, 4e mode de la 2e figure. - Dans un syllogisme en baroco, la majeure est universelle affirmative, la mineure et la conclusion sont particuli√®res n√©gatives. Ainsi : 

BA : Toute vertu est accompagn√©e de discr√©tion; 
RO : Quelques z√®les ne sont pas accompagn√©s de discr√©tion; 
CO : Donc, quelques zèles ne sont pas vertus.
Barycentre. - Extension math√©matique √† des ensembles de points dans un espace vectoriel de la notion physique de centre masse (ou de centre de gravit√©).  Pour un ensemble fini de points P1, P2,‚Ķ, Pn dans un espace vectoriel E, le barycentre est d√©fini comme une combinaison lin√©aire de ces points, o√Ļ les coefficients de la combinaison lin√©aire sont des nombres r√©els tels que leur somme est √©gale √† 1. Si les coefficients (poids) associ√©s √† chaque point sont őĪ1, őĪ2,‚Ķ, őĪn respectivement, alors le barycentre G est donn√© par la formule :

G= (őĪ1P1 + őĪ2P2+  ‚Ķ+ őĪnPn) / (őĪ1 + őĪ2+‚Ķ+őĪn)

Typiquement, ces poids őĪi‚Äč repr√©sentent la masse ou l'importance de chaque point dans le syst√®me. Par exemple, dans un syst√®me physique, si les points repr√©sentent des masses ponctuelles, les poids peuvent √™tre proportionnels √† ces masses. La notion de barycentre a des applications en g√©om√©trie, en analyse fonctionnelle, et dans diverses branches des math√©matiques appliqu√©es. 

Barycentriques (coordonn√©es). - M√©thode de repr√©sentation des points dans un triangle ou, de mani√®re plus g√©n√©rale, dans un espace affine. Dans un triangle, les coordonn√©es barycentriques d'un point sont d√©finies par rapport aux trois sommets du triangle. Pour un triangle ABC, les coordonn√©es barycentriques d'un point P sont donn√©es par les trois nombres r√©els (x,y,z)(x,y,z), o√Ļ : x est la proportion de la distance de P √† BC par rapport √† la distance de A √† BC; y est la proportion de la distance de P √† AC par rapport √† la distance de B √† AC; et z est la proportion de la distance de P √† AB par rapport √† la distance de C √† AB. Les coordonn√©es barycentriques interviennent dans divers domaines math√©matiques, notamment en g√©om√©trie, en analyse convexe et en m√©canique des fluides, entre autres. Elles fournissent une mani√®re √©l√©gante de d√©crire les relations entre les points dans un triangle et peuvent √™tre utilis√©es dans les preuves de th√©or√®mes g√©om√©triques et dans les calculs de g√©om√©trie computationnelle.

Base. - a) En astronomie, la distance mesur√©e sur la terre entre deux points tr√®s √©loign√©s pour en d√©duire la longueur des degr√©s du m√©ridien, et par suite les dimensions de la Terre, ou ses distances au Soleil ou aux diverses plan√®tes. - b) en g√©om√©trie, 1¬į) celle des lignes ou surfaces d'une figure g√©om√©trique servant √† √©valuer la superficie ou le volume de cette figure. C'est ainsi que l'on dit que la surface d'un triangle a pour mesure le produit d'un de ses c√īt√©s servant de base par la moiti√© de la perpendiculaire abaiss√©e du sommet oppos√© √† la base sur cette base elle-m√™me; que le volume d'une pyramide est √©gal au produit de sa base (surface oppos√©e au sommet) par le tiers de la distance de ce sommet √† la base; 2¬į)dans le lev√© des plans , on appelle base une ligne droite mesur√©e avec soin et servant de point de d√©part dans la construction des diverses lignes qui serviront √† d√©terminer les distances on les positions des points √† relever, ou des superficies √† √©valuer. - d) en arithm√©tique, le nombre qui exprime le rapport existant entre les diff√©rentes unit√©s successives d'un syst√®me de num√©ration. Ainsi notre syst√®me usuel, dont la base est 10, est appel√© syst√®me d√©cimal, parce que chaque unit√© ne vaut 10 de 1 ordre imm√©diatement inf√©rieur. Si, au contraire, chaque unit√© en valait 12 de l'ordre pr√©c√©dent, on aurait ce qu'on appelle le syst√®me duod√©cimal dont la base serait 12. e) Dans le calcul des logarithmes, on nomme base le nombre qui a pour logarithme l'unit√©.

Bayes (th√©or√®me de). - Principe fondamental en calcul des probabilit√©s et en statistiques qui permet de mettre √† jour nos croyances sur un √©v√©nement en tenant compte de nouvelles preuves ou informations. Il est nomm√© d'apr√®s Thomas Bayes, bien que ce th√©or√®me ait √©t√© formul√© et prouv√© apr√®s sa mort par Pierre-Simon Laplace. Si P(A|B) est la probabilit√© de l'√©v√©nement A sachant que B est vrai (la probabilit√© a posteriori), P(B|A) est la probabilit√© de l'√©v√©nement B sachant que A est vrai (la probabilit√© de B a posteriori), P(A) est la probabilit√© a priori de l'√©v√©nement A et P(B) est la probabilit√© de l'√©v√©nement B (la probabilit√© de B a posteriori), alors le th√©or√®me de Bayes sstipule que  P(A|B)=[P(B|A)√óP(A)]/P(B). 

Beau, Beauté (du latin populaire bellum = bon, beau, bellitatem) :

a) Objectivement : activit√© qui se d√©ploie d'une mani√®re puissante et ordonn√©e. 

b) Subjectivement : ce qui pla√ģt en tant qu'il est connu, ce qu'il fait bon conna√ģtre.

On a donn√© bien des d√©finitions du Beau, notamment celle-ci qu'on attribue √† Platon : c'est la splendeur du Vrai ou du Bien. Beaucoup d'esth√©ticiens le d√©finissent l'unit√© dans la vari√©t√©. Kant dit que ¬ę le beau est ce qui satisfait le libre jeu de l'imagination sans √™tre en d√©saccord avec les lois de l'entendement ¬Ľ. Il lui assigne quatre caract√®res essentiels;
1¬į Il est absolument d√©sint√©ress√©, c'est-√†-dire que nous le d√©clarons beau sans aucune con sid√©ration d'utilit√© ou d'int√©r√™t personnel;

2¬į) Il pla√ģt universellement sans concept, c'est-√†-dire sans avoir besoin d'√™tre d√©fini ou connu scientifiquement;

3¬į) Il est une finalit√© sans fin, c'est-√†-dire qu'il r√©alise la finalit√© interne de l'accord des parties avec le tout sans qu'il soit besoin de lui assigner une finalit√© externe ou un but autre que lui-m√™me;

4¬į Il est l'objet d'une satisfaction non seulement universelle, mais encore n√©cessaire, c'est-√†-dire que quiconque n'a pas l'esprit g√Ęt√©, non seulement le trouve beau, mais doit le trouver beau, en vertu m√™me de la constitution intellectuelle et sensible de l'esprit humain dont les lois g√©n√©rales sont constantes et les m√™mes pour tous les humains. 

On n'en apprendra pas davantage si l'on dit, après
Jouffroy, que le beau ¬ę est l'invisible manifest√© par le visible ¬Ľ ou, apr√®s Hegel, que le beau est ¬ę la manifestation sensible de l'id√©e ¬Ľ.

Les esth√©ticiens distinguent quelquefois le beau absolu (Dieu), et le beau id√©al (parfait et toujours  incompl√®tement r√©alis√© dans les objets et dans les √™tres que nous trouvons les plus beaux). Ils discutent cette question : Le beau est-il dans les objets (objectif) ou simplement dans l'esprit de l'homme (subjectif et relatif)? Voltaire exprime la th√©orie de la relativit√© du beau dans cette formule √©nergique :

¬ę Le beau id√©al, pour le crapaud, c'est sa crapaude. ¬Ľ
Enfin les esthéticiens s'attachent à distinguer le beau de l'agréable, de l'utile, du joli, du sublime.

Le beau n'est pas simplement ce qui pla√ģt aux sens ou qui r√©pond √† un besoin, car un objet peut satisfaire par exemple le sens du go√Ľt et de l'odorat, ou bien √™tre pour nous d'une tr√®s grande utilit√©, comme un ustensile, une arme, sans que nous songions √† le d√©clarer beau. 

Le joli, l'élégant sont encore le beau, mais dans la petitesse ou le détail.

Quant au sublime dont Kant distingue deux
esp√®ces, le sublime de grandeur et le sublime de puissance, il nous effraye et nous √©crase autant qu'il nous attire : au contraire, le beau rass√©r√®ne, comme la gr√Ęce, encore plus belle que la beaut√©.

Behaviorisme. - Courant de la psychologie qui renonce √† des hypoth√®ses telles que la conscience, ou √† des pratiques telles que l'introspection, et se fonde essentiellement sur l'√©tude du comportement (behavior en anglo-americain). 

Bergsonisme. - Nom quelque peu impr√©cis pour qualifier l'influence de la pens√©e de Bergson sur plusieurs courants n√©o-√©volutionnistes ou spiritualistes de la philosophie du XXe si√®cle. Parmi les th√®mes et concepts que ceux-ci on puis√© chez Bergson, on note celui d'√©lan vital, utilis√© par Bergson pour d√©crire une force cr√©atrice et √©volutive qui anime toute la r√©alit√© qui d√©bouche sur la notion d'√©volution cr√©atrice, qui vet que  l'√©volution n'est pas simplement un processus m√©canique ou d√©terministe, mais plut√īt un processus cr√©atif, impuls√© par l'√©lan vital. Cette √©volution cr√©atrice n'est pas pr√©visible et ne peut pas √™tre enti√®rement comprise par la science traditionnelle. L'intuition seule permet, explique Bergson, d'acc√©der √† la nature dynamique et fluide de la r√©alit√©. En lien direct avec cette √©volution cr√©atrice, une r√©flexion sur le temps, et plus sp√©cialement sur la dur√©e, dont l'analyse met au jour la possibilit√© de concilier libre-arbitre et d√©terminisme.

Besoin. - Ressenti √©ventuellement p√©nible ou exigence r√©elle d'un √™tre par rapport √† ce lui est, ou ce qu'il juge, indispensable √† son existence, √† son d√©veloppement ou √† l'obtention d'une fin quelconque.  S'oppose au d√©sir, qui va au-del√† de la simple n√©cessit√© et peut √™tre influenc√© par la culture, l'√©ducation ou d'autres d√©terminants sociaux. Les besoins sont souvent d√©finis comme des exigences physiques, psychologiques ou sociales essentielles √† la survie, au bien-√™tre ou √† l'√©panouissement d'un individu. Le psychologue Abraham Maslow a propos√© une hi√©rarchie des besoins humains, souvent repr√©sent√©e sous la forme d'une pyramide. Selon sa th√©orie, les besoins fondamentaux (nourriture, eau, abri), doivent √™tre satisfaits avant que l'individu ne puisse poursuivre des besoins plus complexes (s√©curit√©, amour, estime, accomplissement). En √©thique, la question se pose de savoir dans quelle mesure nous avons une obligation envers les autres pour satisfaire leurs besoins, en particulier ceux qui sont essentiels √† leur survie et √† leur bien-√™tre. Les th√©ories √©thiques, telles que l'√©thique du devoir (kantienne) ou l'√©thique cons√©quentialiste (utilitarisme), offrent diff√©rentes perspectives sur cette question. En philosophie politique, les d√©bats portent souvent sur la mani√®re dont la soci√©t√© peut et doit r√©pondre aux besoins de ses membres. Les th√©ories politiques divergent sur la mani√®re de prioriser, d'adresser et de garantir ces besoins dans une soci√©t√©. Dans l'existentialisme, la notion de besoin est souvent associ√©e √† l'id√©e d'une qu√™te de sens et d'authenticit√© dans la vie. Les existentialistes consid√®rent souvent que la compr√©hension de nos besoins fondamentaux est essentielle pour donner un sens √† notre existence.

Biais. - Déviation systématique de la pensée ou du jugement susceptible de rendre un fait non significatif.

Biconditionnel. - Terme qui se r√©f√®re √† une relation entre deux propositions qui sont toutes deux vraies (ou toutes deux fausses) en m√™me temps. Le biconditionnel est symbolis√© par le symbole "‚áĒ" ou "‚ÜĒ" et s'exprime comme si et seulement si.

Bien (de l'adverbe bien employ√© substantivement  l'adverbe vient du latin Bene): l'un des transcendantaux-: 1¬į) Subjectivement : ce que tous les √™tres recherchent. 2¬į) Objectivement : la perfection de l'√™tre. S'oppose √† Mal. - Le bien ou le bon (bonum) est l'objet de la volont√©, d'une tendance quelconque (Bonum est quod omnia appetunt). Il est donc essentiellement une fin. - Distinctions : Bien honn√™te, utile, d√©lectable. Le bien honn√™te ou le devoir est celui qui doit √™tre cherch√© absolument, pour lui-m√™me; le bien utile est celui qui est cherch√© pour un bien ult√©rieur; le bien agr√©able ou d√©lectable, c'est-√†-dire le plaisir, est celui que le sujet √©prouve par suite de l'obtention d'une fin. - Bien m√©taphysique, physique, moral. Le premier est dans l'√™tre m√™me, et, sous ce rapport : Tout est bon (Omne ens est bonum). Le bien physique est relatif aux diff√©rents √™tres; c'est pour chacun telle ou telle perfection. Le bien moral est propre aux √™tres raisonnables. - Axiomes scolastiques : Le bien est expansif, il aime √† se communiquer (Bonum est diffusivum sui), c'est-√†-dire que l'√™tre tend √† agir conform√©ment √† sa nature; de plus le bien est une fin, il attire donc √† lui et perfectionne tout par cet attrait. - Le bien est dans l'int√©grit√©, le mal dans un d√©faut quelconque (Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu), c'est-√†-dire que rien ne manque √† ce qui est bien, mais qu'il suffit qu'une chose manque √† ce qui est mal. Cet axiome s'applique au physique et au moral, aux oeuvres de l'artiste et √† celles de l'homme de bien. - Le bien du tout est aussi le bien des parties (Bonum totius est etiam bonum partium), au lieu que le mal du tout n'est pas toujours le mal des parties. - Dans le bien, mais non dans le mal, l'acte est pr√©f√©rable √† la puissance (In bonis actus praeferendus est potentiae). C'est-√†-dire que la puissance du bien va au mieux, tandis que la puissance du mal va au pire. - Il ne faut pas faire le mal pour qu'il arrive du bien (Non sunt facienda mala ut eveniant bona), c'est-√†-dire que la fin ne justifie pas les moyens. - Il ne faut pas faire le bien pour le mal, c'est-√†-dire qu'il ne suffit pas de faire ce qui est mat√©riellement bien, il faut encore que l'intention soit bonne.

Bien commun. - Ce qui est b√©n√©fique, utile ou souhaitable pour l'ensemble d'une communaut√© ou de la soci√©t√© dans son ensemble, et non pas pour un individu particulier. 

Bien (Souverain) : a) c'est-√†-dire le bien par excellence, par rapport auquel tous les autres ne sont que des moyens : c'est le sens d'Aristote et des Scolastiques. - b) Chez Kant : bien capable de satisfaire l'homme tout entier (Cf. Critique de la Raison pratique, Dialectique, chap. II). 

Bienveillance (de Bien et du vieux fran√ßais veuillant) : disposition √† vouloir du bien √† autrui. La bienveillance est souvent consid√©r√©e comme une vertu morale. Des philosophes comme Aristote ont soutenu que la pratique r√©guli√®re de la bienveillance conduit √† une vie meilleure et √† une soci√©t√© plus harmonieuse. Dans l'√©thique kantienne, la bienveillance est li√©e √† l'imp√©ratif cat√©gorique. Agir avec bienveillance signifie agir par devoir, en consid√©rant l'humanit√© comme une fin en soi, et en traitant les autres avec respect et dignit√©.  Dans le cadre du utilitarisme et du cons√©quentialisme, la bienveillance peut √™tre √©valu√©e en fonction de ses cons√©quences positives pour le plus grand nombre. Les actions bienveillantes sont celles qui maximisent le bonheur et minimisent la souffrance. Quant √† Hutcheson, il fonde toute la morale sur le sentiment de bienveillace, qu'il consid√®re inn√©. 

Bijection. - Fonction qui est à la fois injective et surjective, établissant ainsi une correspondance biunivoque entre les ensembles source et de destination (chaque élément de l'ensemble source est associé à un et un seul élément de l'ensemble de destination, et chaque élément de l'ensemble de destination est associé à un et un seul élément de l'ensemble source). Plus formellement, une fonction f:A→B est une bijection si, pour chaque élément aa dans l'ensemble A, il existe un unique élément b dans l'ensemble B tel que f(a)=b, et vice versa.

Binaire (du latin bini, deux à la fois). En arithmétique se dit du système de numération proposé par Leibniz, et d'après lequel tous les nombres seraient représentés par deux chiffres 1 et 0, au lieu des dix chiffres 0, 1 , 2, 3, 4, 5, 6, 9, 8, 9, presque universellement employés dans le système décimal. Dans le système binaire, chaque unité d'un ordre quelconque équivaudrait a deux unités de l'ordre immédiatement inférieur. En dehors du bouleversement que l'adoption du système binaire ou dyadique apporterait dans les habitudes, il présenterait cet autre inconvénient d'allonger démesurément les nombres écrits ou parlés. Les ordinateurs, eux, s'en accommodent beaucoup mieux.

Bin√īme (de bis = deux; nom√® = partie). - Se dit en alg√®bre d'une quantit√© compos√©e de deux parties ou termes r√©unies entre elles par le signe + ou le signe -; exemples : a+b, ax-2b/x, etc.

Bin√īme de Newton. - Formule d√©couverte par Newton et propre √† d√©velopper une puissance quelconque (x + a)m d'un bin√īme. Sa d√©monstration repose sur la th√©orie des combinaisons.
Bio√©thique. - Champ d'√©tudes consacr√© aux questions morales et √©thiques li√©es aux sciences de la vie et de la sant√©. 

Biologie (de Bios = vie ; logos = discours). - C'est la science de la vie ou, plut√īt, des organismes vivants. Treviranus (1776-1837),  biologiste allemand, publia, en 1805, un ouvrage intitul√© Biologie. Ce mot est utilis√© aussi par Lamarck pour signifier la science des √™tres vivants.

La biologie, dans la classification d'Auguste Comte, est l'avant-derni√®re des sciences et vient imm√©diatement avant la sociologie. Le mot physiologie , qui d√©signe aujourd'hui une branche de la biologie, exprime un sens analogue ou parall√®le √† celui du mot biologie, et il semble bien que, d'une certaine mani√®re, les trois parties de la physiologie (g√©n√©rale, particuli√®re, compar√©e) comprennent tout ce que l'on entend par le premier mot. Celui-ci toutefois est plus g√©n√©ral, plus englobant (la vie est dans les plantes et peut √™tre, selon l'hylozo√Įsme, dans les derniers √©l√©inents de la mati√®re) et offre un sens moins technique et plus philosophique.

Bionomie (Bios = vie; nomos = loi) : mot proposé par Ray Lankester pour signifier la science des rapports des organismes entre eux et avec leurs milieux (Ecologie).

Biranisme. - On d√©signe quelquefois par ce mot la philosophie de Maine de Biran, spiritualisme fond√©, non sur le raisonnement, mais sur un fait positif, celui que Maine de Biran appelle le fait natif de conscience, c'est-√†-dire l'effort musculaire. L'√Ęme se conna√ģt comme force, √©nergie, vouloir, chaque fois que pour penser ou pour mouvoir elle agit sur le corps propre. C'est une force hyperorganique qui prend conscience d'elle-m√™me par son conflit avec d'autres forces qui constituent l'organisme et lui fournis sent un ¬ę terme de d√©ploiement ¬Ľ. On retrouve l'influence du biranisme chez Henri Bergson, Michel Henry et  Maurice Merleau-Ponty.

Bivalence (principe de). - Concept souvent associ√© au math√©maticien et logicien Jan ŇĀukasiewicz., et qui qui affirme que toute proposition doit √™tre soit vraie (V), soit fausse (F), sans possibilit√© d'une troisi√®me option (telle qu'ind√©termin√©e , incertaine ou neutre), comme dans le cas des logiques ternaires, qui ont justement √©t√© √©tudi√©es par  ŇĀukasiewicz. D'autres syst√®mes logiques, d'ailleurs, tels que la logique floue, la logique modale et les logiques multivalu√©es, remettent en question le principe de bivalence et envisagent des alternatives √† deux valeurs de v√©rit√©.

Bocardo. - Syllogisme, 5e mode de la 3e figure. Dans un syllogisme en bocardo, la 1re proposition est particuli√®re et n√©gative, la 2e universelle et affirmative, et le moyen terme est sujet dans les deux premi√®res propositions.  Ainsi : 

BO Quelque animal n'est pas un humain;
CAR Tout animal a un principe de sentiment;
DO Donc, quelque chose qui a un principe de sentiment n'est pas un humain.
Bon sens. - "Le bon sens, dit Descartes (Discours de la M√©thode, 1re partie), est la chose du monde la mieux partag√©e, car chacun pense en √™tre si bien pourvu, que ceux m√™me qui sont les plus difficiles √† contenter en toute autre chose n'ont point coutume d'en d√©sirer plus qu'ils n'en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent; mais plut√īt cela t√©moigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement √©gal en tous les hommes." Ainsi, ce mot qui, d'ailleurs, appartient plut√īt au langage ordinaire qu'√† la langue philosophique, d√©signe le bon emploi que nous faisons du jugement. C'est da la m√™me mani√®re que les auteurs de la Logique de Port-Royal ont dit : "II n'y a rien de plus estimable que le bon sens et la justesse de l'esprit dans le discernement du vrai." Le bon sens diff√®re du sens commun en ce qu'il consiste dans l'emploi des facult√©s, tandis que le sens commun est un ensemble de connaissances inn√©es ou acquises, r√©sultant, pour tous les humains, de ces facult√©s appliqu√©es spontan√©ment √† leurs objets respectifs. (B - E.).

Bonheur (de Bon, heur, d√©riv√© de augurium, pr√©sage, chance favorable) : satisfaction compl√®te et persistante de toutes nos inclinations. - Ce mot signifie aussi chance favorable. 

Le mot bonheur dit moins que béatitude, et plus que plaisir : la béatitude est un bonheur sans mélange et immuable; le plaisir est un bonheur partiel, relatif et passager.

De m√™me que l'on peut d√©finir le plaisir, avec Aristote, comme le ¬ę compl√©ment de l'acte ¬Ľ, puisqu'il r√©suite toujours de quelque activit√© d√©ploy√©e, de m√™me on peut dire que le bonheur est la perfection sentie et go√Ľt√©e, c'est-√†-dire la jouissance qui r√©sulte d'un √©tat o√Ļ toutes nos tendances se d√©veloppent librement, sans effort, harmonieusement.

Socrate considérait le bonheur comme le souverain bien de l'humain, mais il le faisait consister dans le bien agir et le distinguait de la bonne fortune, bonheur de hasard et qui dépend des circonstances extérieures.

Spinoza voyait dans le bonheur, non pas la r√©compense de la vertu, mais la vertu m√™me, retrouvant ainsi une maxime sto√Įcienne d'apr√®s laquelle la vertu est √† elle-m√™me sa propre r√©compense.

Senèque, dans son traité De la Vie heureuse que Descartes a commenté, développe cette idée que
celui qui veut vivre heureux doit commencer par se d√©tacher des biens ext√©rieurs. Mais le Sto√Įcisme nous d√©tache outre mesure de nos semblables : Leibniz exprime une pens√©e plus haute et plus vraie quand il dit que l'amour consiste √† faire son bonheur du bonheur d'autrui. ¬ę Vivre pour autrui ¬Ľ est aussi le grand pr√©cepte d'Auguste Comte.

Bonne volonté. - Concept au centre de la théorie éthique proposée par Kant, pou qui la bonne volonté est le principe fondamental qui guide les actions moralement justes. C'est la volonté qui se base sur la rationalité et la compréhension du devoir et, partant, agit en accord avec la loi morale, indépendamment des conséquences ou des inclinations, avantages et désirs personnels. Kant propose l'idée que la bonne volonté suit l'impératif catégorique, une règle morale universelle. L'impératif catégorique exige que nous agissions de telle sorte que notre action puisse être universalisée sans contradiction. En d'autres termes, si une action est juste, alors tout le monde devrait pouvoir agir de la même manière dans des situations similaires. Si l'intention est conforme au devoir et guidée par la bonne volonté, alors l'action est considérée comme moralement bonne, même si les conséquences peuvent être imprévisibles ou négatives. Notons enfin que, pour Kant, la bonne volonté est liée à la dignité inhérente à chaque être humain : en agissant par devoir et par bonne volonté, nous respectons notre propre dignité et la dignité des autres.

Bonté (Bonitatem, de bonus = bon) : a) caractère de ce qui est bien ou bon; - b) disposition à vouloir et à faire du bien aux autres. Dans ce second sens, c'est un terme chargé de valeurs positives, souvent associé à des actions ou des comportements qui sont altruistes, compatissants, généreux et empreints d'empathie envers autrui. La bonté implique une disposition favorable à faire le bien et à agir en accord avec des normes morales ou éthiques.

Boole (alg√®bre de). -  Syst√®me math√©matique et logique d√Ľ √† George Boole,  qui repose sur des r√®gles formelles permettant de manipuler des expressions symboliques repr√©sentant des propositions logiques.  Dans l'alg√®bre de Boole, les valeurs sont g√©n√©ralement repr√©sent√©es par deux √©l√©ments, 0 et 1 (ou faux et vrai), symbolisant les √©tats binaires possibles. Ces valeurs servent √† repr√©senter des propositions logiques, qui d√©finissent la mani√®re dont les propositions interagissent et se combinent. Les op√©rations logiques de base √©tant la n√©gation (¬¨), la conjonction (‚ąß), la disjonction (‚ą®), l'implication (‚áí), et l'√©quivalence (‚áĒ). Plusieurs lois et propri√©t√©s importantes, gouvernent l'ag√®bre de Boole : lois d'identit√©, lois d'annulation,  lois de domination, les lois de De Morgan, etc.

Borne (mathématiques). - Limite ou à un encadrement sur les valeurs que peut prendre une grandeur, une fonction ou un ensemble. On distingue les bornes supérieure et inférieure.

‚ÄĘ La borne sup√©rieure (ou sup) d'un ensemble ordonn√© est la plus petite des bornes qui est sup√©rieure ou √©gale √† tous les √©l√©ments de cet ensemble. Formellement, si A est un ensemble ordonn√©, la borne sup√©rieure de A est not√©e sup‚Ā°(A) et elle satisfait les deux conditions suivantes : pour tout √©l√©ment aA, sup‚Ā°(A)‚Č•a; pour toute borne sup√©rieure b de A, sup‚Ā°(A)‚ȧb.

‚ÄĘ La borne inf√©rieure (ou inf) d'un ensemble ordonn√© est la plus grande des bornes qui est inf√©rieure ou √©gale √† tous les √©l√©ments de cet ensemble. Formellement, si A est un ensemble ordonn√©, la borne inf√©rieure de A est not√©e inf‚Ā°(A) et elle satisfait les deux conditions suivantes : pour tout √©l√©ment aA, inf‚Ā°(A)‚ȧa; pour toute borne inf√©rieure b A, inf‚Ā°(A)‚Č•b.

Botanique (de Botanikos = relatif aux plantes, de Botanè = herbe). - Branche de la biologie qui étudie les végétaux.

Bouddhisme*. - Le Bouddhisme est d'abord une religion, avec son corpus de croyances et de pratiques rituelles, mais il est aussi le cadre d'une m√©taphysique et d'une philosophie morale. Celles-ci pr√īnent un asc√©tisme qui promet aux humains la b√©atitude du nirvana (= an√©antissement de la personnalit√©) et le retour √† la nature universelle. Les Bouddhistes croient √† la m√©tempsycose et pr√©tendent que le nirv√Ęna nous en d√©livre.

Bramantip : certains logiciens emploient re terme au lieu de Bamalipton.

Brouwer-Heyting-Kolmogorov (principe de) = (BHK). - Affirmation selon laquelle  la signification d'une proposition est √©quivalente √† la sp√©cification d'une m√©thode ou d'une construction effective pour prouver cette proposition. Ce principe, qui refl√®te l'approche constructive de la logique intuitionniste, qui rejette le principe du tiers exclu et met l'accent sur la nature constructive des preuves math√©matiques, a √©t√© formul√© ind√©pendamment par Luitzen Brouwer, Arend Heyting et Andrei Kolmogorov. Brouwer a insist√© sur l'id√©e que la seule signification d'une proposition math√©matique r√©side dans la construction effective d'un objet math√©matique correspondant. Ainsi, une affirmation math√©matique n'est valide que si on peut construire concr√®tement l'objet qu'elle pr√©tend d√©crire. Heyting a d√©velopp√© la logique intuitionniste en insistant sur la n√©cessit√© d'une preuve constructive pour √©tablir la validit√© d'une proposition. Selon lui, une proposition n'est vraie que si l'on peut fournir une proc√©dure constructive ou une preuve effective d√©montrant sa v√©rit√©. Kolmogorov, enfin, a formul√© le principe de BHK en termes de logique propositionnelle. 

Buridan (Ane deAne de Buridan.

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Dictionnaire Idées et méthodes
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