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| Frédégonde.
- Reine franque du Ve siècle. On
ignore son origine exacte, mais il est probable qu'elle était de
basse extraction. Femme ou concubine de Chilpéric
Ier ( Chilpéric avait eu plusieurs fils de son mariage avec une autre femme, Audovère. Frédégonde les poursuivit de sa haine, jalouse d'assurer la royauté à ses enfants. L'un d'eux, Mérovée, s'éprit de la veuve de Sigebert, Brunehaut, qui habilement l'avait séduit afin de s'assurer un défenseur. Il l'épousa à Rouen, à la grande colère de son père qui fit semblant de lui pardonner, mais dès lors se défia toujours de lui. Quelque temps après, Mérovée fut tonsuré et envoyé au monastère de Saint-Calais. Il s'en échappa et suscita une insurrection contre son père. Un des partisans de Frédégonde, le comte Leudaste, s'empara des enfants de Mérovée, et les égorgea. Mérovée lui-même, après avoir trouvé quelque temps asile dans la basilique de Saint-Martin, chercha de nouveau fortune. Les habitants de Thérouanne se saisirent de lui par trahison afin de le livrer à Chilpéric, mais Mérovée, avant l'arrivée de son père, se fit tuer par un de ses serviteurs. Le bruit courut cependant qu'il avait été secrètement assassiné sur l'ordre de Frédégonde. Quelque temps après, les deux jeunes enfants que Frédégonde avait de Chilpéric tombèrent gravement malades. L'anxiété détermina
chez elle une crise de remords : dans un accès de désespoir,
Chilpéric
et elle voulurent apaiser Dieu en jetant au feu les registres des impôts
qui venaient d'être établis. Cependant les enfants royaux
moururent. Chilpéric n'avait plus désormais qu'un seul fils,
né de son mariage avec Audovère, Clovis, frère de
Mérovée.
Le jeune homme, avec un imprudent orgueil, répétait : "Voilà
que tous mes frères sont morts, à moi reviendra toute la
Gaule", et il s'exprimait en termes insultants sur le compte de sa
marâtre. La rage de Frédégonde se tourna contre lui,
d'autant plus cruelle qu'on accusa auprès d'elle Clovis d'avoir
fait disparaître ses enfants par des maléfices. Elle obtint
de Chilpéric que Clovis lui fût livré enchaîné
: peu de temps après le jeune prince mourut assassiné à
Noisy-le-Grand où on le retenait captif. On raconta à Chilpéric
qu'il s'était tué lui-même. Audovère, qui vivait
encore, fut mise à mort, sa fille Basine
fut enfermée dans un monastère.
Frédégonde. La fureur de Frédégonde n'épargnait
personne. Prétextat, évêque de Rouen En 584, Chilpéric
fut assassiné à Chelles Frédégonde personnifie les passions sauvages de cette époque; cruelle et rusée, elle règne, elle combat ses ennemis, satisfait ses haines par la trahison, le poison et le meurtre. On n'a cité ici qu'une partie des forfaits commis par elle et que raconte Grégoire de Tours, qui d'ailleurs lui est vivement hostile. Ses moeurs étaient dissolus. Ce fut ainsi qu'on prétendit que son fils Clotaire Il était un bâtard; il fallut que trois évêques et trois grands affirmassent le contraire par serment au roi Gontran. Même pour ses enfants, elle était sans pitié dès qu'ils exaspéraient son caractère sauvage. Sa fille Rigunthe se plaignait d'être dépouillée de sa part de l'héritage paternel. "Voilà, lui dit un jour Frédégonde, les trésors de ton père, prends-les", et elle lui ouvre un coffre plein d'objets précieux, les tire, les lui donne. Puis elle invite Rigunthe à y puiser elle-même, et comme celle-ci se penche, elle referme sur elle le couvercle du coffre, cherche à l'étouffer. Rigunthe fut sauvée grâce aux servantes qui accoururent à son secours. Cette furie a trouvé cependant un panégyrique. Fortunat a vanté son intelligence, sa générosité, mais Fortunat est un courtisan dont les éloges ne comptent pas. (C. Bayet). |
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